Grégoire Marie Jagot, né le à Nantua (généralité de Bourgogne, actuel département de l'Ain), mort le à Toul (département de Meurthe-et-Moselle), est un homme politique de la Révolution française.
Biographie Il est le fils de Jean-Baptiste Jagot (1709-1791), marchand drapier, fermier du prieur, contrôleur du grenier à sel, et de Marie Béatrix (1711-1769).
Mandat à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Grégoire Jagot, alors juge de paix à Nantua, est élu député du département de l'Ain, le cinquième sur six, à l'Assemblée nationale législative.
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En , il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. En août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.
Mandat à la Convention La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Grégoire Jagot est réélu député de l'Ain, le quatrième sur six, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Montagne. Il est « absent par commission » lors du procès de Louis XVI. Le , lui et ses collègues Henri Grégoire (député du Loir-et-Cher), Marie-Jean Hérault de Séchelles (député de la Seine) et Philibert Simond (député du Bas-Rhin) sont envoyés en mission en Savoie pour y organiser les institutions du département du Mont-Blanc.
Le , lui et ses collègues adressent une lettre à la Convention : Nous apprenons, par les papiers publics, que la Convention nationale doit prononcer demain sur Louis Capet. [...] Nous déclarons que notre vœu est pour la condamnation de Louis Capet, par la Convention nationale, sans appel au peuple. Le même jour, ils adressent une lettre à Jean-Bon Saint-André (député du Lot), publiée dans le journal Le Créole PatrioteJean-Daniel Piquet, "L'abbé Grégoire, un régicide panthéonisé" Cahiers d'Histoire revue d'histoire critique n° 61 1996 ; "L'abbé Grégoire et ses trois collègues en mission dans le Mont-Blanc furent régicides ; article et documents inédits" Annales Historiques de la révolution Française, 1996 : Cher Saint-André [...] ; votre opinion pour la mort du monstre est bien connue, vous y avez mis le courage et la constance du vrai républicain. Que tout le monde ne vous ressemble-t-il ? Nous avons cherché à vous imiter, et nous écrivons à la Convention notre vœu formel sur la délibération de demain. Il est pour la mort de Louis, sans appel au peuple. Le , ils écrivent une lettre à Georges Danton (député de la Seine) pour lui confier « le net refroidissement de la population savoyarde à l'égard de la Révolution »Jean-Daniel Piquet, « Lettre secrète de l'abbé Grégoire, et de ses trois collègues en mission dans le Mont-Blanc, à Danton » Cahiers d'histoire n° 46-3/4, 2001, [en ligne] https://journals.openedition.org/ch/421. .
Le , Jagot est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.
Le 22 vendémiaire an II (), aux côtés de Joseph-Nicolas Barbeau-Dubarran (député du Gers), de Pierre-Antoine Lalloy (député de la Haute-Marne) et de Jean-Antoine Louis (député du Bas-Rhin), Jagot est élu membre du Comité de sûreté générale où il siège de façon permanente.
Après la chute de Robespierre, Jagot siège parmi les « derniers Montagnards ». Le 13 thermidor (), il est dénoncé par Jean-Marie Merlino (député de l'Ain) et lui et ses collègues Jacques-Louis David (député de la Seine) et Louis-Charles de Lavicomterie (député de la Seine) sont exclus du Comité de sûreté générale : Je vous dénonce Jagot qui, dans les toutes les circonstances périlleuses de la législature et de la Convention, a toujours eu le soin de sa cacher ; il a encore tenu la même conduite la nuit du 9 au 10 thermidor, quoiqu'il fût du Comité de sûreté générale. [...] Dans ce moment, mon département gémit sous l'oppression la plus tyrannique qu'exercent des hébertistes et des robespierristes, puissamment soutenus par Jagot. Le 9 prairial an III (le ), après l'insurrection du 1er prairial (20 mai), Jagot est dénoncé par Benoît-Louis Gouly (député de l'Île-de-France) et décrété d’arrestation aux côtés de ses anciens collègues du Comité de sûreté générale. Il est libéré à la faveur de l'amnistie votée à la séparation de la Convention.
Après le 18 brumaire an VIII (), il se retira à Toul, où il vécut jusqu’à sa mort.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Histoire de la Savoie de 1792 à 1815 Abbé Grégoire Hérault de Séchelles Philibert Simond Comité de Sûreté Générale
Liens externes
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