Maurice Allard, Maurice Édouard Eugène Allard, né le à Amboise (Indre-et-Loire). et mort le dans la même ville, est un avocat, journaliste et homme politique socialiste français.

Socialiste et anticlérical, Maurice Allard prend une part active dans les débats agités sur la loi de séparation des Églises et de l'État, mais aussi lors de l'Affaire Dreyfus.

Biographie Jeunesse étudiante et militantisme socialiste

Maurice Allard naît en 1860 dans une famille aisée dont le père exerce la profession de notaire. Élève au lycée de Tours, il commence par l'étude des mathématiques pour ensuite entamer un baccalauréat ès-sciences afin d'intégrer l'École polytechnique. Finalement, il change d'avis et déménage à Paris pour devenir bachelier ès-lettres.

Arrivé dans la capitale, il s'intéresse à la politique en parallèle de ses études et fonde le Groupe socialiste révolutionnaire des Écoles. Il est nommé par son groupement délégué à la réception des communards amnistiés et fait notamment la connaissance de Jean Allemane revenant tout juste du bagne de Nouvelle-Calédonie. Quelque temps après, il fonde au Quartier latin plusieurs journaux dont les éphémères L'Étudiant et L'Écho de la Rive Gauche, auxquels participent Maurice Ajam, Louis Martin et Paul Lafargue..

Après la disparition de son journal, Allard est reçu comme avocat stagiaire, entre à la rédaction du journal La Bataille afin de combattre le boulangisme et réalise plusieurs déplacement dans le département d'Indre-et-Loire pour donner des conférences en compagnie des blanquistes Édouard Vaillant, Emmanuel Chauvière, Marcel Sembat et Victor Dejeante.

Durant sa campagne, il quitte Paris pour venir s'occuper de la direction du journal Le Républicain d'Indre-et-Loire basé à Tours, mais se retrouve immédiatement entravé dans son action politique à la suite d'un duel avec un journaliste monarchiste qui arrive à lui loger une balle en plein ventre. Pendant deux mois, il agonise, et, après deux opérations successives, les médecins prédisent sa mort. Il arrive cependant à s'en sortir et entame un parcours de réhabilitation. Une fois remis, il revient à Paris et entre au journal La Lanterne, dirigé alors par Aristide Briand, où il fait la connaissance de René Viviani et Alexandre Millerand..

Le dreyfusard et l'anticlérical Après avoir quitté La Lanterne, Allard est élu député socialiste du Var, adhère au Parti socialiste révolutionnaire (PSR) de tendance blanquiste et siège à l'extrême-gauche de l'Assemblée. Durant l'affaire Dreyfus, il mène une importante campagne pour la réhabilitation d'Alfred DreyfusSur son engagement dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus., puis en vient à se prononcer, lors des débats à la Chambre des députés, pour une séparation stricte de l'Église et de l'État. vignette|gauche|Maurice Allard en 1890.|273x273pxIl dépose de nombreux amendements, notamment sur l'interdiction du port de la tenue ecclésiastique en public, le remplacement des jours fériés religieux par des jours fériés laïcs et sur la confiscation des lieux de culte, pour un usage qu'il estime être de service public. Il est de ceux qui pensent que l'éclatement de l'Église catholique en plusieurs mouvements schismatiques peut réduire son influence sur la société. En réponse à cet argument, Jean Jaurès déclare, devant cette même assemblée : Lors de ces débats, Allard déclare que (), que et que ()Compte-rendu des débats à l'Assemblée nationale..

Toujours journaliste, il collabore à L'Humanité et se présente comme un partisan engagé d'une application plus stricte de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905.. Au cours de ces débats, Allard en vient à inclure, dans ses attaques contre le christianisme, la religion protestante, la religion juive et le « sémitisme » :

Après avoir échoué à se faire élire en 1910, il continue son activité politique et se reconvertit dans le journalisme en devenant une des figures du journal L'Humanité. Rallié à l'Union sacrée, il soutient l'action du gouvernement face à l'Allemagne.vignette|Maurice Allard en 1912.

Un socialiste indépendant après guerre Contre le "Dieu Marx" et la "marxolâtrie"

Dans les derniers mois de la guerre, en 1918, Allard entame la rédaction d'une série d'articles dans La Lanterne attaquant le marxisme et Karl Marx à l'occasion du centenaire de sa naissance. En effet, il écrit que :

Il en appelle à rejeter la « conception autoritaire, dictatoriale et étatiste du socialisme allemand » et à revenir à un socialisme spécifiquement français dont Pierre-Joseph Proudhon est selon lui l'un des « pères ». Il écrit que . En se réclamant des « socialistes français » tels que Charles Fourier, présenté comme « le plus grand génie du »., Victor Considerant, François Vidal, etc., Allard cherche à affirmer que Karl Marx et Friedrich Engels « n'ont rien inventé ni rien trouvé », les présentant ainsi comme de vulgaires copieurs. dont les théories sont inaptes à reconstruire le monde dévasté de l'après-guerre.

Campagne contre le Bolchevisme et la "prétendue Internationale de Moscou"

Par la suite, Allard écrit des articles attaquant violemment le bolchevisme :

Il dénonce comme une dictature, une supercherie et un mensonge le régime instauré par Lénine :

Son hostilité au bolchevisme, présenté comme un , l'amène à se prononcer contre l'étatisme qu'il juge , comme ., ainsi que de façon virulente contre le parlementarisme : « Le vieux parlementarisme a fait son temps. Il est temps de le remplacer […] Sans nul doute, il faut conserver une Assemblée nationale, mais l’existence d’un Sénat apparaît comme une superfétation. Il faudrait, aujourd’hui, à côté de l’Assemblée nationale, une Chambre économique, composée de techniciens, d’ouvriers et de patrons et chargée d’étudier, en dehors de toute politique, les problèmes sociaux qui se posent. C’est sur les conclusions de cette Chambre économique que l’Assemblée nationale aurait à se prononcer. » La plupart de ses articles sont publiés durant cette période dans Le Petit Provençal ou dans La Lanterne.

Fin de vie

Par la suite, il s'attaque durement au Cartel des gauches, à la ., et une République qu'il juge dévoyée : « Vieux, désillusionné, fatigué, infirme d’une balle dans les intestins reçue au service d’une République alors jeune, aujourd’hui tombée en mascarade dans les mains de professionnels de la politique, j’assiste aux événements en simple spectateur, avec l’espérance qu’il se trouvera des jeunes pour remettre les choses en place, chasser les marchands du temple et trouver des voies nouvelles. Mais il est bien probable que je ne verrai rien de tout cela. » Cette hostilité manifeste l'amène à prendre contact, en 1927, avec Le Nouveau Siècle, journal du Faisceau de Georges Valois, dans lequel il rédige quelques tribunes.... Il en appelle à cette période à une révision de la Constitution par une Constituante et ratification par référendum ou plébiscite..

En 1934, il félicite l'Action française et Charles Maurras, qui dénoncent selon lui à juste titre . Bien que républicain d'opinion, il félicite le journal pour sa critique . (il fait là sans doute référence aux évènements du ). Vieux et affaibli, il prend sa retraite et meurt à Amboise (Indre-et-Loire) en 1942.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Liens externes

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