Claude François Fauchet, né à Dornes le et mort guillotiné le , à Paris, est un révolutionnaire et un évêque constitutionnel français.

Biographie Il est le fils de Nicolas Fauchet, marchand aisé, et de sa seconde épouse, Anne Ligier/ Léger. En 1788, alors qu'il propose à Bernardin de Saint-Pierre d'épouser une de ses nièces, il déclare qu'il a reçu d'héritage familial et tire 900 livres de revenus annuels de ses biens personnels, indépendamment de ses revenus d'ÉgliseŒuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, Volume 12, Paris, 1831, p. 391-394 (lettre du 21 mai 1788). .

Fauchet se voue à l’état ecclésiastique après de brillantes études. Entré dans la communauté libre des prêtres de Saint-Roch à Paris, l’abbé Fauchet devient vicaire de l’église Saint-Roch de Paris et est engagé par le du ministre de Louis XV, pour être le précepteur de ses enfants, fonction qui s’avère pour lui le premier pas vers la fortune. Il a à peine trente ans lorsqu’il prononce le panégyrique de Saint Louis à l’Académie française. Il est bientôt nommé grand-vicaire de l’archevêque de Bourges Phélypeaux, puis prédicateur du roi et abbé de Montfort-Lacarre, en Bretagne.

Il prononce en 1785, l’oraison funèbre du duc d’Orléans, petit-fils du Régent, et l’année suivante celle de l’archevêque Phélypeaux. En 1788, c'est lui qu’on charge du dernier sermon de la fête de la Rosière à Suresnes. Il manifeste, à cette occasion, l’influence que les idées nouvelles prennent sur lui, en donnant à son discours, malgré l’innocence du sujet, une teinte politique et faisant allusion aux . Cette manifestation, qui est suivie de plusieurs autres, où l’abbé Fauchet témoigne hautement son enthousiasme pour les nouvelles doctrines, excite le mécontentement de la cour, et il est rayé de la liste des prédicateurs du roi en 1788.

Peut-être initié à la Franc-maçonnerie (mais sans qu'on puisse en produire une preuve documentaire), il a pour ambition de la "fusionner" au ChristianismeArticle "Saint Martin à l'Élysée" de Dominique Clairembault in revue www.philosophe-inconnu.com.

Quand la révolution éclate, elle le trouve prêt à aider de son action ce mouvement rénovateur. En 1789, il anime les assemblées primaires et les sections de Paris. Il est avant cela l'un de ceux qui conduisent l’attaque de la Bastille, où, le sabre en main, il guide la députation qui vient sommer le gouverneur de Launay de rendre la forteresse. Le , il prononce dans l'église Saint-Jacques-la-Boucherie un discours éloquent en guise d’oraison funèbre pour les citoyens tués le , prenant comme point de départ les mots de saint Paul : « Vous avez été appelés à la liberté ».

Il bénit le drapeau tricolore de la Garde nationale et, en septembre, est élu à la Commune de Paris, dont il se retire en octobre 1790. L’hiver suivant, il organise à l’intérieur du Palais-Royal le Cercle social ou « Confédération universelle des Amis de la Vérité », où il préside des réunions très courues sous le titre qu’il s'attribue lui-même de « procureur général de la Vérité ».

Il coopère à la réorganisation de l’Église, en composant le livre de la Religion nationale, qui est distribué dans les départements et et des modifications dans ses rapports avec l’État. On peut rapporter à la même époque ses trois Discours sur la liberté et le Discours sur l’accord de la religion et de la liberté. Fauchet voit dans ces questions, , le nœud des événements contemporains. Le , il prononça dans l’église Saint-Étienne-du-Mont l’oraison funèbre de l’abbé de L’Épée, et le suivant, l’éloge de Benjamin Franklin ; l’un et l’autre sont imprimés.

Dans chacune de ces productions, l’abbé Fauchet . À cette époque Fauchet, orateur du Cercle social, prend une part très active à la rédaction du journal du cercle, écrit d’une manière où l’emphase s’unit au mysticisme. et la dernière occasion dans laquelle il entraîne le public avec lui est un sermon prêché à Notre-Dame le .

En , Fauchet est élu évêque constitutionnel du département du Calvados. En septembre, il en est élu député, le premier sur treize, à l'Assemblée nationale législativeArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, p. 28.. , il mène campagne pour l'égalité des Blancs et des hommes de couleur libres des colonies, qui débouche sur le vote du devenu décret le suivant. Le il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de LafayetteArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792, p. 582. puis le 15 appuie celles des membres du « comité contre-révolutionnaire », les anciens ministres Le Bègue Duportail, Duport-Dutertre, Bertrand, Monlmorin et TarbéArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 48, séance du 15 août 1792, p. 182..

En , il est réélu premier sur treize député du Calvados, à la Convention nationaleArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, p. 37. où il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il s'abstient de participer au premier appel nominal, relatif à la culpabilité du roi. Il se prononce pour l'appel au peuple, pour la détention durant la guerre et le bannissement à la paix et pour le sursis à l'exécution. En , il dénonce le mariage des prêtres. Il vote en faveur de la mise en accusation de Marat, et en faveur du rétablissement de la Commission des Douze. Il est dénoncé par la Commune de Paris en avril, puis par Marat dans son journal L'Ami du peuple en mai.

Au terme de la journée du 2 juin, il est décrété qu'il est tenu de demeurer à Paris. Le , il est décrété d'arrestation à la prison de l'Abbaye, comme complice de correspondance avec Charlotte Corday et de complicité avec ses collègues girondins acteurs du mouvement fédéraliste de CaenArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 68, séance du 14 juillet 1793, p. 718-725.. Début octobre, il est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire, après le rapport d'Amar émis au nom du Comité de Sûreté généraleArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 75, séance du 3 octobre 1793, p. 520.. Il est condamné à mort le 9 brumaire an II () et guillotiné le lendemain.

D'après une lettre de l’abbé Lothringer, du , insérée au tome IV des Annales catholiques, saisi dans sa prison d’un vif repentir, Fauchet se serait rétracté de toutes ses erreurs, aurait fait abjuration de son passé révolutionnaire, et, rentré entièrement dans le sein de la religion, il se serait confessé et aurait confessé lui-même Sillery.

Tous les discours ou les sermons précédemment mentionnés plus haut, ainsi que la brochure de la Religion nationale, ont été livrés à l’impression du vivant de l’auteur. Pour compléter ses titres littéraires, il suffit d’ajouter qu’on lui doit une partie du texte du Tableau de la Révolution (1790-1791).

Notes

Œuvres

De la religion nationale, Paris, 1789 Oraison funèbre de Charles-Michel de l'Epée [abbé de l'Épée], prononcée dans l'église parisienne de Saint-Étienne du Mont le Éloge civique de Benjamin Francklin [sic], prononcé, le , prononcé dans la Rotonde, au nom de la Commune de Paris Tableaux historiques de la Révolution française, Paris, Pierre Didot, 1798.

Bibliographie

Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 17, Paris, Firmin-Didot, 1856, .

Jean Cornillon, L'abbé Cl. Fauchet: prédicateur du roi, membre de la Commune de Paris, evêque constitutionnel du Calvados, député à la Legislative et à la Convention nationale, Librairie historique du Bourbonnais, 1908. Jules Charrier, Claude Fauchet, évêque constitutionnel du Calvados, député à l'Assemblée législative et à la Convention (1744-1793), Paris, Honoré Champion, 1909, t.1, XV-397 p., et t.2, 373 p. Numérisé sur archives.org Marcel Dorigny, « Fauchet Claude », p. 436-437 in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France, 1989, réédition 2005, coll. « Quadrige », 1132 p.

Articles connexes Église constitutionnelle Liste des évêques de Bayeux

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