Les élections municipales françaises de 2008 élisent les conseils municipaux des communes françaises. Initialement programmées en 2007, les élections municipales françaises sont reportées en 2008Loi n°2005-1563 du 15 décembre 2005 prorogeant la durée du mandat des conseillers municipaux et des conseillers généraux renouvelables en 2007, J.O. n° 292 du 16 décembre 2005, page 19347. pour ne pas surcharger un calendrier électoral qui prévoyait jusqu'alors huit échéances en une annéeMunicipales et cantonales : 2 tours en mars, présidentielle : 1 tour en avril, 1 tour en mai, législatives : 2 tours en juin.. Le premier tour a lieu le et le second le Décret n°2007-1468 du 15 octobre 2007 fixant la date de renouvellement des conseils municipaux et portant convocation des électeurs ..

Ces élections tournent à l'avantage du parti socialiste, certains journaux allant jusqu'à parler de « vague rose » : sur 39 villes de plus de 100 000 habitants, le PS en remporte 26, parmi lesquelles Toulouse et Strasbourg, alors qu'il n'en controlait que 16 à la veille du scrutin.

Organisation des élections

Pour les éléments relatifs au régime électoral, au droit de vote des citoyens, aux modalités de candidatures, etc., il convient de se référer à l'article principal : Élection municipale française et Procédures électorales françaises. Certaines évolutions concernent spécifiquement les élections de 2008, et sont développées dans les paragraphes suivants.

Durée du mandat Le mandat des conseillers municipaux reste fixé à six ans, selon l'article L. 227 du code électoral, même si deux lois du Loi organique n° 2005-1562 du 15 décembre 2005 modifiant les dates des renouvellements du Sénat et Loi n° 2005-1563 du 15 décembre 2005 prorogeant la durée du mandat des conseillers municipaux et des conseillers généraux renouvelables en 2007 ont procédé au report en 2008 des élections cantonales, municipales et sénatoriales, compte tenu du calendrier électoral originellement chargé de l'année 2007 (cinq élections auraient dû s'y tenir en six mois, dont des élections cantonales et municipales en mars pendant la campagne de l'élection présidentielle et des élections sénatoriales en septembre).

Même si ces élections ont une importance locale, le fait que toutes les communes votent en même temps est un indicateur de la popularité des partis, surtout dans les villes où les élections se jouent d'habitude à peu de chose.

Les élus, en tant que grands électeurs sénatoriaux, voteront en septembre 2008 pour élire les sénateurs de la série A pour des mandats de 6 ans.

Parité Afin de mettre en œuvre la révision constitutionnelle du , qui a complété l'article 3 de la Constitution de 1958 par le paragraphe « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives », la loi du a modifié l'article L 264 du Code électoral applicable aux communes de et plus, en disposant que « l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un. Au sein de chaque groupe entier de six candidats dans l'ordre de présentation de la liste doit figurer un nombre égal de candidats de chaque sexe ».

Cette règle a contribué à améliorer la participation des femmes aux conseils municipaux lors du scrutin municipal de 2001, mais a eu peu d'effet sur la féminisation des maires et de leurs adjoints. C'est pourquoi la loi du Loi n° 2007-128 du 31 janvier 2007 tendant à promouvoir l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives a modifié à nouveau l'article L 264 du code électoral, qui dispose désormais que « la liste (des candidats des communes de et plus) est composée alternativement d'un candidat de chaque sexe ». Cette disposition s'est appliquée pour la première fois aux élections municipales de 2008.

En outre, la loi du a également modifié l'article L. 2122-7-2 du code général des collectivités territoriales, qui dispose que « dans les communes de 3 500 habitants et plusÀ compter des élections municipales de 2014, ce seuil est abaissé aux communes de et plus par l'article 29 de la loi du 17 mai 2013, les (maires-)adjoints sont élus (par le conseil municipal) au scrutin de liste à la majorité absolue, sans panachage ni vote préférentiel. Sur chacune des listes, l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un ». Cela introduit donc la parité dans les fonctions d'adjoints au maire lorsqu'il y a plusieurs postes d'adjoints créés par le conseil municipal, ce qui habituellement le cas pour des communes d'une telle importance.

Catégorisation des listes Le Ministère de l'Intérieur classe les listes selon des « grilles de nuances politiques ». Un répertoire national des élus a été institué par le décret 2001-777 du dont l'article 5 mentionne que « Au moment du dépôt de candidature, chaque candidat, ou candidat tête de liste, est informé de la grille des nuances politiques retenue pour l'enregistrement des résultats de l'élection, et du fait qu'il peut avoir accès au classement qui lui est affecté et en demander la rectification, conformément à l'article 36 de la loi du susvisée. ». Concrètement, cela signifie qu'un candidat au scrutin majoritaire ou tête de liste au scrutin proportionnel se voit d'office attribuer une nuance politique (outre celle qu'il a déclarée, « étiquette politique choisie par le candidat »), la catégorie « sans étiquette » est donc supprimée de cette grille. Les « nuances » retenues pour les municipales de 2008 sont : extrême gauche, communiste, socialiste, radical de gauche, divers gauche, Les Verts, écologiste, régionaliste, autres, UDF-Mouvement démocrate, majorité dont le Nouveau Centre, Union pour un mouvement populaire, divers droite, Front national, extrême droiteLes nuances officielles aux municipales sur le site du Ministère de l'Intérieur; Les nuances aux cantonales, plus nombreuses, et aux municipales, avec plus de détails sur le site de l'Observatoire de la parité.. Cela signifie notamment que la catégorie « sans étiquette » n'est plus acceptée en préfecture lors du dépôt des listes.

Principaux partis Extrême gauche

Lutte ouvrière (LO) annonce des alliances locales avec les partis de la gauche institutionnelle, le Parti communiste français (PCF) ou le Parti socialiste (PS), là où elle ne présente pas ses propres listes., soit près de sur 186 listes (contre 128 en 2001). Dans 69 villes, les militants LO participent à des listes d'union, principalement conduites par le PCF (37 listes) ou le PS (26 listes), sur des listes qui comportent parfois d'autres partis comme la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Les Verts (LV), le Mouvement des citoyens (MDC), le Parti des travailleurs (PT) ou le Parti radical de gauche (PRG). LO présente par ailleurs des listes indépendantes dans .. Au second tour, LO se retire des listes de gauche ayant fusionné avec le Mouvement démocrate (MoDem) : Marseille, Perpignan..

La LCR présente des listes d'union avec la gauche antilibérale, mais pose en préalable le refus de toute cogestion avec le PS. Toutefois, la possibilité de fusions avec les listes PS au second tour est envisagée., lui permettant ainsi d'avoir des élus tout en gardant une indépendance stricte dans ses prises de positions vis-à-vis des autres partis, et notamment du PS. La LCR espérait doubler le nombre de ses listes par rapport à 2001. et avait annoncé sa présence dans 36 des 37 villes de plus de .

Lors du premier tour, la LCR dépasse le seuil des 5 % des suffrages exprimés dans de nombreuses communes. Trois de ses listes ayant obtenu entre 5 et 10 % fusionnent avec la gauche au second tour : au Haillan (Gironde) avec le PS, à Morlaix avec le PCF et à Montpellier avec Les Verts. Dans les onze villes où il dépasse les 10 % (Clermont-Ferrand, Foix, Ventabren, La Couronne, Louviers, Saint-Nazaire, Cavaillon, Prades-le-Lez, Quimperlé, Palaiseau, Noisy-le-Grand), le parti trotskyste décide de se maintenir au second tour..

Le PCF doit affronter des primaires avec le PS dans plusieurs des 35 villes de plus de qu'il dirige alors (Aubervilliers, La Courneuve, Bagnolet, Pierrefitte-sur-Seine, Vitry-sur-Seine, Denain, Vaulx-en-Velin) ou a dirigées antérieurement (Le Havre), mais plusieurs autres sont évitées comme à Montreuil. où le bureau national du PS soutient le PCF malgré les demandes de Dominique Voynet., et malgré le vote négatif des militants de la section PS locale... Il en résulte une fronde de certains militants du PS qui décident dès de rejoindre le groupe de travail « Montreuil Renouveau » animé par Dominique Voynet ; d'autres se sont décidés en ..

Gauche

Le Parti socialiste (PS) conclut une alliance nationale avec le Parti communiste (PCF), le Parti radical de gauche (PRG) et Les Verts (LV).

Les Verts présentent néanmoins des listes autonomes dans de nombreuses grandes villes comme à Paris avec Denis Baupin, Rennes ou Lille avec Eric Quiquet.

Allié habituel du PS, des personnalités locales du PRG font parfois défection comme à Nanterre où son leader local soutient la liste du Mouvement démocrate (MoDem), ou au Mans, où est constituée une liste MoDem-PRG (voir plus bas). À Nice, la liste « Nice arc-en-ciel » rassemble, pour les municipales et les cantonales, le Mouvement écologiste indépendant (MEI), le MoDem et le PRG.

Le Mouvement républicain et citoyen (MRC) est partenaire de ces partis, mais est en conflit avec le PS dans des villes comme Paris et BelfortGeorge Sarre, maire MRC du XI, pose ses conditions au PS. À Paris, un accord de fusion au second tour est difficilement convenu, Georges Sarre (MRC) et Patrick Bloche (PS) menant une liste séparée au premier tour.

Centre

Le Mouvement démocrate (MoDem) annonce par la voix de François Bayrou, président du Mouvement, vouloir présenter des listes autonomes dans 80 % des villes ; malgré certaines défections individuelles en faveur de listes de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) comme celle de Jean-Marie Cavada à Paris , en faveur de listes du Nouveau Centre (NC) et parfois du PS (Metz). L'UMP soutient Nicole Rivoire à Noisy-le-Sec et Hervé Chevreau à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), Alain Cazabonne à Talence (Gironde). L'UMP apporte également son soutien à Geneviève Darrieussecq à Mont-de-Marsan et à Vincent Delahaye à Massy (Essonne)« Municipales : l'UMP amplifie l'ouverture », Le Figaro, . Réciproquement, le MoDem soutient Alain Juppé à BordeauxÀ Bordeaux, Bayrou s'allie à Juppé.

Des élus Verts qui ont rejoint les listes du MoDem sont suspendus à Strasbourg (Yann Wehrling) et Aix-en-ProvenceAix-en-Provence : les dissidents Verts suspendus.

La stratégie de second tour du MoDem était une des inconnues du scrutin, l'UDF ayant été un allié traditionnel de la droite, alors que certains rapprochements locaux avec la gauche n'étaient pas à exclure comme à LyonCollomb n'exclut pas une alliance avec le Modem et à MarseilleLa gauche marseillaise veut croire en ses chances où Jean-Luc Bennahmias (ex-Verts) est tête de listeJean-Luc Bennahmias conduira la liste du MoDem à Marseille, voire à ToursL'"ouverture" complique les municipales de 2008, Jean-Baptiste de Montvalon, Le Monde, . Une alliance de premier tour a même été conclue entre la liste d'union de la gauche (PCF compris) avec le MoDem à Dijon par François Rebsamen.

Droite L'UMP conclut une alliance nationale avec le Nouveau CentreLe Nouveau Centre investit 189 candidats, La Gauche moderne, rejointe localement par le MoDem (en Seine-Saint-Denis par exemple). l'UMP investit quelques têtes de listes issus de la gauche, comme les ex-PS Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, et Yves Urieta, maire de Pau, le radical de gauche Roger Didier, maire de Gap (où cette alliance suscite la confusionL'"ouverture" divise l'UMP à Gap), Jean-Marie Kutner, maire adjoint (MDA) de Schiltigheim et débauche plusieurs seconds couteaux dans d'autres villes (Toul, Villeurbanne, etc.)Municipales : l'UMP amplifie l'ouverture.