La Macta est un oued côtier d'Algérie (Ouest de Mostaganem, Est d'Arzew), situé au Nord-Ouest du pays, il est formé par la réunion de deux cours d'eau : le Sig et Habra.
Présentation
Le cours de la Macta est entouré de marais ( ha) partiellement drainés entre 1958 et 1962. Actuellement, les zones marécageuses subsistantes constituent une réserve naturelle où la faune et la flore (nombreuses espèces d'oiseaux) sont en principe protégées. Dans l'Est oranais, et avec la sebkha d'Arzew, les marais de la Macta constituent une zone humide d'importance internationale depuis le (site Ramsar).Anonyme (1999-2004). Atlas des zones humides Algériennes d’importance internationale. Ministère Agriculture Développement Rural, Direction Générale des Forêts, 75 p..
En le Premier ministre Abdelmalek Sellal a inauguré la méga-station de dessalement d’eau de mer d’El Macta. Cette installation, l’une des plus grandes au monde utilisant le procédé de l’osmose inverse, a une capacité de production quotidienne de d’eau..
Les oueds Sig et l'Habra qui forment la Macta, ont fait l'objet de tentatives d'endiguement depuis 1871, mais toutes se sont soldées par des échecs Simmoneau, P. (1952). La végétation halophile de la plaine de Perrégaux. Thèse de Doctorat ès-sciences, Alger.. À l'Est, l'oued Tinn (ou Tine sur les cartes IGN), qui se perd dans la plaine de la Macta, a aussi été partiellement endigué.
Le bassin versant
Le bassin versant de la Macta s'étend sur . Il est drainé par deux principaux cours d'eau: l'oued Mebtouh, à l'ouest et l'oued El Hammam à l'est. Il associe trois régions distinctesÉvolution récente des conditions climatiques et des écoulements sur le bassin versant de la Macta (Nord-Ouest de l'Algérie): la basse plaine littorale, présente des altitudes ordinairement inférieures à , ce qui favorise la présence de plans d'eau, de marais et de steppes. les massifs, qui constituent la plus grande partie du bassin versant. Ce bassin est bordé à l'ouest et au nord-ouest par les monts de Tessala, les monts des Beni-Chougrane occupent une bonne partie de sa zone moyenne. les larges plaines alluviales insérées dans les massifs montagneux de Sidi Bel Abbès.
La basse plaine littorale et sa végétation
La plaine de la Macta se présente comme une vaste prairie salée presque absolument plate. Cette région a la particularité de présenter des peuplements purs de Salsolacées, de Joncacées et de Graminées. Parmi ces peuplements :
les peuplements à Arthrocnemum macrostachyum qui occupent des milliers d'hectares dans les zones fréquemment inondées soumises à un alluvionnement intense ; les peuplements de Juncus maritimus et Juncus subulatus, qui couvrent plus de dans les marais de La Macta (...) ; les peuplements de Phragmites communis peu importants, sont toujours situés dans les lits majeurs des oueds ou des dépressions constamment en eau (par exemple, la station 9 sur la carte des marais ci-dessous) ; les peuplements de Scirpus maritimus sont toujours peu étendus, mais très nombreux occupant toutes les cuvettes argileuses, fortement chlorurées et inondées toute l'année ; les peuplements de Typha angustifolia sont très rares et n'existent que dans les marais de l'Haciane Mengoub » .
Par ailleurs, dans l'ensemble formé par les marais de la Macta, les marais du Mengoub et la plaine de l'Habra, une forêt de Tamarix africana occupait, jusqu'en 1960, une superficie importante . Mais de nos jours, la pression de l'homme (coupes illicites, incendies et parcours intensif) et l'évolution défavorable des conditions climatiques (précipitations réduites et période de sécheresse accrue) l'ont très fortement dégradée : il n'en reste plus que quelques lambeaux le long des oueds Sig et Habra Belgherbi, B. et Benabdeli, K. (2010). Contribution à l’étude des causes de la dégradation de la forêt de Tamarix de la zone humide de la Macta (Algérie occidentale). Forêt méditerranéenne, 31 : 55-62..
La basse plaine littorale et ses sebkhas
À moins de à l'ouest des marais de la Macta, les salines d'Arzew représentent une grande sebkha, c'est-à-dire "une dépression occupée par de l'eau salée qui ne reçoit aucun cours d'eau important"
Au milieu de la basse plaine de la Macta, on trouve aussi une sebkha : le lac Bou-Nefer, un petit lac salé d'environ 3 ha, qui occupe une dépression partiellement entourée de buttes argileuses (la station sur la carte des marais de la Macta) Résultats d'analyses chimiques d'eaux de la Macta, du lac Bounefer et des salines d'Arzew. Pendant les hivers pluvieux, quand la plaine de la Macta est submergée, il peut recevoir des eaux peu chargées en chlorures provenant de l'oued Sig. Mais, « malgré ces apports, le titre des eaux du lac ne s'abaisse jamais en dessous de de NaCl par litre et, en fin d'été, quand elles sont les plus basses, elles renferment de NaCl par litre » .
En bordure de l'oued Tinn, près de la route W42 et à l'Est de Fornaka, on trouve aussi d'autres petits lacs salés comme celui de Toumiette, de Bou Hamida, de Bou Chentous .
La Faune des marais de la Macta
À l'exception des oiseaux Metzmacher, M. (1979a). Les oiseaux de la Macta et de sa région (Algérie) : Non passereaux. Aves, 3-4 : 89–123, les premières observations de la faune de la Macta proviennent de l'étude de Krissat et Horr réalisée en 1976 Krissat, K. & Horr, K. (1976). Les marais de la Macta : biocénoses. DES, Université d'Oran.. Dans la mesure du possible, les noms normalisés, qui forment une nomenclature scientifique francisée, seront utilisés.
Les Insectes
Les Odonates
Les Odonates comportent deux groupes distincts : le sous-Ordre des Anisoptères (Libellules vraies, Æschnes...) et le sous-Ordre des Zygoptères (Demoiselles, Agrions...). Parmi les Anisoptères, Krissat et Horr ont trouvé deux familles :
Libellulidés - Libellula flaveola ; Libellula vulgata ; Libellula coerulescens ; Libellula striolata
Æschnidés - Anax imperator : l'Anax empereur
Parmi les Zygoptères, ces biologistes ont également trouvé deux familles :
Coenagrionidés - Ceriagrion tenellum (Synonyme ancien : Pyrrhosoma tenellum) : le Cériagrion délicat ou l'Agrion délicat ; - Coenagrion mercuriale (Synonyme ancien : Agrion mercuriale) : l’Agrion de Mercure ; Enallagma cyathigerum (Synonyme ancien : Agrion cyathigerum) : l’Agrion Porte-coupe ; Erythromma lindenii (Synonyme ancien : Agrion lindenii) : la Naïade aux yeux bleus ou l'Agrion de Vander Linden ou l'Agrion à longs cercoïdes ; Erythromma najas : la Naïade aux yeux rouges
Lestidés - Lestes virens : le Leste verdoyant ; Sympecma fusca (Synonyme ancien : Lestes fusca) : le Leste brun ou Brunette hivernale
Les Hémiptères
Gerridés - Aquarius najas (Synonyme ancien : Gerris najas) ; Gerris lacustris
Népidés - Nepa cinerea: la Nèpe
Noctonectidés - Notonecta glauca : la Notonecte
Naucoridés - Naucoris maculatus
Corixidés
Les Coléoptères
Distycidés - Agabus maculatus; Haliplus amoenus; Colymbetes fuscus; Cybister lateralimarginalis : le dytique à côtés bordés.
Gyrinidés - Gyrinus natator : le gyrin nageur.
Hydrophyllidés - Berosus spinosus; Berosus signaticollis; Berosus luridus
Les Diptères
Chironomidés - Chironomus viridulus; Chironomus prasinus
Culicidés - Culex pipiens : le moustique commun; Aedes sp
Dixidés - Dixa sp
Les Acariens
- Eulais extendens ; Thyas venustus
Les Mollusques
Aucune espèce de mollusque, qu'elle soit enfouie ou limnique, n'a été trouvée en 1976 . Cette absence mérite d'être soulignée.
Les Crustacés
Les Cladocères Daphniidés - Daphnia pulex
Les Amphipodes Gammaridés - Gammarus pulex
Les Branchiopodes Branchiopodidés - Artemia sp
Les Décapodes macroures Palaemonidés - (synonyme Periclimenes migratorius)
Les Poissons
Dans ces marais, les populations de poissons sont faibles. En 1976, sur les cinq espèces observées par Krissat et Horr , seule la population d'anguille paraissait importante. Ces cinq espèces appartenaient à quatre familles : Anguillidés - Anguille d'Europe ou anguille commune (Anguilla anguilla) Cyprinidés - Carpe commune (Cyprinus carpio); Barbeau "callensis" (Barbus callensis) Poeciliidés - Gambusie ou « guppy sauvage » (Gambusia affinis) Atherinidés - Athérine de Boyer (Atherina boyeri)
Les Batraciens
Ranidés (grenouilles)
- Grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus) (synonyme Rana ridibunda). Cette grenouille verte est la plus grande grenouille indigène d'Europe. Dans les marais de la Macta, elle est commune et a été trouvée dans toutes les stations prospectées, sauf dans le petit lac Bounefer, trop salé sans doute.
Les Reptiles
Geoemydidés (tortues)
-Émyde lépreuse (Mauremys leprosa) (synonyme Emys leprosa). Cette tortue, qui se rencontre dans le nord du Maghreb, dans la péninsule ibérique et dans le sud de la France, n'a été trouvée que dans quelques secteurs des marais où la salinité était la plus faible.
Les Oiseaux
Les informations ornithologiques proviennent de la publication de Metzmacher (1979 et obs. pers.)Metzmacher, M. (1979 b). Note sur l'avifaune estivale de l'Est oranais (Algérie), de la Camargue (France) et du Guadalquivir (Espagne). INA, Séminaire international sur l'avifaune algérienne 5-11 juin 1979.
GREBES : Podicipédidés Grèbe huppé Grèbe à cou noir Grèbe castagneux BUTORS, HERONS, AIGRETTES, CIGOGNES : Ardéidés, Ciconiidés, Threskiornithidés Héron cendré Héron pourpré Aigrette garzette Héron garde-bœufs Héron bihoreau Cigogne blanche Ibis falcinelle Spatule blanche Butor étoilé Flamant rose OIES, CANARDS : Anatidés Tadorne de Belon Tadorne casarca Sarcelle d'hiver Sarcelle marbrée Canard siffleur Canard pilet Canard souchet Fuligule milouin Fuligule morillon Fuligule nyroca Nette rousse Macreuse noire GRUES, RALES et MAROUETTES : Gruidés et Rallidés Grue cendrée Poule d'eau Poule sultane Foulque macroule LIMICOLES : Charadriidés et Scolopacidés Pluvier doré Bécassine des marais Courlis cendré Barge à queue noire Chevalier guignette Chevalier cul-blanc Chevalier sylvain Chevalier gambette Chevalier arlequin Chevalier aboyeur Chevalier stagnatile Chevalier combattant Bécasseau variable Bécasseau cocorli Échasse blanche Avocette Glaréole à collier GOELANDS, MOUETTES et STERNES : Laridés Goéland argenté Mouette rieuse Mouette mélanocéphale Mouette pygmée Sterne naine Sterne caugek Sterne hansel Sterne caspienne Sterne pierregarin Guifette noire Guifette leucoptère Guifette moustac RAPACES DIURNES : Accipitridés et Pandionidés Busard des roseaux Busard cendré Balbuzard pêcheur MARTINS-PÊCHEURS : Alcédinidés Martin-pêcheur d’Europe FAUVETTES, ROUSSEROLLES : Sylviidés Rousserolle effarvatte Rousserolle turdoïde
Les Oiseaux et la végétation des dunes de la Macta
« La zone des dunes littorales est limitée : 1) au Nord, par la mer; 2) à l'Est, par la falaise et la colline du Marabout de Sidi Mansour; 3) au Sud, par la route Nationale d'Oran à Mostaganem jusqu'au pont de la Macta, puis par la rivière La Macta » Simmoneau, P. & Santa, S. (1951). Végétation et flore de la forêt de la Macta (Oran). Annexe de la carte de la végétation de l'Algérie. Feuille d'Oran : 1-24.
« La superficie de cette zone est d'environ 180 ha. La végétation est caractérisée essentiellement par l'importance des peuplements de Genévriers oxycèdres sur les dunes littorales et par l'extrême variété de la flore sur la rive droite de la rivière La Macta. Les espèces halophiles et hélophiles y croissent avec les espèces littorales (...). Les plus beaux arbres se rencontrent sur la rive droite de l'oued, à l'abri du cordon dunaire. C'est par sa situation peu accessible aux hommes et aux animaux, que ce boisement a pu se conserver en relativement bon état » (ibidem).