Saint-Ghislain () est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, au nord de la région du Borinage.

La ville se situe géographiquement à une dizaine de kilomètres à l'ouest du centre de Mons et, approximativement, entre les villes françaises de Maubeuge et Valenciennes, près de Bavay.

Géographie Situation Ville fortement industrielle, Saint-Ghislain présente une altitude variant de 18 m au sud-est, au niveau de l’A16, jusqu'à 99 m dans la forêt de Stambruges.

Elle est traversée par deux cours d'eau : la Haine au sud et le canal Nimy-Blaton-Péronnes au centre, d’ouest en est.

Saint-Ghislain est également desservie par les autoroutes A7 et A16 au sud, ainsi que par la route nationale N50 et les lignes ferroviaires 78 et 97, grâce à une gare localisée au sud de la ville.

Sections de commune # Nom Superf.(km²).. Habitants(2025). Habitantspar km² Code INS 1 Saint-Ghislain 4,21 4 182 993 53070A 2 Baudour 20,98 6 081 290 53070B 3 Tertre 8,61 4 980 578 53070C 4 Villerot 2,97 831 279 53070D 5 Hautrage 12,05 3 100 257 53070E 6 Sirault 16,77 3 824 228 53070F 7 Neufmaison 4,99 758 152 53070G

Géographie physique Saint-Ghislain se caractérise par un relief doux typique de la plaine hennuyère, marqué par une altitude oscillant entre au sud‑est, près de l’autoroute A16, et 99 mètres dans la forêt de Stambruges, ce qui constitue son point culminant.

La commune s’inscrit dans la vallée de la Haine, qui traverse son extrémité méridionale et constitue l’axe hydrographique principal. Un second élément structurant est le canal Nimy‑Blaton‑Péronnes, qui coupe le territoire d’ouest en est et joue un rôle majeur dans l’organisation du paysage, notamment en raison de l’héritage industriel de la région.

Le territoire communal présente une altitude moyenne d’environ , avec des variations locales selon les anciennes entités fusionnées : environ 25 à 32 mètres dans les secteurs de Hautrage‑État et Tertre, et jusqu’à à Neufmaison ou Sirault, où les ondulations du relief deviennent plus perceptibles.

Située à la charnière entre le Borinage et la plaine de Mons, Saint‑Ghislain repose sur des formations géologiques liées aux bassins houillers hennuyers, ce qui explique la présence historique d’activités extractives et industrielles. Le paysage actuel combine ainsi zones urbanisées, espaces boisés, terrains agricoles et traces d’aménagements liés à l’exploitation du sous‑sol. Cette géographie physique, relativement homogène mais ponctuée de légères élévations, a favorisé l’implantation d’infrastructures de transport majeures, notamment les autoroutes A7 et A16, ainsi que plusieurs lignes ferroviaires.

Démographie

Démographie: Avant la fusion des communes

Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,11994100,11995100,4199699,8199799,61998100,0199999,9200099,9200199,4200299,52003100,22004100,42005101,22006101,52007101,82008102,62009103,22010103,52011103,82012104,02013104,12014103,82015103,52016104,32017104,92018105,42019105,32020105,92021106,02022106,22023106,92024107,32025107,42026108,3

Histoire Haut Moyen Âge L’histoire de Saint-Ghislain commence vers 633, avec le moine Ghislain, au nom d'origine franque qui y fonde un monastère.

En 635, ce moine bâtit une église en l’honneur des saints Pierre et Paul. Il vit bientôt accourir autour de lui nombre de pieux cénobites.

Le , Ghislain meurt en son monastère.

Dagobert , roi des Francs, fit des libéralités à la communauté naissante, qui devint une abbaye florissante de l’ordre de Saint-Benoît. Charlemagne, dit-on, à la demande d’Éléphas, son parent, abbé de ce monastère, fit construire une magnifique église que détruisirent les Normands au . Cette localité fut désignée alors sous le nom de Cella, jusqu’à ce que ce nom disparut pour être remplacé par celui de son saint fondateur. L’abbé de Saint-Ghislain était seigneur spirituel et temporel de la ville. Les armes de la cité étaient mi-parties de l’Empire et de France.

Au début du , l'agrandissement du monastère et la consécration d'une église furent les premiers faits marquants qui nous sont rapportés par les abbés soucieux de transmettre le souvenir des événements passés. En 881, l’abbaye subit l'incendie et le pillage des Normands.

Bas Moyen Âge

Depuis 1286, le marché, établi à l'origine à Hornu est venu s'installer sur la Place de Saint-Ghislain ; on vit l'installation de foires, le commerce du drap et du cuir se développa et des marchands de houille s'y établirent.

Mais sa situation à proximité de la capitale du Hainaut et sa position sur la Haine conférèrent à la ville une importance stratégique qui lui valut la construction de fortifications en 1366 par Albert de Bavière. Saint-Ghislain devint ainsi une place forte importante qui eut toujours une garnison considérable.

En , la charte-loi de Saint-Ghislain et d’Hornu est renouvelée.

1420 : naissance du musicien Jean Ockeghem (ca 1420–1497) Le nom de Jean Ockeghem se lit dans pratiquement tous les dictionnaires et encyclopédies générales et occupe une large place dans tous les ouvrages consacrés à l'histoire de la musique. Jean Ockeghem fut l'un des compositeurs les plus brillants du . Il fut premier chapelain du roi de France, Charles VII, et, grâce à la générosité du souverain, trésorier de l'abbaye de Saint-Martin de Tours dès 1459. Il resta au service des successeurs de Charles VII : Louis XI (1461-1483) et Charles VIII (1483-1498). Jusqu'ici, on en était réduit à des hypothèses à propos de son lieu de naissance. On a longtemps cru qu'il était originaire de Termonde voire de Bavay. Une récente découverte de Monsieur Daniel Van Overstraeten démontre sans contestation possible que Jean Ockeghem est né à Saint-Ghislain.

Heureusement, à Saint-Ghislain même, qui eut pourtant beaucoup à souffrir des guerres, et ce jusqu'en plein , des documents remontant à l'ancien régime ont survécu et, parmi eux, une série de comptes de l'église paroissiale du lieu. Le dépouillement de ces derniers a conduit à une surprise de taille. Parmi les dépenses enregistrées en 1607-1608 par Noël Haneuze, receveur de l'église Saint-Martin de Saint-Ghislain, on relève en effet le paiement suivant :

Aud[ict] curet seul pour son sallaire du memento fondé par ma[ist]re Jan Hocquegam, en son temps tresorier de l'église Saint Martin de Thour et natif de S[ainc]t Ghislain, lui at esté payet pour l'année de ce compte: VIII lb.

Cette dépense se retrouve, dans des termes pratiquement identiques, dans tous les comptes postérieurs conservés. Elle figure également dans les comptes antérieurs (au nombre de quatre, étalés de 1549–1550 à 1579–1580) parvenus jusqu'à nous, mais sous une forme plus laconique ; il y est en effet simplement question du :

... memento dud. (ailleurs : fondet par) feu mons[ei gneu]r le tresorier de Thours".

Le doute n'est pas possible: les nom et prénom du personnage, sa titulature exacte, tout indique qu'il s'agit bien de notre musicien, qui apparaît donc dans une série de comptes saint–ghislainois, dont le plus ancien qui soit conservé est postérieur d'un demi-siècle à sa mort. vignette|Carte du siège de la forteresse de Saint-Ghislain en 1677. Ainsi, Jean Ockeghem a vu le jour à Saint-Ghislain, au cœur du Hainaut. Il est donc bien « de (la) mesme nation » que Jean Lemaire de Belges: les indications découvertes dans la comptabilité saint–ghislainoise confirment le témoignage de ce poète et, qui mieux est, l'expliquent beaucoup plus naturellement que ne le font certains défenseurs des origines flamandes d'Ockeghem.

Natif de Saint-Ghislain, ce dernier n'oublia pas la petite localité hainuyère, et ce malgré un demi-siècle au moins passé en France. Vraisemblablement dans les dernières années de sa vie, il décida d'y fonder une messe anniversaire, à célébrer à sa mémoire dans l'église paroissiale par les soins du curé du lieu, assisté de deux autres prêtres et de cinq acolytes. La fondation prévoyait également l'achat de cire, la distribution de pains blancs aux pauvres et aux enfants de l'école, ainsi qu'une rétribution au profit du sacristain. Le tout était alimenté par les revenus de quelques biens localisés à Baudour.

Époque moderne vignette|redresse|L'église de Saint-Ghislain après le bombardement de 1944. Saint-Ghislain eut à subir plusieurs sièges.

En 1581, c'est le siège des Huguenots qui se livrèrent au pillage.

En 1589, Saint-Ghislain qui était un secours de la paroisse d’Hornu devint alors une paroisse distincte et acquit son indépendance et accéda au rang de ville. En 1655 ce fut le siège de Turenne et La Ferté (Vauban y participe sans commander, ). Les opérations de siège sont dirigées par le chevalier de Clerville : elles commencent le et la ville tombe le 25Anne Blanchard, « Louis Nicolas de Clerville», in Actes du colloque « Vauban et ses successeurs dans les ports du Ponant et du Levant », Brest, 16-, publié dans Vauban et ses successeurs dans les ports du Ponant et du Levant, Paris : Association Vauban, 2000, (également publié dans Les cahiers de Montpellier no 38, tome II/1998, Histoire et Défense, université Paul-Valéry). La prise de la ville est suivie de l'entrée de Louis XIV, alors âgé de dix-sept ans. L’année suivante, la ville est assiégée sans succès par les EspagnolsBarros et alii, qui réussissent en 1657, sous la conduite de Don Juan d'Autriche, à la reprendre.

En 1677, le retour des Français avec le maréchal d'Humières qui s’en rendit maître (le siège est conduit par VaubanBarros et alii, ).

En 1709, à la suite de la bataille de Malplaquet, le traité de Nimègue ayant rendu Saint-Ghislain à l'Espagne, le Hainaut tout entier retourna aux coalisés commandés par le duc de Marlborough. Chaque fois, l'abbaye subit pillage, dévastation, incendie et, chaque fois, elle puise dans ses ressources afin de reconstruire ou restaurer les bâtiments.

Les et , la ville fut aux deux tiers détruite par des bombardements aériens des alliés.

Le tracé de la ville fut ensuite modifié, la Haine fut déviée et ne traverse plus le centre de la ville.

Armoiries

Politique et administration

Conseil et collège communal 2024-2030 Collège communal Bourgmestre Florence Monier PS 1er Échevin Luc Dumont PS 2e Échevin Jérèmy Bricq PS 3e Échevin Rudy Bureau PS 4e Échevine Patty Cantigneau PS 5e Échevin Guillaume Sanna PS Président du CPAS Jean-Christophe Dessilly PS

Jumelages

🇬🇧 Christchurch (Royaume-Uni) depuis 2024

Liste des bourgmestres depuis 1830

Alfred Chevalier, de 1902 à 1912, (Parti Libéral). Jean Rolland, de 1952 à 1956, (PSB). Robert Leclercq, de 1977 à 1983, (PSB). Freddy Deghilage, de 1995 à 2006, (PS). Daniel Olivier, de 2006 à 2024, (PS). Florence Monier, de 2024 à aujourd'hui, (PS).

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural

Culture

Événements

L'Ascension