L'attirance sexuelle (ou attraction sexuelle) est l'attirance, entre deux individus d'une espèce utilisant la reproduction sexuée, qui les pousse à réaliser la copulation ou des activités érotiques.
Plusieurs hypothèses dans la théorie de l'évolution suggèrent que certaines caractéristiques des organismes, qui provoqueraient de l'attirance sexuelle, ont été sélectionnés par l'évolution, pour augmenter les chances de reproduction avec le partenaire le plus approprié. Parmi ces caractéristiques, dites caractères sexuels secondaires, citons la roue des paons, la dimension des bois des cerfs, la peau sexuelle des primates ; parmi les humains, le volume des seins, la jeunesse et le faible rapport taille-hanche des femmes, la forte masse musculaire et la faible masse grasse des hommesune étude de la Griffith University (Australie) avait récolté des informations sur le type de corps masculins que les femmes préfèrent. […] Selon les résultats, les femmes préfèrent les torses arborant de fiers abdominaux. L’étude est d’ailleurs unanime puisqu’aucune femme interrogée n’a déclaré préférer les corps masculins moins dessinés. ».
La ne semble pas être uniquement biologique. Ainsi plusieurs facteurs attractifs populaires, tels que le volume des seins ou le rapport taille-hanche faible de la femme, pourraient correspondre à des préférences sexuelles apprises en raison de .
NB : Les processus neurobiologiques qui induisent une attirance durable sont présentés dans l'article . Les processus neurobiologiques à l'œuvre sont présentés dans l'article .
Cadre général La synthèse des données actuellement disponibles suggère que la plupart des animaux sont biologiquement organisés pour la copulation hétérosexuelle. En fonction des caractéristiques des circuits neurobiologiques connus, c'est la communication chimique qui apparaît comme la plus adaptée pour transmettre les signaux déclencheurs de l'attraction sexuelle.
Circuits neurobiologiques de la copulation vignette|Schéma simplifié des circuits neurobiologiques du comportement de reproduction des mammifères, chez la femelle. Les études scientifiques récentes montrent que l'organisation neuroanatomique générale des mammifères non-primates est spécifiquement conçue pour la copulation hétérosexuelle.. En simplifiant, il existe trois grands circuits neurobiologiques précablés, contrôlés par les hormones : Les circuits olfactifs (flèches rouges, schéma ci-contre), à l'origine de l'excitation sexuelle et de l'orientation sexuelle ; Les circuits des réflexes sexuels (lordoseKow L.M., Florea C., Schwanzel-Fukuda M., Devidze N., Kami K.H., Lee A., Zhou J., Maclaughlin D., Donahoe P., Pfaff D. Development of a sexually differentiated behavior [lordosis] and its underlying CNS arousal functions. Curr. Top. Dev. Biol., 79:37-59, 2007., érection, éjaculation : flèches orange), qui permettent la copulation ; Les circuits des récompenses sexuelles (système de récompense associé au pénis/clitoris : flèches bleues), qui sont impliqués dans les apprentissages sexuels (en particulier de la motivation sexuelle)Wunsch S., Comprendre les origines de la sexualité humaine. Neurosciences, éthologie, anthropologie , L'Esprit du Temps, 2014..
En fonction de cette organisation, chez les mammifères, ce sont les circuits olfactifs qui apparaissent comme les plus adaptés pour traiter de manière innée les signaux déclencheurs de l'attraction sexuelle.
Organisation des systèmes sensoriels L'étude des différents systèmes sensoriels suggère que seule la communication chimique est apparemment la plus adaptée pour véhiculer des signaux relatifs à l'attraction sexuelleWunsch S., Le comportement sexuel (thèse de doctorat), EPHE-Sorbonne, Paris, 2007. Serveur des thèses du CNRS ..
En effet, une molécule « chimique » peut avoir des caractéristiques physiques et chimiques spécifiques, et qui sont bien distinctes des milliers d'autres molécules chimiques existant dans l'environnement. La communication chimique existe à tous les niveaux d'un organisme : dans la cellule, entre les cellules, entre les tissus et les organes. De plus, les molécules chimiques peuvent être facilement synthétisées, émises et détectées par un organisme. Chez les mammifères, plusieurs organes sensoriels (langue, ganglion de Grueneberg, organe septal) peuvent détecter des molécules chimiques. Mais c'est l'épithélium olfactif et surtout l'organe voméronasal qui semblent spécifiquement organisés pour traiter les signaux chimiques déclencheurs de l'attraction sexuelle Ferrero D.M. et Liberles S.D., The secret codes of mammalian scents, WIREs Systems Biology and Medicine, 2:23-33, 2010..
Par rapport aux stimulations corporelles, le système somatosensoriel est constitué de plusieurs types de récepteurs (mécanorécepteurs, nocicepteurs, thermorécepteurs) localisés dans la peau, les viscères, les muscles et les tendons de l'organisme. À la différence des systèmes sensoriels où les récepteurs sont localisés dans des organes sensoriels, les différents récepteurs somatosensoriels sont disséminés dans tout le corps. Ces récepteurs permettent la détection de stimuli nociceptifs, de la température, de l'étirement, de la pression, des vibrations ou du contact. À ce niveau, on remarque qu'aucun de ces récepteurs ne peut être spécifique d'un signal sexuel. Tout contact avec le corps active des récepteurs somatosensoriels, que ce contact soit sexuel ou non. Il n'existe donc pas de signaux somatosensoriels élémentaires spécifiques du comportement de reproduction. Néanmoins, il existe des connexions spécifiques entre le pénis / clitoris et le système de récompense Matsumoto J., Urakawa S., Hori E., de Araujo M.F., Sakuma Y., Ono T., Nishijo H. Neuronal responses in the nucleus accumbens shell during sexual behavior in male rats. The Journal of Neuroscience, 32(5):1672-1686, 2012. Cibrian-Llanderal T., Tecamachaltzi-Silvaran M., Triana-Del R.R., Pfaus J.G., Manzo J., Coria-Avila G.A. Clitoral stimulation modulates appetitive sexual behavior and facilitates reproduction in rats. Physiology & Behavior, 100(2):148-153, 2010., qui permettent de déclencher les réflexes sexuels et d'induire de nombreux apprentissages sexuelsPfaus J.G., Kippin T.E., Coria-Avila G.A., Gelez H., Afonso V.M., Ismail N., Parada M. Who, what, where, when (and maybe even why)? How the experience of sexual reward connects sexual desire, preference, and performance. Archives of Sexual Behavior, 41(1):31-62, 2012.. Mais le système somatosensoriel n'apparaît pas organisé pour traiter des signaux déclencheurs d'une attraction sexuelle.
La vision est un canal sensoriel majeur chez les hominidés. Plusieurs théories ont donc supposé que des signaux visuels pourraient servir de signaux spécifiques au déclenchement de l'attraction sexuelle. Mais les caractéristiques fonctionnelles du système visuel ne semblent guère adaptées pour traiter des signaux innés de l'attraction sexuelle. En effet, les photons qui constituent le rayonnement électromagnétique et la lumière sont des particules d'énergie. Ils peuvent être distingués les uns des autres par leur longueur d'onde comprise entre 103 et . Les structures sensorielles de la vision sont les récepteurs (trois types de cônes et un type de bâtonnets) des cellules neurosensorielles de la rétine qui détectent les photons dont la longueur d'onde est comprise entre Breedlove S.M., Watson N.V. Biological Psychology. An introduction to behavioral, cognitive, and clinical neuroscience. Sinauer Associates, Seven edition, 2013.. En fonction de ces caractéristiques, au mieux, à la lumière du jour, il n'est possible que de détecter trois signaux visuels élémentaires. De plus, au niveau anatomique, il ne semble pas exister chez les rongeurs de connexions entre les structures visuelles et les neurones de l'hypothalamus qui contrôlent le système hormonal de la reproduction (neurones à GnRH/LHRH) Yoon H., Enquist L.W., Dulac C. Olfactory inputs to hypothalamic neurons controlling reproduction and fertility. Cell, 123(4):669-682, 2005.. Pour ces raisons, il est peu probable qu'il existe un signal visuel élémentaire inné du comportement de reproduction. Néanmoins, il pourrait être possible qu'une information élaborée, extraite du traitement des stimuli visuels élémentaires, puisse servir de signal inné. Ce traitement, bien que peu probable en raison de son inhérente complexité, pourrait avoir lieu dans les parties corticales associatives du système visuel.
Par rapport au système auditif, les structures sensorielles de l'audition sont les cellules épithéliales ciliées sensorielles de l'organe spiral de la cochlée, qui détectent les mouvements provoqués par les vibrations moléculaires de l'air ou de l'eau. Les vibrations moléculaires n'ayant pas de caractéristiques sexuelles spécifiques, il ne peut donc apparemment pas exister de signal auditif élémentaire inné déclencheur de l'attraction sexuelle. De plus, au niveau anatomique, il ne semble pas exister chez les rongeurs de connexions entre les structures auditives et les neurones de l'hypothalamus qui contrôlent le système hormonal de la reproduction (neurones à GnRH/LHRH). Éventuellement, il pourrait être possible qu'une information élaborée, extraite du traitement des stimuli auditifs élémentaires dans les régions corticales associatives, puisse servir de signal inné. Mais des expériences chez les rongeurs indiquent qu'il n'existe vraisemblablement pas de signaux sexuels auditifs innés, ni chez la femelle Snoeren E.M., Agmo A. The incentive value of males' 50-kHz ultrasonic vocalizations for female rats (Rattus norvegicus). J. Comp Psychol., 128(1):40-55, 2014., ni chez le mâle Snoeren E.M., Agmo A. Female ultrasonic vocalizations have no incentive value for male rats. Behavioral Neuroscience, 127(3):439-450, 2013..
En conclusion, en l'état actuel des connaissances, seul le système olfactif chez les mammifères apparaît spécifiquement organisé pour traiter différents types de signaux innés susceptibles de déclencher une attraction sexuelle.
Signaux déclencheurs de l'attractivité sexuelle En cohérence avec l'organisation biologique des systèmes sensoriels, des expériences ont mis en évidence l'importance des différentes informations (sexe, âge, statut endocrinien, génotype) véhiculées par les molécules chimiques et leur rôle dans l'attractivité sexuelle Keller M., Bakker J. Special issue (12 articles) : Pheromonal communication in higher vertebrates and its implication for reproductive function. Behavioural Brain Research, 200(2):237-358, 2009..
D'autres signaux, non chimiques et dont il est actuellement difficile d'établir s'ils sont innés ou acquis, jouent également un rôle dans l'attractivité sexuelle. Ces signaux, qui relèvent du dimorphisme sexuel et des comportements précopulatoires (parades nuptiales), sont : caractéristiques morphologiques (couleurs, bois, crinière, musculature) ; chant (oiseaux et baleines à bosse) ; cris (oiseaux) ; danse (paons) ; crissement des ailes (cigales et drosophiles).
Chez l'être humain, on a également mis en évidence différents types de signaux qui interviennent dans l'attractivité sexuelle :
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Mais, en raison de problèmes méthodologiques, il est actuellement difficile de préciser si l'attractivité de ces signaux est innée ou acquise.
Problèmes méthodologiques