Les Yeux sans visage est un film d'horreur franco-italien en noir et blanc réalisé par Georges Franju, sorti en 1960. Il est adapté du roman homonyme de Jean Redon, publié en 1959 dans la collection Angoisse aux éditions Fleuve noir.
Le film narre les tentatives désespérées d'un chirurgien pour réparer le visage de sa fille, défigurée lors d'un accident de la circulation. Le chirurgien et son assistante sont incarnés par Pierre Brasseur et Alida Valli, têtes d'affiche du film. La jeune femme sans visage est jouée par la révélation du film, Édith Scob, qui n'en est alors qu'à son deuxième long métrage. Synopsis thumb|Bande annonce américaine du film Les Yeux sans visage. vignette|Une Citroën 2 CV similaire à celle de Louise, l'assistante du Dr Génessier. Une Citroën 2 CV roule dans la nuit sur une petite route de campagne. À son volant, une femme inquiète conduit en jetant des regards autour d'elle. Les rues des villages qu'elle traverse sont pourtant désertes. On se rend compte qu'elle vérifie en ajustant son rétroviseur, d'une part que personne ne la suit, d'autre part qu'elle surveille un corps assis sur la banquette arrière de la voiture. Ce corps, apparemment inerte, est enveloppé dans un épais manteau et la tête couverte d'un chapeau, le visage étant dissimulé. Parvenue au barrage d'une rivière, la femme retire le corps du véhicule. Il s'agit d'une autre femme qu'elle transporte difficilement jusqu'à la berge, puis la jette dans la rivière (la Marne).
Dans la séquence suivante, un téléphone sonne dans une grande bâtisse. Un employé répond que le (Pierre Brasseur), éminent chirurgien, donne une conférence sur les greffes de peaux. Le public qui assiste à son exposé semble satisfait et l'applaudit chaleureusement. À peine sortis de la salle de conférence, l'employé lui explique que la morgue de Paris vient d'appeler et que quelqu'un de ce service lui demande de s'y rendre sans attendre. Avant de quitter le bâtiment de la conférence, des personnes du public veulent féliciter le professeur mais celui-ci répond très sèchement. Une dame explique à son ami, debout près d'elle :
À la morgue, les policiers discutent entre eux à propos d'un cadavre découvert dans une rivière, celui qui a été précédemment jeté par la femme. Ils sont dubitatifs et se demandent s'il s'agit bien du corps de Christiane Génessier, la fille du professeur qui a disparu depuis quelques jours, ou bien celui d'une autre femme. Arrivé dans la salle des corps, le cadavre est formellement identifié par le , malgré la présence à l'extérieur du vrai père de la victime, auquel il ne décochera, en sortant, qu'une phrase caustique et vexante.
Le plan suivant présente la rue Saint-Jacques à Paris. Une jeune étudiante qui sort du lycée Louis-le-Grand est suivie par la femme qui a jeté le corps près du barrage au début du film. On assiste ensuite à l'enterrement de la fille du dans un petit bourg de campagne. On découvre dès lors que la femme à la 2 CV n'est autre que Louise (Alida Valli), son assistante et secrétaire. On découvre également que le , fiancé de la morte, est lui même l'assistant du professeur. Après l'enterrement, alors qu'ils sont seuls, Louise déclare au professeur qu'elle n'en peut plus et semble à bout de nerfs. Il lui demande de se taire, de se reprendre, puis ils repartent pour le domaine des Génessier, grande demeure isolée entourée par un grand parc boisé.
Le professeur rentre sa voiture dans le garage contigu à la maison. Il se dirige ensuite vers chez lui alors qu'on entend les aboiements d'un grand nombre de chiens. Il monte lentement un grand escalier, puis un autre, et retrouve, dans une petite chambre, sa fille Christiane, allongée sur le ventre sur son lit et qui, en fait, n'est pas morte. Celle-ci comprend qu'elle a été faussement enterrée et qu'une autre personne a pris sa place dans le caveau familial. Il lui explique que ce stratagème a pour but de la protéger. La jeune femme cache son visage car elle a été horriblement défigurée lors d'un accident dans la voiture que son père conduisait. Celui-ci, grand chirurgien, très affecté et coupable de cette situation veut lui trouver un . Louise, son assistante arrive sur ces entrefaites et tente de la rassurer en attestant de la grande compétence de son père en matière de chirurgie faciale, car elle a pu elle-même en bénéficier. Elle lui remet un masque, un simple masque blanc et inexpressif qui couvre entièrement la face, et la laisse seule dans sa chambre. Christiane sort et descend l'escalier. Dans la maison, les miroirs sont peints en noir. Elle trouve le téléphone et appelle son fiancé, mais elle écoute sa voix sans prononcer aucun mot.
Louise, l'assistante du professeur, a pris contact avec une jeune étudiante suisse, dénommée Edna Grüberg, en lui offrant un billet de théâtre à l'occasion d'une rencontre qui pourrait apparaître comme fortuite. À la recherche d'une chambre pour se loger, l'étudiante accepte d'être hébergée dans la maison des Génessier. Le soir même, les deux femmes arrivent dans la grande maison. Edna est quelque peu inquiète, mais Louise fait tout pour la rassurer et la présente au professeur qui, peu de temps après, lui applique un mouchoir imbibé de chloroforme sur le visage. Inerte, la jeune femme est emportée par les deux complices dans une salle d'opération. Christiane, qui a entendu du bruit depuis sa chambre, décide de les suivre. Cachée derrière la voiture de Louise, elle écoute le professeur discuter avec son assistante dans le garage. Elle comprend qu'il vont prélever la peau du visage de cette jeune fille qu'elle ne connaît pas. Ils s'éloignent. Christiane traverse alors un long couloir avant de découvrir ce qui s'apparente la salle de chirurgie. La jeune fille est là, inanimée sur un brancard. Christiane se rend ensuite dans un vaste chenil comportant un grand nombre de cages et de chiens, retenus comme des cobayes. Après avoir caressé quelques animaux qu'elle semble bien connaître, elle retourne dans la salle d'intervention et y découvre un miroir. Elle ôte son masque pour se regarder. Le visage toujours découvert, elle s'approche de la jeune fille endormie, afin de toucher son visage, mais celle-ci se réveille soudainement et hurle de terreur en découvrant le visage défiguré de Christiane.
La scène suivante montre le passant sa tenue de chirurgien en vue du prélèvement et de la greffe, puis commence son intervention avec l'aide de Louise. Les corps des deux jeunes femmes (Edna et Christiane) sont étendus l'un à côté de l'autre. Quelque temps plus tard, Christiane est remontée dans sa chambre dans l'attente du résultat, avec l'espoir que la greffe ne soit pas rejetée. Edna, retenue prisonnière, est toujours vivante. Louise lui apporte à manger dans la pièce où elle est séquestrée, mais l'étudiante parvient à l'assommer puis à s'enfuir. Louise prévient le professeur qui se lance à sa poursuite : l'étudiante se perd dans la maison et, parvenue au second étage, tombe ou se jette par la fenêtre. Le chirurgien, toujours avec l'aide de Louise, transporte son corps et le jette au fond du caveau familial.
Au poste de police, l'amie d'Edna vient témoigner de la disparition de la jeune femme et donne à l'enquêteur, l'inspecteur Parot, le signalement de Louise, repérée par cette amie, mais sa description reste floue, bien qu'elle évoque son collier de perles porté haut et qui semble lui serrer le cou). La police se rend alors compte qu'une série de disparitions de jeunes femmes aux yeux bleus a eu lieu dans Paris, sans avoir le moindre indice.
Chez les Génessier, Christiane semble avoir retrouvé son visage, mais reste contrariée de ne pas pouvoir retrouver son fiancé, le . Le professeur est embarrassé, mais il doit laisser sa fille afin de se rendre dans sa clinique. Avant de partir, il observe le visage de sa fille et semble soucieux. Le soir même, il annonce à son assistante que l'intervention est ratée et le temps confirme son pronostic : la greffe n'a pas pris et se nécrose : Christiane retrouve son masque. Désespérée, elle décide de téléphoner à son fiancé à l'insu de son père et de Louise, et cette fois-ci elle prononce son prénom avant de raccrocher. Jacques est sidéré de découvrir que sa fiancée n'est pas morte. Il rapporte ce fait auprès de l'inspecteur Parot, dubitatif sur ce témoignage un peu léger il en évoque d'autres tout aussi légers, comme celui qui évoque une suspecte avec un large collier de chien en perle. Jacques pense aussitôt à Louise.
La police décide alors d'utiliser une « chèvre » (ou un leurre) dans la clinique du . Une jeune fille, Paulette, qui a commis un larcin, ne peut refuser son aide pour tendre un piège au et à son assistante. Jacques, qui est médecin et travaille dans le service du professeur, fait hospitaliser Paulette afin que son patron la remarque, ce qui ne rate pas, mais tout ne se passe pas comme prévu : le professeur libère Paulette, fausse malade, le soir même de la clinique. Sur le chemin, une 2 CV s'arrête, et Louise propose à Paulette de la rapprocher. En faisant enregistrer sa sortie à l'accueil, elle avait téléphoné à ses parents pour leur dire qu'elle arrivait. Elle n'arrivera pas et la police rend visite à Génessier dans sa clinique pour la retrouver. Les explications données par le chirurgien semblent satisfaisantes et Jacques, son assistant, n'a rien vu. Le chirurgien explique qu'il n'est pas responsable de ce que deviennent ses patients hors de sa clinique. Les policiers repartent sans insister.
Prisonnière dans le bloc opératoire de la maison de Génessier et déjà attachée sur une table d'opération, Paulette est libérée par Christiane, qui semble en avoir assez. Alertée par les cris, Louise tente de s'interposer mais elle est tuée d'un coup de scalpel par Christiane. La jeune Paulette s'enfuit et la fille du professeur en profite pour libérer les chiens de leurs cages. Arrivé sur ces entrefaites depuis sa clinique, le professeur est attaqué par les animaux qui le déchiquètent. Christiane libère également des colombes de leur cage et s'enfonce, en pleine nuit, dans la forêt, entourée des oiseaux voletant autour d'elleSite cinematheque.fr, page "Histoire orale des Yeux sans visage (Georges Franju, 1960)"Site culturopoing.com, résumé du film par Éléonore Vigier
Fiche technique Titre français : Les Yeux sans visage Réalisation : Georges Franju, assisté de Claude Sautet Scénario : Pierre Boileau, Pierre Gascar, Thomas Narcejac et Claude Sautet, d'après le roman Les Yeux sans visage de Jean Redon, Éditions Fleuve Noir (Collection Angoisse ), Paris, 1959, Dialogue : Pierre Gascar Adaptateur : Claude Sautet Sociétés de production : Champs-Élysées-Productions (Paris), Lux Films (Rome) Chef de production : Jules Borkon Directeur de production : Pierre Laurent Distribution : Lux Compagnie Cinématographique de France Musique composée et dirigée par : Maurice Jarre (Éditions musicales Transatlantique) Directeur de la photographie : Eugen Schüfftan Opérateur : Robert Schneider Assistant opérateur : Pierre Brard Montage : Gilbert Natot, assisté de Denise Natot Décors : Auguste Capelier, assisté de Jacques Mély et Claude Moesching Son : Antoine Archimbaud Effets spéciaux : Henri Assoula Maquillage : Georges Klein et Alexandre Marcus (non crédité) Costumes : Marie Martine Coiffures : Marcelle Testard Photographe de plateau : Jean-Louis Castelli Script-girl : Ginette Diamant-Berger Régisseur : Margot Capelier Affichiste : Clément Hurel Pays de production : France, Italie Tournage du au Budget : 1,2 million de francs. (soit 120 millions d'anciens francs en 1959 et environ en ) Format : noir et blanc — 1,66:1 — — son mono Genre : Drame, horreur Durée : () Date de sortie : France : Film interdit aux moins de lors de sa sortie en France, réévalué en tous publics avec avertissement depuis 1998Visa et Classification du film sur le site du CNC (consulté le 23 mai 2020).. Affiche : Jean Mascii (France)
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