Christian Garve, né le à Breslau où il est mort le , est un philosophe allemand.

Garve compte parmi les plus connus, avec Kant et Mendelssohn des Lumières allemandes.

Biographie Garve étudia la théologie, puis les langues et les mathématiques à Francfort-sur-l'Oder et à Halle. Il alla suivre, à Leipzig, les cours de Gellert chez lequel il demeura, et y devint professeur de philosophie. Sa santé l’ayant forcé de renoncer à toutes fonctions, il retourna à Breslau, où il devint membre de la loge maçonnique « Friedrich zum goldenen Zepter ».

Sa réputation de philosophe était très répandue ; Frédéric II voulut le voir, et c’est sur ses conseils qu’il entreprit la traduction avec commentaires du De Officiis. Il professait pour le roi une admiration enthousiaste.

Le style des écrits de Garve, plus pratiques que profonds, est clair et harmonieux. Son Abhandlung über die menschlichen Pflichten (Traité des devoirs de l’homme; Breslau, 1783), traduction du De Officiis de Cicéron, eut un succès extraordinaire, auquel la faveur de Frédéric II ne fut pas étrangère. Ses autres livres sont pour la plupart des traductions, soit du latin ou du grec, soit de l’anglais, et des essais de morale. Les principaux de ces derniers ont formé les deux recueils de dissertations Sammlung einiger Abhandlungen (Collection de quelques papiers ; Leipzig, 1779, 2 vol.) et Versuche über verschiedene Gegenstände aus der Moral (Essais sur divers sujets de morale, 1792 d’autres ont paru séparément.

On cite de Garve un Rezension von Kant’s Kritik der reinen Vernunft (Examen critique de la raison pure de Kant Göttingen, 1782), l’un des premiers travaux d’exposition et d’interprétation de la philosophie kantienne, mais d’une insuffisance notoire. On trouve plus d’intérêt historique ou littéraire dans ses Fragmente zur Schilderung des Geistes, des Charakters und der Regierung Friedrichs des Zweiten (Fragments visant la description de l’esprit, du caractère et du gouvernement de Frédéric II ; Breslau, 1798 et dans ses divers recueils de Lettres (Vertraute Briefe an eine Freundin; Leipzig, 1801 ; Briefe an Weiße und einige andere Freunde ; Breslau, 1803 Briefwechsel zwischen Garve und G.-J. Zollikofer, Ibid., 1804).

Garve a résumé ainsi les principaux caractères de la philosophie morale parus dans le Traité des devoirs (De Officiis) publié par Cicéron en 44 av. J.-C. :

Œuvres Gesammelte Werke, Éd. K. Wölfel, 15 vols., 1985-

Voir aussi Bibliographie Norbert Waszek, « La 'tendance à la sociabilité' (Trieb der Geselligkeit) chez Christian Garve » in Myriam Bienenstock, Trieb: tendance, instinct, pulsion, Paris, PUF, 2002, . . Norbert Waszek, « Philosophie populaire – Popularphilosophie » in Elisabeth Décultot, Michel Espagne et Jacques Le Rider, Dictionnaire du monde germanique, Paris, Bayard, 2007, , s. Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, (Hrsg.): Gesammelte Werke. 15 Bde., Berlin, 1985 ff.

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