Athus (prononcé []., luxembourgeois : Attem, allemand : Athem, wallon : Atu) est une localité et une section de la ville belge d'Aubange. Elle est située en Région wallonne, dans la province de Luxembourg, dans le Pays d'Arlon. On y parle le français et la langue vernaculaire traditionnelle est le luxembourgeois (qui est cependant de moins en moins utilisée).
Athus possède la particularité d'être située le long de deux frontières belges : celle avec le grand-duché de Luxembourg et celle avec la France. Le tripoint transfrontalier se situe au sud-est de la cité, jouxtant Rodange (canton d'Esch-sur-Alzette, grand-duché de Luxembourg) et Mont-Saint-Martin (département de Meurthe-et-Moselle, France).
Ce fut une commune à part entière entre 1878 (lorsqu'elle se sépare d'Aubange) et la fusion des communes de 1977 (date à laquelle elle y fut à nouveau rattachée).
Athus connut son essor grâce à l'activité métallurgique et sidérurgique, principalement à partir du , et fut autrefois renommée pour son usine sidérurgique qui ferma ses portes en 1977, dans la foulée du déclin de la sidérurgie dans toute la région.
La localité compte au et est, à ce titre, la plus peuplée des entités de la ville d'Aubange (dont elle représente presque la moitié du poids démographique). Elle constitue un continuum bâti avec Aubange, Longeau et Guerlange, portant ce nombre à plus ou moins . De plus, Athus est intégrée au cœur d'une agglomération urbaine transfrontalière d'environ autour de l'avenue de l'Europe : l'agglomération transfrontalière du pôle européen de développement, dont elle est l'une des principales localités avec Longwy, Differdange et Pétange. Cette agglomération tient son nom de l'espace économique et industriel transfrontalier : le Pôle Européen de Développement, bordant tout le sud de la cité.
Toponymie Les premières appellations d'Athus sont d'origines franques (donc germaniques) : Athem. Le suffixe -hem qui provient du francique -heim. L'appartenance d'Athus au Saint-Empire romain germanique fit que, contrairement à ses voisines, ce suffixe resta et ne se changea pas en -court, comme ce fut le cas notamment pour Battincourt (dont le nom original était Beethem), qui, lui, passa aux mains du royaume de FranceHistoire d'Athus, Maurice Muller, page 6 et non de l'Empire (voir section Histoire). On trouve également deux autres noms pour Athus au temps où le village était divisé entre sa partie haute et sa partie basse, celles-ci respectivement dénommées « Obenathem » (Athus haut) et « Niederathem » (Athus bas)Histoire d'Athus, Maurice Muller, page 21. Athem est donc l'écriture la plus ancienne. Par la suite, on trouve plusieurs formes romanes pour l'écrire, comme Attus en 1259, Athue en 1301, pour ultérieurement devenir Atthu en 1677 ou encore Atus en 1777.
La prononciation correcte veut que l'on omette l'« s » finale (Phonétique:[]). Géographie Géographie politique Situation
vignette|upright|Athus partage le tripoint Belgique-France-Luxembourg avec Rodange et Mont-Saint-Martin. Athus est située à l'extrême sud de la Belgique, plus précisément dans le Pays d'Arlon et fait partie de la Lorraine belge. Son territoire s'étend sur 578 hectares si l'on reprend les limites de l'ancienne commune d'Athus d'avant la fusion de 1977 (qui ne comprenait que la localité même). L'altitude moyenne est de au-devant de l'égliseHistoire d'Athus, Maurice Muller, page 4. Cependant on compte un dénivelé maximum de entre le point le plus haut et le plus bas (au niveau de la Chiers).
Elle possède un emplacement géographique (et économique) notable car elle est située à la limite sud du territoire belge, délimitée à l'est par la frontière luxembourgeoise et au sud par celle avec la France. À ces trois frontières se situe le tripoint Belgique-France-Luxembourg autour de l'avenue de l'Europe.
Localités environnantes
La section d'Athus L'actuelle section d'Athus se compose de trois localités : Athus ; Guerlange ; Noedelange (hameau).
Elle est, avec (au ), la plus peuplée des quatre sections de la ville d'Aubange. Elle est aussi la deuxième en termes de superficie, après Halanzy.
En Belgique, une section est normalement définie par les limites des anciennes communes d'avant la fusion de 1977. À cette date, les quatre (anciennes) communes d'Athus, d'Aubange, d'Halanzy et de Rachecourt créèrent donc la « nouvelle » (et actuelle) commune d'Aubange et leurs anciens territoires en devinrent théoriquement les actuelles sections. Cependant, lors de la fusion, le village de Guerlange et le hameau de Noedelange quittèrent la commune de Messancy pour s'adjoindre à la commune d'Aubange mais, n'étant pas autrefois une commune à part entière, ils ne constituaient pas une section à proprement parler et furent donc rattachés à celle d'Athus.
La section actuelle d'Athus est donc plus grande que les limites de l'ancienne commune d'Athus d'avant 1977.
Géographie physique Géologie
La Lorraine belge, dont fait partie Athus, est la seule région géologique du Jurassique (Ère secondaire) du pays. Elle est située entre la deuxième et la troisième cuesta de Lorraine : la cuesta charmouthienne au nord et la cuesta bajocienne au sud, cette dernière délimitant la frontière entre la France et la Belgique.
Les sols des environs sont principalement composés de grès tendres et de calcaires gréseux, ferrugineux ou non, qui forment la crête de la cuesta. Une quantité de fer importante est présente dans les calcaires et les calcaires gréseux, ce qui donne aux sols une couleur brun-rouge caractéristique et qui permit le développement de l'activité métallurgique dans la région. À quelques centaines de mètres de là, au grand-duché de Luxembourg, la région est d'ailleurs appelée la région des Terres Rouges.
Cours d'eau vignette|La Messancy vue depuis le parc animalier. Athus est traversée par la Messancy qui se jette dans la Chiers (Kuer en luxembourgeois), celle-ci traversant une petite partie du sud de la cité. Leur confluent fut transformé en petite écluse lors de la création de l'usine sidérurgique à la fin du , afin de capter les eaux pour alimenter les systèmes de refroidissement de cette dernière. À cet endroit, la Messancy a un débit quatre fois supérieur à celui de la Chiers. Ces deux rivières sont des affluents de la Meuse. Aucune d'entre elles n'est navigable à cet endroit. Une source d'eau est présente juste avant le confluent entre les deux rivières. Celle-ci créé un étang de 0.51 , rue Floréal, où l'on peut pratiquer la pêche.
Climat
Athus bénéficie d'un climat tempéré de type subatlantique. Cela signifie que les hivers sont généralement doux, les étés relativement frais (le tout par rapport au climat mondial), et le total des précipitations est élevé.
Voici un tableau représentant les températures maximales et minimales moyennes à l'ombre, en degrés Celsius, ainsi que la quantité de précipitations (pluie, neige, etc.) en millimètres, le tout en moyenne depuis 1984 dans la région d'Athus (le sud-est de la province de Luxembourg)Source : IRM, Bulletins mensuels et observations climatologiques, partie I, consultés en 2013..
+ 20px Climat de la région d'AthusMois J F M A M J J A S O N D Moyenne annuelleTempératures maximales (°C) (moyennes et à l'ombre) 2,7 4,6 7,9 12,8 16,8 20,1 21,7 21,1 18,5 12,7 6,8 3,2 12,4Températures minimales (°C) (moyennes et à l'ombre) -2,8 -1,9 -0,2 3,3 6,6 10,0 11,6 11,4 8,6 4,5 1,3 -1,6 4,2Précipitations (hauteur moyenne en mm) 93 72 70 68 77 79 80 76 75 87 95 102 81
Démographie Avec au , Athus est la plus peuplée des localités de la ville d'Aubange et abrite presque la moitié de sa population ().
Athus est également au cœur d'une agglomération urbaine transfrontalière de : l'agglomération transfrontalière du pôle européen de développement.
Le graphique suivant représente l'évolution du nombre d'habitants dans la cité depuis 1570Source : Registres de la population de la commune d'Aubange consultés en avril 2014., date du premier recensement connuVoir l'ouvrage « Athus Souvenance » (Bibliographie).
On remarque trois évènements majeurs sur ce graphique : La chute de population en 1636 lorsque les épidémies et la guerre de Trente Ans ravagèrent ce qui n'était alors que le hameau d'Athus, et où toute population disparu jusqu'en 1648. On compta alors l'année suivante. La population de la cité en 1970 atteint environ , l'âge d'or de l'usine sidérurgique qui en faisait la richesse et la notoriété. La chute de la population à partir du début des années 1970, due à la mauvaise conjoncture économique et le début de la crise de la sidérurgie dans le bassin lorrain qui entraina la fermeture de l'usine d'Athus en 1977, ce qui fut une catastrophe industrielle, sociale, économique mais aussi démographique pour Athus. Le nombre d'habitants s'est finalement stabilisé dans les années 1980 et a commencé à ré-augmenter depuis la seconde moitié des années 2000 jusqu'à atteindre au . Cette augmentation lors des deux dernières décennies est surtout due à une affluence importante d'habitants d'origine étrangère, notamment portugais comme c'est le cas dans beaucoup de villes et de villages luxembourgeois de nos jours. Athus est également devenue une cité dortoir au vu de sa situation géographique jouxtant le grand-duché de Luxembourg. En effet, les revenus salariaux de ce dernier sont plus avantageuxJean-Marc Derlet, « Les Grands-Ducaux mieux payés que les frontaliers », L'Avenir, 11 mars 2011. http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20110311_010 et attirent bon nombre de travailleurs qui toutefois restent résidents des pays voisins. Ce sont les travailleurs transfrontaliers
Langues Athus est officiellement et majoritairement francophone, bien que la langue véhiculaire historique fut l'allemand pendant la plus grande partie de son histoire. La langue vernaculaire traditionnelle est le luxembourgeois ou plus précisément l’areler, qui en est un patois. Cependant, cette langue est de moins en moins parlée, au profit du français, mais aussi d'autres langues amenées par l'immigration, comme le portugais.
Histoire Origines et période romaine
Les origines d'Athus sont sujettes à discussion entre trois possibilités : celtes, romaines ou germaniques. Les Celtes vécurent bien dans la région, mais pas à Athus. On trouve leurs traces dans les hameaux voisins de Guerlange et Clemency avec la découverte de plusieurs tombes et grâce à la toponymie de certains lieux comme le Belleshecken, « les haies de Bel » point culminant actuel de la ville d'Aubange, Bel étant l'autre nom pour Belenos, une divinité celte.