thumb|François Mitterrand (1991).
La seconde présidence de François Mitterrand dure du au .
Bien qu'il sache, depuis , qu'il est atteint d'un cancer de la prostate (les bulletins de santé, régulièrement publiés à la suite d'une promesse électorale, sont mensongers), François Mitterrand annonce le sa candidature à l'élection présidentielle pour un second mandat de 7 ans.
Après un premier tour où il devance avec 34,1 % des voix ses deux concurrents de droite, Jacques Chirac et Raymond Barre, il est réélu le , avec 54,02 % des voix contre son premier ministre de cohabitation, Jacques Chirac.
Il nomme alors Premier ministre Michel Rocard et dissout l'Assemblée nationale.
En mai 1991, Édith Cresson succède à Michel Rocard et 10 mois plus tard, celle-ci, impopulaire, doit céder la place à Pierre Bérégovoy. L'année 1992 est marquée également par l'annonce officielle du cancer de François Mitterrand.
En mars 1993, il doit faire face à une deuxième cohabitation à la suite de la victoire de la droite aux élections législatives. Édouard Balladur forme un nouveau gouvernement.
Le , Pierre Bérégovoy se suicide.
L'année 1994 est marquée par la sortie du livre de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand et par la révélation de l'existence de sa seconde famille et de sa fille naturelle Mazarine Pingeot.
Le , Jacques Chirac est élu président de la République.
Gouvernement de Michel Rocard 1988-1991
Les élections législatives anticipées de juin 1988 débouchent sur une assemblée nationale sans majorité absolue pour les coalitions gouvernementales. La droite RPR-UDF est battue, et le Front national ne sauve qu'un seul de ses députés (Yann Piat). Le groupe socialiste et apparentés n'obtient cependant qu’une majorité relative alors que les communistes refusent toute alliance gouvernementale.
Pour faire voter leurs lois, les gouvernements socialistes successifs seront alors contraints de trouver des alliances sur leur gauche (avec le parti communiste) ou sur leur droite chez les éléments centristes de l'opposition, rassemblés dans l'Union du centre (UDC, groupe parlementaire autonome issu de l'UDF). Cette politique d'ouverture au centre se manifestera par l'entrée au gouvernement de personnalités de l'UDF comme Jean-Pierre Soisson et Jean-Marie Rausch, centristes comme Michel Durafour ou Olivier Stirn ou de la société civile comme Alain Decaux et (brièvement) Léon Schwartzenberg.
Juin-décembre 1988 Politique intérieure Accords de Matignon mettant un terme au conflit en Nouvelle-Calédonie. Fondation du Revenu minimum d'insertion (RMI) à l'initiative de Jean-Michel Belorgey qui visait à insérer les personnes les plus en difficulté (« les nouveaux pauvres », d'après l'expression du rapport du père Joseph Wresinski) dans le monde du travail. Le RMI a été institué par la loi n° 88-1088 du et appliqué à partir du . Cette mesure serait inspirée d'une mesure sociale comparable prise par le premier ministre Olof Palme en Suède quelques années plus tôt. Le , François Mitterrand annonce son intention de construire et d'aménager à Paris . Politique du « ni-ni » (ni nationalisation ni privatisation). Autorisation donnée à la commercialisation de la pilule abortive RU486. Celle-ci est retirée un mois plus tard. Réforme de la Politique agricole commune (PAC).
1989 Politique intérieure Affaire Péchiney-Triangle : Roger Patrice Pelat, ami de François Mitterrand, et des membres d'un cabinet ministériel, sont impliqués. Élections municipales : le PS obtient sa meilleure implantation dans les villes de plus de habitants depuis sa création. En Provence, la gauche garde Marseille grâce à Robert Vigouroux mais le PCF ne garde qu'une seule ville de plus de habitants (Le Havre). Inauguration du Grand Louvre. Inauguration de l'opéra Bastille. Inauguration le de la Grande arche de la Défense où a lieu le sommet des pays industrialisés. Loi Jospin sur l'Éducation nationale : L’enseignement primaire est réorganisé et les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont créés. Révision du statut des enseignants du primaire, augmentation du nombre d'universités, modalités de représentation des étudiants, augmentation des salaires des personnels, simplification des grades universitaires (deux grades d'enseignants titulaires, un grade d'assistant). Le certificat d'études primaires est supprimé. Loi Joxe sur l'immigration : abrogation partielle des lois Pasqua en matière d'immigration et renforcement des garanties de recours et de défense accordés aux immigrés. Élargissement des possibilités pour entamer une procédure de révision d'une condamnation judiciaire. Loi d'amnistie pour la Nouvelle-Calédonie. Transfert au Panthéon des cendres de Condorcet, de l'abbé Grégoire, et de Monge, trois hommes symbolisant la Révolution, année de son bicentenaire.
Politique internationale Visite de Yasser Arafat à Paris. À la suite des discussions avec François Mitterrand et des diplomates français, le chef de l'OLP annonce, dans la capitale française, que la charte appelant à la destruction d'Israël est .
1990 Politique intérieure Congrès du PS à Rennes en mars où s'affiche la lutte des clans dans une ambiance détestable entre les partisans de Lionel Jospin et ceux de Laurent Fabius (Mitterrandien). Création de la Contribution sociale généralisée (CSG). Lois instaurant une régulation du financement des partis politiques et des campagnes électorales. Vote de la loi d'amnistie du 15 janvier 1990 visant à faire table rase des crimes et délits liés à ces financements, à l'exception des crimes et délits des parlementaires, et ceux liés à l'enrichissement personnel. Loi favorisant l'action philanthropique. Suppression du contrôle des changes. L'administration des PTT est transformée en deux établissements publics : La Poste et France Télécom. Plan Jospin pour les lycées. Le , deux cent mille lycéens manifestent dans les rues de Paris pour réclamer de meilleures conditions d'études. Les représentants sont reçus, à leur demande, par le président Mitterrand, qui juge légitimes leurs revendications. Un plan de recrutement et de rénovation des locaux est adoptéSelon Le Monde (3 décembre 1992), deux ans plus tard, les principaux objectifs sont atteints. Loi Gayssot interdisant les propos négationnistes et renforçant la législation contre le racisme. Loi Arpaillange sur le financement des partis politiques : baisse du plafond des dépenses, augmentation des subventions publiques, obligations de transparence renforcées. Stabilisation du chômage à 7,9 % de la population active.
Politique internationale et européenne François Mitterrand soutient l'unification allemande, en échange de la reconnaissance de la frontière Oder-Neisse et d'un approfondissement de la construction européenne Le président français a été accusé d'avoir tardé à se rallier à une unité allemande aussi rapide. Ces critiques ont été reprises par Helmut Kohl dans ses Mémoires (qui fait ce même reproche à Margaret Thatcher) et confirmées, dans une moindre mesure, par Jacques Attali (C'était François Mitterrand). Cependant Pierre Favier, Michel Martin-Roland et l'universitaire allemand Tilo Schabert ont contesté ces critiques. Dans Le Monde daté du , Tilo Schabert a reproché à Helmut Kohl de ne pas mentionner dans ses mémoires l'activité des conseillers des différents chefs d'État et de gouvernement, au rôle décisif, et d'oublier que François Mitterrand l'avait assuré à plusieurs occasions que l'unification allemande était possible d'ici la fin du siècle, Helmut Kohl étant alors très pessimiste sur l'attitude des autres pays. L’historien français Frédéric Bozo, professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle, a repris des conclusions similaires à celles de Tilo Schabert alors que le journaliste André Fontaine citait l'argumentation du professeur de Stuttgart dans son livre sur la guerre froide . Le , François Mitterrand et Helmut Kohl publient un communiqué commun sur la « nécessité d'accélérer la construction politique » de la Communauté européenne et estimant que « le moment est venu de transformer l'ensemble des relations entre les États membres en une union européenne ». Cette initiative débouche sur la conférence de Rome, puis sur le traité de Maastricht. Signature de la convention de Schengen. Discours de La Baule. Décision de l'Opération Noroît pour le Rwanda début octobre. Création de la BERD, sur une idée de François Mitterrand .
Janvier-mai 1991 Politique intérieure Plan quinquennal pour les universités, dit « Université 2000 » : 23 milliards de francs d'investissement (dont 17 de l'État et 6 des collectivités locales) pour rénover les universités et en fonder six supplémentaires. Nouveau statut pour la Corse. Notion de invalidée par le Conseil constitutionnel. Réglementation des écoutes téléphoniques : interdiction des écoutes administratives, contrôle des écoutes judiciaires.
Politique internationale Participation de la France à la Première guerre du Golfe. Démission de Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, pour qui les États-Unis veulent "écraser" l'Irak afin de mettre un pied au Moyen-Orient et de mettre la main sur les ressources pétrolières.
Gouvernement d'Édith Cresson (mai 1991 - mars 1992)
En mai 1991, François Mitterrand décide de remplacer Michel Rocard au poste de Premier ministre. Après avoir hésité entre Roland Dumas, Robert Badinter et Édith Cresson, il choisit cette dernière, qui devient la première femme Premier ministre. D'abord comparée à Margaret Thatcher, elle altère son image par des propos maladroits, concernant les Anglais (« des homosexuels ») et les Japonais (« des fourmis »). Son gouvernement ne tiendra pas un an.
Mai-décembre 1991 Politique intérieure Le gouvernement fait délocaliser une vingtaine d'organismes publics en banlieue parisienne ou en province, dont l'École nationale d'administration (ENA) à Strasbourg. Le service militaire est ramené à dix mois. La Loi Évin contre le tabagisme et l'alcoolisme est votée. Du côté des affaires politico-financières, l'affaire Urba (financement occulte du Parti socialiste par de fausses factures) défraie la chronique.
Politique internationale Après avoir refusé de recevoir publiquement Boris Ieltsine, président élu de Russie, lors de son passage à Paris au printemps 1991 afin de ménager les autorités soviétiques, François Mitterrand et le monde entier sont confrontés en au putsch de Ianaëv en URSS et à la séquestration en Crimée de Mikhail Gorbatchev. Si le président Mitterrand déclare alors vouloir attendre les intentions des "nouveaux dirigeants" soviétiques reconnaissant de facto le gouvernement issu du putsch et lit en direct à la télévision une lettre que lui a envoyée Ianaëv, le président George H. W. Bush déclarait son soutien à Boris Ieltsine Déclaration de George Bush le 19 août 1991, suivi par John Major Premier ministre du Royaume-Uni alors qu'Helmut Kohl apportait le sien à GorbatchevArticle de National Review du 23 septembre 1991Article de PBS du 19 août 1991. Selon Frédéric Bozo, la déclaration télévisée de Mitterrand n'était due qu'à un souci d'apaisement afin de préserver la sécurité de Mikhail Gorbatchev Ce dernier argument est repris par le journaliste André Fontaine, dans son dernier livre sur La Guerre froide (p 533) pour expliquer la déclaration télévisée de François Mitterrand : « En réalité, il s'inquiète surtout du sort de Gorbatchev et d'Eltsine […] » Gorbatchev, dans ses mémoires publiés en 1997, regrettera de ne pas avoir reçu en Crimée d'appels téléphoniques de François Mitterrand alors que le président américain et le chancelier allemand l'avaient joint au téléphone lors de sa séquestration .
Janvier-mars 1992
Gouvernement de Pierre Bérégovoy (avril 1992 - mars 1993)