Cette page recense les différentes pièces héraldiques accompagnées d'une représentation visuelle où elles apparaissent de gueules sur champ d'argent.

A Adextré 70px|gauche|D'argent adextré de gueules. est l'attribut de position d'une pièce secondaire qui indique qu'elle est à la dextre d'une pièce principale. Mais ce terme s'emploie aussi pour un écu dont le tiers dextre est d'une couleur différente du champ. Ce peut être alors une partition ou une pièce : le flanc dextre. Le terme étant ambigu, il vaut mieux blasonner avec « flanc » dans ce dernier cas, fort rare au demeurant : = .

Le symétrique, encore plus rare, peut se blasonner .

B Bande

Pièce honorable qui va de l'angle chef-dextre à l'angle pointe-senestre.La bande peut être rebattue en nombre « N », ce qui équivaut à un « pseudo-tranché » de 2N, créant donc 2N+1 « pseudo-quartiers », les bandes remplissant les pairs

Si la bande est réduite en largeur (de moitié, voire au tiers), on parle de cotice

Barre 70px|gauche Pièce honorable qui va de l'angle chef-senestre à l'angle pointe-dextre.Se comporte comme la bande, en symétrique selon l'axe vertical de l'écu.D'argent à la barre de gueules.

La barre est une pièce assez rare, considérée comme de « second ordre » par certains auteurs, considérée souvent comme brisure de cadet, ce qui en réalité est loin de constituer une généralité.

Bâton 70px|gauche Bande ou cotice réduite en largeur, et normalement disposée en bande (qui ne se blasonne pas). Disposé en barre, on le blasonne « bâton en barre ».D'argent au bâton de gueules.Le bâton et le bâton péri. sont généralement employés comme brisure.

La définition du bâton est très variable. On peut noter trois familles (notées selon l'auteur le plus représentatif de ces familles) : Crayencourt : bande ou barre réduite de moitié ; Pastoureau : cotice réduite ; Duhoux d'Argicourt ; synonyme de cotice, mais utilisé à la place de cotice quand celle-ci est « alésée » (= « péri » : raccourci en longueur) ou « écotée », ou « fleurdelysée ». Dans ce cas, le bâton n'est plus considéré comme une pièce, mais comme un meuble ordinaire.

Bordure 70px|gauche Pièce honorable qui enveloppe intérieurement l'écu de toute part. Sa largeur est de l'ordre de un sixième de celle de l'écu. Contrairement à l'orle, la bordure touche le bord de l'écu. Quand son épaisseur est réduite, elle prend le nom de filière.D'argent à la bordure de gueules.

On trouve parfois le terme « bordé », en parlant de tout l'écu. C'est fautif et donc à éviter. Sont dites bordées les pièces garnies d'un filet sur leur pourtour. Même si c'était correct pour tout l'écu, il s'agirait alors d'une filière non d'une bordure.

70px|gauche La bordure peut être componée, les carreaux s'adaptant au contour de l'écu : D'argent à la bordure componée de gueules et de sable.

Burelle Parfois orthographiée « burèle ».Fasce diminuée et employée en nombre pair (quatre ou plus). Seul, on parle plutôt de divise. Par paire et séparée par un espace de même largeur qu'elle, on parlera alors de jumelle. S'il y en a un nombre impair (trois, cinq ou sept), le terme trangle est à préférer. 70px|gauche D'argent à six burelles de gueules.

C Canton Le canton est une partition carrée, placée à un des angles de l'écu, au chef-dextre par défaut. On donne aussi le nom de canton aux quatre zones du champ laissées visibles par la croix et le sautoir.

Franc-canton et franc-quartier Le franc-canton et le franc-quartier sont des pièces honorables également de forme carrée, dont la position peut être aussi aux angles, et aussi par défaut au chef-dextre (ailleurs, on doit le blasonner).

La taille respective de ces pièces diffère selon les auteurs aujourd'hui, particulièrement celle du canton, que l'on retrouve de toute façon assez peu dans les blasons. Toutefois, le canton est plus petit que le franc-canton, lui-même plus petit que le franc-quartier. Des valeurs retrouvées assez fréquemment sont :

Canton sa largeur représente 2/ de celle de l'écu

Franc-canton sa largeur représente un tiers de celle de l'écu (il occupe donc un neuvième de l'écu) D'argent au franc-canton de gueules. 70px

Franc-quartier sa largeur représente la moitié de celle de l'écu (il occupe donc un quart de l'écu) D'argent au franc-quartier de gueules. 70px

Franc-canton et franc-quartier ont été très utilisés par l'héraldique d'Empire pour indiquer les attributs du titulaire, souvent d'ailleurs avec confusion (franc-quartiers réduits à une taille de franc-canton pour que restent lisibles les figures des couches inférieures).

Champagne 70px|gauche Pièce honorable occupant le tiers inférieur de l'écu. Lorsqu'elle est diminuée, elle prend le nom de plaine.D'argent à la champagne de gueules.

La champagne en forme d'escalier est dite champagne « pignonnée ».

Dans les blasons qui forment des tableaux, la champagne joue le même rôle que la terrasse des ornements extérieurs. Ne pas confondre avec la terrasse (qui est un meuble) qui souvent mouvante de la pointe ressemble à la champagne, avec la différence que sa partie supérieure est irrégulière.

Chef

70px|gauche Pièce honorable qui occupe le tiers supérieur de l'écu. Le chef désigne aussi la région correspondante de la table d'attente.D'argent au chef de gueules.

Quand le chef est lui-même doté d'un chef, il est dit surmonté de son propre chef. Pris absolument, le chef abaissé est surmonté d'un champ du même émail que l'écu. Inversement, il peut être soutenu par une pièce qui correspond à sa champagne. Réduit au 2/3 (parfois à 1/2) de sa hauteur normale, il prend le nom de comble, ou chef retrait. Il est dit rompu quand il est réduit à 1/3 de sa hauteur, mais est indiqué par Amédée de Foras comme sans emploi, vu « que les exemples que l'on [en] trouverait résulteraient d'une mauvaise interprétation ».

Chef en combinaisons Le chef peut être combiné à d'autres pièces honorables pour former principalement le chef-pal, le chef-barre et le chef-bande. D'autre combinaisons sont possibles (chef-chevron, chef-croix, chef-sautoir…) mais sont très rares, voire non employées. 70px|gauche Chef-barre Pièce honorable en forme de sept, résultant de la combinaison du chef et de la barre. D'argent au chef-barre de gueules.

70px|gauche Chef-bande Pièce honorable symétrique du chef-barre, résultant de la combinaison du chef et de la bande. D'argent au chef-bande de gueules.

70px|gauche Chef-chevron Pièce honorable, résultant de la combinaison du chef et du chevron. D'argent au chef-chevron de gueules.

70px|gauche Chef-pal Pièce honorable en forme de « T », résultant de la combinaison du chef et du pal. D'argent au chef-pal de gueules.

Chevron

70px|gauche Pièce honorable en forme de V inversé, formée par la combinaison partielle de la bande et de la barre, se rencontrant à angle aigu près du bord supérieur de l'écu.D'argent au chevron de gueules.

70px|gauche Le chevron peut être rebattu jusqu'à trois fois. Compte tenu de leur forme, les chevrons ne peuvent pas être répétés au-delà de trois. D'argent à trois chevrons de gueules.

Le pavage par chevron en nombre pair se nomme chevronné.

L'origine du chevron (éperon de l'ancien chevalier, barrière de lice des anciens tournois) a reçu différentes interprétations.

Outre les attributs modificateurs habituels des figures géométriques, le chevron hérite des attributs propres aux figures pointues (appointé,…) et dispose de quelques modificatifs spécifiques : chevron failli (ou défaillant), chevron dont la moitié manque à dextre ou à sénestre ; chevron rompu (ou brisé), en plusieurs morceaux. La brisure est normalement située à la pointe du chevron, sinon on précise à dextre ou à sénestre ; chevron couché, tourné d'un quart de tour et présentant normalement sa pointe à dextre. Dans l'autre sens, c'est un chevron couché contourné ; chevron écimé, dont la pointe est tronquée à l'horizontale ; chevron en ogive, chevron dont les deux montants sont courbés, figurant un arc d'ogive,

Chevron pal 70px|gauche Figure très rare, formée par la réunion du chevron et de la partie inférieure du pal. Combiné avec la partie supérieure du pal c'est le pairle renversé. D'argent au chevron-pal de gueules.

Chevronnel Chevron étroit, faisant moins de la moitié de la largeur d'un chevron habituel. Également nommé parfois étai (notamment quand il “supporte” un meuble héraldique Par exemple selon L.-A. Duhoux d'Argicourt, dans son Alphabet et figures de tous les termes du blason (Paris, 1899), cité dans : . . ). Lequel est parfois au féminin : « une étaie » . . Voir la section « Forme et usage » de l'article consacré au chevron en héraldique.

Comble Chef diminué, réduit à moins de la moitié de sa hauteur normale. On blasonne aussi « chef retrait ».

Cotice gauche|70px Petite bande, quand elle est rebattue au-delà de quatre pièces, ou réduite au tiers en largeur. Souvent employée seule comme brisure.D'argent à la cotice de gueules.

La cotice peut être employée dans d'autres positions qu'en bande (barre, fasce, pal), ce qui est alors blasonné. Une cotice réduite est un filet.

La cotice peut se placer parallèlement à une pièce honorable, dont elle suit alors les contours du côté extérieur. Quand la cotice est simple, la pièce honorable peut être dite coticée. 70px|gauche Une cotice à la fois potencée et contre potencée suit la forme des potences en se pliant sur toute son épaisseur, au lieu de présenter de simples excroissances :D’argent à une cotice en fasce de gueules, potencée et contre-potencée.

70px|gauche Il ne faut pas confondre cette situation avec celle d’une double cotice, dont l’une est potencée et l’autre contre-potencée, les potences étant alors enclavées les unes dans les autres :D’azur à la bande d’argent, côtoyée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d’or, qui est de Champagne.Dans ce cas, les méandres ne sont pas formés par la cotice, mais par l’intervalle intérieur où le champ apparaît. On obtiendrait un dessin pratiquement équivalent avec le blasonnement suivant :D’azur à la bande d’argent, côtoyée de deux bandes d’or chargées chacune d’une cotice potencée et contre-potencée du champ.

Croix

70px|gauche Pièce honorable en forme de croix, formée par la combinaison de la fasce et du pal.D'argent à la croix de gueules, qui est de Milan, de Gênes, de Fribourg…

Les quatre régions aux angles de la croix correspondent aux cantons de l'écu. Quand ces régions sont occupées par des meubles secondaires, la croix est dite cantonnée de ces pièces.

70px|gauche La croix connait de nombreuses variations, en particulier elle peut être « alésée », c'est-à-dire raccourcie de manière à ne pas atteindre le bord du champ.D'argent à la croix alésée de gueules. De nombreuses variations impliquent que la croix doit être d'abord alésée avant de pouvoir figurer les variations voulue (ainsi pour fleurdelisée, tréflée, ancrée, anillée) le caractère alésé n’est alors généralement pas blasonné.

La croix devient meuble lorsqu'elle apparait en nombre et/ou en plus petite taille, sous le nom de « croisette «, bien que, parfois, elle garde le nom de croix.

D Divise Appelée aussi « devise ». Fasce réduite de moitié en largeur, employée seule dans son champ.

70px|gauche Selon Charle de Grandmaison, même si le blason ne comporte pas de chef, elle est placée ordinairement à cette place. Si elle se situe ailleurs, il faut alors le blasonner. Mais selon Pierre Palliot sa position par défaut est celle d'une fasce, et lorsqu'elle est dans la position haute, elle se blasonne divise en chef.D'argent à la divise en chef de gueules.

70px|gaucheUne divise peut être posée sous un chef, auquel cas on blasonne au chef soutenu d'une divise. Dans ce cas, la règle des couleurs s'applique à la burelle et non plus au chef. D'argent au chef d'azur soutenu d'une divise de gueules.