La névrose obsessionnelle ou névrose de contrainte () est l'une des trois formes principales de la névrose, les autres étant l'hystérie et la phobieDictionnaire de Psychanalyse, sous la direction de R Chemama et de B Vandermersch, éditions Larousse, 2003, article Névrose.. Dans l'approche psychanalytique, elle est la deuxième grande maladie nerveuse de la classe des névroses après l'hystérieDictionnaire de la psychanalyse de E. Roudinesco et M. Plon..
Ce terme est utilisé en psychanalyse et dans la classification française CFTMA.
Définition Le terme « névrose obsessionnelle » (Le nom composé signifie exactement « névrose de contrainte ».) désigne . Alors que sa conscience reste claire, ces obsessions ressenties comme morbides privent momentanément le sujet de sa liberté de penser et d'agir : le Moi, qui les déclare étrangères à lui-même, recourt à des mécanismes de défense de plus en plus compliqués afin de soulager son angoisse. Dans la forme la plus typique de cette névrose, le conflit psychique s'y exprime en effet par des symptômes Le terme désignant en français le concept psychanalytique de « compulsion » est une traduction du substantif masculin en allemand qui signifie « contrainte ». qui vont jusqu'à accomplir des actes indésirables, tandis que le mode de pensée se caractérise par .
Le Vocabulaire de la psychanalyse définit la névrose obsessionnelle comme une classe des névroses dégagées par Sigmund Freud qui constitue .
Histoire du concept Selon Marc Hayat, la conception moderne de la « névrose obsessionnelle » a été : c'est en effet dans Les psychonévroses de défense (1894) qu'il rompt avec les conceptions psychiatriques classiques, en affirmant que la cause de la névrose obsessionnelle est à situer dans l'.
Précédents en psychiatrie Chantal Brunot rappelle que des traits nosologiques de la névrose obsessionnelle se retrouvent sous l'expression de « folie raisonnante » chez Pinel et des monomanies ou « délires partiels » chez Esquirol mais ce sont Jean-Pierre Falret et surtout Bénédict Morel qui mirent en évidence l'obsession comme un syndrome à part entière, Morel étant considéré comme le père « du concept nosographique d'obsession »Chantal Brunot, La névrose obsessionnelle : histoire d'un concept, L'Harmattan, Paris, 2006, .
Krafft-Ebing avec son concept de (« représentations qui s'imposent »), George Miller Beard par la notion de neurasthénie ainsi que Maurice Krishaber par sa description de la . ont également participé à l'établissement de cette catégorie psychique.
Freud Tandis que d'après Jacques Postel, la notion de névrose obsessionnelle est une reprise par Freud de la notion de psychasthénie de Pierre Janet article Pierre Janet de l'encyclopaedia UniversalisSelon Laplanche et Pontalis, c'est en fait que Janet a décrit sous le terme de psychasthénie, une névrose proche de la névrose obsessionnelle ainsi désignée par Freud. Mais pour Janet, l'étiologie est différente : ce qui conditionne la lutte obsessionnelle est un ., Freud apparaît aux yeux de Chantal Brunot « comme étant l'instigateur d'une rupture épistémologique profonde à l'égard de ses prédécesseurs » en s'opposant notamment à l'explication par l'affaiblissement des capacités intellectuelles avancée par Janet dans sa notion de psychasténie.
Sigmund Freud isole l'entité aujourd'hui universellement admise de la névrose obsessionnelle dans les années 1894-1895, il écrit en 1896, dans L'hérédité et l'étiologie des névroses : L'étiologie traumatique de la névrose obsessionnelle que Freud propose est la suivante : un événement sexuel précoce survient avant l'âge de la puberté ; contrairement à ce qui se passe dans l'hystérie, l'événement en question . Dès lors, le sujet en éprouve un fort sentiment de culpabilité et s'accable de reproches ; ceux-ci sont refoulés, puis remplacés : scrupulosité, honte.
Pour comprendre en détail, Freud met en évidence les éléments déterminants du cas, son histoire subjective. Ainsi, dans le cas de l'homme-aux-rats, il est attentif au fait que le patient redoute qu'un malheur n'arrive à des personnes qui lui sont chères, son père et une femme.
Symptômes et mécanismes de défenses du Moi La névrose obsessionnelle exprime des formations névrotiques mais normales, comme le rêve éveillé, des mécanismes de défenses présents dans d'autres névroses, comme le refoulement, l'isolation, le déplacement, la condensation, la dénégation, la répression mais aussi des défenses qui lui sont propres, comme la formation réactionnelle, l'annulation rétroactive, l'intellectualisation, l'inhibition. Le doute et la procrastination constituent des caractéristiques majeures de la pensée obsessionnelleAlain Abelhauser. Un doute infini. L'obsessionnel en 40 leçons. Seuil. Paris. 2020. .
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Textes de référence Pierre Janet, Les Obsessions et la psychasthénie. Avec Fulgence Raymond, Paris, Alcan, 1903, 2 Vol. Les Névroses. Paris, Flammarion, 1909. Sigmund Freud, L'Homme aux rats. Un cas de névrose obsessionnelle (1909), suivi de Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défense (1896), Paris, Payot, , 2010 . Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle : L'homme aux rats (1909), in Cinq Psychanalyses, P.U.F Bibliothèque de psychanalyse ; in Œuvres complètes PUF, 1998, Caractère et érotisme anal (1908), in Névrose, psychose et perversion PUF, 1974. La disposition à la névrose obsessionnelle, in Névrose, psychose et perversion,PUF, 1974. Obsessions et phobies - leur mécanisme psychique et leur étiologie (1895), in Névrose, Psychose et Perversion, P.U.F, 1974. Actions compulsionnelles et exercice religieux (1907), in Névrose, Psychose et Perversion, P.U.F,1974. La disposition à la Névrose Obsessionnelle, Une contribution au problème du choix de la Névrose (1913) in Névrose, Psychose et Perversion, P.U.F Bibliothèque de Psychanalyse (1974)
Études
(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs :) Alain Abelhauser. Un doute infini. L'obsessionnel en 40 leçons. Seuil. Paris. 2020. . Chantal Brunot, La névrose obsessionnelle : histoire d'un concept, L'Harmattan, Paris, 2006, Bernard Brusset, Catherine Couvreur et coll. La Névrose obsessionnelle, Éditeur : Presses universitaires de France, 1993, , R. Chemama et B. Vandermersch (dir.), Dictionnaire de Psychanalyse, éditions Larousse, 2003, article Névrose. André Green, La névrose obsessionnelle, in Revue française de psychanalyse, 1967
Jacques Postel, article Pierre Janet de l'encyclopaedia Universalis.
Alain Vanier, Psychanalyse, Psychiatrie : objets perdus, objets présents. Aujourd'hui, la névrose obsessionnelle, in L'Évolution psychiatrique, , , janvier-, .
Articles connexes L'homme aux rats Cinq psychanalyses Inhibition, symptôme et angoisse''
Catégorie:Psychopathologie psychanalytique Catégorie:Névrose Catégorie:Trouble de la personnalité du groupe C