La confédération de l'Allemagne du Nord (en allemand : ) est une fédération constituée de vingt-deux États allemands situés au nord de la ligne du Main, qui a existé de 1866 à 1871. La confédération fut créée sur initiative du ministre-président de Prusse Otto von Bismarck à la suite de la victoire prussienne de 1866 face à l'Autriche et de la dissolution de la Confédération germanique.
Création Victoire prussienne
Ayant battu les troupes autrichiennes à la bataille de Sadowa le , , roi de Prusse, annexe la plupart des États qui avaient soutenu l'Autriche : le royaume de Hanovre, le Schleswig-Holstein, le duché de Nassau, la Hesse-Cassel (ou Hesse électorale), ainsi que la ville impériale de Francfort-sur-le-Main. Les négociateurs autrichiens, à la demande de François-Joseph, parviennent à maintenir l'existence du royaume de Saxe, contre l'avis des conservateurs prussiens, partisans de l'annexion du royaume, et contre l'avis du roi Guillaume : Bismarck impose l'indépendance du royaume saxon, soutenu par le Kronprinz prussien, Frédéric.
La partie au nord du Main du grand-duché de Hesse devient une partie de la confédération. L'Autriche est exclue de l'Allemagne unie (solution petite-allemande), doit accepter les annexions prussiennes et la dissolution de la Confédération germanique par le traité de Prague du .
Mise en place La confédération est créée le sous la forme d'une alliance militaire, dite l'alliance d'août (en allemand : ) ; elle comprend initialement seize États (Prusse, Saxe-Weimar-Eisenach, Oldenburg, Brunswick, Saxe-Altenbourg, Saxe-Cobourg et Gotha, Anhalt, Schwarzbourg-Sondernshausen, Schwarzbourg-Rudolstadt, Waldeck, Reuss branche cadette, Schaumbourg-Lippe, Lippe-Detmold et les villes libres de Hambourg, Lübeck et Brême) ; six autres États princiers la rejoignent rapidement : les grands-duchés de Mecklembourg-Schwerin et de Mecklembourg-Strelitz le , la province de Haute-Hesse du grand-duché de Hesse le , Reuss branche aînée le , le duché de Saxe-Meiningen le et le royaume de Saxe le .
Nature
La nature de la Confédération de l'Allemagne du Nord a été discutée. Des auteurs ont soutenu qu'elle était un État fédéral ; d'autres une confédération d'États ; d'autres une catégorie intermédiaire.
Constitution
Rédaction La Constitution est conçue par et pour Bismarck, qui impose son point de vue, aussi contre le roi Guillaume de Prusse. Elle garantit l'hégémonie de la Prusse.
Bismarck en rédige un avant-projet qu'il communique à son souverain le , et parvient à l'exiger face aux oppositions divergentes de , du gouvernement prussien et des États confédérés.
Adoption La Constitution est adoptée le et entre en vigueur le de la même année.
Prépondérance prussienne La présidence de la confédération de l'Allemagne du Nord revient au roi de Prusse (art. 11), qui convoque les deux chambres : le Bundesrat et le Reichstag et il nomme le chancelier confédéral, responsable uniquement devant le roi de Prusse.
Le parlement, le , est élu au suffrage universel, mais ne dispose pas de réel pouvoir. Le , la chambre haute, représentant les 22 États membres, reste dominé par la Prusse.
Cette prédominance institutionnelle matérialise le poids de la Prusse au sein de la confédération : regroupant 24,6 millions d'habitants, le royaume de Prusse s'étend de la frontière française à la frontière russe, sur l'ensemble de l'espace allemand, exerçant sa tutelle sur de petits États trop faibles pour mener une quelconque politique indépendante.
Une solution provisoire Pour ne pas heurter , Otto von Bismarck n'inclut pas les États du Sud de l'Allemagne (les royaumes de Bavière et de Wurtemberg, le grand-duché de Bade, le sud du Hesse-Darmstadt) dans la confédération de l'Allemagne du Nord.
En secret et sous pression de Bismarck, ces quatre États signent avec la Prusse des traités d'alliance militaire, défensive et offensive. En même temps, la Constitution (art. 79) permet l'adhésion éventuelle de ces États dans lesquels néanmoins un sentiment démocratique et anti-prussien est vifArt. 79 DBV (= Art. 79 S. 2 NBV i. d. F. vom 16. April 1867): Der Eintritt der Süddeutschen Staaten oder eines derselben in den Bund erfolgt auf den Vorschlag des Bundespräsidiums im Wege der Bundesgesetzgebung..
Liste des États membres de la confédération vignette|upright=1.3|États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord (1867-1871). Le royaume de Prusse avec ses provinces apparaît en bleu clair. vignette|upright=1.3|Drapeau de guerre de la confédération de l'Allemagne du Nord (1867-1871) avec le : Flagge zeigen. In: Die Zeit, Nr. 3/1987..|gauche
Les royaumes : Prusse et Saxe Les grands-duchés : Hesse (au nord du Main), Mecklenbourg-Schwerin, Mecklenbourg-Strelitz, Oldenburg et Saxe-Weimar-Eisenach Les duchés : Anhalt, Brunswick, Saxe-Altenbourg, Saxe-Coburg-Gotha et Saxe-Meiningen-Hildburghausen Les principautés : Lippe-Detmold, Reuss branche aînée, Reuss branche cadette, Schaumbourg-Lippe, Schwarzbourg-Rudolstadt, Schwarzbourg-Sondernshausen et Waldeck-Pyrmont Les villes libres : Brême, Hambourg et Lübeck
Le duché de Saxe-Lauenbourg, détenu par le roi de Prusse en union personnelle depuis 1865, n'est généralement pas mentionné comme un État membre à part entière, mais il est cependant distinct du royaume de Prusse : la loi électorale prussienne de 1869 s'applique dans d'autres conditionsLauenburg. 1). In: Heinrich August Pierer, (Hrsg.): Universal-Lexikon der Gegenwart und Vergangenheit. 4. Auflage. Band 10: Lackfarbe–Matelen. Altenburg 1860, S. 156.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
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Articles connexes Liste des provinces de Prusse
Liens externes
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