vignette|200px|Blason de Solesmes

Solesmes est une commune française du département du Nord dont l'histoire remonte au .

Étymologie .

Sans donner une aux chroniques de Jacques de Guyse, cordelier à Valenciennes qui au parla de Solesmes dans ses chroniques et qui affirmait l'existence à Solesmes d'une idole célèbre du dieu Soleil, en or massif, enterrée selon la tradition au Mourmont, l'étymologie courante faisait dériver Solesmes de sol : le Soleil.

Préhistoire Des traces d'occupation humaine antérieures à la conquête romaine ont été trouvées à Solesmes ou dans les environs : Dolmen du Gros Caillou, au grès Montfort à Vendegies-sur-Écaillon, appuyé sur trois piliers en blocage de grès sous lequel on a trouvé d'ailleurs une petite hache en silex taillé. Nombreux silex taillés retrouvés sur la colline du Mourmont à la sablonnière au lieu-dit « Terres de la République », conservés et exposés à l’Hôtel de Ville, andouillers et ossements de rennes, magnifique défense de mammouth, objets conservés en partie au Musée de Bavay. D'autres constructions de la même époque ont été découvertes en 1850 à la Sucrerie. Ils nous ont laissé aussi comme témoin de leur passage de nombreux objets (monnaie, médailles, tuiles, carreaux) découverts lors de l'installation du marché aux bestiaux à Viesly, Bermerain, Briastre, Saulzoir, Haspres et les

Période gallo-romaine Sous l'occupation romaine au confluent de la Selle (Sabis) et du Béart. Une des principales raisons qui fait placer le Solesmes gallo-romain à cet emplacement c'est que c'est là seulement que l'on a trouvé un monument romain d'une certaine importance.

V.Ruffin affirme que lors des fouilles occasionnées par l'établissement de la fabrique de sucre on a découvert maints objets appartenant à la période gallo-romaine : monnaies, médailles, et surtout une quantité de tuiles, carreauxV. Ruffin, Essai sur l'histoire de la ville et de l'abbaye de Solesmes en Hainaut, Cambrai, Simon, 1880 (page 77).

Lorsque plus tard on installa le marché aux bestiaux sur la place du Béart, on aurait découvert plusieurs objets gallo-romains. Il est un fait qui a permis de fixer l'emplacement du Solesmes primitif, c'est l'existence de la tour romaine qui se trouvait au confluent. Ruffin nous parle des ruines de cette tour tout en grès, percée de meurtrières et qui furent découvertes dit-il en 1829 dans le bas de la ville actuelle sur la rive droite de la Selle, derrière une petite chapelle. C'est là que se trouve actuellement l'établissement des bains-douches. On a retrouvé également de très nombreux objets gallo-romains à Viesly, Bermerain et Briastre.

a pu lui-même enrichir les collections (?) avec le produit des fouilles qu'il fit effectuer à Montay, Haussy, Saulzoir, Haspres, Vendegies-sur-Écaillon, Sommaing et Saint-Martin-sur-Écaillon.

Maxellende En l'an 670, la fille du Seigneur de Caudry, appelée Maxellende, avait refusé d'épouser le fils du Seigneur de Solesmes, Harduin d'Amerval. Elle voulait se consacrer entièrement à Dieu. Le , Harduin vint retrouver la jeune fille en l'absence de ses parents et lui renouvela sa demande en mariage. Comme Maxellende refusait toujours, Harduin la tua d'un coup de couteau. Au même instant, il devint aveugle. Trois ans plus tard, le corps de la jeune fille qu'on avait d'abord enterré à Saint-Souplet fut rapporté à Caudry. Harduin, toujours aveugle mais rempli de remords, se fit conduire devant le cortège en suppliant Dieu de lui pardonner. Il retrouva miraculeusement la vue. pensent que c'est peu de temps avant sa mort qu'Harduin proposa au roi Childebert à l'Abbaye de Saint-Denis.

Propriété des bénédictins de Saint-Denis de 705 à 1605

Dès le début du , en raison de la donation faite aux bénédictins de l'Abbaye de Saint-Denis en France par Childebert en 705, Solesmes se détacha complètement du Pays de Hainaut où elle était située. La charte fut confirmée le par Pépin le Bref.

La charte (aux archives du nord à Lille) désigne non seulement la ville mais aussi son marché et son château ainsi que tous ses biens adjacents : terres, maisons, édifices, habitants, vignes, bois, prés, marais, eaux, cours d'eau et troupeaux. Ce domaine était exempt de tous impôts et franchises, ce que les Solesmois surent maintenir et faire respecter en partie du moins, jusqu'à la Révolution française.

Cet abandon en faveur de Saint-Denis ne fut pas sans soulever de véhémentes protestations, tant de la part du Comté de Famars (dont dépendait Solesmes) que de la puissante Abbaye de Maroilles, laquelle à la faveur des guerres continuelles qui désolaient le pays s'était attribuée une partie du domaine. Ces impuissantes protestations continuèrent jusqu'au temps de Charlemagne, lequel comme empereur assura l'Abbaye de Saint-Denis dans la pleine et entière possession de la Seigneurie de Solesmes.

Ce n'est donc qu'à partir de cette époque que les Bénédictins purent commencer sérieusement leurs travaux de défrichement et de fertilisation du sol dans leurs domaines de Solesmes. Elles consistaient en marais, friches et principalement en terrains boisés. Le domaine concédé était immense. Il s'étendait à l'est jusqu'à Croix-Caluyau, au sud jusqu'à Montay et à la Selle ; à l'ouest il englobait une partie de Neuvilly, Briastre, Viesly, Quiévy, et Saint-Vaast ; au nord enfin il parvenait par Haussy jusqu'à la Chaussée Brunehaut aux environs de Vendegies-sur-Écaillon, limitrophe du Prieuré d'Haspres.

Le prieuré de Solesmes, régi et administré par 12 religieux sous l'autorité de leur supérieur, le prévôt, s'était développé avec une incroyable rapidité. De telles richesses en ces temps de féodalité excitaient les convoitises des seigneurs voisins. Ainsi Solesmes devait être en butte aux déprédations des barons voisins, et dès le le prieuré devait présenter l'aspect d'une forteresse défendue par des fossés creusés dans le lieudit « Les Prés ». Ceux-ci devaient assurer une sécurité relative aux religieux.

Ces conflits donnèrent lieu à l'institution d'avoués, puissants seigneurs qui avaient la charge de protéger les propriétés de l'Abbaye. Ce fut la vieille maison de Bousies qui fournit les premiers avoués de Solesmes. Mais déjà en 1153, plusieurs de ces seigneurs de Bousies s'étaient fait excommunier à raison des violences exercées contre les religieux du prieuré et des rapines commises contre les propriétés confiées à leurs soins. Indépendamment de l'avoué, il y avait un autre seigneur, le Chevalier de Solesmes, qui représentait l'autorité épiscopale de Cambrai. Il remplissait auprès des bénédictins le rôle de contrôleur des revenus prélevés sur le culte au nom de l'évêque. Sa demeure était le « Donjon ».

La seigneurie de Solesmes Solesmes a donné son nom à une famille qui fournit des baillis du Cambrésis, des prévôts de Cambrai, de Valenciennes et un grand nombre de chevaliers et d'écuyers qui firent alliance avec les principales familles du pays.

D'après le Henry BombartHistoire de la terre et seigneurie de Solesmes par le H. Bombart - Cambrai : Nord patrimoine éd., 2001 (impr. en Belgique), la famille de Solesmes portait le blason « de sable à 3 croissants d'or ». Les armes de la ville (« de sable à 3 croissants d'argent ») furent sans doute empruntées à celles des seigneurs de Solesmes. Le , Louis , par une ordonnance royale, confirma les armoiries « de sable à trois croissants d'argent, posés deux et un ».

Wilfrand de Solesmes, le plus ancien membre connu de la famille seigneuriale, est nommé dans une charte de l'Abbaye de Saint-Aubert datée de 1087. Puis Hugues de Solesmes apparaît en 1096 parmi les chevaliers du Cambrésis au tournoi d'Anchin. Une fratrie, Vincent, Thomas et Godefroy de Solesmes sont échevins en 1160. En 1161, ils sont tous trois prévôts de Valenciennes. Quelque temps après, Martin de Solesmes signe en qualité d'échevin une donation faite à l'église Saint-Nicolas par les enfants de Gautier Mustel, prévôt de Valenciennes. C'est Pinabel de Solesmes qui en 1202 signe comme témoin la loi de Salesches. Puis Bertrand de Solesmes qui, au mois d'août 1233, signe une convention passée entre l'Abbaye de Saint-Denis et Gauthier de Bousies.

La famille d'Esclaibes a tenu une place importante puisque, parmi tant de titres, elle portait ceux du doyen héréditaire seigneur d'Amerval et d'Elgis. Elle acquit de nombreux biens à Solesmes et à Saint-Python. Son fief principal était situé non loin de la rivière Selle, avec château-fort entouré de grands fossés d'eau, avec un « jardin de plaisir » (actuellement la ferme Richez).

Aux archives départementales est conservé le livre de la maison de Saint-Denis à Solesmes. De ce document on a pu tirer la liste des principaux habitants de la seigneurie de Solesmes en 1335 ; ils sont désignés pour le plus grand nombre par le nom de leur profession, par exemple : Raoult Cuvelier, Bailleguins Le Clerc, Jacmart Potier, Colart Le Boulanger.

En 1570, de nouvelles sources écrites donnent des détails très complets sur Solesmes, ses rues et ses habitants. On apprend ainsi qu'une tour était située sur la place du Marché (actuellement Grand-place ou place Jean-Jaurès).

Voici maintenant quelques-uns uns des principaux évènements de la Seigneurie de Solesmes :

Le , l'empereur Louis donne entre autres biens à l'abbaye de Saint-Amand, le village d'Haussy.

Les Normands envahirent le Hainaut et le Cambrésis et détruisirent le prieuré de Salesches qui dépendait de l'abbaye de Maroilles.

En 1046-1048, l'Empereur Henri confirme à l'Abbaye Saint-André du Cateau la possession des biens de l'évêque Gérard. Parmi ceux-ci : Vendelgyes (Ancien nom du Cateau-Cambrésis), Fontaine (il s'agit ici comme dans la charte de 1057 de Fontaine-Mourmont, c’est-à-dire du Mourmont actuel). Il y avait évidemment sur la colline du Mourmont un village avec une église ayant son importance puisqu'on le trouve signalé pendant les et s dans plusieurs chartes différentes. Il n'en reste plus que Fontaine-au-Tertre.

En 1057, Liébert, évêque de Cambrai et d'Arras, concède à l'abbaye de Cambrai plusieurs autels, parmi lesquels ceux de Carnières, Neuville et du Mourmont. De même, il accorde aux Chanoines de Saint-Aubert l'autel d'Ovillers.

En 1074, il donne également à l'abbaye de Saint-André au Cateau l'autel de Briastre à perpétuité, l'autel de Saint Python et l'alleu de Vertain. Il relate qu'il a rendu Romeries à l'abbaye de Maroilles.

En 1169, l'abbé Yves de Saint-Denis règle les droits des maires de la Versine, de Rouvroy, de Solesmes et de Thoury.

En 1180, Isabelle de Hainaut, fille de Baudouin de Hainaut et de Marguerite d'Alsace, comtesse de Flandre avait épousé Philippe Auguste, roi de France. À cette occasion, Baudouin demande à Guillaume, abbé de Saint-Denis, une partie des bois qui relevaient du prieuré de Solesmes pour bâtir le village de Forest. L'abbé s'empressa d'acquiescer à cette requête tant pour être agréable au beau-père du roi que pour se faire un allié redoutable, car Baudouin était le seigneur et maître de tous ces barons dont le voisinage devenait inquiétant. L'un d'eux surtout, le chevalier Gérard de Maufilastre, s'élançait continuellement de son château de Saint-Aubert à la tête de ses hommes d'armes et portait la dévastation dans les pays environnants.