Paul Misraki, de son vrai nom Paul Misrachi, est un compositeur, auteur et chanteur français, né le à Constantinople et mort le à ParisRelevé des fichiers de l'Insee.
Compositeur et pianiste de Ray Ventura dans les années 1930, Paul Misraki a composé la musique de grands succès comme Tout va très bien madame la marquise, Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?, Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine, Comme tout l'monde... Il a été chanté par Ray Ventura et ses Collégiens, Édith Piaf, Georges Brassens, Henri Salvador, Yves Montand, Jacqueline François, Suzy Delair, Nicoletta, Jean Sablon, ainsi que de très nombreux chanteurs et groupes américains, argentins, brésiliens, etc. Il est aussi l'un des compositeurs français de musique de films les plus prolifiques : il en compose plus de 180 pour des longs-métrages, notamment celle de Et Dieu… créa la femme en 1956, mais aussi pour Jean Delannoy, Claude Chabrol, Henri-Georges Clouzot, Jean-Pierre Melville, Jacques Becker, Jean-Luc Godard, Luis Buñuel, Orson Welles ou Jean-Claude Brialy.
Il est aussi un écrivain ayant publié dix livres sur des sujets liés à son itinéraire spirituel.
Biographie Origines Né le dans une famille juive séfarade de Constantinople dans l'Empire ottoman, où son père travaillait pour une compagnie d'assurances, il passe une partie de sa petite enfance à Bucarest, puis arrive en France en 1917.
Collégien au lycée Janson-de-Sailly, il prend des leçons particulières d'harmonie et de contrepoint auprès de Charles Koechlin. Il avait auparavant écrit des pièces musicales variées et été stagiaire dans un magasin de pianos sur les Champs-Élysées.
Carrière Il intègre dès 1929 la troupe de son camarade de classe Ray Ventura, Ray Ventura et ses Collégiens, comme compositeur-arrangeur-pianiste. Il est également, avec Coco Aslan, l'un des deux principaux chanteurs solistes de l'orchestre : on l'entend dans Chez moi, Insensiblement, Sur deux notes, Le général dort debout, La petite île, Le petit bateau de pêche, Tching Kong, Les trois mandarins, Je ne sais pas si je l'aime, etc.
Les années 1930 sont pour lui à la fois les années Ventura, avec les succès phénoménaux de Tout va très bien madame la marquise, de Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?, les reprises américaines de Chez Moi et la découverte de la musique pour le cinéma, mais ce sont aussi des années de recherche de sens. Le père de Paul Misraki avait rêvé son fils reprenant la compagnie d'assurances familiale, et le voilà musicien ! Paul Misraki lui-même rêvait de musique symphonique, et le voilà auteur de la chanson comique la plus connue du moment ! À la recherche de sens, l’auteur-compositeur-interprète passe ses week-ends à lire, à faire tourner les tables, visite la cathédrale Notre-Dame de Chartres, songe à se retirer définitivement dans un monastère. Finalement, il se convertit au catholicisme et choisit de pratiquer sa religion dans la vraie vie.
La Seconde Guerre mondiale voit les Collégiens se lancer dans une tournée en Amérique du Sud au moment où l'armée allemande envahit la zone libre. Au Brésil puis en Argentine, Paul Misraki compose pour l'orchestre de Ray Ventura (auquel s'est joint Henri Salvador), mais aussi pour le cinéma, et même une comédie musicale, intitulée Si Eva se hubiese vestido, de laquelle sera tirée la chanson Una Mujer, devenue un standard en Argentine, mais aussi au Brésil.
Il gardera toujours des liens étroits avec les anciens de l'orchestre Ray Ventura, notamment André Cauzard, avec lequel il partagera de nombreux échanges philosophiques, religieux et même scientifiques, notamment sur leur croyance réciproque dans l'existence des OVNIs. Il co-organisera avec lui un repas annuel des « anciens » de l'orchestre.
En 1945, la RKO le contacte pour collaborer à Hollywood sur Heartbeat (Un cœur à prendre), remake d'un film français (Battement de cœur) auquel Paul Misraki avait déjà collaboré. Il s'exécute, composant pour Ginger Rogers une scène restée célèbre, mais le besoin de revenir auprès des siens, en France, est le plus fort. Il embarque de New York pour Le Havre où son frère l'accueille et lui apprend la mort en déportation de leur mère, leur tante et leur oncle, à Auschwitz. Paul découvre tous ses biens saisis, son appartement occupé... Seul son piano, un Pleyel datant de 1932, a été sauvegardé par un de ses amis, qui croyait à son retour.
À partir de 1946, les collaborations de Paul Misraki se font plus variées. Il retrouve Édith Piaf et Danielle Darrieux, mais l'étendue des interprétations augmente, en même temps que le succès de Ray Ventura décline. Il s'engage avec le Réarmement moral pour qui il compose la musique d'une comédie musicale intitulée La bonne route.
La musique de films prend de plus en plus le relais et Paul Misraki devient un compositeur incontournable de la Nouvelle Vague avec notamment la musique de Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim.
Dans le même temps, Paul Misraki commence à publier des livres relatant sa trajectoire spirituelle : dialogues philosophiques, romans, essais sur des sujets ésotériques (OVNIs, la vie après la mort…), et enfin livres où il expose les raisons de sa foi catholique, et le catholicisme auquel il croit.
Paul Misraki s'est marié en 1950 à Lille et a eu trois enfants. La famille de Paul édite de nombreuses chansons et opérettes via la maison d'édition familiale : Tout Va Très Bien Promotion.
Depuis 2018, les événements se succèdent avec Paul Misraki en leur centre : spectacle original (Qu'est-ce qu'on attend pour être Mômes ?) au théâtre Déjazet, retour sur scène de son opérette phare Normandie à Compiègne, puis à La Nouvelle Ève et bientôt un peu partout en France et en Belgique, ainsi que de l'opérette Double Six (créée en 1937, l'année qui a suivi Normandie) au Centre Angel Parra de Paris , de nombreuses émissions, sur France Musique notamment, disponibles en podcast, des participations à des colloques, au Festival du Cinéma et Musique de Film de la Baule… et une exposition intitulée Paul Misraki du Jazz à l'Écran, aujourd'hui disponible en visite virtuelle en cliquant sur ce chiffre puis sur « archive » en bas de page là où renvoie le petit 2.
Parmi ses premières chansons, après Fantastique devenu le générique de l'Orchestre de Ray Ventura, vint l'inoubliable Tout va très bien madame la marquise (1935), inspiré d'un sketch de Bach et Laverne, bientôt suivi par d’autres succès parmi lesquels : Venez donc chez moi (1935) Je voudrais en savoir davantage (1936) Vous qui passez sans me voir (1936), cosignée avec Charles Trenet et Johnny Hess Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine (1937) Je chante (1937), cosignée avec Charles Trenet Sur deux notes (1937) Tching Kong (1937) Les Chemises de l'archiduchesse (1937) Dans mon cœur (1937) Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? (1938) Comme tout le monde (1938) Le Nez de Cléopâtre (1938) La marquise voyage (1938) Tiens, tiens, tiens (1939) Ah vivement dimanche (1939) Une charade (1940) Insensiblement (1941) Una Mujer (1943) Maria de Bahia (1947) Sans vous (1947) À la mi-août (1949) Le Petit souper aux chandelles (1949) Le Portrait de tante Caroline (1949) Tant je suis amoureux de vous (1949) J'ai peut-être tort (1949) À Saint-Germain des Prés (1950) Malgré tout (1950) À Véra-Cruz (1950) La Valse des orgueilleux (1953) La Tête à l'ombre (1953) Dis-moi quelque chose de gentil (1956) L'Étang (1957) Tu n'peux pas t'figurer (comme je t'aime) (1960) La marquise a dit (1961) Les Volets clos (1972)
Il est aussi l'auteur d'une œuvre symphonique intitulée Rhapsodia Brasileira créée aux Concerts Colonne en 1967, puis jouée en 1968 au Festival de Rio de Janeiro, et également de quelques opérettes : Normandie (1936), Double Six (1937), Le Chevalier Bayard (1948), La Petite datcha (1960), Mouche (1966).
vignette|redresse|Tombe de Paul Misraki au cimetière du Montparnasse (division 12). Paul Misraki a été sociétaire de la SACEM pendant plus de 60 ans, il a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1990, a reçu l'insigne de l'Ordre des Arts et des Lettres, ainsi que deux fois le Grand Prix de la Chanson de la SACEM, en 1964 et 1982.
Mort Paul Misraki meurt à Paris le à l'âge de 90 ans, et est inhumé au cimetière du Montparnasse. ().
Musiques de films Paul Misraki est l'auteur de 185 musiques de films.
Paul Misraki est l'un des cinq compositeurs les plus prolifiques du cinéma français. Son morceau de bravoure est la musique de Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim, qui mettait en scène Brigitte Bardot (1956). Le Mambo B.B. reste une scène culte, par l'érotisme dégagé par la danse de Brigitte Bardot sur la musique de Paul Misraki.
Ses collaborations incluent Jean Renoir, Christian-Jacque, Henri Decoin, Jean-Pierre Melville, Jean Boyer, Henri-Georges Clouzot, Jean Delannoy, Yves Allégret, Bernard Borderie, Jacques Becker, Orson Welles, Robert Hossein, Luis Buñuel, Roger Vadim, Jack Pinoteau, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Jean-Claude Brialy, Patrice Leconte, Étienne Périer, Marcel L'Herbier, et bien d'autres.
Filmographie partielle Cinéma
1931 : On purge bébé de Jean Renoir 1934 : Minuit, place Pigalle de Roger Richebé 1936 : Tout va très bien madame la marquise d'Henry Wulschleger 1936 : La Maison d'en face de Christian-Jacque 1937 : Claudine à l'école de Serge de Poligny 1937 : Le Chanteur de minuit, de Léo Joannon 1938 : Belle Étoile de Jacques de Baroncelli 1938 : Battement de cœur de Henri Decoin 1938 : Chéri-Bibi de Léon Mathot 1939 : Feux de joie de Jacques Houssin 1946 : Amour, Délices et Orgues d'André Berthomieu 1947 : Mademoiselle s'amuse de Jean Boyer 1947 : En êtes-vous bien sûr ?, de Jacques Houssin 1948 : Si jeunesse savait d'André Cerf 1948 : Manon d'Henri-Georges Clouzot 1949 : Tous les chemins mènent à Rome de Jean Boyer 1950 : Pigalle-Saint-Germain-des-Prés d'André Berthomieu 1951 : Une histoire d'amour de Guy Lefranc 1951 : Le Garçon sauvage de Jean Delannoy 1951 : Les Mains sales de Fernand Rivers et Simone Berriau 1952 : La Jeune Folle d'Yves Allégret 1953 : Les Orgueilleux, d'Yves Allégret 1954 : Les femmes s'en balancent de Bernard Borderie 1954 : Ali-Baba et les Quarante Voleurs de Jacques Becker 1954 : Dossier secret de Orson Welles 1955 : Chiens perdus sans collier de Jean Delannoy 1956 : Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim 1956 : La Châtelaine du Liban de Richard Pottier 1956 : La Mort en ce jardin de Luis Buñuel 1959 : Les Cousins de Claude Chabrol 1959 : À double tour de Claude Chabrol 1960 : Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol 1961 : Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie 1962 : Le Doulos de Jean-Pierre Melville 1963 : À toi de faire... mignonne de Bernard Borderie 1965 : Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution de Jean-Luc Godard 1966 : Cartes sur table (Cartas boca arriba) de Jesús Franco 1972 : Un meurtre est un meurtre d'Étienne Périer 1972 : Les Volets clos de Jean-Claude Brialy 1974 : Juliette et Juliette de Remo Forlani 1974 : La Main à couper d'Étienne Périer 1975 : La Bulle de Raphaël Rebibo 1976 : Les vécés étaient fermés de l'intérieur de Patrice Leconte 1976 : Le Chasseur de chez Maxim's de Claude Vital 1977 : Le Maestro de Claude Vital 1978 : La Part du feu d'Étienne Périer 1979 : Un si joli village d'Étienne Périer 1984 : Stress de Jean-Louis Bertuccelli
Télévision 1993 : La Vérité en face de Étienne Périer (TV)
Ouvrages Son parcours personnel a amené Paul Misraki à écrire de nombreux livres qui jalonnent sa recherche de spiritualité : phénomènes paranormaux, extra-terrestres, approfondissement de son catholicisme (il s'est converti en 1933). La liste ci-après n'est pas tout à fait complète : La maison de mon père avec Jacqueline Chassang, 1941 Prix Montyon 1948 de l’Académie française
De la boue sur les yeux, Éditions Flammarion, 1955, L'éclat du verre, Les extraterrestres (sous le pseudonyme de Paul Thomas), Plon, 1962,