thumb|Le guide de la ville de Mayence contenant la dénomination de ses six sections, rues, maisons et de leurs numéros, ainsi que des habitants avec leurs qualités, états, professions ou métiers An IX . Lithographie de Pfeiffer. L’histoire de la ville de Mayence, fondée par les Romains, constitue un héritage de plus de deux millénaires.

Mayence tire son origine du camp romain de Mogontiacum, et devint ensuite capitale de la province de Germanie supérieure et siège d'archevêché de 780/82 à 1803. Elle connut une période d'épanouissement entre 1244 et 1462, lorsqu'elle eut le statut de ville libre. Par la suite, son histoire fut marquée par les princes-électeurs et les archevêques de Mayence qui résidaient dans la ville. Après la fin de cette époque, Mayence perdit en grande partie son importance de ville fortifiée. En 1950, Mayence devint capitale du Land de Rhénanie-Palatinat.

Préhistoire Les premières traces de vie humaine dans la région de Mayence datent de à . En 1921, un lieu de halte pour chasseurs datant de la dernière période glaciaire fut mis au jour dans la rue Linsenberg. Ce site est un vestige important pour les spécialistes puisqu'il s'agit de la plus ancienne trace de présence humaine dans la région proche de Mayence.

Grâce au Rhin, qui constitue dès l'origine une artère vitale de la ville, une vie culturelle et populaire riche prit place sur l'emplacement de la Mayence actuelle, et s'étira en particulier depuis la fin de l'âge de la pierre, aux environs de 1800 av. J.-C., jusqu'à l'âge du bronze.

Durant la deuxième moitié du , les Celtes constituaient la principale force sur les rives du Rhin supérieur. Ils peuplaient également la région de Mayence et nommèrent cette colonie d'après l'un de leurs dieux, Mogon, auquel on ne peut cependant pas rattacher le nom actuel de la ville. À partir de cette désignation, les Romains qui arrivèrent par la suite formèrent le nom de la ville « Mogontiacum ».

En 75 av. J.-C., les Germains arrivèrent enfin sous le commandement d'Arioviste dans les environs de Mayence, où ils traversèrent le Rhin en direction de la Gaule. Les Celtes vivant jusqu'alors sur les rives du Rhin moyen furent acculés dans la région de Mayence, qui était alors sous l'influence de la tribu des Trévires, une branche des peuplades celtes restant jusqu'à l'arrivée des Romains relativement à l'écart.

Après la guerre des Gaules, qui prit fin avec la bataille d'Alésia en 52 av. J.-C., l'Empire romain sous Jules César puis Auguste orienta ses conquêtes en direction du Rhin et de la Germanie. Les Romains prirent possession en premier lieu la région de la rive gauche du Rhin, avant de soumettre la Germanie sur la rive droite (Magna Germania). Un des camps qui fut érigé sur les bords du Rhin au cours de cette campagne par Nero Claudius Drusus fut postérieurement aménagé et devint Mogontiacum. La ville est ainsi l'une des plus anciennes villes allemandes.

L'époque romaine

Mogontiacum appartint pendant presque à l'Empire romainLes capitales des provinces germaniques.. Le fait que le camp fortifié ait été fondé en 38 av. J.-C. n'a jamais été démontré archéologiquement, l'hypothèse n'est aujourd'hui plus soutenue par personne. Cependant, cette hypothèse ayant fait long feu, cette date est considérée comme la date officielle de fondation de la ville. Le début avéré de l'histoire romaine de Mayence est daté de 13/12 av. J.-C.. Dans le cadre de la politique d'expansion de l'Empire romain en direction de la Germanie, un camp de légionnaires fut fondé (au plus tard) à cette époque à l'embouchure du Rhin, servant également de délégation permanente du pouvoir romain qui dominait les territoires allant jusqu'au Rhin. Drusus en fut responsable jusqu'à sa mort en 9 av. J.-C.

Jusqu'en 90 ap. J.-C., deux légions (au départ la Legio XIIII Gemina et la Legio XVII Gallica), furent stationnées dans le camp puis une seule légion romaine, la Legio XXII Primigenia Pia Fidelis — la légion « de Mayence », restera jusqu'au milieu du ap. J.-C. Au cours de la préparation de plusieurs campagnes vers la Germanie jusqu'à quatre légions ainsi que des troupes auxiliaires stationnèrent également à Mayence. Une partie de ces troupes supplémentaires était cantonnée dans un deuxième grand camp militaire, qui fut employé jusqu'à la fin du ap. J.-C. Il était situé près de Weisenau à la place de l'actuelle carrière, il n'en existe aujourd'hui plus aucune trace archéologique. La succession des légions jusque vers 90 peut être résumée ainsi : avant 42-43 : XIV Gemina et XVI Gallica, de 43 à 70 : Legio IIII Macedonica et XXII Primigenia ; de 70 à 85 environ : I Adiutrix et XIV Gemina. Vers 85, la XXI Rapax remplace la I Adiutrix, elle se trouvait peut-être à Weisenau depuis quelque temps. Après sa dissolution vers 89-90, la XIV Gemina resta seule en garnison. Durant les années 90, vers 96 semble-t-il, la XXII Primigenia la remplaça et resta seule en garnison à Mayence.

La base militaire de Mogontiacum attira également des commerçants, des artisans et des aubergistes. Les personnes habitant autour du camp n'avaient cependant aucun droit civique et étaient administrées par le commandement du site. Le camp principal, auquel le nom du quartier Kästrich fait référence, était construit selon le plan des camps romains, avec deux rues se croisant : via prætoria, via principalis, via decumana et quatre portes : porta prætoria, porta decumana, porta principalis dextra, porta principalis sinistra.

Après la défaite désastreuse de Varus à la bataille de Teutobourg en 9 ap. J.-C., le Rhin devint pendant longtemps la frontière séparant la Germanie de l'Empire. En 89 ap. J.-C., après la répression de la révolte de Saturninus, la ville, qui était déjà un des plus importants camps frontaliers de l'armée, devint le centre administratif civil et la capitale de la province romaine nouvellement créée de Germanie supérieure. La province dominait alors le Rhin supérieur jusqu'à Coblence, qui s'appelait autrefois . La province de Germanie inférieure se situait au nord, avec Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne) comme capitale. Un vaste programme de construction sous les empereurs Flaviens avec le renforcement du camp par de la pierre, construction de l'aqueduc de Mayence et de piliers de ponts en pierre, plus solides, ainsi que la conquête du Wetterau et le début de la construction du limes marquèrent le développement de Mogontiacum au ap. J.-C.

Par la suite, Mayence s'épanouit, mais la cité n'atteint jamais le statut de Cologne ou de Trèves. Les commerçants firent prospérer la ville ; pourtant la ville et sa région furent de plus en plus fréquemment menacées par l'invasion de tribus comme les Chattes, les Alamans et les Vandales, en particulier après l'attaque du limes en 258 ap. J.-C.

Cela conduisit à la perte des champs Décumates, région située sur la rive droite du Rhin, et Mogontiacum redevint une ville frontalière. Au et plus tard au , le christianisme fit son entrée dans la ville. En 343, elle devint pour la première fois un évêché sous Martinus (Marinus). On suppose que le christianisme a pu être introduit bien antérieurement, mais il n'y en a pas de preuve historique.

Au cours du même siècle, la décadence de l'Empire romain devint de plus en plus sensible. Les Alamans en particulier menaçaient Mayence et occupèrent la ville en 352/355. D'autres invasions eurent lieu au cours des années 357, 368 et 370. Le César Julien reprit la ville aux Alamans en 357 ap. J.-C. et renforça la flotte du Rhin à Mayence (vestiges des quais du port antique sur le Rhin au lieu-dit « Dimesser Ort »). Le mur de la ville déjà reconstruit au fut à nouveau détruit puis reconstruit dans la seconde moitié du . Dans la nuit du nouvel an 406/407, les Vandales envahirent la ville et la rasèrent.

En 411, Jovin y fut couronné empereur.

Enfin, en 451, les Huns conquirent la ville mais, d'après les dernières recherches, ne causèrent pas de grands dommages. L'époque de la Mayence romaine était désormais révolue. Les Francs prirent le pouvoir et incorporèrent Mayence à leur empire jusqu'à la fin du .

Mayence au début du haut Moyen Âge ()

Vers la fin du , une lutte s'engagea entre les Francs et les Alamans pour la suprématie sur l'ancienne région romaine. En 496/497, Clovis, le roi des Francs, de la dynastie des Mérovingiens, se fit baptiser à la suite d'un vœu. Clovis chassa par la suite les Alamans de la région. Il devint roi de la Franconie occidentale et de la Gaule, et plus tard, du royaume franc de Cologne, auquel Mayence appartint vraisemblablement. Appelée alors non plus Mogontiacum, mais Magontia ou Maguntia, Mayence fit ainsi partie d'un grand empire franc et, de ville-frontière, devint une ville intérieure. À partir de cette époque, mais surtout sous l'évêque Sidonius (534-547), le christianisme s'épanouit dans la ville et des constructions refirent leur apparitionD'après .. Aux et s, des moines bénédictins anglo-saxons établirent une mission. Le plus important de ces missionnaires était l'archevêque missionnaire Boniface, originaire du Wessex, qui destitua en 744 Gewielieb, accusé de se livrer à des actes de vendetta indignes, et prit sa place d'évêque de Mayence. Boniface, en tant qu'archevêque de Mayence, dirigea la christianisation de la Hesse et de la Frise. Sous son successeur Lullus, le diocèse fut élevé en archidiocèse vers 780/782. L'Église de Mayence se développa et devint la plus grande province ecclésiastique au nord des Alpes, ce qui accentua l'importance de la ville.

Sous Charlemagne, les Carolingiens atteignirent leur apogée. Charlemagne fit ériger à proximité de Mayence, à Ingelheim, l'une de ses résidences impérialesCf. .. La découverte d'un fragment de trône datant de la seconde moitié du laisse supposer qu'un palais impérial existait également à Mayence même. Charlemagne tint plusieurs assemblées à Mayence, ce qui devint une tradition suivie durant plusieurs siècles ; elles culminèrent en 1184, sous le règne de l'empereur Frédéric Barberousse. Mayence s'offrit comme lieu d'assemblée, étant donné qu'elle disposait déjà d'une vaste église ( de long), l'abbaye de Saint-Alban, dans laquelle les assemblées pouvaient prendre place, et qui se développa au cours des suivants pour devenir le centre spirituel du diocèse. Comme la christianisation des Slaves et des autres peuples de l'Est par Mayence avançait rapidement, la ville devint un nœud de communication important de l'Empire, non seulement en ce qui concerne la politique et la religion, mais également pour l'économie. En particulier, les marchands rendirent la ville prospère. Le développement principal concernait toutefois le domaine de la religion, conduite par les archevêques successifs. Parmi les successeurs immédiats de Lullus, l'un des plus importants fut Raban Maur, qui devint évêque en 847 et sous lequel le développement de Mayence connut un premier point culminant en tant que centre spirituel significatif.

Mayence au Moyen Âge

Après avoir repoussé les incursions des Normands au , débuta l'époque sous laquelle Mayence fut gratifiée de l'appellation d'Aurea Moguntia (Mayence dorée), et à partir de laquelle l'archevêque porta le titre d'« archevêque du Saint-Siège » de Mayence, titre honorifique particulier qu'aujourd'hui seul le Saint-Siège de Rome partage. Mayence devint le siège du représentant pontifical au-delà des Alpes.