vignette|Robot industriel vignette|Automate de Allen-Bradley installé dans une armoire L'automatisation industrielle est l'art d'utiliser les machines afin de réduire la charge de travail du travailleur tout en améliorant la productivité et la qualité. Elle se traduit par le recours à « une technique qui assure le fonctionnement d'une machine ou d'un groupe de machines sans intervention humaine ». En d'autres termes, l'automatisation vise à « substituer » une machine à l'homme. Souvent associée à la robotisation, l'automatisation utilise des outils numériques (ordinateurs) et des automates programmables industriels pour guider et donner des informations aux machines. Secteur industriel de l'automatisation industrielle L'automatisation industrielle est aussi un secteur industriel regroupant les entreprises produisant ou gérant des machines faisant appel à des systèmes électroniques qui englobent toute la hiérarchie de contrôle-commande depuis les capteurs de mesure, en passant par les automates, les bus de communication, la visualisation, l’archivage jusqu’à la gestion de production et des ressources de l’entreprise.

Domaines intégrés à l'automatisation L'automatisation industrielle, parfois nommée automation, ne fait pas toujours consensus sur la définition des secteurs qu'elle recouvre, ni même sur le terme à utiliser pour la définir. En 1960, William Grossin, sociologue, fait un point critique sur les divergences sur sa définition qui serait, selon certains, en correspondance avec un moyen technique (l’électronique...), un principe technologique (l'autorégulation...), un niveau de mécanisation ou un degré d’automatisme; ces idées sont réfutées par d'autres qui voient une association de 3 points : le transfert automatique, la régulation en retour, et les calculateurs; avec une dimension d'intégration globale des processus. D'autres encore s'affranchissent de l'approche technique et technologique pour classifier selon le degré de participation humaine au travail des installations.

Histoire de l'automatisation industrielle Années 1960 Grands contrats et grands projets Laminoir automatisé de Galati, en Roumanie Dans les années 1960, l'automatisation industrielle commence à être pensée globalement, avec des grands contrats dans les combinats sidérurgiques intégrés et les centrales nucléaires. Au milieu de la décennie, Jeumont-Schneider a piloté la construction et la mise en service du laminoir automatisé de tôles de grandes dimensions du l'aciérie géante de Galați, érigée dans le Delta du Danube en Roumanie, permettant à cette dernière de devenir exportatrice de tôles"Un test de la politique de Bucarest : le futur combinat de Galatz" Article par Philippe Ben le 4 août 1965 dans Le Monde, qui doit être terminé fin 1965 et mis en marche dès le début de 1966Le Monde , avec la participation d'une centaine d'ingénieurs et techniciens français et anglais. Ce laminoir doit être automatisé à 100% deux ans après le début de sa mise en marche"Un test de la politique de Bucarest : le futur combinat de Galatz" Article par Philippe Ben le 4 août 1965 dans Le Monde par Jeumont-Schneider, chargé de l'engineering et de la fourniture de technologies, qui , le constructeur informatique Bull , précise la presse en Le Monde du 7 août 1965 . Centrale nucléaire de Chooz Jeumont-Schneider a aussi piloté l'automatisation lors de la construction et la mise en service de la centrale nucléaire de Chooz, érigée à la même époque à la frontière entre la France et la Belgique, dans les Ardennes. Mais il ne s'agit pas encore de recourir à autant d'écrans que lors d'une autre automatisation, plus poussée, du site, celle la seconde époque de la centrale nucléaire de Chooz, décidée en 1989 et opérée principalement en 1994.

Machines disponibles Seule la fin de la décennie des sixties voit le début de l’informatique dans les processus industriels, alors que , la seconde se basant seulement sur de rares formations en électronique, et recourant à des , ni de système d'exploitation (OS), même les premiers centraux téléphoniques n'ayant encore qu'un « peu d’informatique »Témoignage de Geneviève Charpin, recueilli par Christophe Coupez le 27 juin 2023 pour Digital Rétro .

Production automatisée d'électricité par EDF

Le projet EDF au tout début des années 1970 est considéré comme une « révolution » par rapport au fonctionnement précédent : il a visé à regrouper les fonctions d'information, de décision et d’exécution des 7 dispatchings régionaux, équipés de calculateurs d’acquisition, et du dispatching national, en créant une centaine de « groupements de Postes », équipés de Pupitres de commandes groupées (PCG), via un réseau « de transmission en temps réel » (TTR) site du Conservatoire des Télécommunications du réseau électrique français, le 21 décembre 2012 . EDF se fournit alors auprès de la CII, résultat de la fusion en 1967 de trois de ses fournisseurs, un quatrième Bull, étant en perte de vitesse: la SETI qui lui a vendu des PB 250 entre 1959 et 1963, la CAE, qui lui a vendu des C90-40 entre 1967 et 1971, et la petite Société d'électronique et d'automatisme (SEA), en perte de vitesse aussi car plusieurs de ses dirigeants sont partis à la SETI et la CAE. Les conséquences du drame de Malpasset Auparavant, au printemps 1953, en raccordant de nouveaux grands barrages des Alpes, EDF avait embauché un ingénieur du CNET, Jean Carteron, futur fondateur de Stéria en 1969"Steria perd son fondateur, Jean Carteron", le 22 juillet 2011 sur ITMag, par Christophe Bardy , qui constitue une équipe de 10 agents en 1955, devenus 60 vers 1958 et 80 en 1959 au sein d'un Service des mouvements d’énergie (SME) travaillant sur l’expérience (« telle année, le réservoir de Tignes était à ce niveau, on a turbiné et les deux mois suivants ont été secs, donc c’était une mauvaise décision... », puis bénéficiant en , trois ans après la drame de Malpasset de l'achat d'un IBM 7090.

Dès 1966, des simulations d’automatisation du réglage de la tension ont lieu sur un d'EDF, dirigée au milieu des années 1960 par Marcel Boiteux et rejointe en 1968 par André Merlin.

Le vaste Aménagement hydraulique du Beaufortain, reliant quatre grands lacs de barrage, voisins, en zone non glaciaire, autour de celui de Roselend est achevé en 1967, avec une des plus grosses usines électriques à La Bâthie, au pied de la ligne haute tension desservant Lyon et Grenoble, où l'universitaire Michel Jacob est chargé dans les années 1960 de créer le premier centre de calcul EDF à Grenoble traitant par des méthodes statistiques de l’étude des crues pour la gestion des barrages"La Ville de Grenoble, le Conseil Général et la Metro rendent hommage aux fondateurs d’Aconit", sur le site de l’Aconit " , cofondateur de l'ADIRA, en 1969 à Lyon et Grenoble pour promouvoir les technologies de systèmes d’information, puis en premier président de l'ACONIT, fondée avec Roger Gay (Merlin-Gérin), Pierre Thorel (CNRS), les professeurs Louis Bolliet et René Perret et la bénédiction de grands noms de l’informatique et de l’industrie : Jean Kuntzmann (fondateur de l’IMAG), François-Henri Raymond (fondateur de la SEA), Jean Vaujany (PDG de Merlin-Gérin) et Daniel Bloch (président de l’université Joseph Fourier), dont la base de données sera mise en service en Aconit Story, Philippe Denoyelle

Au milieu des années 1960 aussi devient inéluctable un décret interministériel tirant les leçons de la catastrophe de 1959 à Malpasset"L’automatisation de la conduite du Système : du SDART à CASOAR", chapitre 13 du livre "Les télécommunications au cœur du système électrique français - 1946-2000", par Alexandre Giandou, Claude Leclere, Jacques Lecouturier, et Jean-Marc Spetebroodt, en 2007 aux Editions Lavoisier, sur le site du Conservatoire des Télécommunications du Réseau Électrique français. Publié en 1968, il exige des « plans d’alerte » en cas de rupture des barrages haut de plus de , ils sont déployés de 1970 à 1975 pour prévenir rapidement les autorités, puis les populations, avec des sirènes d'évacuation dans les zones de « premier quart d’heure ». En prévision de ce déploiement un grand contrat prévoit que l’ensemble des sites EDF soit équipé, entre 1967 et 1971, de « calculateurs de traitement 90-4023 », par paires pour se protéger des pannes, et avec périphériques.

Ainsi, l'adoption d'un système de téléconduite pour le dispatching EDF par calculateur CAE 9040, fait partie des « projets européens ». Exposés aux variations de température de fonctionnement, les calculateurs de traitement 90-4023 innovent par une « répartition judicieuse » entre mémoire vive et disque, en programmes comme en données, mais avec une gestion de fichiers manuelle par la saisie de 300 cartes perforées, en créant des risques d'écrasement du fichier voisin. Ils sont fournis par la CAE"Les C 90-40. Le virage du numérique" et la CAE, consciente du retard français en composants, qui a renoncé à les construire à temps et pris licence du haut la gamme ascendante de Scientific Data Systems (SDS), conçue dans les années 1960, qu'elle revend sous sa marque"Les calculateurs C 90-xx : outils des premiers dispatchings transport informatisés en France", le 24 août 2016 .

Les trois étapes du réseau : Tigre, Mercure et Retina Le « projet Tigre » d'EDF en 1967 vise à « relier les régions au national pour des échanges de données » via « des supports de transmission loués aux PTT ». Les premiers éléments sont déployés en région toulousaine en 1968, les autres régions suivant « progressivement en quelques années ».

Ce projet donne « naissance au RTD (réseau de transmission de données) d'EDF, au début des années 1970 », « organisé autour de 4 commutateurs de messages Univac », installés à Clichy, Lyon, Orléans, et Toulouse. Le RTD est en 1972 « interconnecté au réseau Mercure par une liaison entre Clichy et Clamart.

Mercure est lui basé au départ sur une dizaine d'ordinateurs"Transport d'énergie et télécommunications", d'histoire d'un grand service d'EDF", par René André et Jean Ravel, Association pour l'histoire de l'électricité en France, en 1991" . Il est à la fois présenté comme le « réseau de transmission de données de la Direction des études » d'EDF et « les systèmes conçus et réalisés » par elle sur ses « calculateurs CDC 1700 , CDC 3500 et CDC 6000 » lors du congrès 1972 de l'AFCET, créée en 1968 pour rapprocher informatique et automatique, organisé à Grenoble, du 6 au Archives de l'Association française pour la cybernétique économique et technique, année 1972. L'AFCET note en 1972 que la moitié des calculs centralisés sur le CDC 6000 acheté en 1968 sont transmis par le terrain, et que pour faire office de commutateur et concentrateur, il lui est adjoint un CDC 3500, machine sortie en avec des circuits intégrés.

Au congrès suivant de l'AFCET, organisé à Rennes du 7 au Archives de l'Association française pour la cybernétique économique et technique, année 1973, l'association salue l'apport combiné des réseaux Tigre et Mercure pour un traitement des données un peu plus décentralisé.

En interne, dès 1972, année où le parc EDF passe à cinq calculateurs CDC (loués environ 20 MF par an), deux IBM (5,8 MF) et un CII (0,8 MF)"À la recherche d’EDF. De la DER à la R&D. Comité d’histoire de l’électricité et de l’énergie. Histoires électriques. EDF a , Fondation EDF, 2016 , un Groupe d’études de transmission (GET) « transversal au sein de l’entreprise », est chargé d'une consultation sur l' « infrastructure commune de transmission de données » mise en place par EDF en s'inspirant des réseaux à « commutation de paquets » (Arpanet aux États-Unis ou Cyclade en France)Le projet Retina, par le Conservatoire des Télécommunications du Réseau Électrique français, synthèse du 10 janvier 2021 , afin de définir les « règles de communication ».