François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud, né le à Paris et mort le à Paris , est un poète, romancier et dramaturge français.
Biographie
Enfant précoce issu d'une famille noble du Comtat Venaissin, il faisait passablement des vers dès l'âge de neuf ans. Élève des Jésuites de Paris., il compose et fait imprimer, à quinze ans une tragédie intitulée Coligny, ou la Saint Barthélemy, dont le sujet était emprunté à la Henriade de Voltaire. Sa seconde tragédie, Didon, emprunte son sujet à l’Énéide. Ni l’une ni l’autre n’a été représentée, mais elles ont fourni à Baculard l’occasion de faire la connaissance de Voltaire qui, passionné de théâtre, accueillait avec empressement tous les jeunes gens qui voulaient s’y consacrer et annonçaient quelques dispositions..
Étudiant en philosophie au collège d'Harcourt, il continue de solliciter Voltaire, jusqu’à ce que fatigué des demandes d’argent continuelles du collégien, celui-ci le recommande à Helvétius, qui lui procure un emploi. Provisoirement mis à l’abri du besoin, il entreprend une comédie intitulée le Mauvais Riche, qu’il fait représenter, en , à l’hôtel de Clermont-Tonnerre, avec Lekain dans le rôle principal. Lekain qui, à cette époque, exerçant la profession d’orfèvre, ne jouait encore la comédie que pour son plaisir, était un des acteurs de ce théâtre. Voltaire, qui assistait à la première représentation, a eu l’occasion de discerner le talent de cet acteur, puis de le développer..
Quelques poésies légères assez agréables, entre autres l’Épitre à Manon, plus connue sous un titre un peu plus libre, ayant attiré sur lui l’attention de , le roi de Prusse en fait son correspondant littéraire à Paris, à la place de Thieriot, avant de l’appeler, deux ans, après, auprès de lui à Berlin, où il ne tarde pas à remplacer Voltaire dans le cœur de Frédéric, qui fait la réception la plus flatteuse à sa nouvelle recrue, l’appelant son Ovide et composant pour lui des vers finissant ainsi :
Jaloux de se voir évincé, l’intérêt que Voltaire avait porté, jusque-là, au jeune homme se change en une sorte d'aversion. Nommé membre de l'Académie royale des sciences et des lettres de Berlin, il ne soit sommé d’y être assidu, d’y travailler mais n'en marque aucune envie. Pis, on découvre qu’il se serait plaint à Fréron, de ce que Voltaire le desservait dans l'esprit de Frédéric. Fatigué de ces chicanes, il va trouver le roi, et lui demande trancher entre lui et Voltaire. Frédéric lui ordonne, sans ménagements, de partir dans les vingt-quatre heures, en « oubliant » de lui payer son voyage.
Remercié, après moins d’un an de séjour à Berlin, de l’Académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Berlin, ce qui lui fait perdre une situation de quatre mille huit cents livres, il se retire à Dresde, où il est nommé conseiller de légation, où il séjourne jusqu’à ce que Voltaire quitte la Prusse, à son tour. Le roi rappelle Baculard, le même jour. Baculard n’ayant pas joui pas de plus de considération à Berlin qu’auparavant, il prend bientôt le parti de retourner à Dresde, où il ne reste que peu de temps, à la suite de l’invitation en France du .
Après avoir vécu très répandu dans la société parisienne pendant plusieurs années, il s’en est retiré pour se livrer entièrement à la composition de ses nombreux ouvrages. Légèrement impliqué dans l’affaire Goëzman, il a eu sa part du ridicule que Beaumarchais a jeté sur tous ses adversaires dans cette cause. À l’avènement de La Révolution, sa prodigalité l’a desservi, en le privant en grande partie des ressources qu’il pouvait encore tirer de son travail. Le , il est arrêté, avec sa femme, et traduit devant le Tribunal révolutionnaire, mais pour avoir donné asile à leur ami La Mazelière..
Il n’est sorti de prison que pour mener jusqu’à sa mort la vie la plus malheureuse. La pension qu’il recevait du Gouvernement comme homme de lettres ne suffisant pas à ses besoins, il tâchait d’y suppléer en composant quelques romans, mais ces ouvrages de vieillesse dus à la nécessité, ne lui rapportaient guère plus d’argent que de gloire. Il cachait son âge véritable dans la crainte que les libraires à qui il vendait ses derniers romans, ne le jugent trop vieux pour écrire encore dans ce genre littéraire.
Écrivain prolifique, il a touché à presque tous les genres littéraires. L’Épitre à Manon, quelques sarcasmes qu’elle lui ait attirés, est à peu près la seule pièce dont les amateurs de vers aient gardé le souvenir. On a de lui trois tragédies, ou plutôt des drames, dans ce genre noir et funèbre qu’il avait adopté, Euphémie, Fayel, et le Comte de Comminge, tiré du roman de Claudine de Tencin. Les deux premières pièces n’ont jamais été jouées ; Euphémie et Comminge ne pouvaient pas l’être en France avant la Révolution, attendu que des religieux et des religieuses y figuraient en costume. La Révolution ayant aboli les couvents, ce genre de bienséance a été écarté, et Comminge a été représenté au Théâtre-Français, avec quelque succès. Il a également écrit un nombre considérable de nouvelles historiques et d’anecdotes, qui ont été réunies en recueils sous les titres de Délassements de l’homme sensible et d'Épreuves du sentiment, qui ont eu une très grande vogue. Plusieurs de ses nouvelles et anecdotes ont été portées avec succès sur la scène, entre autres Sargines. Outre Berlin, il était, de plus, membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
Critiqué pour sa mauvaise gestion financière, son fils a expliqué la raison de son manque d’économie, après sa mort. D’une générosité découlant naturellement de son caractère, sa maison et son argent restaient, dans la limite de ses moyens, toujours ouverts aux jeunes écrivains qui avaient besoin de soutien et d’encouragements. Nicolas Gilbert lui en a publiquement témoigné sa reconnaissance, en consignant ce témoignage à la tête de ses œuvres.
Jugements
Œuvre Théâtre . Le Cardinal de Lorraine ou les Massacres de la Saint Barthélemy, tragédie en trois actes, 1756 . . . . Les Fêtes namuroises, ou les Échasses, petite comédie, ornée de chants et de danses, 1775 .
Varia . . Theresa, histoire italienne, avec un discours sur le roman, 1745-1746. . La France sauvée, poème, 1757. Les Époux malheureux, ou Histoire de Monsieur et Madame de La Bédoyère, écrite par un ami, 1758. Les Épreuves du sentiment (4 vol.), Paris, Le Jay, 1770 et 1772, ; puis Paris, Delalain, 1775 et 1777, ; puis Paris, Delalin, 1778, « vol. 5 & 6 ». . Œuvres complètes, 5 vol., 1775-1777. . . . Les Loisirs utiles. Linville, ou les Plaisirs de la vertu. Eugénie, ou les Suites funestes d'une première faute, 1795. Les Matinées, nouvelles anecdotes, 1798. Denneville, ou l'Homme tel qu'il devrait être, 3 vol., 1802. Œuvres, 11 vol., 1803. . Lorimon, ou l'Homme tel qu'il est, 3 vol.,
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . . . . .
Liens externes
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