François Caron, né vers 1600 à Bruxelles et mort le près de LisbonneCf. notice dans le Nieuw Nederlandsch biografisch woordenboek., est un explorateur et négociant français du , longtemps au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, puis de la Compagnie française des Indes orientales.
Premier Français connu à avoir visité le Japon, il devient à la demande de Colbert directeur général de la Compagnie française des Indes orientales à sa création en 1664.
Carrière Origines familiales et formation
Il est issu d'une famille de huguenots français, qui a fui la France pendant les guerres de religion, avant l'édit de NantesCf. conférence, Proust..
Installée un moment dans les Pays-Bas espagnolsCe ne sont pas de provinces du royaume d'Espagne, mais des provinces (Flandre, Brabant, Hainaut...) de statut divers (duchés, comtés), dont le souverain est aussi, par le jeu des mariages et héritages, roi d'Espagne. Les Pays-Bas (les 17 provinces) faisaient partie des possessions de Charles le Téméraire, dont la fille a épousé Maximilien d'Autriche, grand-père de Charles Quint. Les 7 provinces du nord (Provinces-Unies) se sont rebellées en 1568 et ont fait sécession en 1581. (actuelle Belgique), la famille se réfugie ensuite aux Provinces-Unies (actuels Pays-Bas), pays protestant, en guerre contre l'Espagne depuis 1568 (guerre de Quatre-Vingts Ans). Les Pays-Bas espagnols sont en effet une base pour l'armée espagnole commandée par le marquis de Spinola.
Encore jeune, il entre au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientalesSelon Proust, Conférence, on ne sait rien de l'enfance ni de la formation, de François Caron..
Au service des Provinces-Unies Séjour au Japon (1619-1641) En 1619, Caron est apprenti marchand, ou, selon d’autres sources, apprenti cuisinier, à bord du vaisseau hollandais Schiedam, de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, faisant route vers le Japon. Lorsqu'il débarque dans l'archipel, il n'est pas le premier cas de contact franco-japonais puisqu'en 1615, le samouraï Tsunenaga Hasekura avait fait escale à Saint-Tropez.
thumb|left|250px|une carte du Japon dans l'ouvrage de François Caron Rechte beschryvinge van het machtigh koninghrijck van Iappan (Une véritable description du puissant royaume du Japon).
En 1626, Caron travaille comme assistant à Hirado, siège de la Compagnie au Japon ; le , il est promu au rang de maître marchand, ce qui le met au second rang hiérarchique au Japon. En 1636, il rédige en néerlandais une description du Japon, qui sera publiée en 1648 et traduite en allemand, en anglais et en français. Le , il succède à Nicolaes Couckebacker et devint directeur général de la succursale japonaise de la Compagnie. En 1640, le siège de la compagnie est transféré de Hirado à Dejima (Nagasaki).
Caron séjourne plus de vingt ans au Japon, apprend le japonais et épouse une Japonaise qui lui donne six enfants.
Les années 1641-1664 En 1641, ; il se rend à Batavia (actuelle Jakarta) en attendant son transfert en Europe. Il est nommé membre du Conseil des Indes orientales.
Le , Caron arrive en Europe en tant que . Bien que payé pour ses services, somme assez importante pour l’époque, il repart pour l’Asie en 1643 à bord de l’Olifant. En , il commande une armée de à Ceylan contre les Portugais.
Son épouse japonaise étant décédée, il se remarie en 1644 avec Constantia Boudaen qui lui donnera deux fils.
Caron est alors nommé gouverneur de Formose (actuelle Taïwan). Il restructure la production de riz, de soufre et d’indigo et .
Il retourne à Batavia en 1646 et est nommé directeur général en 1647.
En 1651, Caron doit se rendre aux Pays-Bas pour répondre d'accusations de commerce privé, mais, bien défendu, peut quitter honorablement la compagnie.
Au service de la France (1664-1673) En 1664, Caron reçoit une offre de Colbert pour devenir directeur général de la Compagnie française des Indes orientales, juste créée. Il accepte, ce qui est considéré comme un acte de trahison par les Hollandais qui le bannissent des Provinces-Unies.
En 1665, il navigue jusqu’à Madagascar, puis fonde un poste de commerce à Surate en Inde (dans l'actuel Gujarat). Il est assisté de l'abbé Carré, représentant de Colbert, mais s'entend mal avec lui. Il est assisté aussi par l'Arménien Marcara Avanchintz, à qui il propose de commercer en sous-main avec lui au détriment de la Compagnie (par commerce dit "interlope"). Marcara, ayant refusé, se verra infliger des brimades continuelles et une cruelle mise aux fers avant qu'il finisse par faire reconnaître son innocence d'une part, et les fourberies de Caron d'autre part, lors d'un procès fleuve à Paris. Le second de Caron à Surate est Jean François de Faye. Caron fonde plusieurs comptoirs sur la côte du Kerala et pousse jusqu'à Bantam à Java. En 1672, il
Il accompagne Blanquet de La Haye dans son entreprise sur St. Thomé en 1672. Il meurt dans l'estuaire du Tage, par le naufrage du navire qui le ramène en EuropeCf. conférence de Jacques Proust, 2003..
Œuvres En néerlandais : Rechte beschryvinge van het machtigh koninghrijck van Iappan, bestaande in verscheyde vragen, betreffende desselfs regiering, coophandel, maniere van leven, strenge justitie, etc., écrit en 1636 et publié en 1648 [Juste description du puissant royaume du Japon, consistant en diverses questions, touchant le gouvernement, le commerce, les mœurs, la justice, etc.]
Traduction en anglais : A True Description of the Mighty Kingdoms of Japan and Siam, Londres, 1671.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Barthélemy Carré, Le courrier du roi en Orient : relations de deux voyages en Perse et en Inde, 1668-1674, 2005 Philippe Fabry, La relève de l’Escadre de Perse - Journal de bord d’un vaisseau français aux Indes Orientales sous Louis XIV, Montreuil, Ginkgo Édition, 2004 (présentation sur le site de Sciences Po'. Il s'agit du vaisseau Le Breton, naviguant vers l'océan Indien en 1671)
Philipp Christiaan Molhuysen et Petrus Johannes Blok, notice « Caron, François », dans le Nieuw Nederlandsch biografisch woordenboek, volume 8, Leyde, A.W. Sijthoff, 1930, Jacques Proust, L'Europe au prisme du Japon : , Paris, Albin Michel, 1997. Jacques et Marianne Proust (éditeurs), Le Puissant Royaume du Japon. La description de François Caron (1636), Chandeigne & Lima, 2003 (en format de poche : Chandeigne, collection « Magellane », 2018) Jacques Proust, « Un descendant de huguenots français au Japon au début du », conférence à l'université de Montpellier, 2003.
Articles connexes Compagnie française des Indes orientales
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