Beta Ursae Minoris ( / , ), également nommée Kochab, est une étoile de la constellation de la Petite Ourse. Il s'agit de la seconde étoile la plus brillante de cette constellation, d'où sa désignation de Bayer , et de la étoile la plus brillante du ciel nocturne, avec une magnitude apparente de +2,07. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, l'étoile est située à environ de la Terre. Elle s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de .
Le radiant des Ursides est situé près de cette étoile.
Nomenclature Kochab, nom apparu fin du , a été approuvé l'Union astronomique internationale (UAI).. Ce nom ne vient pas de l'arabe kaucab-al-Shemali comme le pense Camille FlammarionCamille Flammarion, Les étoiles et les curiosités du ciel, Supplément de L’Astronomie populaire, Paris : C. Marpon & E. Flammarion, 1882, p.17, suivi par Richard Hinckley Allen Richard Hinkley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 458., mais il résulte de la convergence de deux phénomènes. Le premier est l’altération du nom donné à , par transformation du /r/ en /k/ ‒ Rucaba > Kuca[b] , encore une fois par déplacement du nom , « le Genou », qui correspond, dans la représentation gréco-arabe, c’est-à-dire celle que les astronomes arabes ont emprunté aux Grecs au , à l’étoile . Le second phénomène est l’influence, dans la recherche d’une origine hébraïque à ce nom arabe, chère aux philologues de la Renaissance, de kochab, graphie alors commune de la transcription de l’hébreu kokab [pron. : koχav], « étoile » Paul Kunitzszch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 171-172.Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 140..
Kochab forme avec Gamma Ursae Minoris (Pherkad) un petit astérisme appelé, dans l'imaginaire populaire, les Gardes, soit les Gardiennes du Pôle (nord)..
En Mésopotamie Beta Ursae Minoris est connue comme MAR.GÍD.DA.AN.NA = Eriqq samē, « Le Chariot céleste ». Nous pouvons le lire dans la Série MUL.APIN, le premier traité d'astronomie mésopotamienne, découvert à Ninive dans la bibliothèque d'Assurbanipal et datant au plus tard de : DIŠ mul.MAR.GÍD.DA.AN.NA d.dam-ki-an-na, i.e. « Le Chariot céleste » pour une étoile identifiée à . Comme toute étoile, celle-ci est associée à un dieu, et c’est en l’occurrence la déesse Damkina, l’équivalent de la sumérienne DAM.GAL.NUN.NA, littéralement « l’Épouse du Grand Prince », ou NINKI, « Dame Terre ». Elle apparaît, dans Enūma eliš, qui est l’Épopée de la création, compilée et mise en forme à la fin du à Babylone, quand Marduk, en lequel les Grecs verront l’équivalent de Zeus, conquit la prééminence sur les autres dieux : « Marduk fut mis au monde / Éa, son père, ‖ Et accoucha de lui / Sa mère, Damkina »Jean Bottéro & Samuel Noah Kramer, « L’Épopée de la création », in Quand les dieux faisaient l’homme, Paris : Ndf/ Gallimard, Paris : 19989, rééd. 1993 / Ndf, pp. 602-679, en particulier Tab. I, 83-84, p. 608. ENKI = Éa, est « le Maître de la Terre », le dieu de la Terre et des Eaux, de la Sagesse, de la Fertilité, celui qui a inventé l’écriture, le Gardien des Lois divines et le Créateur des êtres humains. Damkina est la déesse Mère, la mère de Marduk qui est, à cette époque devenu à Babylone le dieu principal dans lequel les Grecs verront. Hermann Hunger & David Pingree, MUL.APIN, An Astronomical Compendium in Cuneiform [Archiv für Orientforschung (AfO), Beiheft n° 24, 1989]., qui, dans Enūma eliš, engendra Marduk avec ENKI = Ea Jeremy Black & Anthony Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, an Illustrated Dictionary, London: British Museum Press, 1992, pp. 56-57..
On comprend la valeur symbolique donnée à cette étoile que son parcours circulaire au sommet de la coûte céleste permet de dominer cette dernière. Cette étoile est à l’origine de la figure de MAR.GÍD.DA.AN.NA = Eriqq samē, dont les Grecs ont hérité sous le nom d’. On sait en effet par Diogène Laërce que Callimaque de Cyrène (ca. 305-ca. 240) écrit à propos de Thalès de Milet (ca. 625- 620-ca. 548-545) : « C’est lui, dit-on, qui reconnut « la constellation du Chariot [ dans le texte] / sur laquelle les Phéniciens règlent leur navigation..
Caractéristiques Kochab est une étoile géante rouge de type spectral , âgée d'environ trois milliards d'années ().
Système planétaire Beta Ursae Minoris est l'objet primaire d'un système planétaire dont l'unique objet secondaire connu est Beta Ursae Minoris b, une planète confirmée bet UMi b sur la base de données NASA Exoplanet Archive. Elle a été détectée par la méthode des vitesses radiales. Sa découverte a été annoncée en 2014.
D'une masse minimale d'environ six fois celle de Jupiter (), elle tourne autour de Beta Ursae Minoris en environ terrestres ().
Bibliographie Olivier Sauzereau. Bêta de la Petite Ours, Revue Jules Verne 21, Le ciel astronomique, Centre International Jules Verne, 2006, .
Notes et références
Liens externes
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