Carouge est une ville et une commune suisse du canton de Genève.

Géographie Carouge jouxte la ville de Genève, dont elle est séparée par la rivière Arve, et fait partie de la République et canton de Genève depuis 1816. Elle est réputée pour le quartier du « vieux Carouge », qui garde un certain charme et où les terrasses des bistros sont courues lorsque les beaux jours reviennent.

Carouge mesure . % de cette superficie correspond à des surfaces d'habitat ou d'infrastructure, % à des surfaces agricoles, % à des surfaces boisées et % à des surfaces improductives.

Carouge est limitrophe des communes de Genève, Veyrier et Lancy.

Histoire Une naissance tardive Au début du Moyen Âge, Sigismond, roi des Burgondes, règne depuis Carouge durant la reconstruction de Genève, sa capitale, incendiée pendant la guerre entre Gondebaud et Godegisèle.

Des toponymes latins Quadruvium ou Quatruvio, elle passe en 1248 à Carrogium tandis qu'au , elle était connue comme Quarrouiz ou Quarroggi. En 1445 est mentionné comme QuaroggioDizionario storico della Svizzera, auteur: Dominique Zumkeller.

La commune de Carouge est également surnommée la « cité sarde » du fait de son passé.

En effet, c'est le traité de TurinAlfred Dufour, Histoire de Genève, , Que sais-je , PUF du entre la république de Genève et le royaume de Sardaigne qui marque la naissance de Carouge. L'accord met fin à d'incessantes querelles entre la maison de Savoie et la cité de Calvin au sujet de la mosaïque de terrains le long de l'Arve, où il est bien difficile de faire respecter la légitimité des juridictions respectives.

Après de longues et laborieuses négociations, les deux parties s'orientent vers un échange de terres. Genève cède poses de terres, verse écus au royaume et obtient en échange poses. Carouge devient sarde. L'accord favorise plutôt la maison de Savoie. Même si Carouge n'est alors qu'un hameau de quelques maisons et auberges, elle se trouve néanmoins dans une situation idéale, de l'autre côté de la rivière, à peine à quelques encablures de la cité..

Le développement rapide

Profitant des ressources que lui apporte sa puissante voisine, Carouge se développe rapidement. En 1766, elle compte déjà 36 établissements de vin, industrie florissante, mais aussi contrebandière, qui n'est guère affaiblie par les royales gabellesClaudius Fontaine, Recherches historiques sur Carouge, H. Mehling, Genève, 1857, 144-150... C'est toutefois seulement vers 1770 qu'un véritable projet politique et économique voit le jour sous la houlette de Pierre-Claude de La Fléchère, comte de Veyrier, représentant local de la noblesse savoyarde. Cet homme, qui avait fort bien compris la situation géostratégique exceptionnelle du territoire, ne tarde pas à solliciter de Victor-Amédée III des privilèges permettant à Carouge de se développer, notamment en faisant appel à des étrangersEusèbe-Henri Gaullieur, Annales de Carouge, éditions Slatkine, Genève, 1982, 33, (réimpression de l’édition de Joel Cherbuliez, Genève, 1857).. En 1777, Carouge obtient deux foires annuelles et un marché hebdomadaire. Sa population dépasse le millier d'âmes.

Capitale de province sarde

Par l'édit du , Carouge devient la capitale de la province du même nom qui comptabilise environ habitants. Le bourg devient rapidement une cité royale et, le , reçoit son blason (un lion au pied d'un arbre) pour être érigée en « ville » par lettres patentes du roi. Sa population dépasse alors les André Corboz, Invention de Carouge, Payot, Lausanne, 1968, 359.

Un îlot de tolérance La singularité de Carouge réside essentiellement dans la mise en place d'une politique libérale qui est largement appuyée par le pouvoir turinois. Non seulement ce dernier accorde des privilèges particuliers, et uniques dans le royaume, à la cité carougeoise, mais accepte aussi la venue en nombre d'étrangers de toutes origines et appartenances religieuses afin de favoriser l'essor économique de la province.

C'est ainsi que les francs-maçons font leur apparition à Carouge en 1777Les Trois temples, Loge des trois temples à l’Orient de Carouge, 1788-1988, plaquette commémorative – de la création de la Loge, Carouge, 1988, 15-20. ; reproduite sur le site de la Loge Les Trois Temples., suivis en 1779 de protestants qui obtiennent la tolérance civile et religieuse en 1783Eusèbe-Henri Gaullieur, op. cit. et suivantes.. Enfin, en 1779, des Juifs, originaires d'Alsace principalement, s'installent égalementLaurence Leitenberg, Population juive de Carouge de 1780 à 1843, Mémoire de licence d’histoire économique et sociale, université de Genève, 1992, Annexes I et II, Recensement de la population juive. Pierre-Claude de La Fléchère et l'Intendant général Giovanni-Battista Foassa-Friot ont largement contribué à la mise en place de cette politique, plutôt novatrice pour l'époqueJean Plançon, Histoire de la Communauté juive de Carouge et de Genève, volume 1, de l'Antiquité à la fin du , Slatkine, Genève, 2008. Cet ouvrage comporte des éléments biographiques sur ces deux personnages..

Le , Victor-Amédée III proclame un édit de tolérance, permettant notamment aux Juifs de bénéficier de l'application du droit commun et de jouir d'une totale liberté de culte, cas rarissime dans l'histoire de l'EuropeArchives départementales de Haute-Savoie (ADHS), période Sarde, série C, ICI-16, correspondance , lettre du 15 août 1787 du Ministre Giuseppe Corté au Gouverneur général à Chambéry.. Les francs-maçons auront leur loge, les protestants leur temple et les Juifs leur synagogue, ainsi qu'un cimetière confessionnel (cimetière juif de Carouge) situé le long de l'actuelle rue des Tireurs de Sable.

En 1789, peu avant sa mort, Pierre-Claude de La Fléchère suggère au pouvoir turinois d'accepter la venue à Carouge de musulmans et de leur autoriser la création d'une mosquéeRené-Louis Piachaud, Œuvres complètes, tome II, Slatkine, Genève, 1982, lettre de M. de La Fléchère adressée à son frère M. le Comte de Châtillon le 13 mars 1789, 296.. Cette ultime vision du Comte de Veyrier ne verra pas le jour : Carouge, bientôt française, doit abandonner sa politique libérale.

Une ville sous occupation française

En 1789, les effets de la Révolution française se font sentir. Pour prévenir toute perturbation, la garnison de la ville passe de 144 à 650 hommes. La mesure rassure quelque temps, mais les jours de Carouge la Sarde sont désormais comptés.. Le , les troupes françaises en marche pour leur campagne d'Italie, pénètrent sans résistance dans la province de Carouge et l'annexent au nouveau département du Mont-Blanc dont Chambéry est désigné pour en devenir le chef-lieu, puis au département du Léman créé en 1798 dont Genève, elle aussi occupée puis annexée, devient la préfecture.. Carouge restera ainsi sous occupation française jusqu'à sa libération par les Autrichiens en .

Elle fut chef-lieu de district de 1792 à 1795.

Une ville suisse vignette|Monument érigé en 1925 pour commémorer le traité de Turin de 1816 Après une période mouvementée pendant laquelle Carouge redevient sarde par le traité de paix du , se trouvant ensuite brièvement réoccupée par les Français durant les Cent-Jours du retour de Napoléon, puis à nouveau sarde (après la victoire des Alliés, ennemis de Napoléon, à Waterloo suivie de la reddition et de la capitulation française sans conditions), la ville est finalement cédée par le duc de Savoie roi de Sardaigne à la République et nouveau canton de Genève par le traité de Turin du , ainsi que 19 autres communes du duché de Savoie en contrepartie de la neutralité helvétique sur les zones franches de Savoie. 12 communes françaises. seront aussi cédées par la France au nouveau Canton suisse de Genève, mais au titre de dommages de guerre imposés pour ces dernières. Le canton avait rejoint la Confédération suisse à l'occasion des traités de Paris en 1814 et de Vienne en 1815article 75 de l'Acte final du Traité de Vienne. Cette cession est accompagnée d'une petite zone exempte de douanes sardes. Une des places de Carouge s'appelle d'ailleurs toujours « place de Sardaigne ».

Carouge contemporaine Transports Le premier tramway (qu'on nommait alors « chemin de fer américain ») de Suisse est mis sur pied sur la ligne Carouge-Place Neuve, devenue aujourd'hui la ligne 12 du tramway et plus ancien tronçon d'Europe encore en service. Ainsi, après Paris, Birkenhead (banlieue de Liverpool) et Londres, Carouge et Genève possèdent des voitures sur rail, tirées par des chevaux. La traction hippomobile fut remplacée par la vapeur dès 1878, puis électrifiée dès 1894. La ligne est prolongée au cours des années 1900 et relie les deux villes savoyardes de Saint-Julien-en-Genevois et d'Annemasse en traversant le canton de Genève. De 1995 à 2011, le tram 13 traverse également la commune, de 2007 à 2011, le tram 14 relie Carouge au quartier des Avanchets et à la ville de Meyrin et, depuis 2014 le tram 18 relie Carouge au CERN.

Le quartier des Tours de Carouge vignette|Photo aérienne (1963). À l’ouest du vieux Carouge, au long du canal des promenades de la Drize, une zone de a été classée en 1940 en zone A (deux étages sur rez), dont la ville possédait . Les premiers projets de constructions échouèrent car le gabarit des immeubles était trop petit pour atteindre un équilibre financier. Les conditions changent avec le vote en 1957 par le Grand Conseil de deux lois sur l’expansion de l'agglomération et le subventionnement des immeubles à loyer modéré. Le Conseil municipal décide le de construire la totalité du quartier malgré les importants risques financiers. De 1958 à 1963, cinq tours comprenant  sont construites par un groupe de sept architectes dont Georges Brera. Une salle culturelle, une poste et une bibliothèque font partie de la surface commerciale de ...

Le PAV L'ouest de la commune, dans le secteur du Stade de Genève, est concerné par le projet urbain Praille - Acacias - Vernets.

Politique et administration

Le Conseil administratif (exécutif) est élu tous les cinq ansQuatre ans avant l'entrée en vigueur le de la Constitution du . Cf. au scrutin majoritaire, le premier tour devant avoir lieu en même temps que l'élection du Conseil municipal. Il est composé de trois conseillers administratifs et nomme chaque année son président, qui porte le titre de maire, et son vice-président. Les conseillers se répartissent eux-mêmes les dicastères.

Le Conseil municipal (législatif) est élu tous les cinq ans au scrutin proportionnel ; la loi cantonale prévoit un seuil électoral (appelé quorum) fixé à 7 %. Composé de 33 membres depuis 2015Le nombre de conseillers municipaux est fixé par le Conseil d'État en fonction de la population de la commune. Cf. art. 5 , il est dirigé par un bureau, qu'il élit chaque année en son sein ; celui-ci est composé d'au moins quatre membres (président, vice-président, secrétaire et vice-secrétaire) et d'au moins un membre de chaque groupe représenté au Conseil municipal. Le Conseil municipal institue des commissions chargées de traiter des sujets particuliers (finances, bâtiments, affaires sociales, etc) ; les groupes y sont représentés proportionnellement à leur nombre de sièges (les commissions permanentes sont composées de 15 membres, de même pour les commissions ad hoc).

Membres du Conseil administratif (législature 2025-2030)

L'exécutif de la commune, entré en fonction le , se compose de la façon suivante :

IdentitéÉtiquetteDicastèresSonja MolinariLes Verts Aménagement, urbanisme, travaux et domaine public Environnement, développement durable, énergie et mobilité Voirie, espaces verts et matériels Finances et promotion économique Patrick MützenbergPS Affaires culturelles, communication et information Bâtiments et logements Sports Informatique, logistique et protection de la populationRaffaele FraomenePLR Enfance et jeunesse Solidarités, citoyenneté et collectivités Ressources humaines Police municipale

Liste des conseillers administratifs