Le Radeau de la Méduse est un film français d'Iradj Azimi avec Jean Yanne, Daniel Mesguich, Claude Jade, Rufus et Laurent Terzieff. Tournée entre 1987 et 1991, cette « superproduction artisanale » est sortie uniquement sur les écrans en 1998.

Ces multiples retards sont entre autres dus à la nécessité de reconstruction des décors (dont ceux de la frégate) détruits par le passage du cyclone Hugo () sur les lieux du tournage (aux Antilles). Le film est inspiré de la véritable histoire des naufragés de la Méduse (1816) et de la création du célèbre tableau par le peintre Géricault. Une version longue pour la télévision (en trois parties de chacune) a été tournée et montée, mais n’a ensuite jamais été diffusée ; cette version télévisuelle s'ouvre sur la séquence lors de laquelle l’empereur , rôle tenu par Jean-François Balmer, fait le choix de l'exil (en 1815).

Synopsis

Après la défaite de Napoléon à Waterloo (), Louis XVIII se réinstalle sur le trône de France, ouvrant ainsi la période de la Seconde Restauration. Le 17 juin 1816, une flottille de quatre navires quitte l'île d'Aix, au large de Rochefort, pour le Sénégal, dont la frégate Méduse, sous le commandement de Hugues Duroy de Chaumareys, avec à son bord le gouverneur nommé du Sénégal, Julien Schmaltz, accompagné de sa femme Reine et de leur fille. Très vite, le climat de l’expédition se tend et des rivalités apparaissent entre les officiers. Des tensions entre Chaumareys (ancien émigré — royaliste — qui n’avait pas navigué depuis plus de vingt ans) et le lieutenant Coudein, esprit libre issu de la marine napoléonienne, éclatent.

La fête traditionnelle du passage du tropique est très tendue. Coudein a été destitué par Chaumareys et remplacé par un civil, Richefort, mais ce que Coudein redoutait se produit : le navire s’échoue sur le banc d'Arguin, hauts-fonds au large de la Mauritanie actuelle. Après deux jours de tentatives infructueuses pour déséchouer le bateau, il est décidé de quitter l’épave pour rejoindre la côte éloignée d’une cinquantaine de kilomètres. La famille de Schmaltz et les fidèles de Chaumareys s'entassent sur cinq canots ou chaloupes (en réalité, il y aurait eu six embarcations de sauvetage en tout : quatre canots et deux chaloupes), qui remorquent un grand radeau (de six mètres sur douze) construit à la hâte à partir de la mâture de la frégate, occupé par cent quarante-sept soldats et marins, dont Coudein et Savigny, avec leurs vivres. Le radeau surchargé gênant considérablement les manœuvres des chaloupes, Richefort fait couper le cordage qui relie les chaloupes au grand radeau et abandonne celui-ci qui dérive pendant treize jours vers le large. Il n'y aura que quinze survivants à bord du radeau lorsqu’il est retrouvé par le brick Argus.

Fiche technique Réalisation : Iradj Azimi Scénariste : Iradj Azimi Décors : Jacques Douy Costumes : Édith Vesperini, Dominique Louis Photographie : Ricardo Aronovitch, Pierre Dupouey, Walter Vanden Ende Son : Thierry Lebon, Jacques Thomas-Gérard Musique : Carl Davis Société de production : Grand Angle Productions - EDM Distribution : Gémaci Pays de production : Durée : 130 minutes Date de sortie : France :

Distribution Jean Yanne : le commandant Hugues Duroy de Chaumareys Daniel Mesguich : le lieutenant Jean-Daniel Coudein Alain Macé : Henri Savigny Michel Baumann : Alexandre Corréard Claude Jade : Reine Schmaltz Philippe Laudenbach : Julien Schmaltz Rufus : « Harmonica », le soldat musicien Laurent Terzieff : le peintre Théodore Géricault Jean Desailly : le contre-amiral La Tullaye Victor Garrivier : Antoine Richefort Patrick Potot : Jean Griffon du Bellay, l'aspirant Marie Matheron : la cantinière aveuglée Jean Le Mouël : le lieutenant Pierre Reynaud Stéphanie Lanoux : Eliza Schmaltz Claude Brosset : Le commandant du Parnajon Patrick Cheval : le soldat sénégalais Raymond Kamvene : le soldat chinois Charles Reimonenq : un soldat Laurence Hamelin : une vivandière Bernard Lajarrige : Bonnefoux Pascale de Boysson : Jean-Bernard Guillard : Carlier Jérôme Anger : Daubigny, le journaliste (uniquement dans la série) Jean-François Balmer : (uniquement dans la série)

Autour du film Le film a été tourné en Guadeloupe entre 1987 et 1991. Pour les scènes en extérieur, la frégate Méduse a été entièrement reconstituée grandeur nature en bord de mer, à Anse-Bertrand. En 1994 lors de la célébration du centenaire du cinématographe au siège de l'Unesco à Paris, la séquence où Laurent Terzieff interprète le peintre Géricault parlant de sa création fait partie des extraits choisis par Philippe d'Hugues pour sa projection illustrant l'histoire du cinéma mondial. Carl Davis a composé la musique du film dans la même veine romantique que pour ses compositions du Napoléon d'Abel Gance restauré (version de 1981). Ricardo Aronovitch et Walter Vandenende se sont largement inspirés des œuvres de Rembrandt pour bâtir l'éclairage des scènes en intérieur. Les retards liés aux intempéries multiples (dont le cyclone Hugo) qui obligent à reconstruire les décors, auxquels s'ajoutent des problèmes de financement et de distribution, ont retardé la sortie publique du film qui ne s’est faite qu’en 1998. Le pavillon qui flotte sur la Méduse devrait historiquement être entièrement blanc (pavillon français) et non pas « blanc semé de fleurs de lis d'or », pavillon hissé lorsqu'un prince de la famille royale est à bord. Le choix qui a été fait en a été esthétique et symbolique (retour triomphant du régime monarchique lors de la Restauration, auquel la fleur de lys est assimilée) Au moment du tournage, Laurent Terzieff a plus du double de l'âge du personnage de Théodore Géricault qu'il interprète : celui-ci avait en effet 27 ou à l’époque où il a peint Le Radeau de la Méduse.

Critiques , Philippe D'Hugues, Almanach du Cinéma. , Jean Tulard, Dictionnaire du Cinéma.

Notes et références

Liens externes

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