Mary Poppins est un film musical américain de Robert Stevenson adapté du roman éponyme de Pamela L. Travers et sorti en 1964. Mêlant prises de vues réelles et animation, il est considéré comme le long métrage d'animation des studios Disney.

Après une longue période de tractations entre Walt Disney et Pamela L. Travers pour obtenir les droits d'adaptation, la production du film commence en 1960 pour s'achever en 1964. Cette période fait l'objet d'un long-métrage de fiction sortie en 2013, Dans l'ombre de Mary de John Lee Hancock, avec Tom Hanks dans le rôle de Walt Disney. Révélant le talent de Julie Andrews et confirmant celui de Dick Van Dyke, Mary Poppins est l'une des productions Disney les plus chaleureusement accueillies par le public et la presse, remportant de nombreux prix, dont cinq Oscars, bien que certains spécialistes estiment que sa forme évoque les années 1940 plutôt que les années 1960. Le film est remarquable par plusieurs aspects, comme le traitement en « comédie musicale » ou le mélange entre prises de vues réelles et animation, même si l'activité originelle des studios Disney passe au second plan, phénomène qui s'amplifiera dans les décennies suivantes.

Réalisé à une période qui voit l'institutionnalisation des critiques dans une élite intellectuelle devenue le fer de lance des détracteurs de Disney, Mary Poppins est une œuvre-testament, couronnant la carrière de Walt Disney, qui meurt deux ans plus tard.

Synopsis thumb|Mary Poppins parlant à un oiseau thumb|Mary Poppins dans la scène des cheminées thumb|Mary Poppins assise dans le parc sous un saule thumb|Bert dansant avec des manchots dans le parc sous un saule Printemps 1910. Au-dessus de Londres, une jeune femme, assise sur un nuage, attend. Plus près du sol, Bert, homme-orchestre et ramoneur, divertit les passants à l'entrée du parc. Tous les jours à 18 heures précises, l'amiral Bloom tire au canon depuis le toit de sa maison pour donner l'heure. Au courant de tout ce qui se passe dans le voisinage grâce à sa lorgnette, il avertit Bert que le temps est à l'orage, pointant vers la maison des Banks. 18 heures est l'heure où George Banks, un employé de banque affairé, rentre chez lui. Winifred, sa femme, le précède de quelques minutes, se félicitant des actions menées plus tôt avec ses sœurs suffragettes. Elle se heurte à Katie Nounou, la nurse des enfants Banks, qui lui donne sa démission à la suite d'une énième fugue de Jeanne et Michaël. M. Banks, heureux de rentrer chez lui, s'installe comme d'habitude dans son fauteuil avant de s'apercevoir qu'une chose manque à son rituel, ce que confirme sa femme : il manque ses enfants. Peu après, un policier sonne à la porte, ramenant les enfants et leur cerf-volant cassé après lequel ils avaient couru. Une discussion s'engage alors dans la famille pour définir les qualités de la nouvelle nurse qui va être embauchée. M. Banks a des idées bien précises, les enfants aussi, totalement opposées. M. Banks rédige une annonce, les enfants aussi… La première est publiée dans la presse, l'autre déchirée et jetée dans la cheminée. Un courant d'air entraîne cependant les morceaux déchirés par le conduit de cheminée.

Le lendemain, de nombreuses nurses plus âgées et patibulaires les unes que les autres se présentent à l'entrée de la maison mais M. Banks souhaite n'ouvrir la porte qu'à l'heure prévue, pas avant. C'est alors que, descendant des nuages, se présente une nouvelle candidate : Mary Poppins. Elle provoque une forte bourrasque qui chasse les autres prétendantes, restant seule candidate. Sous l'œil étonné de M. Banks, elle sort l'annonce des enfants et poursuit par un discours qui le laisse sans voix. Désarçonné par l'aplomb de la jeune femme, il l'engage.

Mary Poppins monte à l'étage pour rencontrer les enfants. Sortant de nombreux objets volumineux de son petit sac, elle parvient à les forcer à ranger leurs chambres en transformant cette tâche en jeu… et en usant aussi d'un peu de magie. Plus tard, le trio se rend au parc et y rencontre Bert, qui réalise sur le sol des dessins à la craie. Bert et Mary semblent se connaître de longue date et Bert, qui connaît les dons de magicienne de Mary Poppins, lui propose de se servir d'un des dessins (un paysage de campagne anglaise) comme portail vers un monde enchanté. Plongés dans ce nouvel environnement, les enfants courent vers une attraction et laissent Mary et Bert profiter de la balade, puis d'un café où ils sont servis par quatre manchots. Bert et Mary dansent avant de rejoindre les enfants sur un carrousel. Par magie, les chevaux se détachent du manège et entament une course dans la campagne, rattrapant une chasse au renard dans la plus pure tradition anglaise. Bert prend en pitié le renard et le fait grimper sur sa monture sauvant ainsi l'animal des chiens de chasse. La chevauchée se poursuit sur un champ de course, permettant à Mary de gagner l'épreuve qui s'y dispute. Pour justifier sa victoire dans une course hippique, alors qu'elle était sur un simple cheval de bois, Mary utilise le terme de « supercalifragilisticexpialidocious ». Mais les réjouissances sont interrompues par la pluie qui fait disparaître les dessins à la craie et rappelle les protagonistes à la réalité. Le soir, lorsque Jeanne et Michaël demandent à Mary combien de temps elle restera avec eux, elle répond : « jusqu'à ce que le vent tourne » avant de leur chanter une berceuse pour qu'ils s'endorment.

Le lendemain, à la demande de Bert, les enfants et Mary se rendent en urgence chez l'oncle Albert, qui est collé au plafond à la suite d'une crise de rire. Albert leur propose de le rejoindre pour prendre le thé. Il raconte des blagues et l'hilarité permet à Bert puis aux enfants de s'envoler. Mary se joint momentanément à eux avant de leur rappeler qu'ils doivent partir bientôt, ce qui attriste et fait redescendre tout le monde. Le soir, apprenant les aventures de ses enfants de leurs bouches, M. Banks s'irrite mais Mary Poppins parvient à retourner la conversation en suggérant au père qu'il leur fasse découvrir le lieu où il travaille pendant qu'elle prend son jour de congé. Puis elle chante aux enfants une émouvante chanson sur une vieille femme qui vend des graines pour les oiseaux, au pied de la cathédrale Saint-Paul. Le lendemain, alors que M. Banks emmène ses enfants à la banque, ils croisent en chemin la vieille femme de la chanson mais M. Banks refuse que Michaël dépense ses deux pence pour acheter un sac de graines, comptant lui en faire faire un meilleur usage.

Dans la banque, les collaborateurs de M. Banks, dont le vieux directeur M. Dawes Sr., tentent de persuader Michaël d'investir ses deux pence qu'ils lui arrachent des mains. Contrarié, l'enfant se met à crier, créant une panique dans la banque qui est contrainte de fermer pour éviter un krach boursier. Apeurés, les deux enfants s'enfuient et échouent dans les bas-fonds de Londres. Sur les bords de la Tamise, ils croisent, par chance, Bert qui a repris ses habits de ramoneur. Celui-ci réconforte les enfants et leur explique sur le chemin de la maison que leur père les aime, alors qu'eux trouvaient qu'il ne leur témoignait pas assez d'affection et semblait obnubilé par son travail.

À la maison, Banks accueille les enfants mais, devant se rendre à une nouvelle manifestation, elle trouve l'excuse d'employer Bert comme ramoneur pour qu'il s'occupe d'eux. Mary revient de son jour de congé et a à peine le temps d'avertir que le ramonage est source de danger que Bert et les enfants sont aspirés par la cheminée. Le groupe entame alors un voyage au-dessus des toits de Londres, suivi d'une danse avec d'autres ramoneurs qui s'achève dans la maison des Banks, jusqu'au retour du père. M. Banks chasse les ramoneurs et demande des comptes à Mary Poppins, qui lui répond qu'elle ne donne jamais d'explications. Il reçoit au même moment un appel téléphonique lui intimant de retourner à la banque immédiatement. Avant qu'il ne parte, les enfants viennent s'excuser pour leur conduite et Michaël lui offre ses deux pence.

Sur le chemin de la banque, M. Banks commence à s'interroger sur la vie qu'il mène. Une fois devant le conseil d'administration, il est accusé d'être le responsable de la fermeture (temporaire) de la banque, chose qui ne s'était pas produite depuis le en 1773. Il est sûr de se faire renvoyer. Se remémorant le mot « supercalifragilisticexpialidocious », M. Banks, à la surprise générale, prend la chose avec détachement, donne les deux pence à M. Dawes Sr., raconte une blague de l'oncle Albert et part hilare. Derrière lui, le vieux Dawes comprend la blague et, éclatant de rire, s'envole.

Le lendemain, la girouette de la maison de l'amiral Bloom indique que le vent a tourné. Chez les Banks, c'est l'affolement : George n'est pas rentré de la nuit et certains pensent au suicide. C'est alors qu'il apparaît, portant le cerf-volant réparé, auquel sa femme, rassurée, ajoute son écharpe de suffragette en guise de queue. Toute la famille quitte la maison pour le tester, sans voir Mary Poppins qui les observe depuis la fenêtre du premier étage. Au parc, ils rencontrent Dawes Jr. qui joue, lui aussi avec un cerf-volant et informe M. Banks que son père est mort… de rire. Nullement attristé par cette fin joyeuse, il propose à Banks de le reprendre comme associé. Alors que Mary Poppins s'envole vers de nouveaux défis, Bert, qui vend des cerfs-volants à l'entrée du parc, lui lance de loin un adieu en espérant qu'elle ne sera pas partie trop longtemps.

Fiche technique Titre original et français : Mary Poppins Réalisation : Robert Stevenson, assisté de Joseph L. McEveety, Tom Leetch John G. West, The Disney Live-Action Productions, . et Paul Feiner ; Arthur J. Vitarelli (deuxième équipe) Scénario : Bill Walsh et Don DaGradi d'après Pamela L. TraversÉgalement consultante sur le film. Direction artistique : Carroll Clark et William H. Tuntke Décors : Emile Kuri et Hal Gausman Costumes : Conception : Bill Thomas, Tony Walton (consultant) Réalisation : Chuck Keehne et Gertrude Casey Maquillage : Pat McNalley Coiffure : La Rue Matheron Photographie : Edward Colman Montage : Cotton Warburton Effets spéciaux : Peter Ellenshaw, Eustace Lycett et Robert A. Mattey, Robert Broughton (non crédité) Conception graphique : Décors : Al Dempster, Art Riley, Don Griffith et Bill Layne Cadrage (Layout) : Ray Aragon Robin Allan, Walt Disney and Europe, . Animation : Supervision : Hamilton Luske Direction artistique : McLaren Stewart Conception de la séquence de la nursery : Bill Justice et Xavier Atencio Animateurs : Milt Kahl, Franklin Thomas, Ollie Johnston, Ward Kimball, John Lounsbery, Eric Larson, Hal Ambro, Cliff Nordberg et Jack Boyd Son : Robert O. Cook (supervision), Dean Thomas (mixage) Musique : Chansons : Richard M. Sherman et Robert B. Sherman Arrangements et direction : Irwin Kostal, assisté de James MacDonald Montage : Evelyn Kennedy Chorégraphie : Marc Breaux et Dee Dee Wood ; Nat Farber (répétiteur) Production : Bill Walsh Société de production : Walt Disney Productions Société de distribution : Buena Vista Pictures Budget : 5 millions USD Pays de production : Langue : anglais Format : Couleurs - 1,66:1 - Stéréo () Durée : 139 minutes Dates de sortie : États-Unis : France :

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin Leonard Maltin, The Disney Films: Edition, ., John Grant John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, ., John West John G. West, The Disney Live-Action Productions, . et .

Distribution Distribution Julie Andrews (VF : Éliane Thibault) : Mary Poppins Dick Van Dyke (VF : Michel Roux) : Bert / Monsieur Dawes Sr. David Tomlinson (VF : Roger Tréville) : George Banks Glynis Johns (VF : Nicole Riche) : Winifred Banks Hermione Baddeley (VF : Hélène Tossy) : Ellen, la domestique Reta Shaw (VF : Germaine Michel) : Madame Brill, la cuisinière