Le métro de Lyon est un des systèmes de transport en commun desservant la ville française de Lyon et son agglomération. Il s'agit d'un réseau métropolitain constitué de quatre lignes dénommées à l'aide des lettres A, B, C et D. Le réseau comporte quarante-deux stations pour de voies en site propre.
La première ligne ouvre le par la transformation d'une ligne de funiculaire en chemin de fer à crémaillère entre les stations Croix-Paquet et Croix-Rousse. Le réseau est ensuite officiellement inauguré le avec l'ouverture de deux lignes sur pneumatiques.. Une quatrième ligne dont la conduite est automatique ouvre le .
Le métro ainsi que l'ensemble de son matériel d'exploitation appartiennent à Sytral Mobilités. L'exploitation est assurée par RATP Dev depuis le par l'intermédiaire d'une délégation de service public. RATP Dev succède à l'entreprise Keolis Lyon, qui opérait le réseau depuis (Keolis Lyon conserve l'exploitation du réseau de bus).
Histoire
Les funiculaires
vignette|gauche|Le funiculaire de la rue Terme. Si l'on s'en réfère à la définition du terme « métropolitain » donnée par différents dictionnaires de la langue française , Lyon peut se targuer d'avoir eu l'une des premières lignes de chemin de fer métropolitain du monde puisque la ligne de funiculaire de la rue Terme, qui répond à ces caractéristiqueshttp://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/1arrdt/patrimoine/vie_quotidienne la ficelle premier métro, fut ouverte en 1862, soit six mois avant la première ligne du métro de Londres.
Cette ligne située dans les pentes de la Croix-Rousse sera complétée en 1891 par le funiculaire de Croix-Paquet. Ce dernier est par ailleurs particulièrement lié au réseau de métro actuel, l'infrastructure souterraine de cette ligne ayant été reprise dans la constitution de la ligne C du réseau de métro actuel.
Au niveau de la colline de Fourvière, d'autres funiculaires compatibles avec les caractéristiques du terme « métropolitain » sont également inaugurés sur les mêmes périodes. Ainsi, le funiculaire de Saint-Just sera inauguré en 1878. Il sera suivi en 1900 par deux autres lignes reliant les quartiers de Saint-Jean et Saint-Paul à la basilique Notre-Dame de Fourvière.
Projets avortés Premier projet Il faut attendre l'année 1885 pour voir apparaître le premier projet d'un métroLes Transports à Lyon, Jean Honoré Éditeur, 1984. À cette époque, Joseph Jaubert, ingénieur du génie civil, trace les plans d'un réseau métropolitain de surface très original qui se veut complémentaire des lignes de tramways hippomobiles existantes. Trois itinéraires sont envisagés autour de la presqu'île sans toutefois y pénétrer : Oullins à Neuville-sur-Saône, avec embranchement vers Perrache Oullins à Miribel par Saint-Clair Perrache à Saint-Clair par la Guillotière, Monplaisir, Villeurbanne, Charpennes et Vaulx-en-Velin
Ces lignes, établies en voie type Decauville à l'écartement , emprunteraient les bas-ports ou les quais du Rhône et de la Saône sur une faible emprise ( de largeur). Chaque train à vapeur serait composé de cinq ou six voitures pouvant transporter jusqu'à à la vitesse maximale de , vitesse semble-t-il utopique à atteindre pour une voie de type Decauville.
Ce projet, bien qu'il fût publié à l'époque dans une revue sérieuse (La Science Populaire), ne connaîtra jamais de suite.
Ligne souterraine En 1897, le Conseil municipal de Lyon met en adjudication publique une ligne de Croix-Rousse à Perrache en imposant aux soumissionnaires un trajet souterrain de la rue d'Algérie à la place Bellecour. Huit propositions valables sont reçues, dont l'une émane de l'OTL (Compagnie des Omnibus et Tramways de Lyon) et une autre de la CLT (Compagnie Lyonnaise de Tramways). Une nouvelle bataille va se déclencher entre ces deux compagnies, l'OTL finissant par l'emporter en rachetant purement et simplement la CLT. La ligne de Croix-Rousse à Perrache sera ouverte plus tard en surface, le projet de tunnel étant définitivement abandonné.
Réseau souterrain C'est en 1900 que le premier projet d'un réseau métropolitain digne de ce nom fait son apparition dans la capitale des Gaules. Jean-Baptiste Berlier, ingénieur-constructeur parisien originaire de Rive-de-Gier (qui sera plus tard l'initiateur du réseau Nord-Sud parisien), demande la concession d'un réseau métropolitain souterrain à voie métrique dont la première ligne à réaliser dans l'immédiat suivrait l'itinéraire Perrache - Terreaux - Croix-Rousse, tant discuté à l'époque. Plus tard, les deux tracés Terreaux - Gare des Brotteaux et Terreaux - Vaise la compléteront.
La première ligne mesurerait de long et comporterait . Elle serait construite très près de la surface en raison des infiltrations présentes dans les terrains de la presqu'île. Les trains se composeraient de deux à six voitures, cadencés toutes les deux à six minutes pour un fonctionnement de à . La montée vers la Croix-Rousse se ferait à l'aide d'une crémaillère.
Comme ses prédécesseurs, ce projet ne verra jamais le jour.
Le projet du métro de M. Langevin En 1942, l'OTL mandate Marc Langevin de la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) pour étudier la modernisation et la mise en souterrain d'une partie du réseau de tramway afin de résoudre les problèmes croissants de circulation. Les projets sont cependant abandonnés à cause de la Seconde Guerre mondiale..
Constitution du réseau actuel thumb|Carte animée de l'évolution des infrastructures ferroviaires de l'agglomération de Lyon, dont celle du métro, de 1860 à nos jours.
Prémices Au succès du meeting organisé le par l'Union des comités d'intérêts locaux (UCIL) et la Jeune chambre économique (JCE) fait suite la première discussion relative au projet de métro au conseil municipal de Lyon le .
C'est donc cette même année que sont lancées les premières études, principalement réalisées par René Waldmann alors ingénieur au Service Ordinaire des Ponts et Chaussées (SOPC) du Rhône.
Construction vignette|Les travaux de la première phase de construction à l'été 1974 En 1968 est créée la société d'études du métro de l'agglomération lyonnaise (SEMALY), dirigée par René WaldmannRené Waldmann, monsieur métro, Le Progrès, Cahier , 29/10/2008, . Les travaux des lignes A et B commencent en 1973 pour une durée prévisionnelle de jusqu'au , à la suite de la signature par le préfet du Rhône le , l'arrêté déclarant d'utilité publique , bien que cette déclaration concerne en réalité l'ensemble de la première phase du réseau, incluant non seulement la ligne A, mais aussi la ligne B entre Charpennes et Part-Dieu et le tunnel entre Croix-Paquet et Hôtel de Ville de la ligne C.. La ligne C succédant au funiculaire entre les stations Croix-Paquet et Croix-Rousse, arrêté depuis l'été 1972, ouvre le .
L'extension de cette ligne à Hôtel de Ville et l'ouverture de la ligne A (Perrache - Laurent-Bonnevay) et de la ligne B (Charpennes - Part-Dieu)Le réseau de métro à Lyon depuis sa création, Le Progrès, Cahier , 29/10/2008, sont inaugurées le en présence du président de la République Valéry Giscard d'Estaing, du premier ministre Raymond Barre, du nouveau maire Francisque CollombLe métro lyonnais tisse sa toile depuis trente ans, Le Progrès, cahier , 29/10/2008, pour le tronçon passant sur la ville de Lyon et du maire Charles Hernu pour celui passant sur la ville de VilleurbanneVille et transport : l'influence réciproque, Le Progrès, Cahier , 29/10/2008, .
Extensions successives vignette|Le tunnelier lors de la construction du prolongement de la ligne B entre Gerland et Oullins (2010) En 1981, la ligne B est prolongée de la Part-Dieu à Jean Macé. Trois ans plus tard, le tronçon de la ligne C entre la Croix-Rousse et Cuire donne à la ligne son aspect d'aujourd'hui. En 1991, une première partie de la ligne D est ouverte entre Gorge de Loup et Grange-Blanche, étendue jusqu'à la gare de Vénissieux l'année suivante puis à la gare de Vaise en 1997. En 2000, la ligne B est de nouveau étendue, cette fois jusqu'au Stade de Gerland. En 2007, la ligne A connaît sa seule extension avec l'implantation d'une station supplémentaire sur la commune de Vaulx-en-Velin à l'est de la ligne, dans le quartier Carré de Soie. Enfin sur la ligne B, un tronçon supplémentaire de entre Gerland et la gare SNCF d'Oullins est achevé le .
Un prolongement de la ligne B plus au sud pour desservir le centre hospitalier Lyon Sud. est déclaré d'utilité publique en 2016 et le chantier démarre en .. Ce nouveau prolongement est mis en service le à ..
Le prolongement au-delà, jusqu'à l'autoroute A450 à Saint-Genis-Laval, est également envisagé.. +Chronologie des mises en serviceDateLigneSectionNombre de stations9 décembre 1974centré|sans_cadre|25x25pxCroix-PaquetCroix-Rousse228 avril 1978centré|sans_cadre|25x25pxPerracheLaurent Bonnevay13centré|sans_cadre|25x25pxCharpennes - Charles HernuPart Dieu3centré|sans_cadre|25x25pxHôtel de Ville - Louis PradelCroix-Paquet114 septembre 1981centré|sans_cadre|25x25pxPart DieuJean Macé310 décembre 1984centré|sans_cadre|25x25pxCroix-RousseCuire29 septembre 1991centré|sans_cadre|25x25pxGorge de LoupGrange Blanche911 décembre 1992centré|sans_cadre|25x25pxGrange BlancheGare de Vénissieux428 avril 1997centré|sans_cadre|25x25pxGorge de LoupGare de Vaise24 septembre 2000centré|sans_cadre|25x25pxJean MacéStade de Gerland32 octobre 2007centré|sans_cadre|25x25pxLaurent BonnevayVaulx-en-Velin La Soie111 décembre 2013centré|sans_cadre|25x25pxStade de GerlandGare d'Oullins120 octobre 2023centré|sans_cadre|25x25pxGare d'OullinsSaint Genis-Laval Hôpital Lyon Sud2
Réseau actuel Présentation du réseau Le métro de Lyon est le deuxième réseau français comptant le plus de lignes (4 au total), après celui de Paris. Avec de lignes et , il se situe en troisième position sur ces deux critères, après le métro de Paris et le métro de LilleCERTU, Les transports publics guidés en France, 2007. Il est également le deuxième réseau de métro le plus fréquenté de France, après Paris.
Les lignes thumb|Plan des principales lignes de transport en commun en 2024.
Le réseau métro comporte quatre lignes, identifiées par des lettres, et caractérisées par leur couleur.
La ligne C est le seul métro à crémaillère débrayable au monde (la crémaillère est présente seulement sur la partie en pente de la ligne). Ancien funiculaire converti en 1974, intégrée au métro en 1978 et prolongée en 1984, la ligne la plus courte du réseau assure cependant une desserte importante vers le nord de Lyon.
La ligne D, dernière née du réseau (inaugurée en 1991), est aussi la plus fréquentée, devant la ligne A. Elle est exploitée en pilotage automatique intégral depuis le .
La ligne B, ouverte en 1978, a plusieurs particularités : Son terminus nord (Charpennes-Charles Hernu) est à voie unique et au même niveau que les voies de la ligne A. Entre les stations Stade de Gerland et Gare d'Oullins, la ligne passe sous le Rhône après avoir franchi une pente de plus de . Son système de pilotage automatique a été complètement renouvelé pour évoluer vers un pilotage automatique intégral sans conducteur. Enfin, son matériel roulant (MPL 75) a été intégralement remplacé par des rames MPL 16.. Le prolongement vers Saint-Genis-Laval est inauguré en ..
Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques de ces lignes :
Fréquentation Le nombre de voyages annuels comptabilisé sur le réseau a franchi la barre des en 2017. D'après des mesures faites un jour ouvré en , c'est la station Bellecour qui est la plus fréquentée, avec près de par jour, suivie de Saxe - Gambetta () et Charpennes ()..