Khâneferrê Sobekhotep ou est un roi égyptien de la qui a régné de -1732 à -1720Autres avis de spécialistes : -1734 à -1725 (), -1730 à -1720 (), -1727 à -1720 (Málek), -1712 à -1700 (Kinnaer), -1694 à -1685 (, Franke, Schneider), -1693 à -1685 (Sitek).
Attestations
Attestations contemporaines
Les attestations de Khâneferrê Sobekhotep avant qu'il ne soit roi datent toutes du règne de son frère Khâsekhemrê Neferhotep et le mentionne comme « fils du roi », titre donné à cette époque aux frères du roi dont le père n'est pas roiLe titre de « fils du roi » est ainsi donné aux frères de Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep, Séneb et Khâkaou, ainsi qu'à Sahathor, autre frère de Khâneferrê Sobekhotep, titré tout comme lui ainsi sur les monuments de Khâsekhemrê Neferhotep. : une inscription rupestre sur l'île de Sehel où il est mentionné avec ses parents et ses frères, une inscription rupestre sur la route d'Assouan à KonossoInscription De Morgan 79. où il est mentionné avec ses parents et ses frères, l'épouse de son frère aîné Senebsen et leurs deux enfants Haânkhef et Kemi.
De son règne, un grand nombre d'objets a été découvert, faisant de lui l'un des rois les mieux attestés de la période : une statuette royale de au Levant, trois ou quatre statues royales découvertes à Tanis et provenant de MemphisCaire JE 37486, Louvre A 16 et une in situ ; une quatrième au nom partiellement conservé pourrait lui appartenir également., deux scellements de Licht-Nord donnant pour l'un le nom de son père et pour l'autre le nom de sa mèreNew York 22.1.1658 et 22.1.1659., un ou deux sphinx royaux<ref group="note">Caire CG 421 ; Musée Petrie UC 14650 pour lequel seul le nom Sobek hotep est inscrit, rendant l'attribution incertaine.</ref> et un blocCaire, numéro d'inventaire inconnu. d'Atfieh, des éléments architecturaux du temple d'Osiris à AbydosBas-relief, Bruxelles, numéro d'inventaire inconnu ; linteau, Louvre E 5262 et paire de montants de porte. ainsi que peut-être une stèle royale simplement inscrite au nom du roi SobekhotepCaire, CG 20146., un vase et un support de vaseNew Haven, 1936.30. de Dendérah, une stèle du Ouadi Hammamat où le roi Khâneferrê Sobekhotep mentionne ses trois fils (Sobekhotep Miou, Sobekhotep Djadja et Haânkhef Iykhernofret), ses deux frères le roi Néferhotep et le « fils du roi » Sahathor ainsi que leurs parents Haânkhef et Kemi, un scellement donnant le nom de son père et découvert à Toukh ; un sceau-cylindre découvert également à Toukh et au nom partiellement conservé pourrait appartenir soit à lui, soit à son frère Khâsekhemrê Neferhotep, un nombre important d'éléments découvert à Karnak : une statue royale dans le secteur du temple d'Opet, une base de statue royale dans la « cour du Moyen Empire » avec son frère Khâsekhemrê Neferhotep, une paire de montant de porte dans la cour du , une stèleCaire JE 51911. dans la grande salle hypostyle ; la stèle indique que le roi serait né à Thèbes, trois statues de hauts fonctionnaires (l'une du vizir IymerouHeidelberg 274., une du vizir Néferkarê IymérouLouvre A 125. et une du général Amenemhat), une inscription de restauration sur une statue osiriaque de Caire JE 38579. dans la cour du , une dernière statueLouvre AF 8969. à la titulature lacunaire (il ne reste que Khâ...rê Sobekhotep) et découverte dans la « cour du Moyen Empire » pourrait lui appartenir, mais une attribution à Khâânkhrê Sobekhotep et Khâhoteprê Sobekhotep est également possible, une statue de son frère le « fils du roi » Sahathor provenant de Thèbes-Ouest, une coupeEton, Egyptian Art at Eton College ECM 1475. provenant d'El-Assasif, deux stèlesIFAO C 5254 et C 5310. de l'« aîné du portail » dans le mastaba d'Izi à Edfou ainsi que de deux scellements2591.s.9 et 2591.s.13. donnant le nom de la mère du roi à Tell Edfou, une coupe à boire de la maison H 47 du secteur résidentiel B d'Éléphantine, quatre stèles du Ouadi el-Houdi, l'une est royaleAssouan 1484. tandis que les trois autres ont été commanditées par trois hauts fonctionnairesAssouan 1485 (assistant du grand intendant Iounéfer), 1486 (familier du roi Réhouânkh) et 1487 (grand scribe du wizir Bébi)., un scellement de la forteresse de Mirgissa, une statue royale du temple de Taharqa à Tabo (Khartoum SNM 46), une statue royale de provenance inconnue et conservée au Louvre (A 17), une stèle royale de provenance inconnue et conservée au British Museum (EA 1060), une inscription royale de provenance inconnue repérée au début du et aujourd'hui perdue, deux sceaux-cylindres de provenance inconnue et conservés à Chicago (E 18358) et à New York (10.130.1638), soixante-et-onze scarabées, dont quarante-quatre donnent le nom du père du roi et vingt-quatre celui de la mère du roiLa majorité des scarabées sont de provenance inconnue, mais deux viennent de Saqqarah, quatre de Licht-Nord, un de Tell el-Maskhouta, un d'Hawara, un de Qila el-Dabba dans l'oasis de Dakhla..
Le roi est nommé avec son épouse Tjan sur une palette de leur fils Amenhotep découverte à Abydos et conservé au Caire ; le nom du roi étant accompagné de la mention « justifié », cela signifie qu'il était décédé lorsque la palette a été inscrite.
Attestations ultérieures
Le roi est attesté sur le Canon royal de Turin à la position 7.27, sans que la durée de règne ne soit conservée. Il est également mentionné à la position 33 de la liste de Karnak, juste à côté du nom de son frère Khâsekhemrê Neferhotep qui est conservé à la position 34.
Le roi est également connu par 33 sceaux-scarabées et deux amulettes du Nouvel Empire.
Famille
Khâneferrê Sobekhotep semble être issu d'une famille thèbaineSelon la stèle JE 51911 trouvée à Karnak, le roi Khâneferrê Sobekhotep serait né à Thèbes (). non royale ayant une formation militaire. Son grand-père, Nehy, portait le titre d'« officier d'un régiment de ville ». Nehy était marié à une femme appelée Senebtisy. On ne sait rien d'elle, si ce n'est qu'elle portait le titre commun de « maîtresse de maison ». Leur seul fils connu s'appelait Haânkhef. Haânkhef apparaît toujours dans les sources comme le « père de Dieu » et le « sceau royal » et sa femme Kemi comme la « mère du roi », ce qui indique qu'aucun des deux n'était de naissance royale. La filiation de Haânkhef et de Khâsekhemrê Neferhotep, le frère de Khâneferrê Sobekhotep, est directement confirmée par un certain nombre de scarabées, où le premier serait le père du second. Haânkhef est également explicitement mentionné comme le père de Khâsekhemrê Neferhotep dans le Canon royal de Turin. C'est un fait extrêmement rare car ce papyrus ne nomme normalement que les rois, alors que les personnes non royales sont exclues de la liste.
Les égyptologues ont remarqué qu'au lieu de cacher leurs origines non royales, Khâneferrê Sobekhotep, son frère et prédécesseur Khâsekhemrê Neferhotep mais aussi le prédécesseur de ce dernier Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep, remarquablement, les ont proclamées sur leurs stèles et leurs sceaux scarabées, ce qui est en contradiction avec le système égyptien traditionnel où la légitimité du nouveau roi repose principalement sur sa filiation. Ces proclamations d'origine non royale ont peut-être été faites pour dissocier ces rois de leurs prédécesseurs immédiats, en particulier Meribrê Seth dont les monuments ont été usurpés et défigurés.
Ses prédécesseurs Khâsekhemrê Neferhotep et l'éphémère Sahathor sont ses frères. Sa seule épouse connue se nomme Tjan, de qui il aura au moins deux enfants : un fils nommé Amenhotep et une fille nommée Nebetiounet. D'une mère inconnue, le roi a eu trois autres fils nommés Sobekhotep Miou, Sobekhotep Djadja et Haânkhef Iykhernofret.
Règne
Durée de règne
Il aurait régné une dizaine d'années. À ce jour, la plus haute date attestée pour son règne est l'an huit consignée sur une stèle retrouvée à Edfou à moins qu'une neuvième année soit attestée sur la stèle du Ouadi Hammamat.
Activités
La capitale paraît être restée au nord du pays, à Itchtaouy, selon une longue inscription retrouvée dans le temple d'Amon de Karnak qui fait état des dons et offrandes du roi au dieu du temple et indique clairement que le roi fait le voyage depuis la capitale au nord vers Thèbes.
On retrouve l'intervention du roi à Éléphantine au temple de Satis, à Thèbes au temple d'Amon-Rê, à Abydos au temple d'Osiris, à Héliopolis au temple d'Atoum ainsi que probablement à Memphis, dont une partie des momuments a été déplacée dans le Delta par la suiteLes ruines de Tanis comportent un grand nombre de monuments et sculptures provenant d'autres sites dont Avaris, l'antique capitale des Hyksôs qui pillèrent la ville de Memphis en prélevant de nombreux sphinx et autres statues royales afin d'orner le temple de Seth de la cité. Par la suite ces monuments ont orné la cité de Pi-Ramsès, capitale de , puis de Tanis, capitale des pharaons des et s..
Contrairement à ses prédécesseurs et successeurs, qui récupèrent des matériaux de construction, il organise des expéditions pour ses constructions. Il a laissé de nombreux monuments partout en Égypte démontrant une certaine activité durant son règne. Beaucoup de statues de Sobekhotep sont connues.
État vignette|gauche|redresse|Statue du vizir Néferkarê Iymérou - Louvre, A125. Plusieurs dignitaires de son règne sont connus et illustrent cette période de reprise et de relative prospérité du royaume.
On citera notamment son vizir Néferkarê Iymérou, dont une statue retrouvée à Karnak porte une inscription attestant que le roi a agrandi le temple d'Amon et s'est fait construire un temple des millions d'annéesCette statue est conservée au Louvre sous la référence A125. Il s'agirait là d'une des plus anciennes mentions de cette institution royale entièrement dédiée au culte de Pharaon.
Selon l'inscription que porte une autre statue du vizir Néferkarê Iymérou et qui se trouve toujours à Karnak aujourd'hui, le dignitaire déclare avoir maté une rébellion d'une partie du pays. Cette dernière n'est pas nommée précisément mais démontre bien les troubles qu'ont à affronter les pharaons de cette dynastie.
Enfin selon ce même document, il est probable que Néferkarê Iymérou était le précepteur du successeur de Khâneferrê Sobekhotep. En effet sur cette statue une figure en haut-relief d'un jeune enfant portant la tresse de l'enfance se trouve à côté de lui.
On connaît également un trésorier nommé Senbi, dignitaire qui occupait déjà la même fonction sous le règne de Khâsekhemrê Neferhotep ainsi qu'un intendant royal, Nebânkh qui organise pour le compte de son maître une grande expédition dans les carrières du Ouadi el-Houdi où il a laissé une inscription pour témoigner de son passage. D'autres inscriptions semblables au nom du roi ont été retrouvées au Ouadi Hammamat démontrant que l'administration et l'armée jouissaient encore sous son règne d'une certaine puissance.
À Karnak une statue d'un général en chef nommé Amenemhat a été retrouvée et porte les cartouches de Sobekhotep. Il fait une campagne militaire bien documentée en Basse-Nubie, preuve d'une politique extérieure toujours active.
Unité du pays
Auparavant, quelques archéologues comme Wolfgang Helck pensaient que vers la fin de son règne, des troubles politiques éclatèrent et aboutirent à l'indépendance de certaines provinces avec la création de la à Xoïs, tandis que Hout-Ouaret, qui signifie en égyptien antique « le grand château », et la partie orientale du delta du Nil passaient aux mains des Hyksôs.