António Luís Santos da Costa () est un homme d'État portugais, né le à Lisbonne. Membre du Parti socialiste (PS), il est Premier ministre de 2015 à 2024 et président du Conseil européen depuis .
Avocat, il est élu à l'assemblée municipale de Lisbonne en 1982 et intègre la direction du PS en 1986. À l'occasion des élections législatives de 1991, il devient député à l'Assemblée de la République.
Il entre au gouvernement en 1995, au poste de secrétaire d'État aux Affaires parlementaires. Il est élevé au rang de ministre en 1997. Deux ans plus tard, il est désigné ministre de la Justice. Après les élections législatives anticipées de 2002, il prend la présidence du groupe PS, désormais dans l'opposition. Il est élu en 2004 au Parlement européen.
Les socialistes étant revenus au pouvoir en 2005, il devient ministre d'État, ministre de l'Administration interne. Il démissionne en 2007, afin de se présenter à l'élection municipale partielle de Lisbonne, qu'il remporte. Il est réélu en 2009 et 2013, avec une majorité absolue.
Après le résultat mitigé du PS aux élections européennes de 2014, il conteste la direction à António José Seguro, qui organise des primaires ouvertes pour désigner le chef de file aux élections législatives. Il s'impose avec 68 % des voix, aussi Seguro démissionne du secrétariat général du parti. Costa y est alors élu avec 96 % des suffrages.
Aux élections législatives de 2015, les socialistes se classent deuxième, mais la coalition au pouvoir perd sa majorité absolue. Ayant conclu des accords de soutien sans participation avec la gauche radicale et les communistes, António Costa prend la tête du gouvernement. Reconduit avec une majorité relative après les élections de 2019, il obtient la majorité absolue lors des élections anticipées de 2022.
Son troisième mandat est marqué par plusieurs scandales qui affectent sa popularité. En , il annonce sa démission à la suite de l'ouverture par le ministère public d'une enquête pour des faits présumés de corruption à son encontre et celle de plusieurs ministres.
L'année suivante, juste après avoir quitté la tête du gouvernement portugais, il devient président du Conseil européen et président des sommets de la zone euro.
Biographie Jeunesse António Costa est le fils de l'écrivain Orlando da Costa (né à Lourenço Marques — actuelle Maputo — au Mozambique, dans une famille catholique goanaise originaire de Margao à Goa en Inde) et de la journaliste Maria Antónia Palla (née dos Santos), ce qui fait qu'António Costa est détenteur de la citoyenneté indienne d'Outre-Mer..
En 1975, à l'âge de 14 ans, il adhère aux Jeunesses socialistes (JS). Il entre ensuite à l'université classique de Lisbonne, où il obtient sa licence de droit et science politique. Entre 1982 et 1984, il a fait partie de la direction de l'association académique de la faculté de droit de Lisbonne (AAFDL).
Débuts en politique Il entre à l'assemblée municipale de Lisbonne en 1982. Devenu avocat après un stage dans le cabinet de Jorge Sampaio, il intègre la direction nationale du Parti socialiste en 1986 sous l'autorité de Vítor Constâncio, où il est reconduit par Sampaio en 1989.
Lors des élections législatives du 6 octobre 1991, il est élu député du district de Lisbonne à l'Assemblée de la République, à l'âge de 30 ans. Aux élections locales du , il se présente au conseil exécutif de Loures, dont il est élu membre, abandonnant ainsi son mandat local à Lisbonne.
Jeune ministre d'António Guterres Le , il obtient son premier poste gouvernemental en devenant secrétaire d'État aux Affaires parlementaires dans le premier gouvernement d'António Guterres. Pour l'élection présidentielle du 14 janvier 1996, il dirige la campagne de Jorge Sampaio, qui s'impose avec 53,9 % des voix.
À l'occasion du remaniement ministériel du 26 novembre 1997, il est élevé au rang de ministre, conservant les mêmes attributions. Il se voit confier le portefeuille de la Justice lorsque Guterres forme son second cabinet, le .
Dans l'opposition Il doit cependant l'abandonner le , le Parti socialiste, ayant perdu les législatives du . Il devient alors président du groupe parlementaire socialiste jusqu'au , puis est élu député européen lors des élections du . Il est désigné vice-président du Parlement européen le mois suivant.
Ministre de l'Intérieur Le , António Costa est nommé ministre d'État et ministre de l'Intérieur dans le gouvernement constitutionnel, dirigé par le nouveau Premier ministre José Sócrates. Il démissionne cependant le afin de se porter candidat à la mairie de Lisbonne lors d'élections municipales anticipées convoquées le .
Maire de Lisbonne Il remporte le scrutin avec 29,5 % des voix, ce qui lui donne 6 sièges sur 17 au conseil municipal (câmara municipal). Le , António Costa devient maire (presidente da câmara municipal) de Lisbonne. Candidat à sa succession lors des élections locales du , il obtient un second mandat avec 44 % des voix, soit une majorité absolue de 9 élus sur 17 au conseil municipal. À l'issue de la mandature, il est reconduit une nouvelle fois à la mairie de la capitale, remportant 50,9 % des suffrages et 11 conseillers sur 17 aux élections du , marquées par une très forte abstention de 54,9 %.
Secrétaire général du Parti socialiste Victoire aux primaires ouvertes À la suite des élections européennes du 25 mai 2014, qui donnent au PS un score décevant, le secrétaire général du parti António José Seguro convoque des primaires ouvertes pour le suivant, en vue de désigner le chef de file du parti pour les prochaines élections législatives. Costa décide de s'y présenter contre Seguro. Le , il reçoit le soutien des socialistes historiques Jorge Sampaio, António de Almeida Santos, Manuel Alegre et José Vera Jardim « Sampaio, Alegre, Almeida Santos e Vera Jardim dão apoio a António Costa », Jornal de Noticias, le 2 septembre 2014.
Il remporte le scrutin sans difficulté. Sa candidature totalise effectivement voix sur les suffrages exprimés, ce qui lui accorde 67,88 % « Resultados finais provisórios dão vitória de 67,88% a António Costa », Jornal de Noticias, le 23 novembre 2014. Il devient de facto le chef de l'opposition.
Seul candidat au congrès extraordinaire Cette écrasante victoire amène Seguro à remettre sa démission. En conséquence, un congrès anticipé est convoqué pour le mois de novembre. Lors du vote des adhérents pour le secrétariat général, les 21 et , Costa est le seul candidat en lice ; il totalise voix sur votants et inscrits, soit un score de 95,8 % des exprimés pour 49,7 % de participation « Costa eleito secretário-geral do PS com cerca de 96% dos votos », Jornal de Noticias, le 23 novembre 2014.
Il démissionne le de la mairie de Lisbonne, après un mandat de plus de sept ans. Il cède son poste à Fernando Medina, adjoint au maire chargé des Finances, des Ressources humaines et du Tourisme, et cadre du PS « Fernando Medina toma posse como presidente da Câmara de Lisboa », Visão, le 6 avril 2015.
Premier ministre De la déception des législatives à la coalition de gauche vignette|Michel Temer reçoit António Costa, à gauche, le . Lors des élections législatives du 4 octobre 2015, le PS totalise 32,4 % des voix et 86 députés sur 230, soit une progression de 12 élus, mais n'arrive que deuxième derrière la coalition au pouvoir. Il entreprend alors des discussions avec l'ensemble des partis représentés à l'Assemblée. À l'issue de celles-ci, il décide d'ouvrir des négociations avec le Bloc de gauche (BE) et la Coalition démocratique unitaire (CDU). Le , bien qu'il ait indiqué être en mesure de former une majorité, le président de la République Anibal Cavaco Silva désigne le sortant Pedro Passos Coelho Premier ministre.
Les négociations à gauche continuent pour autant et le , la commission nationale du PS adopte un programme de gouvernement, amendé par les accords avec la CDU et le BE, par 163 voix pour et 7 contre. Bien que le député européen Francisco Assis ait animé le début d'une fronde interne les jours précédents, le texte est validé à une très large majorité « PS aprova novo programa do Governo com 163 votos a favor e sete contra », Expresso, le . L'entente entre les trois partis de gauche reçoit le surnom de « » ( ou « le machin »)Mathieu de Taillac, Portugal : la droite remporte les élections, les nationalistes doublent leur score, lefigaro.fr, 10 mars 2024.
Le , après deux entretiens avec Cavaco Silva et un échange de courriers afin de lever les doutes du chef de l'État sur la stabilité du futur cabinet, António Costa est désigné formateur du gouvernement constitutionnel « António Costa já deixou Belém. Como primeiro-ministro », Diário de Notícias, le .
Programme, gouvernement et investiture vignette|Aléxis Tsípras, au centre, et Antonio Costa, à droite, à la réunion préparatoire du Parti socialiste européen (PSE), en 2018. Il est assermenté deux jours plus tard au palais national d'Ajuda, avec l'ensemble de son cabinet, qui compte dix-sept ministres, dont neuf indépendants et quatre femmes. À cette occasion, il assure la restauration du ministère des Transports, qui prend le nom de , du ministère de la Science et du ministère de la Mer, disparu en 1995. Maria Manuela Marques Leitão est la première femme ministre de la Présidence, et Francisca Van Dunem la première femme noire nommée au gouvernement. En outre, l'exécutif voit le retour d'Augusto Santos Silva, désormais ministre des Affaires étrangères, et de José Vieira da Silva aux fonctions de ministre du Travail.
Il est réélu secrétaire général du PS par les militants le . À la tête d'une motion stratégique intitulée , il capte 95,3 % de suffrages favorables et fait élire 1 740 des au congrès.
Second mandat Les élections législatives portugaises de 2019 voient la victoire du Parti socialiste. S'il échoue de peu à décrocher la majorité absolue, le parti de centre gauche arrive largement en tête. António Costa sort renforcé des élections.
Du côté des alliés du gouvernement, la Coalition démocratique unitaire, de gauche radicale, enregistre son plus mauvais résultat depuis sa création en 1987, tandis que le Bloc de gauche stagne à un résultat presque identique à 2015 et conserve ainsi la troisième place et le même nombre de sièges. Les législatives connaissent par ailleurs une abstention record de 45,50 % des inscrits.
Aucun des partis n'ayant remporté seul la majorité de 116 sièges, des négociations devraient s'ensuivre entre Costa et ses alliés pour la reconduction de la Geringonça soutenant le gouvernement sortant. Les transferts de sièges lui permettent également de n'avoir désormais besoin que de l'un des deux parti pour avoir la majorité. Le PS élargit également les pourparlers en vue des négociations aux partis Personnes–Animaux–Nature et Livre.
Le , Costa est chargé de former le constitutionnel par le président Marcelo Rebelo de Sousa. Cette nouvelle équipe de est assermentée deux semaines et demi plus tard, le , par le chef de l'État..
Le projet de loi de finances du gouvernement pour 2022 est rejeté par les députés en . Le Bloc de gauche et le Parti communiste, qui s'étaient abstenus lors du vote du budget pour l'année 2021, ont cette fois voté contre, reprochant à l’exécutif de consacrer trop peu de fonds aux services publics et à l'amélioration du pouvoir d’achat. Des élections anticipées pourraient être organisées. Le rejet du projet de budget intervient dans un contexte de tensions sociales, les syndicats d'enseignants et de personnels soignants ayant appelé à des manifestations pour dénoncer le manque d'investissements dans les secteurs de l'éducation et de la santé.
Popularité et affaires politiques