Philippe Meyer, né le à Germersheim (Allemagne), est un journaliste (chroniqueur), humoriste, écrivain, homme de radio et de télévision français. Animateur des émissions hebdomadaires La prochaine fois je vous le chanterai sur France Inter et L'Esprit public sur France Culture jusqu'à l'été 2017., il produit et présente par la suite Le Nouvel Esprit public., une émission en baladodiffusion en partenariat avec l'hebdomadaire Le 1 et le studio de podcasts Nouvelles Écoutes..
Biographie Études et voyages Philippe Meyer suit des études de droit et de sociologie à l'université Paris-Nanterre à partir de 1965. Pendant ses études, il travaille comme éducateur dans un club de prévention de la délinquance juvénile à Paris. À Nanterre, il préside en le comité de grève, dans lequel il parvient à rassembler des étudiants syndiqués (conduits par Yves Stourdzé et Jean-François Godchau) et non syndiqués. En , il milite aux côtés de Paul Ricœur, figure emblématique de la réforme de l'Université, avec un groupe composé de militants d'obédience chrétienne et de membres d'un comité d'action qui devient le mouvement « Nous sommes en marche » (1968-1972) et publie un bulletin radical d'inspiration libertaire.. Après « les événements », il s’intéresse de plus en plus à la sociologie.
À l'automne 1968, grâce à une bourse de l'Office franco-québécois pour la jeunesse, il effectue un séjour de plusieurs mois au Québec pour y étudier les réponses qu’on y apporte aux questions posées par la délinquance juvénileGuillaume Perrault, « Philippe Meyer, esprit public », , encart « Culture », mercredi 18 juin 2014, page 40.. Il se passionne pour les transformations que vit ce pays, sa chanson, son cinéma, sa littérature, sa poésie. Il se lie avec les fondateurs du Parti québécois comme René Lévesque, des cinéastes comme Denys Arcand, des syndicalistes comme Michel Chartrand ou des chanteurs comme Gilles Vigneault. Pendant , il revient à Montréal une ou plusieurs fois .
Comme le rapporte Louis Joinet, juriste et haut magistrat, conseiller de plusieurs Premiers ministres dans son livre Mes raisons d'État. Mémoires d'un épris de justice et dans l'émission de Jean Lebrun La Marche de l'Histoire du , trois mois après le coup d'état du général Pinochet, Philippe Meyer accomplit à Santiago pour le syndicat de la magistrature et magistratura democratica une mission de contact avec la résistance démocratique chilienne et les défenseurs des droits. Pour exécuter cette mission, il se fait embaucher pour mener une étude sur la pêche.. Il dénonce également l'utilisation de la psychiatrie par la police dans les États communistes.
En 1977, sous la direction d'Annie Kriegel et de Philippe Ariès, il soutient sa thèse de doctorat, « L'Enfant et la raison d'État », une histoire et une sociologie des politiques publiques face à l'enfance irrégulière (délinquants, malades mentaux, etc.). Il est par ailleurs chercheur au Centre de santé mentale du professeur Philippe Paumelle. En 1980, en désaccord avec la réforme menée par Alice Saunier-Seïté qui aboutit à la suppression du statut des chercheurs « hors-statut » (indépendants), il décline une invitation à entrer au CNRS et devient journaliste.
Carrière de journaliste Pendant plusieurs années, il anime le Journal à plusieurs voix de la revue Esprit et collabore successivement à L'Express (1980-1986), au Point, à L'Événement du jeudi (1991-1994) et de nouveau au Point (1994-2002).
À la radio, il travaille à partir de pour des stations de service public. Il anime de nombreuses émissions sur France Culture, France Inter et France Musique, parfois simultanément, sur des thèmes très variés (musique classique et chansons, histoire des idées, déchiffrage de l'information, des médias et de l'actualité). On peut citer :
Télescopages (France Inter), de 1982 à 1989 ; Allegro serioso (France Culture), diffusé le samedi à 18 h 50 dans les années 1984-1995 ; Libre examen (France Culture), diffusé le samedi à 18 h 50 dans les années 1995-1998 ; une chronique quotidienne (France Inter), diffusée à 7 h 45 entre 1989 et 2000 : ces billets humoristiques commencent invariablement par la formule et se termine par « Nous vivons une époque moderne »Cette formule finale est retenue comme titre du livre réunissant ces chroniques quotidiennes ou « Le progrès fait rage », dont il tire plusieurs livres. Il réalise aussi le portrait de l'invité politique jusqu'en ; de 1998 à 2017 : L'Esprit public (France Culture), diffusée le dimanche matin entre et midi ; puis en podcast, à partir de , sous le titre : Le Nouvel Esprit public ; La prochaine fois, je vous le chanteraiLe titre de l'émission fait référence à une pièce de théâtre homonyme de l'auteur britannique James Saunders, mise en scène par Claude Régy au théâtre Antoine en 1966. (France Inter), diffusée le dimanche, puis le samedi de midi à , émission musicale hebdomadaire dans laquelle le journaliste partage avec les auditeurs sa passion pour la chanson française, de à . de à .: une chronique quotidienne dans Les Matins de France Culture (France Culture), La Chronique du toutologue ; chaque chronique débute presque invariablement par « Auditeur sachant auditer, ça n'est pas pour me vanter, mais… »avec parfois d'infimes variantes, « ça n'est pas pour la (ou les) vanter », lorsqu'il évoque une femme ou un groupe de personnes ou « Le Ciel vous tienne en joie et ne vous tombe pas sur la tête », le 5 janvier 2012, après une chronique évoquant les Gaulois..
Il reçoit en 1994 le prix Richelieu.
À la télévision, de 1986 à 1988, il anime sur M6 une émission consacrée à la musique classique (Revenez quand vous voulez), réalisée par Cyril Collard puis sur Arte Anicroches. Pendant quelques mois (2000-2001), il se fait portraitiste de l'invité de l'émission L'Heure de vérité, développant son sens de la formule et son talent de pamphlétaire. Il collabore aussi à des documentaires pour la télévision, notamment le fameux De Nuremberg à Nuremberg, de Frédéric Rossif, dont il rédige et enregistre le texte.
De 1984 à 2007, il est maître de conférences à . Il y enseigne d'abord la sociologie des médias puis, à partir de 1997, y anime un séminaire consacré à Paris, son histoire et ses problématiques urbaines contemporaines. En 2016-2017, il dirige un séminaire sur ce thème à l'École nationale supérieure des mines de Paris.
Acteur au cinéma (Ça commence aujourd'hui, Laissez-passer de Bertrand Tavernier) et à la télévision (série télévisée Maigret, les épisodes Un échec de Maigret et Signé Picpus), Philippe Meyer interprète également ses propres textes sur scène : Causerie, un monologue sur l'humour, joué au théâtre Mouffetard en 1997, puis au théâtre de la Ville en 1999 ; Paris la Grande (2001), spectacle de textes et de chansons consacrés à Paris, écrit à la demande du Théâtre de la Villedisque Harmonia Mundi, Chant du Monde 2001 ; L'Endroit du cœur (avec vue sur l'envers), une pièce de théâtre sur le thème de l'absence, mise en scène par Jean-Claude Penchenat. Pour la Comédie-Française (Studio Théâtre), il écrit et dirige en Chansons des jours avec et chansons des jours sans, puis Chansons défendues et au Théâtre éphémère Nos meilleurs souvenirs.
Il présente sa candidature à l'Académie française pour l'élection au le 2011 et obtient au premier tour, se trouvant en tête, puis passe à trois voix puis cinq aux deux tours suivants, tandis que l'élection est finalement blancheÉlection blanche au fauteuil de M. Pierre-Jean Rémy (F40) sur le site de l'Académie française.. Il renouvelle sa candidature au , le 2013, et réunit huit voix contre quinze à Dominique Bona, qui est élue au premier tourÉlection de Dominique BONA (F33) sur le site de l'Académie française.. Il est candidat une troisième fois, en 2014, au fauteuil de François Jacob, mais n'obtient que deux voix au troisième tour, Marc Lambron étant élu.
Le , alors que Radio France connaît sa plus longue grève, Philippe Meyer publie dans le Monde une tribune intitulée Il faut stopper la dérive de Radio France.
Le , Philippe Meyer annonce en direct son limogeage par Radio France lors de son émission L'Esprit public sur France Culture..... L'émission L'Esprit public est maintenue et est animée après son départ par la journaliste Émilie Aubry puis par Patrick Cohen et enfin par Hervé Gardette depuis . De son côté, Philippe Meyer créée une nouvelle émission en podcast : Le Nouvel Esprit public.
Le Nouvel Esprit public Le , Philippe Meyer annonce donc en préambule à l'Esprit Public du jour que l'émission ne sera pas reconduite à la rentrée de et lit la lettre qu'il a reçue de la direction de Radio France.. Deux pétitionsPour la reconduction de "L'Esprit public" sur France Culture.Conservons #EspritPublic sur France Culture. sont lancées pour demander au président de Radio France, Mathieu Gallet, et à la directrice de France Culture, Sandrine Treiner, de revenir sur leur décision et de maintenir L'Esprit public sur l'antenne de France Culture.
Le , France Culture, après avoir écrit dans la lettre de licenciement de Philippe Meyer que « l’Esprit public ne sera pas reconduit à la rentrée », diffuse finalement, sous le même titre et sur la même tranche horaire, l'émission dirigée par la journaliste Émilie Aubry. Après la création par Philippe Meyer d’un podcast baptisé Le Nouvel Esprit public, Radio France lui intente un procès pour « contrefaçon de marque » et lui réclame l’argent récolté pour financer ce podcast. En première instance, puis en appel, Radio France est déboutée...
Les intervenants en sont : Nicolas Baverez, essayiste et ancien collaborateur de Philippe Séguin Jean-Louis Bourlanges, énarque, député François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France, ancien ambassadeur aux États-Unis Béatrice Giblin, ancienne directrice de l'Institut français de géopolitique et de la revue Hérodote Nicole Gnesotto, normalienne (Cachan), titulaire de la chaire Union européenne au CNAM Éric Le Boucher, éditorialiste aux Échos et cofondateur de Slate.fr Marc-Oliver Padis, normalien, directeur des études de la fondation Terra Nova Lucile Schmid, énarque, membre du comité de rédaction de la revue Esprit Richard Werly, journaliste suisse du quotidien suisse Le Temps et collaborateur de Libération , journaliste, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin Michel Winock, historien Matthias Fekl, ancien ministre et avocat Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef à La Croix David Djaïz, essayiste Akram Belkaïd, journaliste au Monde Diplomatique.
Engagements À 17 ans il est séduit par Michel Rocard et son discours sur la , et participe à ses campagnes législatives de 1967, 1968 et 1969 et à sa campagne pour l'élection présidentielle de 1969. Il devient son ami, et c'est Michel Rocard qui lui remettra en les insignes de commandeur de la Légion d'honneur. Plus tard il milite avec Michel Foucault au Groupe d'information des prisons, participant à son séminaire au Collège de France.
L'« affaire Duhamel »