Les Glaneurs et la Glaneuse est un documentaire de la réalisatrice Agnès Varda sorti en France en 2000. Il s'intéresse aux glaneurs qui ratissent les champs fraîchement récoltés pour y trouver des restes de récolte mangeables et d'autres types de glaneurs.

Agnès Varda réalise en 2002 une suite à ce documentaire, intitulée Deux Ans après.

Sujet Agnès Varda rencontre différentes personnes : jeunes, moins jeunes, agriculteurs, RMIstes, salariés, retraités, qui vont glaner, à la campagne, en ville, ou à la mer, ou grappiller dans les arbres après les récoltes, ramasser les légumes ou fruits hors calibre jetés par les entreprises vendant les fruits et légumes, récupérer de la nourriture dans les poubelles des supermarchés, boulangeries ou à la fin des marchés. Le film montre aussi, des hommes et femmes, expliquant la législation sur les droits et devoirs de la pratique du glanage et du grappillage, ou des personnes récupérant des objets dans les poubelles ou dans les rues lors de la collecte des déchets encombrants. Ces objets sont réparés, réutilisés par ces personnes dans leur vie quotidienne ou par des artistes pour leurs œuvres d'art. Ces "glaneurs", comme les nomme Agnès Varda en référence à Des glaneuses de Jean-François Millet, sont proches des mouvements déchétariens.

Technique de tournage Ce documentaire est notable pour son utilisation d'une petite caméra tenue d'une main et de ses techniques de film. Par exemple, Agnès Varda utilise un plan tourné lorsque, ayant oublié d'éteindre la caméra, celle-ci filme le cache de l'objectif en mouvement.

Dans Les Glaneurs et la glaneuse, Varda se filme en train de se peigner et il y a beaucoup de plans sur ses mains. Régulièrement elle "attrape" des camions le long de l'autoroute, plaçant sa main faisant un rond devant la caméra et faisant semblant de les attraper en refermant sa main.

La plupart de ces plans sont incorporés à l'œuvre de Varda pour montrer qu'en tant que réalisatrice, elle aussi est une glaneuse, celle du titre du documentaire.

Renaissance du tableau Glaneuses à Chambaudoin vignette|Une estampe datant de 1858 du tableau de Hédouin, Glaneuses à Chambaudoin. vignette|Des glaneuses, de Jean-François Millet, 1857.

Dans Les Glaneurs et la Glaneuse, Varda filme le tableau Glaneuses à Chambaudoin de Pierre Hédouin, qui se trouvait dans les sous-sols du musée Paul-Dini depuis 1930, et qui avait connu un passé plus glorieux, lors du Salon de 1857 et au musée du Luxembourg au notamment. En 1974, il avait néanmoins été exposé au Grand Palais de Paris, avant de retourner dans les sous-sols du musée Paul-Dini. Le tableau avait été entreposé là, par le musée d'Orsay, auquel il est affecté depuis 1930.

Varda avait vu une reproduction en noir et blanc dans un catalogue de cette huile sur toile, et pour les besoins du film, elle avait demandé à la conservatrice du musée, Brigitte Laurençon, de ressortir à la lumière du jour ce grand tableau. Durant le tournage, alors que Brigitte Laurençon et son assistante Julie Solli transportaient le tableau dans la cour du musée, le vent s'est levé et a fait bouger la toile, représentant des glaneuses fuyant l'orage, ce qui pour Varda fut un vrai plaisir et un heureux hasard de tournage. Devant le succès public de Les Glaneurs et la Glaneuse, des spectateurs qui avaient visionné le film se sont rendus dans ce musée pour pouvoir eux-mêmes voir cette toile, qui avait à nouveau été stockée dans les sous-sols du musée, et cet intérêt des visiteurs a eu pour conséquence de restaurer Glaneuses à Chambaudoin puis de l'exposer de manière permanente dans le musée à partir de 2001.

L'inauguration a eu lieu en présence d'Agnès Varda, comme on peut le voir dans son documentaire, Deux Ans après, qui revient sur les personnages du film Les Glaneurs et la Glaneuse. En 2008, le tableau a été exposé au National Museum of History à Taipei (Taïwan), avant de retrouver le musée Paul-DiniGlaneuses à Chambaudoin, musée d'Orsay.Glaneuses à Chambaudoin, Portail des collections des musées de France..

Mise à disposition du film et des rushes, pour les étudiants Ciné-Tamaris, la société de diffusion et de distribution des œuvres de d'Agnès Varda et Jacques Demy, avec l'INA, et en partenariat avec plusieurs institutions ont lancé en 2023 un projet patrimonial et pédagogique autour du documentaire Les Glaneurs et la Glaneuse d'Agnès Varda. L'intégralité des rushes — soit cinquante‑quatre heures d'images tournées par la cinéaste — a été inventoriée manuellement, renumérisée et sous‑titrée en anglais, puis mise à disposition des étudiants en cinéma du monde entier, accompagnée du film sur une plate-forme Internet. Ce dispositif permet aux étudiants d'étudier la technique de montage de Varda, et de créer leurs propres versions, à partir du matériau brut. Les travaux réalisés sont ensuite partagés sur une plateforme dédiée, favorisant l'échange et la comparaison des pratiques. Le projet a été présenté au Festival de Cannes 2023, dans le cadre de l'Année du documentaire, par Agnès Chauveau (directrice générale déléguée de l'INA) et Rosalie Varda, la fille de la cinéaste. Il illustre une démarche à la fois artistique, technologique et éducative, visant à transmettre l'héritage cinématographique de Varda et à encourager la créativité des nouvelles générations...

Lieux de tournage vignette|La Glaneuse, Jules Breton, 1859. Le documentaire a été tourné dans les départements de : Aisne Viry-Noureuil : Jardin des Merveilles de Bohdan Litnianski Bouches-du-Rhône Arles Maussane-les-Alpilles Aix-en-Provence Côte-d'Or Beaune : Hospices de Beaune Drôme Hauterives Eure-et-Loir Beauce Lot-et-Garonne Villeneuve-sur-Lot Paris : musée en Herbe, 21 rue Herold : hôtel Lutetia, 45 boulevard Raspail : musée d'Orsay

: domicile d'Agnès Varda au 88 rue Daguerre, place Denfert-Rochereau, Fondation Cartier pour l'art contemporain, 261 boulevard Raspail : gare de Paris-Montparnasse Pas-de-Calais Arras : Grand-Place Sainte-Catherine-les-Arras Pyrénées-Orientales Prades Rhône Villefranche-sur-Saône : musée Paul-Dini Saône-et-Loire Chagny Essonne Étampes Seine Saint Denis Bagnolet Montreuil Val-de-Marne Ivry-sur-Seine Val-d'Oise Sannois : musée Utrillo-Valadon Vaucluse Apt Avignon et ses alentours Bonnieux Vendée Beauvoir-sur-Mer : passage du Gois Île de Noirmoutier L'Épine (Vendée)

Distinctions Prix Méliès du meilleur film français 2000 Sélection au Festival de Cannes 2000 — Longs métrages (Hors-compétition)

Bande-son +TitreArtisteMusique originaleJoanna BruzdowiczApfelsextettPierre BarbaudFunny StreamsGroupe Ocean

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Cécilia Beceyro, sous la direction de Dominique Bluher, Les écritures du moi dans "Les Glaneurs et la Glaneuse" d'Agnès Varda. Mémoire de maîtrise en Arts, Rennes 2, 2002.

Liens externes

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