vignette|Depuis l'apparition de la tronçonneuse et de la scie à ruban, la mécanisation a fortement modifié la filière du bois, au détriment des emplois de bûcherons et de charbonniers, et à l'avantage de l'aval de la filière.

La notion de filière du bois (ou filière forêt-bois) est une macro-filière, qui désigne globalement toute la chaîne des acteurs qui cultivent, coupent, transportent, transforment, commercialisent et recyclent ou détruisent le bois (en le brûlant notamment) ; de la source (forêt, bocage, arbre épars…) à l'usager final ou à la fin de vie de l'objet. thumb|Débardage par voie ferrée, en 1926 à Bornéo (pendant la colonisation britannique). vignette|Le transport du bois ; un des nombreux éléments de la filière du bois (ici par flottage sur canal, en Finlande). vignette|Le débardage a lui aussi profité de la mécanisation, mais en étant source d'une fragmentation croissante des forêts. vignette|La filière bois de chauffage valorise les bois de chablis, les bois de qualité moyenne, voire des bois qui auraient pu avoir d'autres usages quand la demande est forte (ici, en Espagne).

la subdiviser en sous-filière ou en « microfilières » ( filière peuplier, filière du bois de construction, filière papetière)Jean Monfort, À la recherche des filières de production ; Économie et statistique, , , 1983, ..

Types de filières Avec des variations selon les pays et contextes, la filière du bois se subdivise en sous-filières plus ou moins structurées sous forme, communautaire, publique ou privée ou mixtes. Les principales sous-filières sont le bois d'œuvre ; le bois de première transformation (sciages, contreplaqué, aggloméré) ; Le bois de seconde transformation (mobilier…) ; le bois énergie ; le marché de la pâte à papier et de la fibre de cellulose ; une filière réutilisation/recyclage, a priori amenée à se développer dans le cadre de l'économie circulaire et organisée autour de déchèteries et plate-forme de tri et de regroupement/massification et récupération, associant notamment les « reconditionneurs » de palettes qui orientent les déchets de bois vers différents exutoires (selon la qualité et du déchet).

Des ONG dénoncent un trafic important de « bois illégaux », voire d'espèces protégées, qui contribuent localement à la déforestation et à la dégradation des écosystèmes forestiers et des services écosystémiques rendus par la forêt, au détriment des populations humaines indigènes et de la biodiversité. Ainsi, par suite de la surexploitation des forêts de Malaisie, l'orang-outan est aujourd'hui en voie de disparition.

Une partie de la filière a répondu, avec l'aide de ces ONG, à ces critiques en créant des écolabels ou écosociolabels tels que programme de reconnaissance des certifications forestières ou le Forest Stewardship Council. De son côté, l'Union Européenne a introduit en 2013 son règlement sur le bois de l'Union européenne (RBUE) qui vise à écarter le bois et les produits dérivés issus d’une récolte illégale grâce à une obligation de résultats pour les importateurs et exploitants forestiers EU Timber Regulation.

La filière du bois alimente le commerce local et international du bois, dominé par les États-Unis et de plus en plus par la Chine. Le Royaume-Uni, la France, le Japon sont aussi de très gros acheteurs. Le Canada est presque autosuffisant, comme certains pays d'Europe du Nord, mais ces pays importent néanmoins des bois exotiques. Le Brésil a interdit la vente de grumes, et n'exporte donc que des sciages, avec une meilleure valeur ajoutée pour le pays. De même pour l'Indonésie qui valorise ainsi mieux son bois et cherche à répondre aux critiques internationales portant sur la destruction anarchique de ses forêts et de leur biodiversité. La plupart des pays tropicaux exportent encore essentiellement des grumes qui leur apportent moins d'argent que si le bois était scié et raboté sur place.

Chine et délocalisation de filières du bois De 1995 à 2005, la Chine - bien qu'étant l'une des zones les plus déforestée de la planète - est devenue premier exportateur mondial de produits ligneux, pour une valeur à l'exportation de produits bois (essentiellement transformés) de 8,63 milliards d’euros au premier semestre 2006.

Pour se fournir en bois, la Chine est devenue un des premiers importateurs de bois africains et le second importateur mondial de grumes de résineux, achetées à 70 % en Russie. Le pays soutient aussi six grandes zones industrielles de transformation du bois (sciages, lamellés-collés, panneaux…) hors de ses frontières, dont en Russie.

Cette délocalisation augmente l'empreinte écologique et énergétique de la filière bois. Ainsi de 2003 à 2006, des exploitants forestiers chinois ont obtenu des contrats de concessions en Allemagne, d'où cubes de bois partent en Chine pour en revenir sous forme de produits finis en Europe. Des entreprises allemandes et italiennes du meuble ont saisi la Commission européenne d’une plainte pour dumping contre la Chine.Article "Focus sur la Chine" de la revue Boismag (France) : 12 (1 p.)..

Filière du bois en France Selon l'Ademe, d'après l'IGN, cette filière exploite, gère ou tire indirectement partie en France de 17 millions d'hectares boisés (en métropole, soit 31 % du territoire métropolitain), qui correspondraient à un stock de carbone d'environ 1,3 milliard de tonnes et à environ emplois directement ou indirectement liés au bois (bois importés/exportés inclus).

À partir des années 2000, le déficit de la balance commerciale de la filière forêt-bois française s'est aggravé et représente environ 10 % du déficit commercial du pays en 2021, soit le deuxième poste de ce déficit après les hydrocarbures. L'insuffisante articulation entre l'amont et l'aval de la filière (fragmentation de la propriété forestière, les forêts privées réparties entre 3,5 millions de propriétaires représentant les trois quarts du domaine forestier, sous-exploitation de la forêt qui ne récolte qu'un peu plus de la moitié des 100 millions de de bois produits chaque année, mauvaise spécialisation, sous-investissement…), et les problèmes de compétitivité de ses entreprises (pour le coût du bois rendu à l'usine et pour les industries de transformation) sont les facteurs explicatifs de ce déficitCour des Comptes, La structuration de la filière forêt-bois ses performances économiques et environnementales, Communication à la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale, avril 2020, 151 p..

Poids économique de la filière du bois en France La France métropolitaine possède le troisième stock en volume de bois sur pied en Europe derrière l'Allemagne et la Suède, et devant la FinlandeState of Europe's Forests 2011 Report http://www.foresteurope.org/full_SoEF, mais elle est pratiquement la dernière pour ce qui est de la consommation de bois par habitant, malgré la forte histoire de la forêt française. Le bois, matériau renouvelable est présenté comme ayant l'avantage de contribuer à la diminution globale des gaz à effet de serre grâce à la capacité de l'arbre à fixer le (selon FCBA, une tonne de carbone équivaut à 3,667 tonnes de ; une tonne de bois sec équivaut à environ 0,5 tonne de carbone, un mèetre cube de bois exploité équivaut à environ une tonne de )FCBA, IXème Colloque Sciences et Industrie du Bois – 20 & 21 novembre 2008, exposé de Claire Cornillier, Estelle Vial, intitulé L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) appliquée aux produits bois : bilan énergétique et prise en compte du carbone biomasse (voir note de bas de page, p. 10)..

La filière du bois est une des filières dites « filières vertes » qui sont soutenues dans le cadre des suites du Grenelle de l'environnement notamment.

Elle est depuis longtemps internationalisée, via notamment les ports de Dunkerque, du Havre, de Honfleur, de Caen, Nantes, de La Pallice, de Bordeaux, Bayonne et de Sète, outre les arrivages de billes de bois ou de bois semi transformé ou de pâte à papier effectués à proximité (ports d'Anvers, de Barcelone et de Gênes) et ensuite transportés par camion ou train; 14 % des bois importés (bruts et semi-transformés) par la France sont des bois d'origine tropicalePierre Desclos & Ole Pedersen (2005) International tropical timber organization ; Pre-Project Report Review of the French timber market (PDF, 197 pages, préparé pour l'ITTO), ITTO, UNECE 2000-2004, publié novembre 2005, consulté 2013-02-25 Voir carte page 42 du PDF. La France compte parmi les tout premiers importateurs européen de bois tropicaux africains ; Les bois gabonais représentent 32 % des importations de bois tropical de la France, puis viennent le Brésil avec environ 17 %, la république du Congo avec 11 % et le Cameroun avec 6 %WWF, Le marché du bois tropical. La majorité des importations viennent donc d'Afrique Centrale (hors produits tropicaux transformés sous forme de meubles ou autre), Au début des années 2000, en combinant les résultats d'importations et les données sur l'exploitation illégale, un rapport WWF intitulé Failing the Foret, Europe's Illegal Timber TradeWWF Royaume-Uni (2005), Failing the Foret, Europe's Illegal Timber Trade, PDF, 102 pages, , consulté 2013-02-25, a conclu en 2005 qu'environ 39 % des importations françaises de bois tropicaux étaient à cette époque illégales.

Forêt française

Nombre propriétaires forestiers : Surface totale de la forêt : 16 millions d'hectares en métropole (31 % du territoire français) et 8 millions d'hectares dans les DOM en 2016. Surface de la forêt privée: 12 millions d'hectares (75 % de la surface de la forêt) Volume de bois sur pied (en forêt de production) : 2,6 milliards de mètres cubes en 2016. Son rang en Europe : en surface et en volume Volume annuel de production de bois ronds : ( européen). L’ONF gère un quart de la surface forestière totale. Voir Liste des principales forêts de France.

Représentants de la filière bois vignette|redresse=.7|Logo de FBF. vignette|redresse=.7|Logo de la Codifab. vignette|redresse=.7|Logo de FBIE. vignette|redresse=.7|Logo de la FNB. vignette|redresse=.7|Logo de FIBOIS France. vignette|redresse=.7|Logo de FIBOIS Landes de Gascogne. Il existe un Conseil supérieur de la forêt et du bois regroupant la filière dans sa diversité, dont les objectifs sont exprimés dans un programme national de la forêt et du bois (PNFB, 2016-2026), décliné en plans régionaux (PRFB).

Du côté de l'État, l'amont de la filière comporte à la base, la forêt publique dont le représentant est l'ONF et la forêt privée dont le représentant est le CNPF (Centre national de la propriété forestière et ses centres régionaux - CRPF). Ces deux établissements publics sont sous la tutelle principale du ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation.

La filière bois, amont-aval, dans son ensemble, en sus des chambres consulaires agricoles et industries, est représentée par trois associations de statut loi de 1901 en concurrence :

l'inter-profession France Bois Forêt (FBF), qui existe depuis 2005Arrêté interministériel du 27 mai 2005, portant reconnaissance en qualité d’organisation interprofessionnelle de France Bois Forêt. JORF du 1er juin 2005, page 9812, texte N°187. et représente plutôt l'amont de la filière ; elle bénéficie de la reconnaissance des pouvoirs publics notamment par la perception financière d'une contribution volontaire obligatoire (CVO) versée par environ 20 000 (en 2014) contributeurs producteurs de graines et plants forestiers, des propriétaires forestiers, lorsqu’ils vendent du bois, des entreprises d’exploitation ou de travaux forestiers, l'ONF, ou encore des scieries (budget annuel de plus de 9 millions d'euros en 2017) ; depuis 2001, le président de l'interprofession est Jean-Michel Servant (1961-) ; celui-ci a été nommé à compter du « délégué interministériel à la forêt, au bois et à ses usages » ; cette nomination est contestée par l'association Canopée.