thumb|Commission des réparations Le plan Young signé à Paris le est un prolongement du plan Dawes (1924) permettant à l'Allemagne de rééchelonner à la fois le paiement du restant de ses annuités de réparation de guerre et ses remboursements liés à sa dette publique consécutive à de nombreux emprunts.

Le plan a été présenté par le comité présidé (1929-1930) par l’industriel et diplomate américain Owen D. Young, créateur et ancien premier président de la Radio Corporation of America (RCA), qui, à cette époque, siégeait simultanément au conseil d’administration de la fondation Rockefeller, et avait également été l'un des représentants impliqués dans le plan Dawes de 1924.

Il ne fut jamais réellement exécuté du fait des conséquences de la crise de 1929.

Histoire vignette|Owen Young en 1924, déjà membre du comité Dawes. En 1929, alors que se termine l'échéancier prévu par le plan Dawes, soit 20 milliards de marks-or réglé sur dix annuités, se met en place, à l'initiative des Américains qui sont ici les principaux bailleurs de fonds, un nouveau plan d'échelonnement du restant de la dette allemande. Le plan Young prévoit un règlement définitif des réparations. Celui-ci réduit sensiblement le montant total des réparations dues par l'Allemagne (d'environ 17 %) et re-échelonne les paiements sur , les faisant courir jusqu'en 1988. Par ailleurs, il supprime le contrôle international sur les chemins de fer, l'hypothèque d'une partie de l'industrie allemande et la présence à Berlin de l'agent général des réparations, l'Américain Seymour Parker Gilbert. Enfin, il prévoit, en cas de difficultés économiques internationales, la possibilité d'un nouveau moratoire. Or, la crise économique de 1929 qui éclate quelques semaines après la signature du plan Young entraîne la liquidation progressive des réparations. En 1931, le moratoire Hoover, pris à l'initiative du président des États-Unis, suspend pour un an l'ensemble des dettes inter-gouvernementales. En , la conférence de Lausanne décide la fin du paiement des réparations mais ses conclusions ne seront jamais ratifiées. De plus, la prise du pouvoir par Hitler fait que les obligations du traité de Versailles vont être systématiquement bafouées.

Les origines vignette|Charles G. Dawes, initiateur du plan Dawes pour la réorganisation des réparations allemandes après la Première Guerre mondiale.

Renouveler le plan Dawes Dans son rapport de , Seymour Parker Gilbert, l'agent général des paiements, annonce qu'une révision du plan Dawes devient nécessaire, puisque l'échéancier arrive à son terme. Dès le mois de , Aristide Briand déclare à la Chambre des députés que l'année ne pourra pas s'écouler sans que d'importantes négociations n'aient lieu sur la question. Briand en 1930 s'oppose fortement à une révision du traité de Versailles, en théorie possible par son article. Les puissances intéressées s'entendent à la Société des Nations pour convoquer un comité d'experts qui sera chargé du règlement complet et définitif du problème des réparations. C'est, comme en 1924, Owen D. Young qui assure la présidence de ce comité d'experts.

Les raisons de ce renouvellement Selon la métaphore de Jacques Seydoux, la mise en place du plan Dawes s'apparente à la « construction d'une maison sans toit ». En effet, le plan Dawes ne fixe pas le montant absolu des réparations que l'Allemagne doit, mais se contente de tabler sur le calcul échelonné d'une première tranche de 20 milliards de marks-or. Il s'agit donc essentiellement de savoir combien de temps il faudra à l'Allemagne pour s'acquitter du restant de sa dette et des intérêts. Le comité d'experts est donc réuni par Owen D. Young pour donner une suite au plan Dawes, c'est-à-dire pour rééchelonner les versements par annuité du solde. La question des garanties que doivent prendre les Alliés entre eux vis-à-vis de l'Allemagne se pose rapidement.

Les garanties Comme garanties, les experts du plan Dawes avaient fait établir des obligations signées conjointement par les grandes firmes industrielles allemandesObligations signées pour , par la Compagnie des chemins de fer allemands. Ces obligations portant 5 % d'intérêt et 1 % d'amortissement (c'est-à-dire trente-sept ans) pouvaient être vendues par les trustees si le marché était favorable mais ce ne fut pas le cas., par exemple la Reichsbahn : cette compagnie ferroviaire était surveillée par un haut-commissaire et un conseil d'administration en partie étrangers. Les principaux revenus, notamment issus des douanes, étaient contrôlés et ponctionnés. En contrepartie, le comité des transferts se chargeait d'effectuer les paiements allemands reçus en marks par l'agent général soit en espèces, soit en nature (biens manufacturés, ressources minières et agricoles). C'était la garantie qu'avait l'Allemagne que sa monnaie ne serait jamais atteinte par ses paiements de réparations. Il apparaissait nécessaire d'alléger tout ce système et de modifier la surveillance de la Compagnie des chemins de fer allemands. L'Allemagne insiste vivement pour la suppression du système de contrôle et du comité des transferts, désireuse de retrouver sa pleine souveraineté.

Situation économique de l'Allemagne en 1928 Le pays redresse son économie en 1924-1925 grâce à la politique monétaire de Hjalmar Schacht appuyée sur l'aide financière américaine. Le reichsmark est réformé puis stabilisé, l'inflation maîtrisée, mais une politique de taux d'intérêt élevés et de restriction de la masse monétaire a des conséquences sur le secteur financier, ruiné par les années d'hyperinflation de 1920-1923. Alors que la croissance revient en Allemagne (5 à 6 % en moyenne), les banques ont besoin de fonds pour investir et prêter. Elles vont donc les trouver à l'étranger et particulièrement aux États-Unis sous la forme de financement souvent à court terme (par exemple, 200 millions de dollars levés fin 1924). La part des créances étrangères dans le bilan des banques allemandes passent ainsi, entre 1925 et 1928, de 19,7 % à 43,7 % : elles sont garanties d'être réglées en cas de défaut de paiement par le plan Dawes, d'où la cavalcade. Avec ces munitions, les quatre grandes banques allemandes, la Danatbank, la Deutsche Bank (appelée alors DeDiBank), la Commerzbank et la Dresdner Bank, se livrent une concurrence acharnée. Les crédits sont accordés sans précautions aux entreprises et aux particuliers, le niveau de risque s'élève dangereusement : cette zone sismique produira ses effets en , lors de l'effondrement du système bancaire allemandLa Tribune, 26 août 2013..

Donc, on assiste depuis 1924 à une poussée artificielle de la consommation et de la croissance en Allemagne, essentiellement alimentée par l'emprunt. Cela ne l'empêche pas de payer sa dette souveraine, bien au contraire, le pays paye à crédit, suivant même un montage de crédits, un véritable château de cartes. affirme une note interne au ministère allemand des Affaires étrangères. La stratégie de Gustav Stresemann consiste à rendre les créanciers étrangers otages du problème des réparations Albrecht Ritschl, « Les Réparations allemandes, 1920-1933 : une controverse revue par la théorie des jeux », Économie internationale, 78, avril-juin 1999..

La genèse du plan Le contexte Le , un groupe de financiers présidé par Owen D. Young, constitue un comité qui révise le plan Dawes. Pendant ce temps, la presse allemande mène une ardente campagne pour prouver que ce comité devait reprendre entièrement le problème de la capacité de paiement de l'Allemagne, l'étudier sur de nouvelles bases et se rendre compte que cette capacité de paiement était réduite au minimum et qu'il résulterait une diminution très grande des annuités possibles.

Les travaux du comité Très vite, le comité se divise en sous-comités et aiguille les travaux sur des voies de garage, à savoir aménager l'intérieur de la . Il est décidé que .

Liste des participants thumb|Nicolae Titulescu Le comité commence ses travaux le , à hôtel George-V à Paris. Il est composé d'experts de diverses nationalitésLa composition des membres est issue de : . : américains : Owen D. Young et J. P. Morgan junior ; suppléants : Thos N. Perkins, T. W Lamont ; allemands : Hjalmar Schacht, ; suppléants : , ; belges : Émile Francqui, Camille Gutt ; Félicien Cattier; suppléants : le baron Terlinden, H. Fabre ; britanniques : Josiah Stamp et John Baring ; suppléants : Charles Addis, Basil Blackett ; français : Émile Moreau, Jean Parmentier ; suppléants : , Edgard Allix ; italiens : , Fulvio Suvitch ; suppléants : Giuseppe Bianchini, Bruno Dolutta ; japonais : M. Kengo Mori, K. C. M. G. M. Takaschiaoki ; suppléants : Suburo Snoda, Jasummure Matsui.

Le rôle d'Owen D. Young Le rôle d'Owen D. Young fut central en regard des autres experts. Ses collègues lui adressèrent à ce propos de nombreux hommages. .

Une plus grande autonomie allemande À la suite des demandes allemandes de suppression du système de contrôle et du comité des transferts, il est alors entendu que le règlement définitif des réparations lui donnerait la seule responsabilité des paiements. L'Allemagne devient donc souveraine dans sa politique économique. Elle n'a cependant plus la possibilité de différer les versements..

Le projet de Banque des règlements internationaux Lors de la réunion du comité est évoqué le projet de création d'une Banque des règlements internationaux (BRI). Celle-ci doit recevoir les versements allemands, en assurant le transfert et la répartition entre les créanciers. Elle doit aussi procéder à la commercialisation de la dette suivant les possibilités du marché financier. Cela doit permettre de supprimer une grande partie des organismes temporaires créés par le plan Dawes et d'y substituer un système financier au système politique existant. Il s'agit d'un système de . Cela justifie et rend logique la liquidation de tous les contrôles politiques, en les remplaçant par cet institut de caractère commercial et financier. Organe de compensation, la banque doit coopérer avec tous les gouvernements intéressés, recevant ainsi d'importantes réserves en devises étrangères et pouvant, par conséquent, rendre des services considérables à l'Allemagne lorsque les questions de transfert et de change viendront à se poser. Son application débute en .

Les trois critiques adressées à la Banque des règlements internationaux En 1930, le monde politique français bien qu'ouvert sur la question rhénane émet notamment trois critiques à l'égard de la Banque des Règlements internationaux. Tout d'abord, il s'agit d'une banque qui va être une banque d'affaires. Ensuite, elle entrainera par son activité de l'inflation et du crédit. Enfin, elle risque de devenir une puissance politique en prêtant de l'argent aux gouvernements et elle pèsera sur la politique de l'EuropeDiscours prononcé par Paul Reynaud, ministre des Finances à la Chambre des députés, le et au Sénat, le .. La Banque des règlements internationaux (BRI) .

L'état de l'opinion allemande