La basilique Notre-Dame-des-Victoires de Paris est un lieu de culte catholique situé place des Petits-Pères dans le de Paris, dont la construction a débuté en 1629 et s'est achevée en 1740. C'est le dernier vestige du couvent des Augustins déchaussés (dit couvent des Petits Pères).
La basilique est dédiée à la Vierge Marie sous le nom de « Notre-Dame des Victoires » à la suite de la demande de Louis XIII et vénérée enfin sous le nom de « Notre-Dame des Victoires, refuges des malades et des pêcheurs » à la suite de l'appel reçu par le frère FiacreÉcriteau dans l'église, plaque à droite de l'autel.. C'est l'une des cinq basiliques mineures de Paris.Les cinq basiliques mineures de Paris sont la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, la basilique Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, la basilique Notre-Dame-des-Victoires, la cathédrale Notre-Dame et la basilique Sainte-Clotilde., élevée à ce rang le ..
Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le ..
Historique Avant la Révolution française vignette|175px|gauche|Panneau Histoire de Paris devant l'entrée de la basilique.
En 1614, vient prononcer dans une église d'Aubervilliers le vœu de construire à Paris une église dédiée à la Vierge s'il remporte une victoire militaire contre les Protestants. Exaucé en 1628 à la suite du siège de la Rochelle, il décide la construction de l'église Notre-Dame-des-Victoires, qu'il considère alors comme la fille de Notre-Dame-des-Vertus d'Aubervilliers.. Louis Blond tient toutefois cette origine pour une légende et assure que L. Blond, Le centenaire de Notre-Dame des Victoires (Paris, Éd. Francisc., 1936)..
Le plan de l'église est conçu par l'architecte Pierre Le Muet au bénéfice des Augustins déchaussés, dits les Petits Pères ; mais les travaux à peine commencés en 1629 furent suspendus faute de fonds. À partir de 1656, la construction est reprise sous la direction de Libéral Bruant, puis de Gabriel Le Duc. Bien qu'inachevée, l'église est bénie en 1666. Touche finale, le portail est dû à Jean-Sylvain Cartaud qui achève la construction du sanctuaire de 1737 à 1740Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Jules de Gaulle, 1836..
La basilique est consacrée le par Hyacinthe Leblanc, évêque in partibus infidelium de Joppé et Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc, archevêque de Paris
Depuis la Révolution française vignette|160px|
À la Révolution française, l'église, privée de ses religieux, devient le siège de la Loterie nationale puis Bourse des valeurs sous le Directoire. Elle est rendue au culte en 1802..
En , le curé de Notre-Dame-des-Victoires, l'abbé Charles-Éléonore Dufriche-Desgenettes, consacre sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie. Le sanctuaire abrite depuis lors une association de prière mariale, l'Archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie..
Les bâtiments conventuels sont détruits lors du percement de la rue de la Banque et de la rue Paul-Lelong ordonné en 1844. Le pape, par coutume, a le droit de couronner les statues de la Vierge Marie, la couronne étant signe de royauté et de victoire. La première statue couronnée en France est celle de cette basilique, le à la demande du pape en remerciement de la délivrance de Rome par les Français..
Architecture et œuvres vignette|redresse=0.65|
La consécration de l'église au Cœur Immaculé de Marie et son nom de Notre-Dame-des-Victoires de par le vœu de , lui vaut d'accueillir sur ses murs plus de trente-sept mille ex-voto..
Au sein du chœur sont exposées sept toiles monumentales de Carle Van Loo, dont la première, au centre, dépeint le Vœu de Louis XIII pendant le siège de La Rochelle de 1627–1628, et dont les six autres constituent une série de fresques sur la vie de saint Augustin d'Hippone : Vœu de , 1746 ; L'Agonie de saint Augustin, 1748 ; La Translation des reliques de saint Augustin, 1748 ; La Dispute contre les Donatistes (La conférence de Carthage), 1753 ; Le Sacre de saint Augustin, 1754 ; Le Baptême de saint Augustin, 1755 ; La Prédication de saint Augustin devant Valère, 1755 ; Conversion de saint-Augustin, 1819, (Bernard Gaillot).
Extérieur La façade sud, réalisée par Jean-Sylvain Cartaud, architecte du duc de Berry, se présente sous la forme d'un portail à deux ordres superposés, l'ionique en bas, le corinthien au-dessus. Ce portail est couronné par un fronton triangulaire avec au tympan, un écusson aux armes de la France surmonté de la couronne royale et entouré du grand cordon du Saint-EspritJacques Hillairet - Dictionnaire historique des rues de Paris - T.2, p.264.. Au premier niveau, une gloire réalisée en bas-relief figure au-dessus de la porte centrale.
Le clocher contient quatre cloches : Marie-Victoire, fondue en 1819, sonne le la bémol ; Anne-Victoire, fondue en 1819, sonne le si bémol ; Saint Augustin, fondue en 1997, pèse et sonne le do ; Sainte Thérèse de Lisieux, fondue en 1997, pèse et sonne le ré bémol.
Intérieur La succession des architectes explique que l'église ne soit pas d'une parfaite unité. On peut y remarquer différentes œuvres dont : des vitraux d'Antoine Lusson dans le chœur et le transept ; dans le chœur, une série de toiles monumentales de Charles André van Loo sur la vie de saint Augustin et sur le siège de la RochelleMartin Schieder, Fondation royale et temple des arts. L'église Notre-Dame-des-Victoires à Paris, dans Place des Victoires, sous la direction d'Isabelle Dubois, Alexandre Gady et Hendrik Ziegler, Paris 2003, . ; un orgue du ; la chaire à prêcher du , œuvre du maître-sculpteur Louis-Alexandre Régnier ; elle accueillit le père Henri Lacordaire entre 1848 et 1850.
Chapelle Sainte-Anne La chapelle Sainte-Anne, autrefois dédiée à saint Nicolas de Tolentino, a été restaurée et consacrée en 1865. Mais aujourd'hui, de cette restauration il ne reste rien. La chapelle fut en effet reconstruite en 1879 (date inscrite de part et d'autre du bas-relief), par le curé M. Chevojon..
Sur ses murs, comme pratiquement partout dans la basilique, ont été placés de nombreux ex-voto des années 1870. Le bas-relief central illustrant sainte Anne et Marie enfant, intitulée « L'Éducation de la Vierge »Il s'agit d'un bas-relief des frères Francis et Aimé Jacquier, maître-sculpteurs de Caen, daté de 1878., de facture quelconque, est encadré par deux colonnes de marbre rouge et surmonté d'un petit chapiteau et d'une croix. Les peintures extérieures, sur lesquelles figurent des arabesques végétales, affichent chacune en son centre les lettres SA, c'est-à-dire les initiales de sainte Anne.
Chapelle de l'autel de l'Archiconfrérie de Notre-Dame-des-Victoires
La statue de Notre-Dame-des-Victoires, installée en 1809, est en plâtre durci, œuvre probable d’un sculpteur italien. Elle remplace la statue de Notre-Dame de Savone, disparue en 1796. Le , le corps de sainte Aurélie dans sa châsse est installé au pied de l'autel de Notre-Dame, lors de la fête de l'Annonciation.. Le la statue fut couronnée par demande du pape qui voulait rendre grâce pour la délivrance de Rome par les soldats français en 1849.
Orgue de tribune L'orgue a été créé par Lesclop, facteur d'orgues du et le buffet par Louis-Alexandre Régnier, maître-menuisier à Paris et membre de l'Académie de Saint-Luc depuis 1735. Seul le buffet est protégé au titre d'objet (classement le )Base Mérimée PM75000502. L'instrument actuel (par Alfred Kern) date de 1973. Il dispose de avec transmissions mécaniques.
Le buffet, en bois taillé et décoré dans la masse, est constitué d'un grand corps à cinq tourelles et d'un positif de dos à trois tourelles. Il possède des décors en bas relief et en ronde bosse, notamment des vases, des trophées et des instruments de musique ; la tourelle centrale est couronnée par un ange qui tient sur les genoux un livre ouvert. Les culs-de-lampe des tourelles sont ornés de têtes de chérubins à mi-corps. Il date de 1739.
Composition de l'orgue de tribune Positif56 notes Bourdon 8' Montre 4' Flûte à cheminée 4' Nasard 2' 2/3 Doublette 2' Tierce 1' 3/5 Larigot 1' 1/3 Cymbale III Cromorne 8' Grand-orgue56 notes Bourdon 16' Montre 8' Bourdon 8' Gros Nasard 5' 1/3 Prestant 4' Grosse tierce 3' 1/5 Doublette 2' Cornet V Grosse fourniture II Fourniture III Cymbale IV Trompette 8' Clairon 4' Récit expressif56 notes Quintaton 16' Principal 8' Bourdon 8' Unda maris 8' Prestant 4' Doublette 2' Sifflet 1' Cymbale IV Bombarde 16' Trompette 8' Hautbois 8' Clairon 4' Solo56 notes Flûte à cheminée 8' Flûte à fuseau 8' Cornet III Voix humaine 8' Pédale30 notes Soubasse 16' Principal 16' Quinte 10' 2/3 Flûte 8' Prestant 4' Nachthorn 2' Fourniture IV Bombarde 16' Trompette 8' Clairon 4' Chalumeau 4'
Orgue de chœur L'orgue de chœur construit en 1937 par le facteur d'orgues Victor Gonzalez possède 19 jeux, les transmissions sont électriques.
Composition de l'orgue de chœur Grand-orgue56 notes Bourdon 16' Bourdon 8' Montre 8' Flûte harmonique 8' Prestant 4' Sesquialtera II Récit expressif56 notes Diapason 8' Gambe 8' Cor de nuit 8' Voix céleste 8' Flûte octaviante 4' Octavin 2' Plein-jeu IV Trompette 8' Basson-hautbois 8' Clairon 4' Pédale32 notes Soubasse 16' Bourdon 8' Flûte 8'
Les verrières de l'église vignette|185px|gauche| vignette|200px|