Sara Montiel, dite aussi Sarita Montiel, de son vrai nom María Antonia Alejandra Vicenta Elpidia Isadora Abad Fernández, née le à Campo de Criptana (province de Ciudad Real, Castille-La Manche) et morte le à Madrid, est une actrice et chanteuse espagnole.
Considérée comme l'« une des plus grandes actrices de l'histoire de l'Espagne », la presse espagnole l'a décrite comme un « mythe du cinema espagnol ». Elle a aussi été considérée comme « la plus belle femme du XXe siècle en Espagne ». Elle était une « icone sexuelle, feministe, et homosexuelle dans l'Espagne de Franco ».
Biographie Sara Montiel est une star espagnole de cinéma. Fuyant la misère de la campagne, ses parents s'installent à Orihuela, dans la province d'Alicante, où ils ouvrent un commerce de vins. C'est dans cette ville qu'à l'âge de treize ans elle participe à un concours de chant, dont le gagnant doit être récompensé par des cours de comédie et de chant. Elle remporte le premier prix, et se révèle rapidement une élève très douée.
Elle débute au cinéma en 1944 sous le pseudonyme de María Alejandra, mais décide très vite de changer de nom. Elle choisit Sara, le prénom de sa grand-mère, et Montiel, du nom d'une ville de sa province natale. Sans vraiment s'imposer, elle tourne quelques films, dont on retiendra surtout Poignard et Trahison (Locura de amor) où elle interprète un second rôle qui attire l'attention sur elle. Mais, sentant qu'elle piétine en Espagne, elle part pour le Mexique. Elle tourne avec les plus grandes vedettes du moment, comme Pedro Infante, des comédies populaires qui la hissent au tout premier rang des stars mexicaines. De cette période, on peut retenir un étrange mélodrame policier, , et surtout où elle s'affirme comme une grande comédienne. Grâce à ce dernier film, Hollywood la remarque, elle y tourne deux chefs-d'œuvre, Vera Cruz de Robert Aldrich, avec Gary Cooper et Burt Lancaster, et Le Jugement des flèches de Samuel Fuller, avec Rod Steiger. Elle y tourne également un troisième film, Serenade, réalisé par Anthony Mann qu'elle épouse, et dont elle divorce sept ans plus tard.
Son séjour à Hollywood sera brièvement interrompu par un dernier film mexicain, Donde El Circulo Termina (La Belle de Mexico), un excellent film policier, prototype du film noir latino-américain.
C'est toutefois grâce au film espagnol réalisé par Juan de Orduña en 1957, que Sara Montiel trouve enfin son véritable emploi. Dans ce film, une production à petit budget qu'elle accepte par amitié pour le réalisateur, Sara Montiel est une chanteuse alcoolique sur le déclin, dont on retrace la vie en flash-back. Elle doit logiquement être doublée pour les chansons par Concha Piquer, chanteuse folklorique de renom, qui se désiste au dernier moment, de peur de ne pas être payée. Sara Montiel enregistre elle-même les 11 chansons du film, avec une tonalité qui ne doit rien aux espagnolades, mais avec une voix chaude et rauque, totalement inhabituelle dans ce pays. Par ailleurs, imprégnée du glamour hollywoodien, elle introduit dans le cinéma de l'Espagne franquiste un érotisme suggéré qui fera se pâmer le Caudillo Franco lui-même. Le film, contre toute attente, est un triomphe, record absolu de recettes, resté à ce jour inégalé. Du jour au lendemain, elle devient une idole du cinéma et de la chanson. Peu à peu, le mythe va se créer, avec une dizaine de films, tous des mélodrames, au sens propre du terme : des drames coupés de chansons interprétées par l'héroïne.
Le film suivant, La violetera, la fait connaître dans le monde entier. À Paris, il est projeté dans la plus grande salle de cinéma du monde, le Gaumont Palace. Le succès gagne les pays de l'est, l'Amérique latine. Les bandes originales de ses films (12 chansons de Sara Montiel) sont distribuées sur toute la planète, du Japon aux États-Unis. Suivent des productions à gros budget, Carmen de Grenade, Mon Dernier tango, Ave Maria, Une dame aux camélias
Son premier mari, Anthony Mann, veut lui faire interpréter Chimène dans Le Cid aux côtés de Charlton Heston. Elle refuse le rôle et lui conseille Sophia Loren qui est engagée. Sara Montiel a en effet mis au point un système qui s'est révélé payant pour elle, et dont elle ne veut pas se démarquer : un film musical accompagné d'un disque chaque année. Cela dure jusqu'au début des années 1970, où, malgré ses tentatives avec des réalisateurs connotés « intellectuels » comme Mario Camus, Juan Antonio Bardem, Jorge Grau, la formule ne fait plus recette. Elle abandonne alors le cinéma, et se produit dans des shows à grand spectacle, avec des guest-stars telles que Joséphine Baker ou Lola Flores. Ayant entre-temps épousé (en 3ème noce) l'imprésario et patron de presse José Tous Barberán, dit Pepe Tous, qui gère admirablement sa carrière, elle se consacre aussi à l'éducation de ses deux enfants adoptifs, Thais et Zeus.
Volontiers dévêtue ou habillée de strass et de paillettes dans ses spectacles, Sara Montiel devient peu à peu une diva, qualifiée par le petit Larousse ibérique de « diva espagnole la plus importante de l'après-guerre ». La Movida ne la rejette pas, au contraire, ses opinions ouvertement de gauche et ses déclarations fracassantes la rendant sympathique auprès des nouvelles générations.
A partir de la mort de José Tous Barberán en 1992, elle continue à se produire sur scène, mais plus rarement.
Vie privée
Elle publie ses mémoires où elle fait état de ses liaisons avec Ernest Hemingway, le poète Miguel Mihura qui est son premier amour, Maurice Ronet, et quelques autres. Elle parle librement de sexualité, devenant ainsi une sorte de Mae West latine, dont les excentricités et les histoires de cœur font la joie de la presse people. Pedro Almodóvar lui rend hommage dans La Mauvaise Éducation. Adulée dans le monde entier, elle est entrée de son vivant dans la légende.
Longtemps après la mort du biologiste Severo Ochoa, co-lauréat du prix Nobel 1959 de physiologie ou médecine, Sara Montiel confie dans un entretien au journal espagnol El País, avoir entretenu une relation amoureuse avec celui-ci dans les années 1950 : « Le grand amour de ma vie, c’était Severo Ochoa. Mais c’était un amour impossible. Clandestin. Il était marié, et puis, lui dans la recherche et moi dans le cinéma, ça ne faisait pas bon ménage. ».
Filmographie Elle est parfois créditée Sarita Montiel : 1944 : Te quiero para mí 1944 : Empezó en boda 1945 : avec Imperio Argentina 1945 : Se le fue el novio 1946 : El misterioso viajero del Clipper 1946 : Por el Gran Premio 1947 : Vidas confusas 1947 : Confidencias 1947 : 1947 : (Don Quijote de la Mancha) de Rafael Gil 1948 : Alhucemas de José López Rubio : María Luisa Pereira 1949 : Poignard et Trahison (Locura de amor) avec Fernando Rey, Jorge Mistral et Aurora Bautista 1949 : avec Fernando Fernán Gomez 1950 : (Pequeñeces...) de Juan de Orduña 1950 : (That Man from Tangier) de Luis María Delgado et Robert Elwyn 1950 : Furia Roja, version mexicaine du film américain où elle reprend le rôle de Veronica Lake. Les deux actrices tournent simultanément. 1951 : (Cárcel de mujeres) de Miguel M. Delgado 1951 : Necesito Dinero avec Pedro Infante 1951 : avec Pedro Infante 1951 : El Enamorado avec Pedro Infante 1952 : Ella Lucifer y Yo 1952 : Yo Soy Gallo Dondequiera 1953 : - 1953 : Porque ya no me quieres 1954 : Se solicitan modelos 1954 : Frente al pecado de ayer [1954 : Yo no creo en los hombres 1955 : Vera Cruz de Robert Aldrich avec Gary Cooper, Burt Lancaster,Charles Bronson et Denise Darcel 1955 : La Belle de Mexico (Donde el circulo se termina) de Alfredo B. Crevenna avec et 1956 : Serenade d'Anthony Mann avec Mario Lanza, Joan Fontaine,et Vincent Price 1957 : Le Jugement des flèches () de Samuel Fuller avec Rod Steiger, Brian Keith,Ralph Meeker et Charles Bronson 1957 : (El ultimo cuplé) de Juan de Orduña avec Armando Calvo 1958 : La violetera avec Raf Vallone,Franck Villard et Ana Mariscal 1959 : Carmen la de Ronda (Carmen de Grenade) avec Maurice Ronet, Jorge Mistral et Amedeo Nazzari 1960 : Mon Dernier tango avec Maurice Ronet et 1961 : Ave Maria (Pecado de amor) avec Terence Hill et Alessandra Panaro 1962 : Une dame aux camélias (La bella Lola) avec Franck Villard et Antonio Cifariello 1962 : L'Espionne de Madrid () de Rafael Gil : Charito 1963 : Casablanca nid d'espions (Noches de Casablanca) d'Henri Decoin avec Maurice Ronet et Franco Fabrizzi 1964 : Samba (Samba à Rio) avec Marc Michel et Fosco Giachetti 1965 : Aventure à Beyrouth (La dama de Beirut) de Ladislas Vajda avec Magali Noël, Fernand Gravey et Alain Saury 1966 : La Femme perdue (La mujer perdida) de Tulio Demicheli avec Massimo Serato et Christiane Minazzoli 1967 : Tuset Street de Jorge Grau avec Patrick Bauchau et Teresa Gimpera 1969 : Esa mujer de Mario Camus avec Ivan Rassimov 1971 : de Juan Antonio Bardem avec Vicente Parra 1973 : Cinco almohadas para una noche - avec Craig Hill
Doublage français Jacqueline Carrel dans : La violetera Carmen de Grenade Ave Maria Une dame aux camélias Casablanca nid d’espions Colette Fleury dans : Le Jugement des flèches
Emprunt d'images d'archive La Mauvaise Éducation de Pedro Almodóvar - 2004 (Extrait du film Esa Mujer)
Documentaires Asaltar los Cielos (Espagne, 1996) Sara Una Estrella (Espagne, 2001) Machin, Toda Una Vida (Espagne, 2002) réalisation Nuria Villazán Sara Montiel, une Espagnole à Hollywood (France, 2003) réalisation Bernard Garcia Molina Ramon Mercader, l'assassin de Trotsky (Mexique, 1996) réalisation Javier Rioyo et José Luis López-Linares Mario Lanza, the tenor of Hollywood (États-Unis, 2005) réalisation A Thousand Clouds of Peace - (Mexique , 2003 ) réalisation Julián Hernández seulement voix
Discographie
Télévision De nombreuses émissions spéciales lui ont rendu hommage sur les écrans de télévision du monde entier : Ven al paralelo ou Sara y punto en Espagne, La Chance aux chansons ou Étoiles et toiles en France, La Movida au Mexique
Notes et références
Voir aussi
Liens externes
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