Armand Thierry, comte de Ludre, est un diplomate et journaliste français né le à Paris et mort assassiné le , sur la route qui le menait de Montargis à Avord.

Biographie Il est, par sa mère, le petit-fils du député du Maine-et-Loire, le comte Armand de Maillé. Son père, Fery de Ludre, a été député de Nancy de 1902 à 1915. Ami de Gustav Stresemann, cet ancien attaché d'ambassade à Berlin (1927-1928) était un militant d'extrême-droite, pacifiste partisan du rapprochement franco-allemand.

, il est arrêté sur ordre de Georges MandelPessac : ces quatre fusillés dont on ne parle pas, Arkheia , , alors ministre de l'Intérieur du gouvernement de Paul Reynaud, le avec quatre autres détenus. Incarcéré à la Santé, il fut emmené vers le sud le « L’exode, un drame oublié » d’Éric Alary, surveillé par des gardiens armés.

Arrivé à Cepoy près de Montargis le , il continua vers le camp d'Avord avec plusieurs centaines d'autres détenus de la Santé. Faute de trains, les détenus voyagèrent à pied, encadrés par des gardes mobiles, des tirailleurs marocains et des réservistes du régional. Gardiens et prisonniers étaient affamés et treize prisonniers, certains exténués et d'autres tentant de s'évader, furent tués par les gardes mobiles placés en queue de colonne, entre le 15 et le Jacky Tronel, Le repli tragique de la colonne de Cepoy (15-17 juin 1940)Jacky Tronel, Le camp de Cepoy en 1940, installé dans les anciennes verreries de Montenon. Le , Thierry de Ludre, asthmatique et souffrant de troubles cardiaques, ne pouvait plus suivre le convoi après avoir marché plus de dans la journée et il fut abattu de deux balles dans la tête. Son cadavre fut retrouvé le lendemain par le garde-champêtre de Conflans-sur-Loing et inhumé au cimetière communal, comme étant celui d'un inconnu. Bien qu'introuvable, un non-lieu est prononcé à son sujet le . À la suite de la plainte de sa famille pour homicide volontaire, une enquête judiciaire est lancée et le cadavre fut exhumé et reconnu par un dentiste comme étant celui de Thierry de LudreJacky Tronel, « Le repli de la prison militaire de Paris à Mauzac. Un exode pénitentiaire méconnu », Criminocorpus [En ligne], Varia, mis en ligne le 23 mars 2012, consulté le 18 octobre 2016. URL : https://journals.openedition.org/criminocorpus/1767 et Je suis partout 16 juin 1941, page 3.

Le , la commission d'enquête vichyste sur la disparition de Thierry de Ludre, dirigée par Pierre de Bénouville, accabla Georges Mandel, qui fut aussi déclaré responsable du massacre à Abbeville de 21 prisonniers évacués de Belgique. Quand la Milice cherchera quelqu'un à exécuter en représailles à l'assassinat de Philippe Henriot, le nom de Georges Mandel sera proposé pour « venger » de Ludre.

Références

Bibliographie Éric Alary, L'exode, éditions Perrin, 2013 . Henri Amouroux, La Grande Histoire des Français sous l'Occupation, tome 1 : Le peuple du désastre, éd. Robert Laffont, 1976, 395-397 Henry Coston, Dictionnaire de la politique française, tome 1

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Thierry Catégorie:Journaliste français du XXe siècle Catégorie:Personnalité de la Troisième République Catégorie:Naissance en juillet 1903 Catégorie:Naissance dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en juin 1940 Catégorie:Décès dans le Loiret Catégorie:Décès à 36 ans Catégorie:Mort dans un accident de la route en France Catégorie:Diplomate français du XXe siècle