Les événements concernant la Seconde Guerre mondiale sont détaillés dans l'article Juin 1940 (guerre mondiale).
Juin 1940 en France En Europe occidentale, voit les dernières et violentes phases de la Bataille de France. Après les désastres de mai, les Français se battent désormais avec acharnement, mais ne peuvent empêcher la victoire de la Wehrmacht et l'installation du régime vichyste.
Dans les premiers jours du mois, l'armée allemande réduit la poche de Dunkerque, sans pouvoir empêcher l'évacuation de presque 340 000 Franco-Britanniques. Les Français reconstituent alors en toute hâte une ligne de défense rudimentaire sur la Somme.
À partir du , les Allemands reprennent l'offensive sur la Somme. Après trois semaines de défaites successives, à un contre deux et presque complétement privés de l'appui de leurs alliés, les soldats français se battent furieusement. Les positions françaises, même encerclées, sont défendues sans esprit de recul. Ce sursaut ne peut empêcher les Allemands de percer en quelques jours, et Paris est pris le 14.
Après le , les pointes blindées de la Wehrmacht se répandent partout en France et filent vers le Sud sans rencontrer de ligne de défense constituée. Pourtant des Français continuent partout de se battre avec énergie. À Saumur, les cadets de l'école de cavalerie infligent un coup d'arrêt aux Allemands, à un contre cinq. Devant Lyon, les tirailleurs sénégalais du 25e RTS résistent face à l'assaut allemand. Brest, Grenoble et les forts de la ligne Maginot sont défendus sans esprit de recul jusqu'au et au-delà.
Le moral des soldats de l'armée de la IIIe République reste haut jusqu'au bout. Leur résistance acharnée inspirera des résistants comme Marc Bloch. Pourtant, dès le début du mois, le général Weygand considère la guerre comme perdue ; il refuse de prendre des mesures pour permettre de continuer la lutte. Dans la nuit du 16 au , la faction défaitiste menée par Weygand et Pétain impose au chef du gouvernement, Paul Reynaud, de démissionner ; Philippe Pétain prend sa place dans la foulée et demande l'armistice. Celui-ci est signé le 22.
Évolution de l'armée : 1918-1939 Avant la Seconde Guerre mondiale, l'armée française est considérée comme une des plus puissantes du monde. Néanmoins, malgré les décisions de réarmement prises à partir du gouvernement du Front populaire au pouvoir jusqu'en 1938, et amplifiées par le gouvernement Daladier ensuite, elle ne put contenir la puissance retrouvée de l'Allemagne nazie.
Lorsque celle-ci attaqua en 1940, la défense française s'écroula avec près de , victime à la fois du « concept » allemand de Blitzkrieg et surtout de la pensée stratégique défensive inspirée par Philippe Pétain à l'État-Major dans les années 1930, au lieu de regrouper les chars en grandes formations mobiles. Enfin la propagande du régime de Vichy fera grand cas plus tard de quelques tentatives de sabotage, réelles mais limitées, dans les usines d'armement, inspirées par le Parti communiste français, celui-ci obéissant à la politique de Moscou, depuis le Pacte germano-soviétique qui avait été signé quinze jours seulement avant le début du conflit en et qui faisait de l'Allemagne et de l'URSS des alliés dans l'attaque puis l'occupation partagée de la Pologne.
Armée de l'air (commandement et personnel) Le commandement de l'aviation de chasse de l'Armée de l'air française était assuré par le général Bernard d'Harcourt (1885-1980).
Le personnel de la chasse comptait : 25 % d'officiers venus de diverses écoles (Saint-Cyr, Polytechnique, École centrale Paris, École supérieure d'aéronautique et École de l'air) ; des sous-officiers dont l'âge s'échelonnait entre 21 et (ces derniers appelés « moustachus » et « as de la voltige »). Tous sportifs, enthousiastes, au moral élevé.
Pour le bombardement ou la reconnaissance, le tableau était plus mitigé bien que le personnel soit hautement qualifié.
Terrains de combats Le , de chasse gagnèrent leurs nouveaux terrains dispersés géographiquement. La plupart n'étaient que de simples prairies plus ou moins vastes, plus ou moins bien aménagées, loin des agglomérations.
Les pilotes eurent droit au logement chez l'habitant, les mécaniciens et les soldats eurent droit à des granges et à de la paille. Tout commençait dans l'improvisation.
Effectifs en présence Le jour de la déclaration de guerre, le tableau comparatif est éloquent.
Armée de l'air France Pour la France métropolitaine, les effectifs en première ligne sont de : 570 chasseurs monomoteurs (dont 542 modernes), 393 sont disponibles le . 120 autres au cours de la campagne ; 40 bimoteurs (dont 28 disponibles le ) ; 400 bombardiers (210 modernes et 190 anciens) dont 235 disponibles (121 modernes et 114 anciens) parmi lesquels 184 sont donc immédiatement utilisables au combat. ; 489 avions de renseignement (dont 281 modernes) ; 8 avions de transport (dont 2 modernes). On compte aussi un petit effectif dans l'Aéronavale : 24 avions (deux escadrilles : Potez 631) ; 24 avions (deux escadrilles : Loire-Nieuport) ; trois escadrilles de bombardement Chance-Vought.
L'aéronavale a combattu sur terre, surveillant les côtes, bombardant des objectifs terrestres.
Tous ont combattu et contribué à infliger des pertes à l'ennemi.
Angleterre Sur un effectif global de , 560 sont engagés (416 sont stationnés en France et 144 depuis les bases anglaises) : 96 avions de chasse (dont 64 modernes) ; 336 avions de bombardement (relativement récents) ; 32 avions de reconnaissance stratégique (modernes) ; 80 avions d'observation.
Belgique 177 appareils sont en première ligne dont : 78 chasseurs monomoteurs ; 59 avions de reconnaissance ; 40 avions de reconnaissance-bombardement.
Pays-Bas 124 appareils en première ligne dont : 63 chasseurs ; 8 bombardiers ; 53 avions de reconnaissance.
Allemagne Au-delà du mythe de la propagande allemande des et , la Luftwaffe disposait effectivement de dans toutes ses unités de première ligne mais seules les Luftflotten 2 et 3 furent engagées soit :
342 Junkers Ju 87 Stuka ; 42 avions d’assaut Henschel HS 123 ; monomoteurs et 248 bimoteurs ; 591 avions de reconnaissance ; 401 avions de transport.
Armée de terre
Marine
La drôle de guerre Le lundi , à l'aube, l'aviation de chasse est placée en état d'alerte générale.
En cinq semaines, l'avancée allemande en France entraîne la désintégration de l'armée et une gigantesque panique dans la population. Dix millions de personnes s'enfuient sur les routes avec de maigres bagages, au cours d'un épisode qu'on appellera l'« Exode ». Le gouvernement, dirigé par Philippe Pétain depuis la démission de Paul Reynaud, fait demander l'armistice, signé le . On peut alors penser que son prestige acquis lors de la défense de Verdun en 1916 permettrait des négociations plus aisées avec Hitler. Il n'en est rien et les conditions en sont très dures : occupation de plus de la moitié du pays et énormes frais prélevés pour entretenir l'armée allemande.
Cependant, les appréciations stratégiques divergent sur la création d'une zone libre au sud face à une zone nord occupée : les généraux allemands veulent une occupation complète de la France de Dunkerque à Toulon. Hitler, marqué par la Première Guerre mondiale (il y fut caporal), n'arrive pas à croire à la rapidité de sa propre conquête par des blindés qui ont outrepassé les ordres et dépassé les objectifs initiaux. Ainsi, il veut conserver un gouvernement français pour tenir les colonies françaises (Algérie, Maroc, Tunisie) qui ont une valeur stratégique fondamentale, comme cela sera confirmé par la suite. Après la guerre, Churchill, dans ses mémoires de guerre, donnera raison aux généraux allemands en déclarant que la création de la zone libre (préservant Toulon et la flotte française) avait permis de sauver Gibraltar, britannique en Méditerranée. La zone libre ne va vivre que , jusqu'en (débarquement allié en Afrique du Nord), mais permit à la résistance française de se construire des bases au travers de toute la zone.
Les opérations Offensive 10 mai au 24 juin 1940 Chronologie au jour le jour. Du 10 au 31 mai
La Wehrmacht attaque à l'aube () et pénètre en Hollande, en Belgique et au Luxembourg. 400 Heinkel 111, Dornier 17 et Junker 88 attaquent 47 terrains du Nord de la France et détruisent ou endommagent une soixantaine d'avions de l'armée de l'air française et détruisent une centaine d'avions belges. Ce sont avions de bombardement escortés par plus de chasseurs qui se répandent sur l'étendue de la zone d'opérations franco-anglo-belges, attaquant méthodiquement leurs objectifs, les axes et carrefours de communications, les centres de commandement et les aérodromes militaires. . Des bombardiers belges Fairey Battle subissent de lourdes pertes en tentant de bombarder les pointes allemandes sur le canal Albert. Des Blenheim britanniques suivis de Leo 46 français suivent, mais les mouvements allemands sont seulement retardésJacques Belle, La Défaite française, un désastre évitable, Economica, Paris, 2007, .. Les Français et les Britanniques réagissent et les avant-gardes de la française et du B.E.F. pénètrent en Belgique, dans le piège mis au point par les Allemands pour faciliter leur percée dans les Ardennes, malgré les obstacles et les sabotages qui parsèment les routes et la résistance de chasseurs ardennais de l'armée belge qui freinent l'offensive ennemie à Bodange, Martelange et Witry. Dans de dernier village, cent avions légers allemands Fieseler Storch déposent des troupes sur les arrières des chasseurs ardennais le , mais ces aéroportés sont refoulés par des chars légers belges puis se heurtent à des forces de la légère de cavalerie française montant vers Neufchâteau où elles arrêtent la Panzerdivision pendant une demi-journée avant que la ville soit prise à 15 heuresKarl-Heinz Frieser, Le Mythe de la guerre-éclair, Éd. Belin, Paris, 2003, à 144.. Des Amiot 143 et des Farman 222 bombardent de nuit quelques terrains allemands.
La ligne fortifiée du canal Albert est enfoncée en son point le plus sensible par la chute du fort d'Eben-Emael durement éprouvé la veille par la destruction de ses tourelles principales exécutées par des aéroportés allemands utilisant un explosif inconnu des alliés, les charges creuses. Des Leo 45 sont envoyés au nord du canal Albert sur le pont de Maastricht qui n'a pas été défendu par les Hollandais. Les avions français sont engagés par des Messerschmitt 109 et 110 : 5 seront abattus. La Flak endommage gravement un Leo et 4 Morane. Ce qui reste de l'aviation belge va se consacrer à des reconnaissances et à du réglage d'artillerie. De Gaulle est nommé commandant par intérim de la cuirassée.
18 Breguet 693 du groupe 18 attaquent les colonnes dans la région de Sedan. Malgré la protection de 18 MS406, 8 avions d'assaut Breguet ne rentrent pas. Les Leo 451 du GC 6/G6) interviennent escortés par 12 Morane du III/2. L'action se poursuit en nocturne avec 12 Amiot 143 [G9). Entre le 11 et le , la chasse comptera 665 sorties, 106 victoires, 8 pilotes tués, 16 blessés dont un prisonnier, 9 parachutés indemnes.
Percée allemande de Sedan. 18 Dewoitine 520 du I/3 abattent sans pertes 3 Henschel 126 et 1 Heinkel 111 dans le secteur de la Semois. 9 Leo 451 (G6) protégés par 27 Bloch 152 (I/1, I/8) attaquent des ponts de bateaux et des colonnes de blindés dans le ravin de Givonne. La moitié sera hachée par la Flak allemande. Action nocturne de 24 Amiot 143 (G9 et G10) sur les arrières. : ce qui reste des bombardiers (29) est jeté dans la bataille de Bazeilles, d'une façon suicidaire, de jour. Sur 13 Amiot 143, 4 sont abattus.