Aïssa Maïga est une actrice et réalisatrice française d'ascendance sénégalo-malienne, née le à Dakar (Sénégal).
Biographie Jeunesse Née d'un père malien, célèbre journaliste et proche du président burkinabé Thomas Sankara, Mohamed Maïga, décédé à l'âge de le à Ouagadougou dans des circonstances troubles, et d'une mère sénégalaise et gambienne, Aïssa Maïga doit aussi faire face au décès de son frère, mort à l'adolescence d’une leucémie
Elle passe les quatre premières années de sa vie à Dakar avant de s'installer à Fresnes jusqu’à ses neuf ans, puis à Paris. Elle fréquente le lycée Voltaire, dans le . Elle côtoie différentes cultures : .
Elle est naturalisée française l'année de son baccalauréatL'Internaute.
Très jeune, elle s’intéresse au cinéma et rêve de devenir actrice : . Elle prend alors ses premiers cours de théâtre au collège avec sa professeure de français Daisie Faye, aujourd’hui directrice artistique du festival de Jazz et comédie. Elle joue ensuite dans la comédie musicale de son professeur, La Nuit la plus longue (1992), pendant trois ans et fait ses premiers pas au théâtre Mogador et aux Folies Bergère.
Après trois années de cours de théâtre et l’obtention de son baccalauréat, Aïssa Maïga participe à un projet artistique au Zimbabwe, Le Royaume du passage d’Eric Cloué (1986). Elle a alors . Aux côtés d’artistes zimbabwéens, elle découvre le théâtre d’intervention et les pièces engagées des artistes locaux. Elle décide alors de se consacrer à la comédie.
Découverte de l'actrice En France, le grand public la découvre notamment en 2004 grâce à ses rôles dans Les Poupées russes de Cédric Klapisch et dans L'un reste, l'autre part de Claude Berri. Elle enchaîne avec d'autres seconds rôles marquants dans Caché de Michael Haneke, et Je vais bien, ne t'en fais pas de Philippe Lioret.
En 2006, elle tient le rôle principal du drame Bamako, d'Abderrahmane Sissako, qui lui permet de décrocher une nomination pour le César du meilleur espoir féminin.
Depuis, elle tient ses premiers rôles dans des films comme L'Âge d'homme... maintenant ou jamais ! (2007), L'Avocat (2010), Le temps de la kermesse est terminé (2010), Prêt à tout (2013), Bienvenue à Marly-Gomont, Corniche Kennedy (2016) et Il a déjà tes yeux (2017).
Carrière Débuts d'actrice (1996-2004) En 1996, aux côtés d’Yvan Attal et Richard Bohringer, elle tourne son premier long-métrage, Saraka Bo, de Denis Amar, une enquête policière autour d’un meurtre dans une communauté africaine. Elle éprouve ensuite de grandes difficultés à trouver un nouveau rôle avant de tourner Code inconnu (2000) de Michael Haneke, aux côtés de Juliette Binoche où elle interprète une jeune fille rebelle.
En 1999, elle travaille avec Alain Tanner, réalisateur suisse issu de la Nouvelle Vague, et incarne Lila dans Jonas et Lila, à demain, qui procède du film culte Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (1975). .
Par la diversité de ses rôles, Aïssa Maïga entend cultiver une versatilité de jeu. Par la suite, Aïssa Maïga donne la réplique à Jean-Hugues Anglade dans la comédie Le Prof (1999) d’Alexandre Jardin, où elle joue une élève brillante. Puis, on la retrouve dans Marie-Line, aux côtés de Muriel Robin et Fejria Deliba, témoignant sur la solidarité entre femmes de ménage malgré leurs difficultés.
Soucieuse de consolider son apprentissage, elle retravaille son jeu avec Hélène Zidi, au Laboratoire de l'acteur. Le réalisateur Denis Dercourt la fait rentrer à deux reprises dans la distribution de ses films, Lise et André en 2001 et Mes enfants ne sont pas comme les autres en 2003. Elle joue également dans plusieurs séries télévisées.
Révélation critique internationale (2004-2008) En 2004, Aïssa Maïga est à l’affiche avec deux longs-métrages : elle se distingue avec le rôle de Kassia, dans Les poupées russes de Cédric Klapisch, et dans L’un reste, l’autre part de Claude Berri. Le rôle de Kassia - celui d'une jeune femme qui séduit le héros Xavier, interprété par Romain Duris - lui permet de se faire connaître du grand public.
Parallèlement à cette percée cinématographique, elle évolue au théâtre avec Brooklyn Boy, mis en scène par Michel Fagadau au Théâtre des Champs-Élysées (2004). En 2005, elle travaille à nouveau avec Michael Haneke dans le drame Caché, avec Daniel Auteuil, Juliette Binoche, et Denis Podalydès.
En 2006, elle tient un second rôle dans le drame Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret, qui l'a repérée sur scène en 2004. Elle joue également dans le segment Place des Fêtes réalisé par Oliver Schmitz dans le film collectif sketches Paris, je t’aime.
C'est un an après que le drame Bamako, d'Abderrahmane Sissako, lui permet de décrocher une nomination dans la catégorie meilleur espoir féminin aux César 2007. Elle y tient le rôle principal, celui de Mêlé, une chanteuse de bar désabusée, et y interprète la chanson Naam de Christie Azuma, sans en connaître la langue.
En Italie, elle tient aussi le premier rôle féminin de la comédie dramatique Bianco e Nero, de Cristina Comencini, aux côtés d'Eriq Ebouaney, Fabio Volo et Ambra Angliolini. Elle impressionne en jouant en italien. Son interprétation lui vaut un prix au Festival de Bastia.
Influence et reconnaissance à l'international (depuis 2008) Aïssa Maïga a tenu le premier rôle féminin dans le film italien Bianco e Nero, où elle impressionne le public en jouant ses répliques en italien. Plus récemment, elle a joué dans la production internationale Le Garçon qui dompta le vent, diffusée sur Netflix. Ce rôle lui a permis d'atteindre un public mondial et de confirmer son statut d'actrice de calibre international.
Dès 2007, elle enchaîne les premiers rôles : en retrouvant Romain Duris pour la comédie romantique générationnelle L'Âge d'homme... maintenant ou jamais !, ou en faisant partie du casting choral du polar Les Insoumis, de Claude-Michel Rome (2008). La même année, elle est l'actrice principale d'un téléfilm, la comédie dramatique Sexe, Gombo et Beurre salé, de Mahamat Saleh Haroun, diffusé par la chaîne Arte.
En 2009, elle évolue aux côtés des monstres Gérard Depardieu et Olivier Marchal pour le polar Diamant 13, de Gilles Béat, et évolue dans deux téléfilms : Quand la ville mord, et Pas de toit sans moi, dont elle partage l'affiche avec Antoine Duléry.
L'année 2010 lui permet de revenir aux premiers rôles avec le drame Le Temps de la kermesse est terminé, dont elle partage l'affiche avec Stéphane Guillon, qui est cependant un échec commercial, mais aussi la comédie Ensemble, c'est trop de Léa Fazer. Enfin, elle donne la réplique à Benoît Magimel pour le polar L'Avocat de Cédric Anger.
vignette|droite|L'actrice aux César 2017 avec le réalisateur Cédric Klapisch. En 2011, elle tient un second rôle dans le thriller Mineurs 27, de Tristan Aurouet, porté par Jean-Hugues Anglade, et revient sur les planches pour la pièce Les Grandes personnes adaptée du livre de Marie NDiaye et mise en scène par Christophe Perton au Théâtre de la Colline. Parallèlement, elle tourne plusieurs projets qui sortent l'année suivante.
Tout d'abord, elle tient le premier rôle féminin de la mini-série historique Toussaint Louverture, de Philippe Niang ; au cinéma, elle tient un second rôle dans le film indépendant Aujourd'hui, d'Alain Gomis, mais aussi dans la comédie familiale à gros budget Sur la piste du Marsupilami, avec Alain Chabat derrière et devant la caméra.
En 2013, elle refait le même grand écart : elle tient le premier rôle féminin du film indépendant One Man's Show, mais tient aussi un second rôle dans l'ambitieux et très attendu L’Écume des Jours, de Michel Gondry confirmant son statut d’actrice reconnue. Enfin, elle double l'héroïne du film d'animation Aya de Yopougon, et tient le premier rôle féminin du téléfilm Mortel Été, réalisé par Denis Malleval, où elle forme un couple avec Bruno Solo.
L'année 2014 est marquée par la sortie de la comédie romantique Prêt à tout, de Nicolas Cuche, dont elle partage l'affiche avec Max Boublil.
En 2015, elle fait partie de la distribution de la pièce de théâtre Des gens biens, de David Lindsay-Abaire et mis en scène par Anne Bourgeois au Théâtre Hébertot. Et à la télévision, elle retrouve la réalisatrice Léa Fazer pour le téléfilm Mystère à la tour Eiffel.
L'année 2016 est marquée par la sortie de deux comédies populaires dont elle tient les premiers rôles féminins : tout d'abord Bienvenue à Marly-Gomont, de Julien Rambaldi. Elle y incarne Anne, une mère de famille zaïroise et relate l’immigration d’intellectuels africains à travers l’histoire de famille du comédien Kamini. Ensuite, elle partage l'affiche de la comédie Il a déjà tes yeux avec Lucien Jean-Baptiste, qui en signe aussi la mise en scène. Le film connait un joli succès critique et commercial. Enfin, elle tient un second rôle dans la comédie Rupture pour tous, d'Éric Capitaine.
La même année, elle tourne en Afrique du Sud le drame indépendant Comatose de Mickey Dubé, dont elle tient le premier rôle féminin.
Début 2017 sort discrètement le drame Corniche Kennedy, de Dominique Cabrera, qui l'avait déjà dirigée dans le téléfilm Quand la ville mord. Elle y tient un petit rôle, celui d'une capitaine de la brigade des STUP à Marseille.
En , elle partage l'affiche du téléfilm en deux parties Le Rêve français avec la valeur montante Yann Gael. Cette fiction, réalisée par Christian Faure pour France 2, raconte la migration de près de d'outre-mer, au début des années 1960..
En 2021, elle réalise deux documentaires : Regard noir est présenté au Festival international de films de femmes de Créteil puis Marcher sur l'eauFilms du losange - Marcher sur l'eau au Festival de Cannes.
Vie privée
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Aïssa Maïga a été en couple avec Stéphane Pocrain, un homme politique et chroniqueur. Elle a deux fils : Sonni (né en 1996) et Kwamé (né en 2002).
Née au Sénégal, elle a passé ses premières années à Dakar avant de déménager en France. Elle a grandi dans un environnement où plusieurs cultures et religions coexistaient. Elle a elle-même déclaré avoir reçu une éducation à la fois musulmane, catholique et laïque, une mixité qu'elle considère comme une richesse exceptionnelle. En 2020, elle s'installe à Romainville (Seine-Saint-Denis).
Engagements Elle est la marraine depuis plusieurs années de l'ONG africaine l'Amref, vouée à la formation de personnel médical pour les soins de la mère et l'enfant. En 2012, elle se rend en Ouganda pour un projet humanitaire...
En 2021, elle fait partie du jury des Y'a bon awards, une cérémonie satirique créée par Rokhaya Diallo qui décerne des trophées en forme de banane à des individus pour des propos que l'association considère comme racistes ou discriminantsY'a bon awards 2012 ..
Bien que refusant d'être une porte-parole politique (), elle exprime occasionnellement ses convictions par exemple en tweetant pour dénoncer les massacres du groupe islamiste Boko Haram ou, le jour de l'attentat contre Charlie Hebdo, .
Pour la diversité au cinéma vignette|Lors du festival de Cannes 2018. Au-delà de sa carrière d'actrice, le militantisme d'Aïssa Maïga marque un tournant majeur. En 2018, elle co-écrit et co-dirige l'ouvrage collectif Noire n'est pas mon métier, un manifeste qui rassemble seize actrices françaises noires et métisses. Ce livre, qui a eu un retentissement considérable, dénonce le manque de rôles non-stéréotypés pour les actrices racisées et les discriminations qu'elles subissent dans l'industrie cinématographique.
Après son premier film, elle reste plusieurs années sans tourner : .
En 2013, elle se déclare alors optimiste pour la progression de la « diversité » dans le cinéma : .