L'avenue de la Grande-Armée est une avenue de Paris. Partant de la place de l'Étoile, elle arrive à la porte Maillot à l'intersection de l'avenue de Malakoff, du boulevard Pereire et du boulevard Gouvion-Saint-Cyr. Elle sépare ainsi, sur toute sa longueur, les 16 et de la ville.

Situation et accès Sa longueur est de et sa largeur de .

En sortant de Paris, du côté droit et des numéros pairs, l'avenue longe le quartier de Ferdinandville et le 17 ; le côté gauche et les numéros impairs font partie du 16 et de l'ancienne commune de Passy. L'avenue de la Grande-Armée est le prolongement des Champs-Élysées au-delà de l'arc de triomphe de l'Étoile.

thumb|left|Avenue de la Grande-Armée ; en arrière-plan le quartier de la Défense.

Après la porte Maillot, la ligne droite se prolonge par l'avenue Charles-de-Gaulle (anciennement avenue de Neuilly) puis, traversant la Seine par le pont de Neuilly, la perspective de plus de se poursuit en direction de la Défense et de la Grande Arche.

Le tunnel de l'Étoile relie directement l'avenue des Champs-Élysées et l'avenue de la Grande-Armée, en passant sous l'Arc de Triomphe.

À mi-chemin entre l'Étoile et la porte Maillot, au niveau du , se trouve la place Yvon-et-Claire-Morandat, du nom de deux résistants donné à ce carrefour en 1987. Sur cette place se trouve l'entrée de la station de métro Argentine et presque en face, de l'autre côté de l'avenue, la rue d'Argentine, toutes deux autrefois appelées « Obligado ». left|vignette|Plan de Trudaine de 1760 de la place de l'Étoile au pont de Neuilly. gauche|vignette|Le milieu de l'avenue, vers 1902, avec une rame du tramway Paris - Saint-Germain et l'édicule Guimard de la station de métro Obligado (devenue la station Argentine). gauche|thumb|upright=1.2|Avenue de la Grande Armée, fabrique de cycles, deuxième moitié du . thumb|upright=0.8|Circulation automobile sous l'Arc de Triomphe vers 1910. thumb|Profil de l'avenue tel qu'en 1930.

Origine du nom Elle a été dénommée ainsi par Napoléon III en l'honneur de la Grande Armée, qui a fait toutes les campagnes du Premier Empire.

Historique Contrairement à ce que suggère le plan de circulation actuel, l'ancienne route majeure qui conduisait de Paris vers l'ouest était l'avenue des Ternes (alors appelée « chaussée de Neuilly ») qui allait jusqu'au gué de Neuilly. Dès le Moyen Âge et sans doute depuis l'époque gauloise, celle-ci permettait d'aller de Paris vers Saint-Germain et, plus loin, vers les côtes de la Manche et donc, à partir de leurs fondations, les ports de Cherbourg et Le Havre (c'était la voie de rouliers, ce qui a donné son nom au quartier du Roule).

L'avenue de la Grande-Armée est assez récente car elle n'a été créée que sous le règne de Louis XV. En effet, la place de l'Étoile n'était, jusqu'à la fin du , qu'un carrefour de chasse sur une butte de terre située en dehors des limites de Paris, nommée la « butte de Chaillot ». En 1668, Jean-Baptiste Colbert (alors secrétaire d'État à la Maison du roi) demanda à André Le Nôtre de concevoir une perspective dans la continuité du jardin des Tuileries, afin d'y aménager une grande allée qui semblerait se perdre à l'infini du côté de Neuilly.

Cette large voie plantée d'une double rangée d'ormes allait devenir l'un des axes majeurs menant à la capitale. Il ne restait plus qu'à aplanir la butte de l'Étoile (notre place Charles-de-Gaulle), trop abrupte. Elle le sera en 1762 et 1774, selon les souhaits du marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du roi.

La butte a donc été arasée de plus de pour avoir une pente accessible aux véhicules et pour créer une longue perspective face au palais des Tuileries. Cette avenue, alors située en pleine campagne et non bâtie, resta longtemps un lieu de promenades attenant au bois de Boulogne. Huit allées rayonnantes furent arborées en 1724, sous la surintendance du duc d'Antin, comme on peut les voir sur le plan de Trudaine établi en 1746.. L'avenue de la Grande Armée, dite route de Neuilly ,fut donc ouverte sous Louis XVI avec dès l'origine sa largeur actuelle de en continuation de la perspective grandiose des Tuileries à l'Étoile.

Il fut même envisagé par l'ingénieur Perronet, dès 1770, d'établir un grand carrefour circulaire sur la butte de Chantecoq (le rond-point de la Défense) avec en son centre un obélisque de qui permettrait de voir les Tuileries une fois que la butte de l'Étoile serait arasée. Louis XV ne retint pas ce projet.

Dès 1854, Haussmann restructure la place de l'Étoile (Charles-de-Gaulle) avec ses douze avenues qui en rayonnent et dont les principales resteront les Champs-Élysées et la Grande-Armée.

L'avenue s'est appelée successivement : « avenue des Thuilerues » (vers 1670), « avenue de Normandie » (1720), « route de Neuilly » (1730), « grande route de Neuilly » (1739), « route de Paris à Neuilly » (1787), « route de Saint-Germain » (1820), « route royale de Paris à Cherbourg » (1822), « rue de Seine » (1830), « avenue royale de Neuilly » (sous Louis-Philippe), « avenue de la Porte-Maillot » (1848), « avenue de la République » (1851), « avenue de Neuilly » (1860) puis « avenue de la Grande-Armée » en 1864.. Avant d'être rattachée à Paris en 1863, elle constituait une partie de la route nationale de Paris à Cherbourg. Aujourd'hui, il reste un court tronçon parisien de qui porte le nom d'« avenue de Neuilly » au-delà de la porte Maillot, sa prolongation dans Neuilly étant désormais nommée l'« avenue Charles-de-Gaulle ».

Le 30 janvier 1918, durant la Première Guerre mondiale, le avenue de la Grande-Armée est touché lors d'un raid effectué par des avions allemands..Le 5 août 1918 un obus lancé par la Grosse Bertha explose au avenue de la Grande-Armée.

Jusque dans les années 1930, la contre-allée se trouvait entre la rangée d'arbres extérieure et les façades, ménageant deux promenades entre le double alignement, de chaque côté. Une piste cyclable s'y trouvait égalementHenri Gaillard, « Proposition ayant pour but la modification du profil en travers de l'avenue de la Grande-Armée », rapport au Conseil municipal de Paris, 1930..

Les défilés, honneurs et manifestations Longue de , aussi large que les Champs-Élysées, l'avenue fut, jusqu'en 1920 (date à laquelle fut mise en place la tombe du Soldat inconnu), une entrée de Paris majestueuse et triomphale. Les défilés partaient de la porte Maillot et de l'avenue de la Grande-Armée, pour se continuer en passant sous l'arche par les Champs-Élysées.

Déjà Louis XV passa en revue, le , les Gardes françaises échelonnées de la porte Maillot à l'Étoile.

La première pierre de l'Arc de Triomphe fut posée le . En 1810, les quatre piles ne s'élevaient qu'à environ un mètre au-dessus du sol. À l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche et de l'entrée de celle-ci dans Paris, l'empereur fit construire par Jean-François Chalgrin une maquette en vraie grandeur en charpente, stuc et toiles peintes en trompe-l'œil pour simuler les bas-reliefs des piédroits sous laquelle la future impératrice passa solennellementLa construction de l'Arc de Triomphe ne sera finalement reprise et achevée qu'entre 1832 et 1836 par l'architecte Guillaume-Abel Blouet, sous Louis-Philippe..

Après la défaite française, les empereurs de Russie et d'Autriche et le roi de Prusse y firent défiler leurs troupes en 1814 et 1815.

Sous cet arc passèrent solennellement : le , le duc d'Angoulême lorsqu'il rentra victorieux d'Espagne ; le , le duc Ferdinand d'Orléans, fils de Louis-Philippe, et la princesse Hélène de Mecklembourg qu'il venait d'épouser ; le , les cendres de Napoléon sont ramenées de Sainte-Hélène et, accompagnées de , passèrent sous l'Arc, terminé depuis peu, avec l'aspect d'une revue plutôt que d'un enterrement, avec une foule . Il faut imaginer le char impérial, tiré par seize chevaux noirs empanachés de blanc, montant vers l'Étoile venant de la porte Maillot et passant lentement sous le cintre de la voûte de l'arc colossal, tandis que tonne au loin le canon du Mont-Valérien ; le , la dépouille du duc Ferdinand d'Orléans après son accident mortel sur la route de la Révolte ; le , des troupes prussiennes entrent dans Paris en défilant par l'avenue de la Grande-Armée jusqu'à la place de la Concorde. Elles se retirent le ; vignette|Avenue de la Grande-Armée bombardée par l'armée des Versaillais depuis le mont Valérien, pendant la Commune de Paris, .le pendant la Commune de Paris, Napoléon Gaillard (cordonnier, président de la Commission des barricades) et Louis Rossel y défendirent l'une des 18 barricades fortifiées avec des canons. De nombreux dégâts furent infligés depuis les canons du mont Valérien, par les Prussiens d'abord, puis par l'armée des Versaillais. Au printemps 1871, les communards reçurent en 48 jours, à la porte Maillot et autour du bastion des fortifications de Paris.

À partir de 1877, un nouveau rite solennel fut créé avec des défilés funèbres pour de grands hommes. Ils honorèrent Thiers (1877), Gambetta (1882), Victor Hugo (1885), Lazare Carnot (1889), Mac-Mahon (1893), Sadi Carnot (1894). Le y vit l'inoubliable défilé de la Victoire, l'avenue de la Grande-Armée fut le point de départ du défilé des troupes victorieuses acclamées par plus d'un million de spectateurs. Un cénotaphe doré à la mémoire des morts, de , d'une hauteur de pour une largeur de est réalisé sous la direction du sculpteur Antoine Sartorio, chaque face du monument présente une victoire portant dans le dos des ailes d'avion. Il fut installé initialement sous l'Arc de Triomphe, mais sera déplacé et déposé à l'entrée de l'avenue des Champs-Élysées afin de permettre au défilé de passer sous l'arche et devant le cénotaphe. Précédés par , puis par les maréchaux Joffre et Foch, toutes les armées alliées défilèrent dans l'ordre alphabétique, l'armée française clôturant le défilé.. Le Soldat inconnu fut inhumé sous l'Arc de Triomphe le ; la « flamme » a jailli pour la première fois le . À partir de là, les défilés contournèrent l'Arc de Triomphe, ou débutèrent en haut des Champs-Élysées, les cercueils étant déposés sous l'Arc quelques heures avant d'être acheminés vers leur sépulture : le maréchal Foch (1929), le maréchal Joffre (1931), le général Leclerc (1947), le maréchal de Lattre de Tassigny (1952) et le maréchal Lyautey (1961). Le dimanche , La Manif pour tous organisa sur l'avenue un rassemblement, interdit sur les Champs-Élysées, de selon les organisateurs, selon la police« Manif pour tous : une forte mobilisation, quelques heurts », www.le figaro.fr, 24 mars 2013..

left|vignette|upright=0.80|Société parisienne de cycles et voiturettes.

Lieu de vente parisien des automobiles françaises Dans tout le quartier et particulièrement avenue de la Grande-Armée, on trouve aujourd'hui encore de nombreuses entreprises liées à l'automobile et aux cycles : l'ancien siège de Peugeot, mais aussi des concessionnaires, des garages, des marchands de motos et de scooters.

Dès la fin du , des constructeurs et concessionnaires d'automobiles, de vélocipèdes et d'accessoires s'implantèrent sur l'avenue de la Grande-Armée et dans tout le quartier de Ferdinandville attenant (rue Villaret-de-Joyeuse, rue Brunel, rue du Débarcadère, boulevard Pereire, boulevard Gouvion-Saint-Cyr, rue Guersant notamment).

Dans le bottin de l'année 1900, on trouve 34 adresses sous la rubrique « automobile » dans la seule avenue et plus de 50 si l'on compte celles du quartier proche, soit plus de la moitié de l'ensemble des rubriques correspondantes. Des noms connus comme Peugeot, Renault, Dunlop, De Dion Bouton, Panhard-Levassor, Decauville et d'autres disparus comme Darracq, Clément-Bayard, Le Zèbre, la Société parisienne de voiturettes et, pour les pièces détachées, Mestre et Blatgé..

Les premiers salons de l'automobile ont eu lieu tout près, dans la salle Wagram (Montenotte), de 1894 jusqu'à l'Exposition universelle de 1900, après laquelle ils se tiendront au Grand Palais.