Le plessage est une technique traditionnelle de taille et de tressage des haies vives afin de créer une clôture végétale. Une haie plessée est constituée en fendant, à proximité du sol, les troncs des arbustes ou en taillant et entrelaçant autour de pieux les rameaux des arbrisseaux qui la constituent. Les branches des arbustes fendus sont inclinées et tressées avec des piquets espacés ou bien avec certains arbustes laissés verticaux. Les rameaux sont pliés à l’horizontale et tressés de la même manière.

La haie plessée poursuit sa croissance naturelle et les arbustes fendus cicatrisent et se dédoublent. Le plessage peut se réaliser sur des haies sauvages comprenant des arbustes de plus de 10 cm de diamètre.

Le plessage exige une bonne maîtrise technique pour que l'entaille réalisée sur le tronc de l'arbuste ne provoque pas sa rupture. Un plesseur expérimenté peut traiter une vingtaine de mètres de haie par jour.

Origine des haies plessées

César parle des haies plessées (ou du moins d'une technique s'en rapprochant) dans la guerre des Gaules, concernant la guerre contre les Nerviens :

« Ils étaient dans l'habitude de couper de jeunes arbres, de les courber, d'y placer transversalement de nombreuses branches, et d'entremêler le tout d'épines, afin qu'à l'instar d'un mur, ces haies leurs servissent de retranchements, à travers lesquels il n'était possible ni de pénétrer, ni même de rien voir. »

Technique déjà connue des Gaulois avant la conquête romaine, elle est peu répandue au Moyen Âge, se développant surtout au avec l'essor de l'élevage et l'embocagement des communaux, avant d'être progressivement abandonnée au où la haie vive, lorsqu'elle reste en place, est doublée d'un fil de fer barbelé (la « ronce artificielle ») ou électrique.. En effet, lors des mouvements d'embocagement, les paysans enclosent leurs petites parcelles au moyen de haies sèches temporaires. Par la suite, ces haies grandes consommatrices de bois sont remplacées par des haies vives pérennes, les agronomes du et siècles recommandant fréquemment le plessage comme un moyen efficace à la fois pour obtenir une clôture performante (les haies non plessées employant des essences épineuses étant plus dissuasives pour les hommes que pour les bovins au cuir épais), et pour produire une quantité de bois de chauffage..

Utilisation des haies plessées Le plessage permet d'obtenir des barrières infranchissables pour le bétail et les gros animaux. Il était donc adapté à la clôture des pâturages et cultures. On le rencontrait fréquemment dans la fermeture des potagers médiévaux qu'il protégeait de la divagation des bêtes.

Les haies plessées nécessitaient un entretien réduit car leur croissance était ralentie par l'inclinaison des troncs. Se régénérant naturellement, elles résistaient au vieillissement beaucoup mieux que les clôtures de bois mort.

Le plessage aujourd'hui Le plessage a presque totalement disparu de France. Quelques personnes le pratiquent encore dans le bocage bourbonnais (région de Marcillat-en-Combraille), dans le Perche, dans les Mauges, le bocage bressuirais, l'Avesnois, le Morvan, le Sancerroiset le Pays-basque notamment en Soule. On peut également en trouver dans le département des Landes.

Franck Viel, tresseur de haies, Andréa Nemeth et Olivier Raquois ont remis au goût du jour cette technique avec leur installation "De branche en branche" présentée lors de l'édition 2005 du Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire.

Le Parc naturel régional du Morvan et l'Écomusée du Morvan organisent depuis 2009 le « Mois de la Pléchie »La Pléchie s'offre une nouvelle vie,sur le blog Escale Découverte en Nièvre.. Durant tout le mois de mars, des bénévoles animent des ateliers de plessage afin de transmettre leur savoir-faire.

Le plessage a été conservé ou ré-introduit dans certaines régions de Grande-Bretagne, où des concours sont organisés pour choisir le plus habile plesseur.

Témoin de la fréquence passée de cette technique en France, la toponymie en a conservé largement le terme (Le Plessis-Trévise, Le Plessis-Robinson, etc.).

Certains paysagistes font du plessis avec du fer à béton qui a l'avantage de ne jamais se décomposer.

Étymologie Le terme est issu du bas latin *plectiāre, tresser, entrelacer (class. plectere) qui a donné l'ancien français plaissier, d'où l'ancien français plaissié « enclos formé de branches entrelacées »Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, éditions Larousse 1968., croisé avec un autre radical gaulois [?] *plit- qu'on peut rapprocher des termes gallois plythu, breton plezhañ (tresser).

En toponymie, Plessis désigne le plus souvent un château ou une maison seigneuriale.

On trouve le verbe plesser (entrelacer) dans le Larousse universel de 1922-1923

L'anglais pleach est un emprunt au normand pléchier équivalent de l'ancien français plaissier, qui a par ailleurs donné l'anglais plashT. F. Hoad, English Etymology, Oxford University Press..

Les techniques régionales

Les techniques flamandes

En Flandre française, pratiquement seule l'aubépine est plessée.

Le Plaakhaag il n'est normalement pas nécessaire d'ajouter de piquets dans ce style. Un pied sur deux est incliné puis il est attaché aux pieds non inclinés avec des liens d'osier. les entailles sont réalisées à la base. La parure de la haie est constituée d'une simple branche de saule attachée sur le haut de la haie.

Le Kruishaag Ce style doit être réalisé sur des haies jeunes. Tous les pieds sont entaillés mais ils seront inclinés alternativement vers la droite puis la gauche de manière à obtenir des losanges. Les plesses sont liées entre elles avec des liens d'osier.

La plechie du Morvan L'entaille est faite à la base des arbustes, toujours dans le même sens. La haie peut être très large. Des piquets sont ajoutés pour consolider la haie.Plusieurs espèces sont employées.

Hedgelaying britannique

Technique du Midland C'est une des techniques les plus esthétiques, traditionnellement utilisée pour enclore de gros animaux. Les branches sont entaillées à la base et pliées en diagonale à angle régulier dans le même sens. On utilise des piquets et un tressage au sommet pour une forte résistance

Technique du Somerset Technique welsh border Technique Yorkshire Technique Devon Sud Angleterre Cheshire Derbyshire Dorset

Heggenvlechten aux Pays-Bas Dans la technique néerlandaise les branches sont entaillées et pliées à l'horizontale à différentes hauteurs et dans différents sens. On n'utilise pas de piquets.

Zerralia Pays Basque

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie The second booke of the English husbandman, Gervase Markham. London , 1614. Part II, ch. VI. Of Plashing of Hedges A compleat body of husbandry. Thomas Hale. Vol. 1 Dublin, 1757. Of Plashing a Hedge Essays relating to agriculture and rural affairs, James Anderson. Edinburgh & London, 1777. Of recovering old open Hedges by Plashing Cyclopædia: or, an universal dictionary of arts and sciences, E. Chambers. London, 1778-1788. Vol. 3. « PLASHING, a term used by our farmers to express an operation performed at certain times upon their quickset hedges, in order to assist their growth and continuance. » Dominique Mansion, Le guide pratique du plessage, Édition Ouest-France, Rennes, 2023,

Articles connexes Bocage Haie morte

Liens externes Maison botanique de Boursay Site de la National Hedgelaying Society (anglais) Projets d'architectures écologiques utilisant la technique du plessage l'actualité du plessage en France et à l'étranger 2ème rencontre internationale du plessage

Vidéographie

Catégorie:Agriculture Catégorie:Géographie rurale Catégorie:Clôture