Larry Clark Robinson (né le à Winchester en Ontario, Canada) est un joueur et entraîneur de la Ligue nationale de hockey.
Mesurant et pesant , Larry Robinson est un grand et imposant défenseur, pourtant mobile et agile sur les patins. Il joue dix-sept saisons pour les Canadiens de Montréal et trois de plus avec les Kings de Los Angeles. Il remporte à deux reprises le trophée James-Norris, remis chaque année au meilleur défenseur de la LNH, et une fois le trophée Conn-Smythe du meilleur joueur des séries éliminatoires. Il remporte avec les Canadiens six Coupes Stanley. Un des défenseurs les plus dominants de sa génération, il fait partie d'une des meilleures brigades défensives de l'histoire de la LNH : en compagnie de Serge Savard et Guy Lapointe, ils forment le . À la fin de sa carrière, il occupe le premier rang de l'histoire chez les joueurs de la LNH pour son différentiel de +722 ; il arrête sa carrière de joueur en 1992 après avoir joué en saison régulière et 227 lors des séries.
Lors de sa retraite, il devient entraîneur assistant des Kings puis entraîneur en chef de la même équipe pour la saison 1995-1996. Après quatre saisons passées en tant qu'entraîneur principal des Kings, il rejoint les Devils du New Jersey qu'il mène à la victoire de la Coupe Stanley lors de la saison 1999-2000.
Le , son chandailLe terme québécois de « chandail » correspond au terme francophone de « maillot ». numéro 19 est retiréUne équipe peut rendre un hommage à un joueur en décidant de « retirer un maillot ». Ainsi, une réplique du chandail est accrochée dans l'aréna de l'équipe et nul autre joueur ne pourra jamais jouer un match de l'équipe avec le numéro en question dans le dos. au Centre Bell.
Biographie Ses débuts thumb|upright=0.8|left|alt=Bannière en l'honneur de Robinson dans la patinoire des Rangers de Kitchener|Bannière en l'honneur de Robinson dans la patinoire des Rangers de Kitchener. Larry Clark Robinson est né le à Winchester en Ontario au Canada. Il grandit en étant admirateur des Black Hawks de Chicago et plus tard tente de rejoindre les 67 d'Ottawa pour jouer au poste d'attaquant. Il est invité à jouer un match avec l'équipe, mais arrive en retard ; Bill Long, entraîneur de l'équipe, lui dit alors qu'il n'est pas nécessaire qu'il se change. Barry Fraser, entraîneur de Brockville lui donne plus tard sa chance pour jouer comme défenseur au sein de son équipe en 1969-1970 ; ainsi, il rejoint les rangs du hockey junior en jouant pour les Braves de Brockville puis pour les Rangers de Kitchener de l'association de hockey de l'Ontario en 1970-1971.
Lors de l'été 1971, il participe au repêchage amateurLe terme « repêchage » est un terme canadien correspondant à l'anglicisme et désigne un événement annuel présent dans tous les sports collectifs nord-américains, comparable à une bourse aux joueurs, où les équipes sélectionnent des sportifs issus de l'université, de l'école secondaire ou d'une autre ligue, voire d'une autre équipe. dans la Ligue nationale de hockey et il est le vingtième choix au total de la séance qui est organisée à Montréal au Canada. Il est le quatrième choix des Canadiens de Montréal qui choisissent avant lui Guy Lafleur, Chuck Arnason et Murray Wilson en tant que, respectivement, premier, septième et onzième choix.
Robinson fait ses débuts professionnels lors de la saison 1971-1972 avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse de la Ligue américaine de hockey. À la fin de la saison régulière, les Voyageurs terminent avec quatre-vingt-seize points, mais sont à égalité parfaite avec les Braves de Boston en tête de la division de l'Est : même nombre de points, de matchs gagnés, nuls et perdus. Ce sont finalement les Braves qui sont déclarés champions de la division au vu des confrontations directes entre les deux équipes. Les Voyageurs sont cependant qualifiés pour les séries éliminatoires et, lors de la première ronde, ils affrontent les Kings de Springfield, troisième équipe de la division. Michel Plasse, le gardien de but de la Nouvelle-Écosse, réalise avec l'aide de sa défense un blanchissageUn gardien de but effectue un « blanchissage » quand il réussit à ne concéder aucun but durant tout le match. Il faut également qu'il soit le seul gardien de l'équipe à avoir joué. lors des deux premières rencontres, des victoires 4-0 et 6-0. Les Kings remportent le troisième match, mais sont finalement éliminés en cinq rencontres. Les Voyageurs retrouvent en finale de division les Braves et malgré l'avantage de la glace pour Boston, les Braves sont éliminés en quatre rencontres dont un blanchissage 2-0 lors du deuxième match. En finale de la Coupe Calder, Robinson et les Voyageurs rencontrent les Clippers de Baltimore ; les deux premières rencontres tournent à l'avantage des Clippers mais ils concèdent ensuite quatre défaites consécutives. Robinson et son équipe sont sacrés champions de la Coupe Calder.
Les Canadiens de Montréal Les premières années (1972-1975) upright=0.8|thumb|alt=Photographie de Jacques Lemaire|Jacques Lemaire, coéquipier de Robinson entre 1972 et 1979.
Une nouvelle organisation fait ses débuts en 1972, l'association mondiale de hockey (également désignée par le sigle AMH) qui permet à douze nouvelles franchises, dont les Nordiques de Québec, de faire leurs débuts. Ces derniers font, entre autres, l'acquisition du défenseur des Canadiens Jean-Claude Tremblay. Robinson, qui commence la saison avec les Voyageurs, profite de cette défection ainsi que des blessures de cadres de l'équipe pour faire ses débuts avec les Canadiens le Saison 1972-1973. Il rejoint alors la défensiveLe terme « défensive » fait référence aux phases de défense de l'équipe. Dans le même état d'esprit, le terme « offensive » est utilisé pour les phases d'attaque. des Canadiens où il joue aux côtés de Guy Lapointe, Serge Savard ou encore Jacques Laperrière. Robinson inscrit le premier but de sa carrière lors d'une victoire 7-1 sur la glace des Kings de Los Angeles, le . L'équipe termine à la première place de la LNH en comptant cent vingt points, treize de plus que la deuxième équipe de la ligue, les Bruins de Boston ; avec cent quatre-vingt-quatre buts encaissés, l'équipe des Canadiens est la seule franchise à concéder moins de deux cents buts. Les Canadiens jouent les séries éliminatoires et se qualifient pour la finale en éliminant les Sabres de Buffalo en six rencontres puis les Flyers de Philadelphie en cinq rencontres, Robinson permettant à son équipe de l'emporter lors du deuxième match en inscrivant le but de la victoire après six minutes de prolongation. Les Canadiens jouent la finale de la Coupe Stanley contre les Black Hawks de Chicago ; Robinson remporte le deuxième trophée de sa carrière en deux saisons alors que les Canadiens l'emportent 4-2 et leur dix-huitième coupe Stanley. D'un point de vue personnel, il joue onze des dix-sept matchs que joue son équipe lors des séries ; il inscrit un but et réalise cinq passes décisivesLarry Robinson.
La saison suivante, les Canadiens finissent à la deuxième place de la division Est derrière les Bruins de Boston alors que dans l'autre division, les Flyers de Philadelphie et les Black Hawks de Chicago terminent également avec un meilleur bilan que Montréal. Le champion en titre tombe dès le premier tour contre les Rangers de New York en six matchsSaison 1973-1974. Robinson joue l'intégralité des matchs de la saison comptant vingt-six points ainsi que les six rencontres des séries pour un seul point. Il participe également au Match des étoiles de la LNH qui se joue en . En 1974-1975, la LNH accueille deux nouvelles équipes dans ses rangs, les Scouts de Kansas City et les Capitals de Washington ; les deux divisions traditionnelles sont alors remplacées par deux associations composées chacune de deux divisions. Les Canadiens finissent en tête de leur nouvelle division, la division Norris, ainsi qu'à la première place de l'association Prince de Galles. Le trio formé par Lapointe, Savard et Robinson porte le surnom du et permet aux Canadiens d'être une des quatre équipes qui concède le moins de butsSaison 1974-1975. En tant que premiers de la division, les joueurs de Montréal sont directement qualifiés pour les quarts de finale contre les Canucks de Vancouver, premiers de la division Smythe. Montréal s'impose en cinq rencontres, la dernière se décidant après dix-sept minutes de prolongation et un but de Guy Lafleur. Lors des demi-finales de la Coupe Stanley, les Canadiens perdent les deux premières rencontres contre les Sabres de Buffalo avant de remporter les deux suivantes 7-0 et 8-2. Finalement, ce sont les Sabres qui se qualifient pour la finale en gagnant les deux dernières rencontres à chaque fois avec seulement un seul but d'écart. La saison est la dernière à laquelle participe le capitaine de l'équipe, Henri Richard.
La dynastie des Canadiens (1975-1979) thumb|left|alt=Photographie de Steve Shutt avec le maillot rouge des Canadiens de Montréal|Steve Shutt (ici en 2008) joue aux côtés de Robinson entre 1972 et 1984. Yvan Cournoyer est le nouveau capitaine des Canadiens pour la saison 1975-1976 alors que l'équipe termine à la toute première place du classement à l'issue de la saison régulière. Au cours des quatre-vingts matchs de la saison, l'équipe n'encaisse que cent soixante-quatorze buts grâce aux performances de la défense et de son gardien de but, Ken Dryden, qui termine avec une moyenne de 2,03 buts accordés par match et huit blanchissages en soixante-deux rencontres disputéesSaison 1975-1976. En attaque, l'équipe est menée par Guy Lafleur qui termine meilleur pointeur de la saison. Robinson inscrit dix buts et trente passes décisives et participe également au Match des étoiles de la LNH. Montréal joue une nouvelle fois directement le deuxième tour des séries et y élimine les joueurs de Chicago en quatre matchs sans partage et en ne concédant que trois buts. Il faut cinq matchs aux joueurs dirigés par Scotty Bowman pour venir à bout des Islanders de New York et accéder à la finale de la Coupe Stanley. Les Flyers de Philadelphie sont doubles champions en titre et jouent à cette époque un jeu très physique qui leur vaut le surnom de . La finale de la Coupe oppose donc la meilleure défense à la meilleure attaque de la saison régulière. Montréal remporte les quatre rencontres de la finale sur le score de 4-3, 2-1, 3-2 et 5-3 pour gagner sa dix-neuvième Coupe Stanley, la deuxième pour Robinson.
En , Robinson participe avec l'équipe du Canada à la Coupe Canada 1976, première édition de cette nouvelle compétition internationale. Douglas Fisher membre de et Alan Eagleson de l'Association des joueurs de la ligue nationale de hockey réussissent à monter une nouvelle compétition entre les équipes d'Europe et celles d'Amérique du Nord, les pays participants étant invités. Les nations participant au tournoi sont les États-Unis, la Finlande, la Suède, la Tchécoslovaquie, l'URSS et le Canada. Chaque équipe joue à tour de rôle contre une autre nation et les deux meilleures équipes jouent ensuite une série finale au meilleur des trois matchsUne série se jouant au meilleur des trois matchs implique qu'une équipe doit remporter deux matchs pour se qualifier. Ainsi au maximum, la série « au meilleur des trois matchs » ne peut compter que trois matchs. pour déterminer les vainqueurs. En cinq rencontres, le Canada ne s'incline qu'une seule fois, une défaite 1-0 contre la Tchécoslovaquie : Vladimír Dzurilla arrête tous les tirs canadiens et Milan Nový inscrit le seul but du match. Les Tchécoslovaques se qualifient ainsi pour la finale alors que les Canadiens doivent attendre le dernier match contre les Soviétiques pour avoir leur place en finale.