Chamonix-Mont-Blanc (prononcé ). ou Chamonix dans la forme abrégée, voire Cham' dans la forme locale familière, est une commune française de montagne située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. La commune de Chamonix-Mont-Blanc recouvre du nord au sud seize villages ou hameaux : le Tour, Montroc, le Planet, Argentière, les Chosalets, la Joux, le Lavancher, les Tines, les Bois, les Praz de Chamonix, Chamonix-Mont-Blanc, les Pècles, les Mouilles, les Barrats, les Pélerins, les Gaillands, les Bossons.
Chamonix entre dans l'histoire en 1091, lorsque le comte de Genève fait dotation de la vallée à l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse, en Piémont. Des moines s'installent sur la rive droite de l'Arve. C'est la naissance du prieuré de Chamonix. La commune est un territoire du duché de Savoie qui fait partie des États de Savoie, eux-mêmes intégrés par la suite au royaume de Sardaigne. Puis sous la Révolution française et le Premier Empire, elle devient un territoire français. Le , par le traité de Turin, le duché de Savoie est cédé à la France. Le , la commune de Chamonix devient alors définitivement française. Elle prend le nom de Chamonix-Mont-Blanc le .
Enserrée entre les massifs montagneux des aiguilles Rouges et du Mont-Blanc, Chamonix-Mont-Blanc partage avec Saint-Gervais-les-Bains et Saint-Véran (Hautes-Alpes) le record de la commune ayant l'altitude la plus haute de France et d'Europe occidentale (ce point fait l'objet d'une discussion transfrontalière avec l'Italie. Il n'est pas réglé à ce jour du point de vue du droit international). Elle le doit à la présence sur son territoire du sommet le plus haut des Alpes : le mont Blanc qui culmine à . La commune est très prisée des amateurs d'alpinisme et de sports de montagne en général. L'attrait touristique du mont Blanc confère un visage très cosmopolite à la ville.
Géographie Localisation vignette|Vallée de Chamonix vue du sud. Au premier plan, Les Houches, au centre la ville de Chamonix et au fond l'aiguille Verte.|alt=Photographie en couleurs La commune se situe dans la partie septentrionale et occidentale des Alpes, elle s'est développée dans la vallée du même nom, au nord des Alpes, proche du point de concorde de frontière de la France, la Suisse et l'Italie.
La vallée de Chamonix s'étend sur une étendue d'environ de long. La commune de Chamonix-Mont-Blanc est limitrophe des communes françaises Les Houches, Passy, Saint-Gervais-les-Bains, Servoz et Vallorcine. ; frontalière avec la Suisse et l'Italie, elle est limitrophe des communes suisses de Trient et d'Orsières dans le canton du Valais, et de la commune italienne de Courmayeur, en vallée d'Aoste, à laquelle elle est reliée par le tunnel du Mont-Blanc.
Géologie et relief
vignette|Le mont Blanc à gauche et le Brévent à droite.|alt=Photographie en couleurs
La superficie de la commune est de 245,5 km², ce qui en fait la plus étendue de Haute-Savoie, mais la surface retenue par l'INSEE est de , car les glaciers de plus de sont exclus de ce calcul ; son altitude varie de Répertoire géographique des communes, Institut national de l'information géographique et forestière, ..
Le territoire de la commune est bordé par le massif des aiguilles Rouges qui culmine à d'altitude et, sur le versant opposé, par le massif du Mont-Blanc dont le sommet, le plus élevé d'Europe occidentale ( en 2023, mesure faite tous les deux ans par une équipe de géomètres-experts.) est situé sur la limite de la commune, qui suit la ligne de crête sommitale, de l'arête des Bosses au mont Blanc de Courmayeur. Pour le versant sud, la situation est complexe compte tenu du différent entre la France et l'Italie : l'Italie considère que la frontière passe par le sommet et la France considère que la frontière longe le Rocher de la Tournette, sous la calotte sommitale, plaçant celle-ci intégralement en territoire français. Le versant sud de la calotte a été, en France, attribué à la commune de Saint-Gervais-les-Bains qui partage donc le sommet avec sa voisine chamoniarde, à la suite d'un arrêté préfectoral de 1946 qui partage la zone entre les communes de Chamonix-Mont-Blanc et de Saint-Gervais.. Cette situation « vue de France » se retrouve sur les cartes de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) où l'on peut voir une enclave saint-gervolaine au sud du sommet. Plusieurs sommets de plus de se trouvent à Chamonix-Mont-Blanc : l'aiguille Verte, les Grandes Jorasses, la dent du Géant, le mont Maudit et le mont Blanc du Tacul.
Hydrographie vignette|L'Arve dans sa traversée du centre ville. Le centre de la ville de Chamonix-Mont-Blanc, situé à d'altitude, est traversé par l'Arve, l'un des principaux cours d'eau du département de la Haute-Savoie. D'une longueur de , l'Arve prend sa source au col de Balme et se déverse dans le Rhône en Suisse à Genève.. La commune se situe ainsi dans ce que l'on appelle également la haute vallée de l’Arve.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Dfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à hiver froid (influences continentales).. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune des Houches à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Chamonix-Mont-Blanc est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Chamonix-Mont-BlancUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Chamonix-Mont-Blanc comprend une ville-centre et une commune de banlieue.... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Chamonix-Mont-Blanc, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (96,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (69,6 %), forêts (13,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13 %), zones urbanisées (3,1 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,3 %), zones agricoles hétérogènes (0,3 %), prairies (0,1 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Morphologie urbaine vignette|gauche|Chamonix-Mont-Blanc depuis l'Aiguille du Midi. vignette|alt=Vue de la vallée de Chamonix|330x330px|Vue de la vallée de Chamonix et de l'agglomération depuis le glacier des Bossons. La commune de Chamonix-Mont-Blanc se compose d'une agglomération principale qu'est la ville, ainsi que de répartis de l'entrée au fond de la vallée. L'agglomération principale se situe dans le creux de la vallée au pied des différents sommets qui l'entourent. La commune s'est établie à cheval sur les rives de l'Arve. La morphologie urbaine a dû s'adapter à la géologie de ce territoire montagnard, aux terrains accidentés et aux zones soumises pour certaines à des risques naturels tels que les avalanches., les inondations ou encore les chutes de pierres. L'accroissement démographique et l'augmentation de la fréquentation touristique entraînent une expansion constante de la ville. La morphologie urbaine de ce bassin de vie s'accroît en conséquence. Cependant, en raison des contraintes géologiques qu'impose le relief montagneux, les possibilités de développement urbain sont limitées. Toute nouvelle construction ou aménagement est soumis au respect d'une réglementation contraignante en vue de respecter l'environnement, la cohérence du réseau urbain, des transports et surtout en vue d'assurer la sécurité des usagers et des habitants contre les catastrophes naturelles (risques d'avalanches et d'inondations par le débordement de l'Arve)..
La loi Barnier de 1995 impose à Chamonix-Mont-Blanc, au même titre que , l'obligation d'établir un plan de prévention des risques (PPR).. Ce plan est un dossier réglementaire de prévention destiné à répertorier les zones à risques et définit les mesures pour réduire les risques encourus. La commune était dotée d'un Plan d'exposition des risques naturels (PER) depuis 1992Article du journal municipal d’avril-mai-juin 2007.. Le PPR a été ensuite révisé, aboutissant au PPR approuvé en puis révisé en Préfecture de la Haute-Savoie, Rapport de présentation - Révision du PPR, Chamonix-Mont-Blanc, . à la suite des inondations catastrophiques de et de l'avalanche de MontRoc en . Le programme de rénovation des cartes de localisation des phénomènes d’avalanche (CLPA) fut conduit, en partenariat, par le Cemagref et l’ONF. Chacun des d'avalanche recensés a fait l'objet d'une étude spécifique. Certaines zones ne peuvent faire l'objet de construction en raison du caractère dangereux qu'elles présentent.