Arégonde (Arnegonde, Arnegundis)nom germanique composé de arn (aigle) et de gund (bataille)., née entre 512 et 518, décédée entre 572 et 583 (avec une forte probabilité entre 573 et 579)Revue Archéologique d'Ile-de-France : archéologie des nécropoles mérovingiennes en Ile de France. 7e supplément., âgée à son décès d'environ Dr C. Rücker, CEPAM., est une reine mérovingienne, la troisième des sept épouses du roi , mort en 561.

C'est un des rares personnages historiques dont on a pu identifier et étudier la tombeen 2003, redécouverte des restes osseux de la tombe 49, que l'on croyait irrémédiablement perdus sinon même détruits. A permis de rouvrir le dossier d'Arégonde, dont la tombe est à la fois mieux conservée et plus documentée que toutes les autres. Périn et alii 2007; RAST-EICHER, PERIN 2011., ce qui explique son importance.

Elle est considérée comme la plus ancienne reine de France retrouvée à ce jour.

Histoire d'après Grégoire de Tours thumb|left|upright=0.4|Arégonde.

Si l'on en croit le chroniqueur Grégoire de Tours (Histoire des Francs, , 3), la reine franque Ingonde, épouse du roi mérovingien , ayant demandé à ce dernier de trouver un mari qui soit digne de sa sœur cadette Arégonde, le roi ne trouva meilleur prétendant que lui-même et décida d'épouser sa propre belle-sœur. Ce mariage, certes proscrit par les canons ecclésiastiques, était cependant conforme aux principes polygamiques et endogamiques alors en vigueur dans les familles royales germaniques. Arégonde accéda donc au rang de reine légitime et apparaît d'ailleurs en tant que regina (c'est-à-dire reine ou princesse au sens large du terme) dans l'œuvre de Grégoire de Tours, à l'instar des autres femmes de Clotaire.

De cette union naquit Chilpéric, futur roi des Francs de Neustrie.

Données issues des recherches sur sa sépulture vignette|Sarcophage de la reine Arégonde dans la basilique Saint-Denis. Sa sépulture a été découverte en 1959 dans le sarcophage numéroté 49 en la basilique Saint-Denis par Michel Fleury, archiviste-paléographe.. Afin de préserver au mieux le contenu de la tombe, le "magma organique" , selon la terminologie utilisée, a été prélevé en glissant en dessous des feuilles d'aluminium . La fouille s'est poursuivie en laboratoire à Nancy et a été menée par Albert France-Lanord. Cette méthode originale a permis de radiographier le contenu et d'adapter la fouille pour retrouver, outre les bijoux, les éléments de textile, broderies d'or, restes de cuir et de bois, cheveux conduisant à une reconstitution détaillée des vêtements de la défunte et de la sépulture. Les bijoux remarquables comprenaient en particulier, une grande plaque boucle et contre plaque, deux fibules en cloisonné et son anneau nominatif (bague sigillaire portant le nom ARNEGVNDIS et un monogramme central lu comme REGINETombe et restes humains de la reine Arégonde.), aujourd'hui conservés au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Il s'agit de la tombe la mieux documentée d'Europe pour le Haut Moyen ÂgePatrick Périn, « Quand l’archéologie découvre des reines mérovingiennes oubliées. Que sait-on de Wisigarde, Bathilde ou Arégonde ? », émission le Salon noir sur France Culture, 12 décembre 2012..

Une partie de cette sépulture, dont les ossements de la reine, semblait avoir disparu. Cependant, en 2003, on les a retrouvés dans une armoire forte à l'hôtel d'Aumont., où Michel Fleury, en tant que vice-président de la Commission du Vieux Paris, avait disposé d'un bureau jusque dans les années 1970.

La date de sa mort n'étant pas connue par des textes, l'analyse archéologique du tombeau a d'abord émis deux hypothèses. Ainsi, selon Michel Fleury, qui se base sur une analyse de l'état du squelette, elle serait morte entre 565 et 570 (à l'âge d'environ 50 ans donc). Cependant, des études du mobilier funéraire et particulièrement des pièces de vêtements ont été menées plus récemment par Patrick Périn, directeur du musée des Antiquités nationales. Ces analyses incitent désormais à penser que le décès doit être daté entre 572 et 583 ; en effet, le style de certaines pièces du costume de la reine n'apparaît pas dans le monde mérovingien avant le début du . Michel Fleury en donne la description suivante : « une femme de très petite taille, âgée d'environ quarante-cinq ans, à la chevelure blonde, au crâne assez rond, à la mâchoire inférieure assez saillante, mais au menton effacé »Georges Tessier, Le baptême de Clovis, éditions Gallimard, 1964, 320.. Les dernières recherches et en particulier les analyses de ses dents donnent son décès vers 60 ans alors qu'elle était très arthrosique. Elle mesurait Les dossiers de l'archéologie , Bijoux et parures mérovingiens de la reine Arégonde, belle-fille de Clovis. environ, présentait des séquelles de poliomyélite de l'enfance au niveau de la jambe droite (qu'elle aurait subie vers l'âge de 4 ans) et des signes de maladie de Forestier, sans doute à cause d'un diabète fort.

Elle portait un manteau de soie de Chine teint de pourpre qui indiquait son rang royal, un voile de soie à motifs jaunes et rouges (un rouge de murex et de garance), des chaussures de cuir de chevreau rouge et des bijoux (plaque-boucle, fibule et épingle) en or et argent ornés de grenats venus d'Inde, de Ceylan, de Bohême et du PortugalArchéologia , Exposition des tombes mérovingiennes de Saint-Denis.. Elle portait ainsi un costume inspiré du style byzantin.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Les dossiers d'Archéologie, n°32, 1979. Bijoux et parures d'Argonde. ISSN 0184-7538. Fleury, Michel; France-Lanord, Albert, Les trésors mérovingiens de la basilique Saint-Denis, Gérard Klopp Editeur,Woippy 1998, 569 p.(ISBN 2-906535-05-2) Paule Lejeune, Les reines de France, Vernal et P. Lebaud, Paris, 1989 , 29-30.

Patrick Périn, Pour une révision de la datation de la tombe d'Arégonde, épouse de , découverte en 1959 dans la Basilique de Saint-Denis, Archéologie médiévale, , (22-50) CNRS, Paris, 1991 .

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Bulletin de Liaison de l'AFAM 32 de 2008 article Nouvelles propositions pour la reconstitution du costume d'Arégonde. Tombes mérovingiennes de la basilique de Saint-Denis, la science au service de l'archéologie, 2009, Musée d'archéologie nationale.

Vulgarisation .

Articles connexes Statut des femmes à l'époque mérovingienne Reines de France Dynastie mérovingienne Faux Mérovingiens

Liens externes "Arégonde, reine des Francs : enquête anthropologique", Futura Science, 4 juillet 2019 Arégonde, reine mérovingienne. Vianney Muller, « La vidéo de la conférence "Autopsie d'une reine mérovingienne : Arégonde", est disponible », Hypothèses, Vidéo L'incroyable destin de la plus ancienne reine de France

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