Edward Osborne Wilson, appelé couramment E. O. Wilson, né le à Birmingham (Alabama) et mort le à Burlington (Massachusetts)E.O. Wilson, a Pioneer of Evolutionary Biology, Dies at 92, est un biologiste, entomologiste et myrmécologue américain de notoriété mondiale. Il est le fondateur de la sociobiologie.
En 1987, il consacre le terme biodiversité, largement développé ensuite au début du ; champ scientifique dans lequel, depuis, il met ses expertises à contribution.. Les graves menaces qui pèsent sur la biodiversité sont sa préoccupation majeure, combat qu'il poursuit avec ses livres. À partir de 2011, tout en continuant à donner des cours et des conférences, Wilson s'était activement et intimement associé au projet de renaissance du parc national de Gorongosa au Mozambique aux côtés des scientifiques sur le terrain.
Biographie Enfance et jeunes années Edward O. Wilson Jr naît dans la ville de Birmingham, Alabama, de Edward O. Wilson Sr, comptable, et de Linnette Freeman Huddleston. Durant sa petite enfance, la famille Wilson vit dans les environs de Washington et de Mobile en Alabama. Il fréquente le lycée Decatur Senior High School à Decatur, jusqu'en 1946.
Ses parents divorcent en 1936, alors qu'Edward a . Il vit avec son père et sa belle-mère. Un accident lors d'une partie de pêche le rend aveugle d'un œil. Malgré une opération de la cataracte, son œil gauche en a conservé des séquelles.
Dès son plus jeune âge, Wilson s'intéresse aux insectes, en particulier aux fourmis qu'il étudie avec beaucoup de soin. À , il s'intéresse aussi aux mouches, mais se concentre sur les fourmis.
Wilson s'inscrit à l'université de l'Alabama, où il obtient en 1949 son B.Sc. en biologie, suivi un an plus tard d'un M.Sc. dans la même discipline, et un doctorat en 1955 à l'université Harvard.
Par la suite, il est successivement à Harvard assistant professeur en biologie (1956-1958), assistant professeur en zoologie (1958-1964), professeur en zoologie (1964-1976). En 1973, il prend le poste de conservateur en entomologie au musée de zoologie comparative de Harvard. Il est aussi professeur de sciencehttp://www.jsps.go.jp/english/e-biol/data/list/9th-ipb_en.pdf puis professeur de biodiversité à Harvard..
Carrière Taxonomie C'est en 1955 que Wilson se fait d'abord connaître par ses études des fourmis en publiant une monographie des fourmis du genre Lasius, parue en dans le Bulletin du musée de Zoologie comparée de l'université Harvard. Le genre Lasius fut originellement décrit par Fabricius (1804), mais la taxonomie de ses espèces était (). Wilson décrit précisément les différentes espèces de Lasius et leur répartition géographique.
E. O. Wilson propose la notion de déplacement de caractères des espèces en publiant un article avec William Louis Brown Jr (1922-1997), professeur d'entomologie et de la théorie évolutionniste au New York State College of Agriculture and Life Sciences à l'université Cornell.http://www.garfield.library.upenn.edu/classics1986/A1986C204800001.pdf..
Rôle des phéromones et cycles des changements d'habitat L'année 1956 est pour Wilson très productive avec deux découvertes : la première est celle de phéromones chez les fourmis qui jouent un rôle dans leur communication..., la seconde, la découverte de cycles de changement d'habitat chez certains taxonshttps://www.umsl.edu/~ricklefsr/Reprints/RB2002a.pdfhttp://lis.snv.jussieu.fr/sfs/old/biosystema6_3.pdf.
Wilson mène des travaux sur la classification et l'écologie des fourmis en Nouvelle-Guinée et dans d'autres îles du Pacifique, ainsi que dans les régions tropicales américaines. En 1963, son travail et sa conception de l'équilibre des espèces le conduisent à la théorie de la biogéographie des îles, qu'il développe avec Robert H. MacArthur, de l'université de Princeton. Dans leur théorie, l'immigration et l'extinction, les déterminants de la biodiversité au niveau des espèces, sont liées à la zone (distance des îles des régions sources) et aux propriétés fondamentales de l'écologie et de la démographie. Ces travaux aboutissent à leur livre de 1967 The Theory of Island Biogeography, qui est resté depuis un travail de référence.
Cette théorie a fortement influencé l'écologie scientifique et elle est devenue une pierre angulaire de la biologie de la conservation. Appliquée aux « îlots d'habitat », comme les forêts dans une mer de terres agricoles, elle a influencé la planification et l'évaluation des parcs et réserves dans le monde. Avec son étudiant Daniel Simberloff, à la fin des années 1960, Wilson met en place des expériences dans les Keys de Floride, qui ont testé les hypothèses de la théorie, et enrichit la connaissance des processus d'immigration des espèces et de l'extinction.
Wilson poursuit son travail sur l'étude des fourmis pendant de nombreuses années et, finalement, élabore son premier livre important intitulé The Insect Societies en 1971. Ce livre reste une référence sur le sujet.
Sociobiologie En 1975, Wilson aborde et établit une autre branche d'étude biologique connue aujourd'hui sous le nom de sociobiologie. Bien qu’à l’époque de sa conception la sociobiologie ait été considérée comme une nouvelle discipline, elle est d’abord inspirée des concepts du darwinisme social présentés par des penseurs tels qu’Anatole France et Paul Bourget il y a plus de cent ans. Selon le sociobiologiste Yves Christen, la discipline étudie comment des comportements innés permettent à des individus d'avoir de meilleures chances de succès évolutifsYves Christen, ''Hier Galilée, aujourd'hui Wilson'', Figaro-Magazine, 17 mars 1980, .. Wilson publie alors Sociobiology: The New Synthesis, qui est devenu lui aussi un ouvrage célèbre, mais controversé parmi les universitaires.. Quelques années plus tard, il revient sur sa théorie sur la sélection des groupes avec David S. Wilson dans le magazine Nature (revue) puis dans le magazine Scientific Americanhttps://www.cairn.info/revue-du-mauss-2013-2-page-97.htm. Par la suite avec un mathématicien Martin Novak met à mal la théorie de Hamilton sur la parentèle. De ce fait, l'eusocialité serait la conséquence de la pression écologique et non plus génétique.
En ce qui concerne la sociobiologie de Wilson, une de ses grandes critiques serait que sa théorie impliquerait une soumission méthodologique des sciences sociales aux sciences de la nature concernant l’analyse des interactions des sociétés humaines, étant donné que les progrès des sciences sociales, selon Wilson, sont plus lents que ceux des sciences de la nature puisqu’elles sont sujettes à des débats idéologiques intermittents, ce qui affecte l’empirisme des conclusions suggérées par celles-ciChemillier-Gendreau Monique, « Sociobiologie, liberté scientifique et liberté politique. Une critique de Edward O. Wilson », Mouvements, 2001/4 (no17), . . URL : https://www.cairn.info/revue-mouvements-2001-4-page-88.htm
(paragraphe 3). En outre, elles n’auraient pas réussi à intégrer les réalités physiques de la biologie et de son impact sur la psychologie humaine, notamment selon l’idée que la culture « ne tombe pas du ciel ».
La science établie par Wilson est aussi soumise à des réflexions typologiques qui l'accuseraient de défendre, quant à son explication des développements sociologiques relatifs aux évolutions génétiques au cours de l'évolution de l'espèce humaine, une forme de racisme scientifique dont les critères visent généralement le racisme absolu et des prétentions de supériorités génétiques. En effet, certains sociobiologistes tels que W.D Hamilton avancent que l'étude en question relève plutôt des phénomènes s'apparentant au racisme relatif. Wilson considère que l'espèce humaine est naturellement chauviniste, et qu'elle se doit d'être régularisée. Il déclare : « Quand un penchant génétique [c.a.d., une tendance inhérente au matériel génétique humain] est démontré, il ne saurait être utilisé pour justifier la continuation d’une quelconque pratique dans les sociétés présentes et à venir'' Human decency is animal '', . Cf. Sociobiology, ».
Dans On Human Nature (Nature humaine), écrit en 1979, Wilson explique de façon plus détaillée les théories qu'il propose pour la première fois en rapport avec la sociobiologie et l'applique aux caractéristiques des êtres humains. Avec cet ouvrage, il obtient alors son premier prix Pulitzer.
Les fourmis En 1990, il co-écrit The Ants (Les Fourmis) avec Bert Hölldobler, entomologiste allemand de l'université d'Arizona spécialiste des fourmis. Ce livre est une véritable encyclopédie sur le sujet, somme de toutes ses recherches sur les caractéristiques biologiques des fourmis d'espèces différentes. L’ouvrage lui vaut, conjointement avec son co-auteur, un deuxième prix Pulitzer dans la catégorie essai...
Prix Crafoord La même année 1990, Wilson reçoit le prestigieux prix Crafoord décerné par l'Académie royale des sciences de Suède pour ses contributions fondamentales à la biologie et à la conservation de la diversité biologique. Depuis 1982, la Royal Swedish Academy of Sciences décerne chaque année le prix Holger Crafoord qui vient compléter le prix Nobel dans des domaines divers notamment les biosciences.. thumb|left|E. O. Wilson à .
Professeur émérite Wilson poursuit depuis ses travaux de recherche dans diverses branches de la biologie ; en 1996, il renonce à son poste d'enseignement à Harvard. Il y est toujours professeur émérite ; il est également titulaire d'un doctorat à l'université Duke.
Consilience En 1998, Wilson publie Consilience : l'unité de la connaissance, qui expose les différentes manières dont les différentes sciences peuvent être réunies et, de fait, suggère des façons dont les sciences peuvent se regrouper avec les sciences humaines.
Conseils aux jeunes scientifiques Wilson est resté extrêmement actif ; en 2014, il publie Advice to Young Scientists (Conseils aux jeunes scientifiques). Il recommande aux jeunes gens de suivre leur instinct et de ne pas se laisser arrêter par des barrières ; il y montre qu'il était déjà professeur quand il a dû se mettre aux mathématiques...
Vie personnelle E. O. Wilson s'est marié en 1955 à Irene Kelley « Renée » et le couple vivait à Lexington dans le Massachusetts. Ils ont une fille Catherine née en 1963 ; elle et son mari Jonathan habitent également aux alentours à Stow dans le Massachusetts..
Combat pour la sauvegarde de la biodiversité Toujours en 2014, Wilson s'interroge dans un livre sur le Meaning life (Le Sens de la vie).. Il alerte sur le fait que la biosphère est si délicate, si fragile et il invite instamment les humains à changer de comportement, à un grand changement sinon l'humanité se dirige vers une grande extinction. L'humain doit vraiment limiter la croissance de sa population. Il propose de réfléchir sur la notion de footprint, en français “empreinte”, de chacun d'entre nous sur Terre.
En 2016, Wilson constate que l'état de la planète s'aggrave dramatiquement, il propose de redonner la moitié de Terre à la biodiversité dans son livre Half of Earth, our planet fight for Life (La Moitié de la Terre ; notre planète se bat pour vivre)..
Travaux majeurs Le terme “biodiversité” fut introduit en 1985 par Walter G. Rosen par simplification de l'expression ”diversité biologique” lors de la préparation du National Forum on BioDiversity de 1986. Wilson consacra le terme de biodiversité dans la littérature scientifique, notamment dans le compte-rendu de ce même Forum en 1988.
Il a également étudié les extinctions massives du , et leurs relations avec la société moderne. Auteur d’un article qui a fait date, « The Crisis of Biological Diversity » (en français « La crise de la diversité biologique »), publié en 1985, il n’a de cesse d’attirer l’attention des scientifiques, des responsables politiques et de l’opinion publique sur les graves menaces globales que fait peser l’érosion continue de la biodiversité due au fait des humains..
Wilson explique :