Le est l'une des races de poneys dites des montagnes et des landes, originaires des îles Britanniques. Il est indigène du sud-ouest du Hampshire, dans la région du dont elle tire son nom. Les études ADN l'ont révélé très proche des poneys celtes du type Asturcón et Pottok. Signalé dès le , le New Forest fait l'objet de nombreux croisements au cours des siècles suivants, principalement avec des Welshs, des Highlands et des Pur-sangs. Désormais, seuls les poneys dont les deux parents sont eux-mêmes enregistrés peuvent faire partie de la race.
Celle-ci est gérée par la , qui tient le registre généalogique () et cherche à en fixer les caractéristiques originelles. Tous les poneys qui vivent librement dans la région de la New Forest ont un propriétaire détenteur du droit de pâture sur ces terres forestières. Une cotisation annuelle est versée pour le marquage de chaque animal pâturant. La population de poneys fluctue en fonction des variations de la demande en jeunes chevaux. Leur nombre est tombé à moins de 600 en 1945 mais n'a depuis cessé d'augmenter, et des milliers de New Forest vivent désormais en liberté à l'état semi-sauvage. Les poneys sont recueillis chaque année durant un rassemblement de bêtes, afin de vérifier leur santé, de les vermifuger et de les marquer. Les étalons approuvés vivent dans la forêt avec les juments durant une courte période chaque année. Les poulains surnuméraires sont vendus plusieurs fois par an.
Hors de ses terres originelles, le est désormais devenu un grand poney de sport solide et élégant. Très polyvalents et dotés d'un bon type pour la selle, tant chez les enfants que chez les adultes, ils sont réputés pour leur pied sûr et leur force. Ils s'illustrent dans des disciplines aussi variées que le saut d'obstacles, le dressage, le complet, l'attelage ou le polo.
Histoire
L'histoire du poney New Forest est intimement liée à celle du parc national New Forest, qui avec ses représente l'une des plus grandes zones non-closes du sud de l'Angleterre. À l'origine réserve de chasse royale, ce gigantesque parc est devenu de nos jours un lieu touristique populaire, mais les poneys continuent d'y vivre en liberté. Il existe assez peu de traces écrites à leur sujet.
Origine L'origine de tous les chevaux domestiques du monde est établie dans la steppe pontique (d'après une vaste étude publiée dans Nature en 2021), ce qui rend la thèse d'une origine préhistorique du New Forest invalide..
Des poneys pâturent dans la région de New Forest antérieurement au dernier âge glaciaire .. Les traces d'un coup de lance sur un os d'épaule chevalin découvert à Eartham Pit, à environ du cœur de la région New Forest et daté de , montrent que les hommes préhistoriques chassaient ces animaux.. Les restes d'un grand camp de chasse daté de la période glaciaire ont été découverts près de Ringwood (à la frontière ouest de l'actuelle région New Forest).. Les comparaisons de squelettes de poneys de l'âge du bronze suggèrent une ressemblance avec l'poney Exmoor.. Des os de chevaux extraits de tombes rituelles datées de l'âge du fer. à Danebury (à environ de la région New Forest actuelle) indiquent une taille d'environ pour ces animaux., comparable aux plus petits New Forest de nos jours.
thumb|Les Normands emmenant leurs chevaux en Angleterre au , détail de la tapisserie de Bayeux.
Guillaume le Conquérant revendique la région de la New Forest comme terrain de chasse royal . Ses navires transportent plus de deux mille chevaux quand il franchit la Manche pour envahir l'Angleterre en 1066... Les premiers documents signalant la présence de chevaux dans le New Forest, au sud-ouest du Hampshire, remontent à cette époque, au , quand des droits de vaine pâture sont concédés aux habitants de la région. Peu après, la zone est déclarée réserve de chasse royale par ..
Une tradition populaire voit dans l'ancêtre des poneys New Forest des chevaux ibériques réputés avoir nagé jusqu'à terre depuis des navires naufragés de l'Invincible Armada. Selon la New Forest National Park Authority, elle a . Toutefois, l'origine espagnole reste possible car les produits de juments New Forest, probablement élevés au haras royal de Lyndhurst, ont été exportés en 1507 pour participer aux guerres de la Renaissance. Une étude génétique menée en 1998 suggère que les poneys New Forest ont une ascendance commune ancienne avec deux races de poneys de type celtique en voie de disparition, l'Asturcón et le Pottok...
Du Moyen Âge à la fin du Le est issu de nombreux croisements au fil des siècles, mais les efforts conjugués d'amélioration de la race ne sont pas antérieurs à la fin du . Dès 1208, le Welsh est utilisé en croisement. Plus tard l'étalon le plus notable est le Pur-sang Marske, arrière petit-fils du Darley Arabian et père d'Eclipse . Vendu à un fermier de Ringwood pour 20 guinées après la mort du Prince William Augustus de Cumberland, Marske s'est reproduit avec les juments du pays dans les années 1760 .
Dans les années 1850 et 1860, la qualité de la race décline, conséquence de mauvais choix d'étalons reproducteurs. L'introduction de reproducteurs arabes est conseillée pour améliorer le New Forest. En 1852, l'étalon Zorah est prêté par la reine Victoria dans ce but , mais son apport reste mineur . Le recensement de 1875 signale un peu moins de chevaux pâturant dans la forêt, en 1884 ce nombre tombe à . Les bénéfices provenant de la vente de jeunes poneys affectent le nombre de juments élevées par la population locale dans les années subséquentes. Cette baisse peut être une conséquence de l'introduction du sang arabe chez la race dans les années 1870, avec pour résultat moins d'animaux pouvant servir dans les mines, ou de l'augmentation des bénéfices de l'élevage de vaches laitières au lieu de poneys. L'introduction de sang arabe chez cette race naturelle a peut-être réduit la rusticité des poneys capables de prospérer sans abri dans la forêt pendant l'hiver. Le nombre de chevaux a également diminué en raison de la demande en poneys plus raffinés pour l'équitation et l'attelage avant l'introduction des véhicules à moteur.
En 1889, la reine prête deux nouveaux étalons pour l'amélioration de la race : l'Arabe Abeyan et le Barbe Yirrassan. Fondée en 1891, la (société pour l'amélioration du poney New Forest) organise une présentation d'étalons et offre un soutien financier pour encourager les propriétaires de bons étalons à les placer dans la forêt .
vignette|Groupe de poneys New Forest courant en liberté Pour diverses raisons, sous l'impulsion, entre autres, de Lord Arthur Cecil et Lord Lucas, et dans le but de favoriser le commerce dans la région puis d'améliorer la race, on utilise jusqu'au début du des chevaux Arabes, Pur-sangs, Welshs et Hackneys en croisement avec les poneys. Ces reproducteurs n'ont toutefois qu'une influence mineure, n'étant vraisemblablement pas laissés en semi-liberté dans la New Forest, auquel cas la sélection naturelle sévère aurait tôt fait de les défavoriser. Avec le temps, les poneys de meilleure qualité sont vendus, ne laissant que les indivius de mauvaise qualité et moins résistants en liberté dans la forêt, où ils se reproduisent. Pour remédier à cette situation, aussi bien que pour augmenter la résistance de la race et restaurer son type ancestral, au début du et jusqu'aux années 1930, d'autres poneys mountain and moorland, comme des Highlands, Dales, Fells, Exmoors et Dartmoors sont employés pour la reproduction . En 1918 et 1919, on note aussi la présence du poney de polo Field Marshall, ce qui peut expliquer les aptitudes du poney pour ce sport. En 1905, la Burley and District NF Pony Breeding and Cattle Society est créée pour travailler sur un stud-book et organise le salon de la race. L'année suivante juments et jeunes chevaux commencent à être enregistrés. Le est créé en 1910 et depuis 1930, on cherche à fixer les caractéristiques originelles du New Forest en évitant le croisement avec d'autres races. Les deux sociétés d'amélioration fusionnent en 1937 pour former la .
La Seconde Guerre mondiale fait grimper la demande, et donc la valeur de marché des jeunes animaux pour la viande de cheval. Le nombre total de têtes de bétail au pâturage dans la forêt, poneys compris, a tendance à diminuer dans la première moitié du . En 1945, il ne reste que 571 poneys. Mais les effectifs du New Forest tendent à se stabiliser dans les années 1950. En 1956, le nombre de poneys toutes races confondues a plus que doublé, atteignant . Vingt ans plus tard, on en dénombre , puis en 1994, avant de plonger en dessous des jusqu'en 2005 . Le New Forest est toujours géré par la , qui a créé son propre en 1960. Dès lors, la race est exportée partout dans le monde, particulièrement en Amérique du Nord, en Europe continentale et en Australie. Bon nombre de pays créent leur propre association nationale de race, en particulier les États-Unis , l'Australie , la Belgique , la Norvège , la Suède , le Danemark , les Pays-Bas , la Finlande et la France, où la race, introduite dans les années 1960, est reconnue en 1969 parmi les poneys.
Description thumb|Mâle au modèle. Le standard de la race est fixé par la . Comme tous les poneys semi-sauvages des îles britanniques, le New Forest est une race dite mountain and moorland . Deux types sont distingués, le poney semi-sauvage de la forêt (), qui est plus rustique, et le poney d'élevage (), qui est plus proche de l'animal de sport. Dans l'ensemble, la race possède les qualités communes des poneys britanniques : force, intelligence et agilité.
Standard morphologique Du fait d'origines diverses, le type est assez variable bien qu'il se rapproche de celui d'un poney de selle. La sélection entreprise depuis les années 2000 lui fait abandonner peu à peu son aspect rustique pour se rapprocher du poney de sport. Dans l'ensemble, le est un poney solide mais élégant, bien charpenté sans être lourd.
Taille La taille maximum autorisée est de et bien qu'il n'y ait pas de taille minimale requise, dans la pratique les animaux toisent rarement moins de . L'association française de la race annonce de à , la plupart des poneys étant tout de même de taille élevée.. Historiquement, la taille de la race a augmenté du fait de sa sélection pour le sport puisque l'ancien standard admettait les poneys à partir de .
En compétition internationale, les apparaissent dans deux sections : celle pour les poneys de moins de et en dessous (nommée section C en France), et celle pour les plus de et moins de (section D en France). Bien que les plus grands poneys ne possèdent pas une anatomie permettant aux plus jeunes enfants de les monter confortablement, ils sont tout à fait aptes à porter des adultes. Les plus petits peuvent ne pas avoir la force de porter les cavaliers plus lourds, mais possèdent souvent davantage de qualités de présentation.
Tête thumb|left|Tête d'un poney . Il possède une belle tête « de poney » au profil rectiligne et au front large et plat, et un regard intelligent.
Avant-main, corps et arrière-main Son encolure est moyenne et forte, sans être grosse, elle est généralement recherchée longue pour le sport, en effet une encolure courte est un handicap. L'épaule est longue et oblique. La ligne dorso-lombaire est droite et longue, l'arrière-main est puissante.
Membres et crins Ses membres sont solides et déliés, les jambes droites et dotées d'os plats et solides. Le pied, au sabot arrondi, est sûr en terrain accidenté.
Robes