Mandeure est une commune française située dans le département du Doubs, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Ses habitants se nomment les Mandubiens et Mandubiennes.
Géographie
Arrosée par la rivière le Doubs, Mandeure est rattachée à Pays de Montbéliard Agglomération. Elle est intégrée dans l'aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle.
Voies de communication et transports
Mandeure est traversée par la RD 437, issue du déclassement de l'ancienne route nationale 437, un axe reliant Belfort à Saint-Claude.
En 1889, Mandeure est reliée au réseau du tramway de la Vallée d'Hérimoncourt dont elle devient un terminus. L'exploitation de ce réseau à voie métrique cesse en 1932. Cependant, en 1946, les emprises de ce réseau (sur l'accotement des routes) sont réutilisées par l'entreprise Peugeot pour créer des lignes privées à voie normale de desserte de ses usines. L'usine de Beaulieu est ainsi reliée au chemin de fer jusqu'en 1986. Actuellement, la voie n'existe plus .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Dizier-l'Évêque à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Mandeure est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Montbéliard, une agglomération inter-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montbéliard, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (58,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (57 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (58,2 %), zones urbanisées (14 %), prairies (13,3 %), zones agricoles hétérogènes (7,3 %), terres arables (2,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,2 %), cultures permanentes (2,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Structure
vignette|Vue générale de Mandeure.
L'urbanisation est localisée presque exclusivement dans la vallée alluviale du Doubs, qui constitue le nord du territoire communal. Là, l'agglomération s'étend sur environ le long du Doubs. La partie sud comporte d'abord un petit plateau à vocation agricole dans son extrémité septentrionale, puis une vaste zone plus accidentée percée de petites combes et plantée de forêts (750 hectares).
Au début du , trois secteurs de la plaine accueillent l'essentiel des habitants : d'ouest en est, Mandeure proprement dit, l'Enclos de Courcelotte et Courcelles. Le reste de la plaine est occupé par des champs et des prés.
À partir de la deuxième moitié du , l'industrie arrive dans le village : papeterie à Mandeure (1868-1869) et usine Peugeot à Beaulieu (1857), un secteur précédemment inoccupé situé à l'extrême est. Ces industries attirent de la main d'œuvre extérieure qu'il faut loger. Au début du sont construites des cités ouvrières : d'abord à Mandeure pour la papeterie (1902), puis à Beaulieu (cités roses, cités du Maroc, cités du Mexique en 1921). Beaulieu se développe très rapidement à partir de rien, mais les quartiers plus anciens croissent également, bien que plus lentement : le village de Mandeure, L'Enclos de Courcelotte et Courcelles fusionnent en une entité continue.
Les secteurs Mandeure-Courcelles et Beaulieu restent bien distincts jusqu'après la seconde guerre mondiale. Courcelles fait l'objet d'un développement important vers l'est dans les années 1970 : construction d'un collège, d'un stade et d'une salle de sports, ainsi que d'immeubles de logements sociaux. Il est même prévu à l'époque d'y déplacer la mairie ; l'une des rues nouvellement tracées est ainsi nommée avenue de l'hôtel de ville, nom qui perdure longtemps malgré l'abandon définitif du projet. En 1974, un immeuble de 10 étages et d'une capacité d'accueil de 216 chambres est construit par l'Association montbéliardaise d'aide aux travailleurs (AMAT)AMAT – Projet d'entreprise associative 2009-2013.. Il est désaffecté dès 1994, et finalement détruit en .
En 2019, la bipolarité Mandeure – Beaulieu est toujours tangible, notamment en termes de concentration des commerces, mais l'urbanisation est continue le long de la route départementale 437.
Toponymie Le nom de la localité est mentionné sous les formes Epomanduodurum (Itinéraire d'Antonin, seconde moitié du ). ; Epomanduo au (table de Peutinger, copie du d'anciennes cartes romaines) ; Mandrola, probable cacographie (Cosmographie du Ravennate) ; Mandodrum et Mandourum au Mandeure au fil du temps, Cercle cartophile du pays de Montbéliard, 1995. ..
Epomanduodurum est d'origine gauloise (celtique) et signifie « marché du poney, du petit cheval ». Le mot est composé de epos « cheval » (semblable au vieux breton eb → breton ebeul « poulain »), de mandu « poney » (d'où probablement latin mannus « poney, petit cheval de trait »), et de duron « portes → marché enclos, place, forum → ville close, bourg ».
Remarque : le premier élément Epo- a disparu des attestations à partir du , d'où la forme Mandeure actuelle.
Noter qu'Albert Dauzat donne le sens de «forteresse» au mot durum (latinisation de duron), par confusion avec le mot proche de dunonXavier Delamarre, op. cit., p. 154-155..
Histoire
vignette|gauche|Mandeure (Epomanduo) sur la table de Peutinger. vignette|Théâtre gallo-romain de Mandeure. vignette|Quartier « Beaulieu » à l'est. On aperçoit les usines de Peugeot Motocycles et l'église Sainte-Thérèse.
Antiquité
Le peuplement remonte à la période gauloise.
À l'époque romaine, Epomanduodurum était une importante cité installée dans un méandre du Doubs. De nombreux vestiges en subsistent aujourd'hui : théâtre adossé à flanc de colline (le plus grand de Gaule selon des fouilles de 2018Il a longtemps été considéré comme étant le deuxième plus grand de Gaule, mais des fouilles effectuées en 2018 permettent de revoir sa taille à la hausse. Voir : Le théâtre gallo-romain de Mandeure devient le "plus grand théâtre des Gaules" grâce à une découverte, Caroline Félix, France Bleu Belfort-Montbéliard, 21 août 2018.), bains dans l'actuel quartier de Courcelles, habitations. La cité était organisée selon un plan orthogonal, divisé en grands îlots rectangulaires. En périphérie, l'ensemble urbain et artisanal de l'Essarté était situé sur le territoire de l'actuelle Mathay.
Une borne milliaire a été trouvée à Mandeure, à proximité de la grande voie romaine menant de Milan à Strasbourg en passant par Sainte-Croix le Col des Etroits Jougne Pontarlier Saint-Gorgon-Main Nods Besançon Luxiol Viéthorey Mathay et Mandeure. Elle est dédiée à Trajan et est datée des années 98-99 après J-C (Référence : CIL 13, 09081). Anciennement propriété de la bibliothèque de Strasbourg, il a malheureusement été détruit dans l'incendie de la bibliothèque de Strasbourg en 1870.
Moyen Âge Après la période romaine, l'histoire de Mandeure est mal connue jusqu'au , où deux actes citent un Othon de Mandeure (1136) et un Werner de Mandeure (1187). Après une période franque, Mandeure est intégrée dans l'Empire germanique. À partir du , l'histoire de la cité est marquée par les rivalités entre l'archevêché de Besançon et le comté de Montbéliard (plus tard, les princes de Wurtemberg et de Montbéliard). La population est divisée en deux communautés : certains habitants dépendent de l'archevêché de Besançon, d'autres des princes de Montbéliard.
Époque moderne La Réforme est introduite à Mandeure en 1583. Toutefois, la Réforme a été introduite près de soixante ans plus tôt à Montbéliard dès 1524. À partir du , il existe deux communautés chrétiennes à Mandeure : les catholiques (environ 300 personnes), qui dépendent de l'archevêché de Besançon ; les luthériens (environ 30 personnes), qui dépendent des princes de Montbéliard.
Jusqu'en 1679, les deux communautés partagent la même église. L'une après l'autre, les deux communautés se voient accorder une certaine autonomie politique et économique : le , Antoine de Vergy, l'archevêque de Besançon, donne des franchises aux habitants, ce qui les place en situation d'autogestion ; le , Léopold Frédéric, prince de Montbéliard, donne les mêmes droits aux luthériens.
En 1786, la seigneurie de Mandeure est cédée au roi de France, mais elle demeure une principauté ecclésiastique liée à Besançon.
Époque contemporaine En 1792, Raymond de Durfort, l'archevêque de Besançon, à ce titre prince de Mandeure, meurt alors qu'il s'est exilé en Suisse suite à la Révolution française.
Aussitôt, le , Mandeure se constitue en république indépendante. La ville prend la devise aquila non capit muscas (l'aigle — la France — ne prend pas les mouches — Mandeure), devise qu'elle conserve encore aujourd'hui.
Cependant, à l'occasion d'une opération menée dans le pays de Montbéliard par le conventionnel Bernard, représentant du district de Saintes (Charente-Inférieure), délégué des départements du Jura, du Doubs, de l'Ain, de la Côte-d'Or et du Mont-Terrible (Porrentruy), Mandeure est définitivement annexée par la France le . Elle est alors rattachée au département de la Haute-Saône, puis du Mont-Terrible en 1797, du Haut-Rhin en 1800 et enfin du Doubs en 1816.
Économie