L'allocution présidentielle du 14 JuilletTypograhie des fêtes civiles et religieuses selon le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, 2007 , 81 est un rendez-vous médiatique en France qui permet au président de la République de s'exprimer auprès des Français par l'intermédiaire de la télévision, à l'occasion de la fête nationale française le .

Inventé par Valéry Giscard d'Estaing, ce rendez-vous présidentiel est devenu, comme celui des vœux présidentiels du 31 décembre, un moment incontournable de la politique française. Il permet au président de la République de faire le point sur sa vision politique et sur les évènements passés. Ces dernières années, il est interrogé par un journaliste de TF1 et un journaliste de France 2. L'allocution est diffusée en direct du Palais de l'Élysée sur les deux principales chaînes de télévisions françaises en direct, après le défilé militaire du 14 Juillet et avant ou pendant la garden-party de l'Élysée.

Cette allocution n'est pas organisée lors de la présidence de Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron n'a répondu aux questions des journalistes qu'en 2020 et 2022.

Allocutions du président François Mitterrand

14 juillet 1989 Elle a lieu lors des célébrations du bicentenaire de la Révolution.

14 juillet 1994 lieu : jardins, Palais de l'Élysée

Il s'agit du dernier défilé militaire du du président François Mitterrand.

Allocutions du président Jacques Chirac

14 juillet 1995

Pour la première allocution télévisée du de Jacques Chirac, de nombreux sujets sont abordés, dont notamment la situation en France, en particulier l’emploi, les essais nucléaires et la Bosnie. Sur la situation française : Jacques Chirac affirme que les engagements de sa campagne électorale seront tenus, « malgré les résistances naturelles et les conservatismes de toutes sortes ». Selon lui, « la situation est depuis un an en voie d’amélioration et il convient maintenant d’accélérer les réformes indispensables ». Il annonce que certaines d’entre elles seraient présentées « dès la rentrée », notamment pour les PME, l’artisanat, les personnes âgées dépendantes, le logement, l’hôpital ou le statut de l’étudiant. Répondant à une question de François Bachy de TF1 sur l’attente déçue des Français, le chef de l’État affirme qu’il n’a « pas du tout ressenti ce climat », ni parmi les citoyens ni au sein de la majorité. Il appelle toutefois à ne « pas confondre hâte et précipitation », car, pour lui, « le changement est une affaire d’état d’esprit et d’action à moyen et à long terme ». Il souligne qu’il n’avait « pas parlé de révolution, mais d’une évolution » durant la campagne de l’élection présidentielle. Sur la fiscalité : « Il y a une espèce de réaction spontanée chez beaucoup de grands patrons français à la moindre difficulté, à immédiatement présenter un plan social, c’est-à-dire à licencier. Ce sont des comportements inadmissibles et archaïques, car il y a bien des façons d’aménager les choses, dont l’aménagement du temps de travail, le licenciement devant être considéré comme le geste ultime quand tout a été essayé ». Au sujet des privatisations, Jacques Chirac indique qu’il y a « toujours été très favorable » et il appuie le mouvement de ventes des entreprises publiques. Sur la hausse de la TVA, il reconnaît qu’elle est « un effort pour les Français » et il assure qu’elle ne fera pas progresser l’inflation. Sur la reprise des essais nucléaires : la décision de la France de reprendre les essais nucléaires est « irrévocable », affirme le chef de l’État, en dépit des critiques qu’elle inspire en France et dans le monde. Pour lui, ces essais sont « nécessaires » au pays pour maintenir sa dissuasion nucléaire, gage de « poids » et « sécurité » dans le monde. Sur la politique internationale : Jacques Chirac appelle à la fermeté dans la guerre de Bosnie. Cette allocution a lieu deux jours avant le discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995 au Vélodrome d'Hiver.

14 juillet 1996

Sur le gouvernement d'Alain Juppé : « La façon dont le gouvernement conduit les affaires de la France est parfaitement conforme aux objectifs que j’avais fixés, et au cap que j’ai donné. Je considère qu’il fait du mieux possible, et je lui suis d’autant plus reconnaissant que ce ne sont pas les embûches qui lui ont manqué. Si je considérais que le Premier ministre et le gouvernement ne faisaient pas leur travail dans une période difficile, j’en aurais naturellement tiré les conclusions. ». Jacques Chirac déclare également qu'il n'a aucune intention de dissoudre l’Assemblée nationale. Il estime, en revanche, que « les élus de la majorité seraient bien inspirés de retrouver un peu de dynamisme ». Et ceux de l’opposition « d’avoir un peu plus d’imagination » afin de « proposer des solutions alternatives ». Sur l'inquiétude des Français : « Je sais très bien qu’il y a une inquiétude profonde actuellement dans le cœur et l’esprit des Français », reconnaît-il. « Comment pourrait-il en être autrement ? Il y a une espèce de doute général qui s’est installé dans le pays. Une espèce de désordre et de confusion qui se développe d’autant plus qu’il n’y a pas le moral. » Il reprend à son compte l’idée de Patrick Poivre d’Arvor, de « peurs millénaires ». Sur la situation budgétaire du pays : « La France s’est trop laissée aller depuis trop longtemps », « elle s’est paralysée elle-même », affirme Jacques Chirac : « Elle a vécu à crédit, elle a dépensé sans réfléchir. » Résultats : « Nous avons creusé trop de déficits, trop de dettes, et ceci nous tire vers le bas. Nous avons été trop immobiles, trop longtemps. » Quant aux Français, s’ils sont « conquérants » ils sont « aussi routiniers ». Le redressement de la France est difficile et demande du temps. Il n’y a pas de solution miracle. Sur la réforme de l'armée : Jacques Chirac estime que « la réforme de notre défense s’imposait ». « Mais, naturellement, elle suppose une diversification de la production de nos arsenaux. Il n’y aura pas de licenciements », promet-il : « La loi a prévu des mesures d’accompagnement économique et social, avec des crédits extrêmement importants dans les régions, pour compenser les dissolutions et fermetures » de bases militaires. Il ajoute toutefois : « C’est ma volonté » mais « je ne peux pas faire de promesses en l’air ». Sur la justice : les affaires qui secouent l’actualité n’ont pour lui « aucun point commun ». Elles prouvent « que la morale républicaine est aujourd’hui plus exigeante ». Tant qu’il sera à la tête de l’Élysée, « la justice passera de la même façon pour tous ». Il souhaite une justice « indépendante » mais aussi « plus sereine ». Il constate qu’avec notre système judiciaire, « dès qu’on est mis en examen on est considéré comme coupable » avant même d’avoir été condamné. « Est-il normal qu’il y ait aujourd’hui dans les prisons près de vingt mille détenus en détention préventive ? » Constatant également « que le secret de l’instruction est systématiquement bafoué », il souhaite, d’ici à la fin de l’année, « voir comment on peut modifier la procédure pénale, améliorer les moyens et le fonctionnement de la justice, notamment pour qu’elle soit plus rapide ». Sur la reprise de la croissance économique : « J’espère une amélioration, je la constate à l’extérieur, mais j’attends qu’elle se manifeste réellement en France. » Cela dit, « cette croissance qui nous fait aujourd’hui défaut n’est pas un mythe. Il ne faut pas l’attendre, il faut la faire ». Et rejetant la responsabilité aux Français, il ajoute : « La croissance est le résultat de leur propre comportement. » Et il n’y aura pas de croissance sans réduction des dépenses publiques. Il « faut faire des réformes si on veut ne pas condamner à augmenter sans cesse les impôts pour éponger les déficits ». Sur la baisse des taux d'intérêt : « Les taux d’intérêt sont nettement trop élevés, et il y a une marge de diminution importante », affirme-t-il. Il cite l’exemple des PMI-PME, à qui les banques demandent « 7 % à 8 % d’intérêt alors que l’inflation est à 0 % ». Jacques Chirac « ne veut pas faire d’ingérence dans les affaires de la Banque de France », mais il estime : « Le système bancaire est en crise parce qu’il a été mal géré. » Déplorant la gestion passée des banques nationalisées qui ont mené à « un sinistre financier », il estime « qu’il va falloir dans les prochains mois trouver un moyen de garantir une gestion plus sérieuse par l’État de son propre patrimoine ». Sur la réduction du temps de travail : « C’est un moyen important de lutte contre le chômage », reconnaît-il, mais il faut « sortir des sentiers battus » et « faire preuve d’imagination ». La réduction du temps de travail doit, selon lui, « permettre d’améliorer la productivité des entreprises ». Et puisque cette productivité entraîne « des profits » plus importants, on peut imaginer de « compenser les pertes de salaire par des mécanismes d’intéressement ». De toute façon, cette question doit être réglée « branche par branche, entreprise par entreprise ». Sur la baisse des impôts : il admet « qu’année après année, les impôts ont atteint un seuil insupportable ». Aussi, après les fortes hausses de 1995 et 1996, propose-t-il « d’amorcer » leur réduction dès 1997 « et, notamment, probablement l’impôt sur le revenu à la rentrée de septembre ». Quant au budget de 1997, il « augmentera moins que ce qu’on aurait escompté ». Sur la Corse : « le problème de la Corse est un problème de droit commun. C’est un problème de mafia qu’il faut absolument éradiquer ». Tout en proposant « l’interdiction du port d’armes » et le recours aux « sanctions pénales », le chef de l’État estime que « le moment du dialogue positif est arrivé ». Sur l'immigration : « Il faut aujourd’hui refuser efficacement l’immigration clandestine », affirme-t-il, et il souhaite « mettre en œuvre tous les moyens qui existent » pour y parvenir. Son idée ? Lancer « un signal politique fort » et dissuasif en direction des clandestins. Sur la réforme de l'Éducation Nationale : « C’est bien engagé et je m’en réjouis. On sort de l’immobilisme. » Quant à organiser un référendum sur le sujet, « nous verrons cela le moment venu ». Jacques Chirac souhaite « recentrer la recherche » sur la lutte contre les maladies infectieuses. Le dossier de l’amiante ? Site particulièrement touché, l’université de Jussieu sera fermée avant la fin de l’année.

14 juillet 1997 C'est la première allocution du de Jacques Chirac depuis la dissolution de l'Assemblée nationale et la cohabitation avec le Premier ministre socialiste Lionel Jospin : Sur la dissolution : Jacques Chirac « ne regrette rien », même si naturellement il « aurait préféré un résultat différent ». Compte tenu de la situation de blocage de la France, « c’était la meilleure solution » pour éviter « une crise d’immobilisme ». Rendant, une fois de plus, hommage à Alain Juppé, le chef de l’État considère que l’échec de la droite relève « d’une responsabilité collective ». Cela dit, ajoute le président, « les problèmes restent très exactement les mêmes » et « il appartient au gouvernement d’aujourd’hui de tenter de les résoudre. J’espère qu’il y réussira ».