À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande eut besoin d'une arme compacte mais fournissant une puissance de feu supérieure à un simple pistolet pour armer ses troupes parachutistes, ses équipages de chars et de transport : le Maschinenpistole 38 ou couramment appelé le MP 38 était né. Cette arme eut d'emblée un tel succès que l'armée s'en dota pour l'ensemble de ses troupes.

Histoire

À partir de 1932, la firme ErMa d'Erfurt commercialise un pistolet mitrailleur sur base d'un brevet acheté deux ans plus tôt à un ingénieur : Heinrich Vollmer. Elle baptisera cette arme du nom d'ERMA EMP-35 (Erma Machinepistol). Il était considéré comme le meilleur pistolet mitrailleur de l'époque.

Quelque peu encombrant pour les équipages d'engins blindés, l'armée allemande demanda à ErMa de faire l'étude d'un type d'arme similaire pouvant tirer une munition identique à celle des pistolets (9 mm Parabellum) et surtout muni d'une crosse repliable lui permettant un emploi aisé depuis l'intérieur des véhicules.

Après quelques prototypes passant par un MP 36 fabriqué à très peu d'exemplaires, le MP 38 était adopté par la Wehrmacht en .

Conception

De nombreuses innovations sont expérimentées sur cette arme. Utilisation de bakélite pour le fût et les plaquettes de poignée Chargeur se situant en dessous de l'arme à l'instar du MP36, et non-plus latéralement comme sur ses prédécesseurs MP18 et MP28. Absence de manchon perforé permettant le refroidissement du canon. En lieu et place, le canon du MP 38 est de section plus épaisse à sa base qu'à l'embouchure. Sous le canon se trouve un appendice en aluminium qui servait à prendre appui sur le rebord d'un véhicule ou par les meurtrières de celui-ci sans risquer que le recul n'entraîne l'arme à l'intérieur lors du tir. On peut également imaginer que ce renfort en aluminium participe aussi au refroidissement du canonSi ce n'était pas le cas, il est plus que probable que les ingénieurs auraient utilisé le même acier que sa partie antérieure, ce qui aurait été moins coûteux et plus simple à fabriquer. De plus, l'aluminium est souvent utilisé en tant que radiateur de refroidissement au même titre que le cuivre, car tous deux très bons conducteurs de chaleur. Dans le cas de cet appendice, le cuivre est trop ductile pour permettre de l'utiliser à cette fin.. Utilisation d'une hausse composée d'une planchette métallique en deux parties rabattables limitant le choix à . Système très simple et rapide permettant le démontage de l'arme.

La fabrication du MP 38 se réalisait principalement par usinage, ce qui demandait donc à la fois une main-d'œuvre qualifiée et des matériaux de premier choix. Il en résultait donc des surcoûts.

Le boîtier est parcouru de longues et profondes rainures longitudinales permettant d'alléger l'arme tout en lui assurant une rigidité suffisante. Le trou qu'on peut apercevoir dans le logement du chargeur contribue également à l'allègement du MP 38.

La sécurité des premiers exemplaires est assez rudimentaire puisque le levier d'armement (en arc de cercle) est maintenu par une lanière de cuir percé d'un œillet. Plus tard apparaît un levier d'armement qui ne changera plus (y compris sur les MP40) et qui viendra se placer dans une rainure en position de sécurité.

Démontage de l'arme

Il ne faut que quelques secondes pour démonter l'arme en cinq éléments distincts permettant un nettoyage des parties mobiles principales. Le chargeur se retire en appuyant sur le gros bouton gaufré situé sur le logement du chargeur. En agissant sur le levier d'armement on vérifie qu'il n'y a pas de munition dans la chambre. Le canon se démonte en dévissant le gros écrou qui le relie au boitier. Sous le boîtier se trouve un bouton rotatif. En lui faisant effectuer une demi-rotation et en appuyant sur la détente de l'arme, on peut, en faisant tourner le boitier, par rapport à la carcasse, désolidariser ces deux éléments. Ensuite, on peut retirer l'ensemble percuteur-ressort récupérateur (celui-ci étant logé dans deux tubes télescopiques).

Le remontage s'effectue presque aussi rapidement et permet de remettre très vite l'arme en service.

Comportement au combat La cadence de tir assez lente du MP 38 ainsi que son poids permettent une bonne précision pour le tir à courte distance (jusque 100 m) si l'utilisateur se contente de tir par courtes rafales.

L'arme doit être tenue par la main la plus forte au niveau de la poignée, la main faible servant à maintenir l'arme au niveau du fût. .

Fabrication

D'abord fabriqués par la firme Erma d'Erfurt (code 27), ils furent par la suite également fabriqués par la firme Haenel de Suhl (code 122).

La production commença très lentement en 1938 et les exemplaires fabriqués en 1938 et 1939 sont peu nombreux. A la déclaration de la guerre, étaient en serviceD'après G. de Vries et B.J. Martens : the MP 38, 40, 40/1, and 41 submachine guns, Special interrest publications/propaganda photo serie vol II. Il existe peu de photos d'avant 1940. Des photos de mai et sont plus nombreuses. La production en série des MP 38 a sans-doute cessé fin 1940Gazette des armes Nr 326, edition REGI-ARM, Paris. Par extrapolation, on peut imaginer qu'un total de ont été fabriqués, alors que les MP40 commençaient à vraiment entrer en production.

Notes et références

Bibliographie . G. de Vries et B.J. Martens : the MP 38, 40, 40/1, and 41 submachine guns, Special interrest publications/propaganda photo serie vol II L. Guillou, « Les pistolets-mitrailleurs MP 38 et MP 40 » , La Gazette des Armes N° 326-327, novembre et décembre 2001. Götz, Hans Dieter, German Military Rifles and Machine Pistols, 1871–1945, Schiffer Publishing, Ltd., 1990. (OCLC 24416255) Smith, W.H.B, Small arms of the world – the basic manual of military small arms, Stackpole Books, 1955. (OCLC 3773343) Günter Wollert , Reiner Lidschun & Wilfried Kopenhagen, Illustrierte Enzyklopädie der Schützenwaffen aus aller Welt – Schützenwaffen heute (1945–1985), Militärverlag der Deutschen Demokratischen Republik, 1988. (OCLC 19630248)

Catégorie:Pistolet-mitrailleur Catégorie:Arme de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Arme militaire fabriquée en Allemagne