Austremoine est le premier évêque supposé de Clermont et l'évangélisateur de l'Auvergne dans la seconde moitié du ou au début du . Il serait mort en 286, voire au . Il est reconnu comme saint par l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe qui le fêtent le 1er novembre comme inscrit au Martyrologe romain, ainsi que le dans le diocèse de Saint-Flour.

Étymologie Austremoine est son nom traditionnel, mais inexact : Grégoire ne lui donne jamais d'autre nom que Stremonius. Au , le nom Stremonius disparaît, tombé dans l'attraction du nom germanique Austremoni, latinisé sous la forme Austremonius. On peut également trouver les variantes Austromoine, Strémon et leurs dérivés en latin.

Parcours thumb|150px|left|Statue en bois peint de saint Austremoine (), église Saint-Austremoine d'Issoire. thumb|220px|Saint Austremoine sur la châsse de saint Calmin () conservée en l'abbaye de Mozac.

Il serait juif de naissance, né à Emmaüs, fils d'un nommé Judas et d'une juive appelée Anne d'après les récits de vie (tardifs et douteux) de Cézard Dagonneau et Jacques Branche, mais d'après Pierre-François Fournier le nom Stremonius plaide en faveur d'une origine gallo-romaine, le radical Strem- étant attesté dans la moitié méridionale de la Gaule.

Il partirait de Rome en 250 ou 253, voire au début du , accompagné des diacres Marius, Anthemius, Mametus (Mamet), Nectarius (Nectaire en français, qui a donné le nom de la commune de Saint-Nectaire dans le Puy-de-Dôme) et Seronatus pour évangéliser l'Auvergne, c'est-à-dire apporter la religion chrétienne dans ce territoireSite de la Région Auvergne, Saint Austremoine, évangélisateur des Gaules.

Saint Privat, évangélisateur du Gévaudan, aurait également été au nombre de ses disciples.

Il convertit notamment le prêtre païen Victorin.

Austremoine devient le premier évêque de Clermont, évêché qui, sous le nom d'Arverne, est l'un des plus anciens de la Gaule.

Sources thumb|220px|Statue en bois peint à l'église abbatiale de Mozac (-). Selon Grégoire de Tours () : À la Gloire des Confesseurs (chapitre 30) : « Saint Stremonius [Austremoine], compagnon de saint Gatianus et apôtre de Clermont. Son tombeau est au bourg d'Iciodorus [Issoire] où Cautinus alors diacre (et depuis évêque), chargé de gouverner l'église du lieu, s'aperçut que ce tombeau était sanctifié par des miracles ». En réalité, l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours amalgame des récits d'origines, de dates et de valeurs différentes, pour raconter l'histoire légendaire de ces sept missionnaires : Martial de Limoges, Gatien de Tours, Trophime d'Arles, Paul de Narbonne, Saturnin de Toulouse, Denis de Paris, Austremoine de Clermont.. De plus, Grégoire de Tours place Saturnin de Toulouse au dans un autre texte, et Trophime est manifestement bien antérieur aux persécutions de Dèce.

Pierre-François Fournier distingue dix traditions ou Vies de saint Austremoine, la première et la plus ancienne étant conservée par deux manuscrits conservés à la bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole : les manuscrits 147 () et 148 () publiés par Guillaume van Hooff en 1887 dans les Acta sanctorum.

La translation de ses reliques

À sa mort, le corps de saint Austremoine a été transféré dans un premier temps à Volvic, avant que le roi Pépin le Bref en 764 ou Pépin II d'Aquitaine en 848 fasse transporter ses reliques en l'abbaye de Mozac, bien que l'abbaye d'Issoire et l'évêché de Clermont les aient réclamées« Charte du roi Pépin, pour la donation et la restauration du monastère de Mozac », BnF, coll. Moreau, vol. 284, fol. 160, citée dans Hippolyte Gomot, L'abbaye royale de Mozat, 1872, p. 244-245. La charte mentionne en signature le roi Pépin sans plus de précision (« Signum Pippini praecellentissimi regis »). Aucune année de rédaction n'est inscrite. Par déduction, on sait que l'acte a été produit la « vingt-quatrième année du règne de Pépin » (« anno XXIV regnante Pippino »). D'où 764 si c'est Pépin le Bref ou 848 dans le cas de Pépin II d'Aquitaine..

Ses reliques sont aujourd'hui conservées dans la chapelle centrale du collatéral sud de l'abbatiale de Mozac, dans une châsse en bois peint du , dite châsse de saint Austremoine.

Au milieu du , la tête du saint a été déposée à Saint-Yvoine avant qu'elle ne retourne à Issoire vers l'année 900, lieu d'origine de son inhumation.

En 1904, le musée des Tissus de Lyon fait l'acquisition auprès de la Fabrique de l'église Saint-Pierre de Mozac du suaire de saint Austremoine provenant probablement de Constantinople et datant de la première moitié du , qui avait servi à envelopper les reliques. La sacristie de l'abbaye de Mozac conserve toujours les lanières de cuir avec des sceaux de cire qui liaient les ossements dans le suaireNotice dans la base Mémoire (ministère de la Culture).

Galerie

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes

Châsse de saint Austremoine Liste des évêques et archevêques de Clermont Histoire du christianisme en France

Liens externes

Diocèse de Clermont et liste des évêques, GCatholic Fiche hagiographique, dans The Catholic Encyclopedia, New Advent Saint Austremoine et saint Mary, diocèse de Saint-Flour Austremoine : le saint et l'église, Les amis de Saint-Austremoine

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