Hold-up est un film franco-canadien réalisé par Alexandre Arcady, sorti en 1985.
Synopsis À Montréal, Grimm (Jean-Paul Belmondo), un voyou au grand cœur, et son vieil ami Georges (Guy Marchand) effectuent après une longue préparation un hold-up à la Banque Intercontinentale du Canada.
Grimm se déguise en clown et Georges se fond parmi les otages. Le plan se déroule comme prévu : Grimm, avec beaucoup de malice, arrive à faire libérer ses deux complices et à sortir de la banque déguisé en grand-père au nez et à la barbe du commissaire Simon Labrosse (Jean-Pierre Marielle) et de la police cernant les lieux. La deuxième complice est Lise (Kim Cattrall), la petite amie de Georges qui a réussi à dissimuler le butin dans un faux ventre de femme enceinte. Alors qu'ils sont en route pour l'aéroport, Lasky, un encombrant « ami » de Grimm et de Georges, mais aussi la police, informée de la supercherie de Grimm, compromettent le départ du petit groupe vers Paris…
Fiche technique Titre : Hold-up Réalisation : Alexandre Arcady Scénario : Alexandre Arcady, Daniel Saint-Hamont et Francis Veber d'après le roman Quick Change (publié en français sous le titre La Java des loquedus) de Jay Cronley Producteur : Alain Belmondo et Bernard Bolzinger Société de production : Cerito Films, France - Cinévidéo, Canada - Les Films Ariane, France Musique : Serge Franklin, générique interprétée par Rena Scott Photographie : Richard Ciupka, assisté de David Eggby et son équipe Montage : Joële van Effenterre Décors : Jean-Louis Povéda Pays de production : , Langue : français Budget : 55,2 millions de francs. (7,5 miillions de CA$) (soit environ en ) Format : Couleur Dolby - 1.85:1 - 35 mm Genre : Comédie policière Durée : Date de sortie : France : Affiche : Illustration Michel Jouin (France)
Distribution Jean-Paul Belmondo : Grimm Jean-Pierre Marielle : Simon Labrosse Kim Cattrall : Lise Lefèvre Guy Marchand : Georges Jacques Villeret : Jeremie Blanchet, le chauffeur de taxi Jean-Claude de Goros : Inspecteur Fox Tex Konig avec la voix de Jess Hahn : Lasky Raymond Aquilon : Frankie le gardien Georges Carrère : Directeur de la banque Yvan Ponton : Tremplin Guy Provost : Le maire Guillaume Lemay-Thivierge : Enfant au lapin Richard Niquette : Otage (4 enfants) Yves Jacques : Otage 400 dollars Sophie Stanké : Infirmière Karen Racicot : Journaliste Marguerite Corriveau : Journaliste U.S.A Sébastien Dufort : Le scout Michel Daigle : Policier pizza Marie-Chantal Labelle : L'amoureuse Francis Reddy : L'amoureux Claude Sandoz : Publicité Banque Louis-Georges Girard : Le journaliste T.V.
Production Genèse Après le succès commercial du Grand Pardon (1982), Alexandre Arcady souhaite réaliser un film de braquage s’inscrivant dans la tradition du cinéma populaire, en s’appuyant sur la notoriété de Jean-Paul Belmondo, alors l’une des principales vedettes du cinéma français. Le projet de Hold-up est conçu comme un divertissement spectaculaire, inspiré des films de casse américains des années 1970, mais adapté à une production européenneMichel Ciment (dir.), Jean-Paul Belmondo, Éditions Cahiers du cinéma, 1992..
Écriture Le scénario de Hold-up privilégie une intrigue volontairement simple, centrée sur un personnage unique, afin de laisser une large place à la présence et au jeu de Jean-Paul Belmondo. Plusieurs critiques ont souligné que la construction du récit reposait davantage sur l’enchaînement de situations et de scènes spectaculaires que sur un réalisme strict, un choix assumé par l’équipe du film et régulièrement relevé dans la presse spécialisée lors de sa sortieJacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma, Robert Laffont, 2006..
Attribution des rôles Jean-Paul Belmondo est choisi dès l’origine pour incarner le personnage principal, Grimm, le film étant largement construit autour de son image de vedette du cinéma français. À cette période, l’acteur demeure en tête du box-office national, malgré des succès plus contrastés pour certains films précédents tels que Les Morfalous (1984) ou Joyeuses Pâques (1984). Le reste de la distribution réunit des acteurs français et internationaux, renforçant la dimension cosmopolite du filmAlain Weill, Belmondo, une certaine idée du cinéma, Seuil, 2001..
Tournage vignette|L’Édifice Dominique-Ducharme (ancien « Édifice des douanes »), 400, place d’Youville (Montréal) : lieu utilisé pour la banque du film. Le tournage de Hold-up a lieu principalement au Québec (notamment à Montréal) et se prolonge en Europe, avec des prises de vues à Paris et à Rome.
Scènes du braquage À Montréal, les scènes du braquage bancaire sont tournées à l’Édifice Dominique-Ducharme (ancien « Édifice des douanes »), situé au 400, place d’Youville (Vieux-Montréal). Le bâtiment, qui a longtemps abrité des services douaniers fédéraux, est réaffecté au fil du temps à des fonctions administratives.
Fuite de Grimm après le braquage vignette|Le Pont Jacques-Cartier à Montréal, visible en toile de fond dans les séquences urbaines du film.vignette|La Place Jacques-Cartier à Montréal, proche des lieux de tournage urbains identifiés pour Hold-up.
Une séquence située vers la minute du film, montrant Grimm quittant la banque déguisé en vieillard et faisant l’objet d’une filature discrète, est tournée dans plusieurs secteurs du centre et du centre-est de Montréal. Cette scène est construite comme un parcours urbain continu, permettant d’identifier avec précision différents espaces caractéristiques du paysage montréalais du début des années 1980.
Les premiers plans sont tournés dans le secteur du Vieux-Montréal, notamment au niveau du 223, rue McGill, dans un environnement alors marqué par la présence d’anciens entrepôts et d’infrastructures portuaires. À l’époque du tournage, ce secteur conserve encore un caractère industriel prononcé, lié aux activités commerciales et ferroviaires du port de Montréal, avant sa reconversion progressive à des usages touristiques et culturels dans les décennies suivantes.
La filature se poursuit ensuite vers l’est, en traversant des quartiers alors largement dominés par des friches industrielles et des axes de transit majeurs. On peut identifier notamment des plans pris à hauteur du 805, rue Parthenais et du 908, rue Saint-Urbain. Dans ces plans, le pont Jacques-Cartier apparaît clairement en arrière-plan, visible depuis l’axe de la rue Notre-Dame Est et du Centre-Sud, servant de repère visuel constant et structurant la géographie de la séquence.
Un plan particulièrement reconnaissable montre Grimm circulant dans un vaste espace ouvert bordé d’installations industrielles, avec en arrière-plan la brasserie Molson, identifiable à sa grande cheminée et à ses volumes industriels monumentaux implantés le long de la rue Notre-Dame Est, au pied du pont Jacques-Cartier. Cette brasserie, est emblématique du paysage industriel montréalais du XX siècle.
Scènes de poursuite routière Plusieurs scènes de poursuite automobile sont tournées en dehors du centre de Montréal, notamment dans les secteurs d’Oka et de Pointe-Calumet, le long de l’Autoroute 640. Ces portions de route, encore peu urbanisées au milieu des années 1980, offrent de longues lignes droites, des échangeurs dégagés et un environnement propice aux scènes de vitesse et de manœuvres spectaculaires.
Les plans montrent des axes routiers bordés de terrains ouverts, de zones boisées et d’infrastructures autoroutières caractéristiques de la couronne nord de Montréal. Ces décors contrastent volontairement avec l’environnement urbain dense des scènes précédentes et renforcent l’impression de fuite vers l’extérieur de la ville.
Séquence avec Jacques Villeret La scène montrant le chauffeur de taxi interprété par Jacques Villeret nu et poursuivi par des rangers à cheval est tournée dans un environnement naturel situé en périphérie de Montréal, dans un secteur semi-rural ou forestier. Les images montrent un chalet en bois de type nord-américain, implanté en lisière de prairie et bordé de zones boisées, ainsi que des chemins en herbe et des clairières propices à une poursuite à cheval.
Le bâtiment visible à l’écran correspond à une construction de type log cabin, caractéristique des installations de villégiature, de parcs régionaux ou de domaines forestiers du sud du Québec. Ce type de chalet, souvent utilisé comme poste d’accueil, relais de chasse ou hébergement saisonnier, est fréquent dans les espaces naturels aménagés autour de Montréal au cours des années 1970 et 1980.
Cette séquence montre les paysages périurbains du Québec tels qu’ils pouvaient apparaître au milieu des années 1980.
À ce jour, aucune source publiée ne permet d’identifier avec certitude le site exact du tournage de cette séquence. En l’absence de documentation officielle, plusieurs lieux apparaissent toutefois plausibles au regard du paysage, de l’architecture du chalet et des usages de tournage connus à l’époque :
le Parc national d’Oka, situé au nord-ouest de Montréal, dont les secteurs boisés et les bâtiments de style rustique ont fréquemment servi de décors naturels pour le cinéma et la télévision ; le Parc régional d’Oka et ses abords forestiers, comprenant des clairières, des chemins en herbe et des constructions en bois comparables à celles visibles dans le film ; certains secteurs du Parc-nature du Cap-Saint-Jacques ou des zones rurales voisines de l’ouest de l’île de Montréal, utilisés ponctuellement comme lieux de tournage pour des scènes en milieu naturel.
Scènes à l’aéroport vignette|L’Royal Monceau (Paris VIIIᵉ), décor de séquences tournées à Paris. Toutes les scènes se déroulant dans l’aéroport sont tournées à l’intérieur de l’Aéroport international Montréal-Mirabel (Mirabel, Québec). L’infrastructure, alors récemment mise en service et largement sous-utilisée au milieu des années 1980, offre de vastes espaces intérieurs, des halls dégagés et des zones de circulation adaptées aux besoins d’un tournage de film d’action.
Les plans montrent notamment les zones d’enregistrement, les couloirs de transit et les espaces d’attente, utilisés pour les séquences de déplacement et de tension précédant la fuite des personnages. À l’époque du tournage, Mirabel constitue le principal aéroport international de Montréal, avant le transfert progressif du trafic vers Dorval dans les décennies suivantes.
vignette|La Piazza Navona à Rome, décor de l'épilogue.L’utilisation de Mirabel confère à ces scènes une esthétique très caractéristique des grandes infrastructures aéroportuaires nord-américaines des années 1970–1980.
Séquences finales en Europe Les séquences finales du film sont tournées en Europe : tout d'abord à l’hôtel Royal Monceau (37, avenue Hoche, Paris ) à Paris, puis l’épilogue du film sur la Piazza Navona à Rome.
Autour du film À l’époque de la sortie de Hold-up, Jean-Paul Belmondo demeure l’une des principales vedettes du cinéma français et conserve une position dominante au box-office. Si certains de ses films récents, tels que Les Morfalous (1984) ou Joyeuses Pâques (1984), connaissent des performances commerciales jugées plus contrastées, l’acteur reste néanmoins une valeur sûre pour les productions à grand spectacle, et Hold-up s’inscrit dans la continuité de films conçus autour de son image publique et de son capital de popularité.