Le nom de théâtre des Délassements-Comiques a été porté successivement par plusieurs salles de spectacle parisiennes entre 1785 et 1890.
Délassements-Comiques I, boulevard du Temple (1785–1799) Les premiers Délassements-Comiques sont ouverts en 1785 par l'auteur, directeur et acteur Plancher Valcour (1751-1815)Nicolas Brazier, Histoire des petits théâtres de Paris, , . dans un petit théâtre situé boulevard du Temple, entre l'hôtel Foulon (qui accueillera plus tard le Théâtre-Historique) et l'emplacement du futur Cirque-Olympique. Il brûle le . Reconstruit, il rouvre en 1788 et continue jusqu'en 1799Louis-Henry Lecomte, Histoire des théâtres, , ..
Il connaît un moment de vogue qui excite la jalousie des grands théâtres et qui provoque de leur part l'interdiction au directeur de faire jouer autre chose que des pantomimes et d'avoir sur la scène plus de trois acteurs à la fois, séparés du public par un rideau de gaze. Le , jour de la prise de la Bastille, Plancher Valcour crève la gaze en poussant le cri de En 1792, le théâtre est repris par Colon.
En 1799, la salle prend le nom de théâtre Lyri-Comique. En 1803, elle devient le troisième théâtre des Variétés-Amusantes, puis les Nouveaux Troubadours en 1805. Ce dernier est fermé en 1807 par le décret sur les théâtres de Napoléon . Le bâtiment est presque entièrement détruit, à l'exception du hall d'entrée, utilisé pour l'exhibition de chiens et de singes savants F. W. J. Hemmings, Theatre and State in France, 1760–1905, , ..
Délassements-Comiques II, boulevard du Temple (1804–1806) Un second théâtre nommé Délassements-Comiques, également situé boulevard du Temple, fonctionne de 1804 à 1806.
Délassements-Comiques III (1841-1864) vignette|Les théâtres du boulevard du Temple en 1862. Boulevard du Temple (1841–1862) Le , la danseuse et acrobate Marguerite Lalanne dite Madame Saqui acquiert le Café d'Apollon, ancienne salle du théâtre des Associés située au 52 boulevard du Temple, entre le théâtre des Funambules et le Petit-Lazari. Elle le rebaptise « Spectacle des Acrobates de Madame Saqui ». Il ferme en 1832, laissant la place au théâtre du Temple d'un certain Roux dit DorsayJules Prével et Émile Cardon, Histoire des Délassements-Comiques, , ..
Après rénovation complète, le théâtre rouvre en 1841 sous le nom de Délassements-Comiques.
À cette époque, le directeur est Constant Ménissier (1794-1878), auteur dramatique et ami du célèbre Eugène-François Vidocq, attesté par une correspondance régulière échangée durant les années 1840, dont une quinzaine de lettres sont conservées dans les archives de la policeCourriers de Jean-Constant Ménissier acquis le 9 juin 2023 lors d'une vente publique, Archives de la préfecture de police de Paris, Le Pré-Saint-Gervais (cote 33 Z 2).. En 1845, Hypolite Rivail, qui deviendra célèbre dans le monde de l'occulte, associé à Napoléon Gallois produisent un vaudeville en un acte, Une passion de salon.
Les directions se succèdent : Ferdinand Laloue et Edmond Triqueries, Ducré et Edmond Triqueries, Raimbaut, Émile Taigny, Hiltbrunner et enfin Léon Sari en 1857. Il y fait représenter des vaudevilles d'Ernest Blum, Alexandre Flan, Amédée de Jallais, Édouard Montagne, Jules Renard La danseuse de cancan Rigolboche, repérée par Sari au bal Mabille, s'y produit de 1858 à 1860 avec succès.
Rue de Provence (1862–1864) Léon Sari doit déplacer sa troupe en 1862 en raison des transformations d'Haussmann entraînant le fermeture de la plupart des théâtres du boulevard du crime pour entre autres le percement du boulevard du Prince-Eugène. Il rouvre le 26, rue de Provence mais ferme définitivement en .
Rue du Faubourg-Saint-Martin (1864) Charles Constant Gobin, pensionnaire de Sari, veut être directeur à son tour et loue la salle Raphaël, rue du Faubourg-Saint-Martin sous le nom de Délassements-Comiques mais l'aventure ne dure que trois moisHenry Buguet, Foyers et Coulisses, tome X : Porte-Saint-Martin, Tresse, Paris, 1877..
Délassements-Comiques IV, boulevard du Prince-Eugène (1866–1871) Le , un quatrième théâtre portant le nom de Délassements-Comiques ouvre 23, boulevard du Prince-Eugène. Quelques mois plus tard, il change son nom en théâtre du Prince-Eugène, puis reprend celui de Délassements-Comiques en 1867. Les Contes de fées d'Hervé y sont créés le Kurt Gänzl, The Encyclopedia of the Musical Theatre, , .. Ce théâtre est détruit par le feu en 1871, dans les derniers jours de la Commune.
Délassements-Comiques V, rue du Faubourg-Saint-Martin (1873–1878) Sa troupe s'installe en 1873 dans la salle du deuxième théâtre des Nouveautés, rue du Faubourg-Saint-Martin et s'y produit jusqu'en 1878. Robert Planquette y obtient son premier succès le avec son opérette Paille d'avoine Kurt Gänzl, The Encyclopedia of the Musical Theatre, , ..
Délassements-Comiques VI (1886–1890) Les sixièmes et derniers Délassements-Comiques ont été exploités de 1886 à 1890Louis-Henry Lecomte, Histoire des théâtres, , ..
Notes et références
Bibliographie (par ordre chronologique) Nicolas Brazier, Histoire des petits théâtres de Paris, Paris, 1838, (lire en ligne)
Louis-Henry Lecomte, Histoire des théâtres (1402–1904), Daragon, Paris, 1905, (lire en ligne) John McCormick, Popular Theatres of Nineteenth Century France, Routledge, New York, 1993 F. W. J. Hemmings, Theatre and State in France, 1760–1905, Cambridge University Press, New York, 1994 Kurt Gänzl, The Encyclopedia of the Musical Theatre, seconde édition, Schirmer Books, New York, 2001
Liens externes
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