thumb|300px|Dioclée selon De administrando imperio.

La Dioclée (en serbe Дукља, Duklja ; en latin d'abord Doclea puis Diocleia) était un État médiéval Ilyrien situé sur des terres incluant les territoires de la rivière Zeta, du lac de Skadar et des bouches de Kotor. Il était frontalier avec la Travonie à Kotor. La Dioclée fut, d'abord, une partie semi-indépendante de la Grande Principauté (Zhupanate) de Rascie, qui fut un vassal de l'Empire byzantin et plus tard directement mis sous la suzeraineté byzantine jusqu'à ce qu'elle gagne son indépendance au milieu du , gouvernée par la Maison des Vojislavljević.

La Dioclée ne désignait à l'origine que la ville de , fondée au début du et nommée d'après les Docleata, l'ancienne tribu illyrienne. Son nom a évolué à Diocleia par croisement avec le nom Dioclétien, empereur originaire de cette ville. En 297, Doclea, située près de l'actuelle Podgorica (anc. Birziminium), devint la capitale de la Prévalitaine romaine, puis de la Dioclée slave. Ensuite, la capitale de l'État se déplaça à Shkodër jusqu'à la fin du Moyen Âge. La capitale royale de Dioclée était Ston, ville en Croatie actuelle.

Le lien entre les noms Dioclée et Zeta est peu clair, puisque les deux termes se chevauchent. La Dioclée était la plupart du temps référencée comme la région littorale entre les bouches de Kotor et le lac de Shkodër, tandis que Zeta se réfère aux terres autour de la rivière Zeta. La Zeta est ainsi le prédécesseur le plus précis du Monténégro du , alors que le Monténégro actuel couvre les deux territoires. Selon une autre interprétation, la Dioclée était composée de Zeta et de la Travonie. En tout cas, le nom Dioclée ne s'utilise plus à la fin du Moyen Âge.

Histoire

Les débuts Héraclius réussit à baptiser beaucoup de Slaves grâce aux missionnaires de Rome, dont c'est la mission de baptiser les Serbes.

Selon la légende, les Slaves arrivent des Balkans occidentaux, sous le commandement d'une famille souveraine. La légende explique ensuite comment le Royaume slave a été divisé en deux moitiés.

En 732, l'empereur byzantin retire la région de Dioclée de la suzeraineté de l'évêque de Rome et l'offre au patriarche de Constantinople, étouffant ainsi la culture latine précédemment dominante, pour le retour de l'hellénisme. La langue et la culture latines subsistent seulement dans les anciennes cités côtières romanisées. La Principauté de Dioclée est soumise au grand-duché de Rascie depuis le début du au moins, sous le grand-duc Vlastimir de toutes les Rascies, mais continue de garder sa semi-indépendance. Les païens slaves de la Dioclée sont entièrement baptisés ensemble avec tous les Serbes sous les grands-ducs Stefan et Petar dans le même siècle.

Le prince Časlav Klonimirović de la maison des Vlastimirović, dernier descendant de l'Archonte inconnu, crée le royaume de Serbie et s'arrange pour contrôler plus de 70 % du territoire diocléen.

Les enclaves byzantines de Kotor, Bar et Ulcinj ont à payer des taxes, et sont parfois même gouvernées par des souverains diocléens.

thumb|left|Cachet en plomb de l'archonte Petar, premier souverain connu de Dioclée.

La mort du prince Časlav apporte une opportunité pour une Dioclée plus indépendante. Au milieu du , les princes travoniens font de longues guerres contre le Ban diocléen. Il est possible que la Dioclée ait été conquise et que la Travonie et la Dioclée aient été unies sous une seule famille souveraine. Les conteurs folkloriques appellent leurs souverains « rois », quand ils étaient de fait seulement des « princes ».

Le « roi » Predimir est le premier souverain connu. Il dirige son « royaume » à partir d'Onogošt. Il existe une histoire de sa vie : après la chute de l'Empire bulgare, la Rascie est envahie et conquise par les Byzantins de l'Empereur et ses et ses généraux. Le Zhupan (le chef) de la Rascie s'enfuit avec ses fils Plenus et Radigrad, et sa fille Prechvala, pour se réfugier à Onogost avec Predimir. Selon le récit, Predimir tombe fortement amoureux de la merveilleuse princesse rascienne Prechvala, et convainc le conseil d'arranger une offre politique pour la maison rascienne souveraine. Predimir prévoit d'épouser Prechvala, et le Zhupan de Rascie et ses fils deviendraient vassaux sous la protection du « roi » Predimir. Le duc de Rascie et ses fils consentent, préférant prêter serment de loyauté à Predimir et ses sujets. Les nouveaux parents du « roi » reçoivent le territoire de Tribessa en cadeau de mariage, et établissent Radigrad comme le Zhupan d'Onogošt, tandis que le nouveau mariage est célébré à la manière royale. Predimir et son beau-père provoquent une rébellion en Rascie, ordonnant aux habitants de tuer leurs suzerains byzantins. Après l'exécution des Grecs en Rascie, Predimir y vient en famille, annexe la Rascie, et restitue son beau-fils en tant que grand-duc de Rascie, alors que ses cousins reçoivent de nombreux titres princiers.

Les fils de Predimir et Prechvala divisent leurs terres après sa mort : au fils aîné, Chlavimir : Zeta et les zhupanats de Lusca, Podlugiae, Gorsca, Cupelnich, Obliquus, Prapratna, Cermenica et Budva avec Cuceva et Gripuli ; au second fils, Boleslav : les zhupanats de Libomir, Vetanica, Rudina, Crusceviza, Vrmo, Rissena (Risan), Draceviza (Herceg Novi), Canali, Gernoviza ; à Dragoslav : la Zahumlje et les zhupanats de Stantania, Papava (Popovo), Yabsko, Luca, Vellica (Velika), Gorimita, Vecenike, Dubrava et Debre ; au plus jeune, Svevlad : Submontana (Podgorica) et les zhupanats de Onogost, Moratia (Morača), Piva, Gerico (Gačko), Netusini (Nevesinje), Guisemo, Comerniza, Com, Debreca (Debar), Neretva et Rama.

Le système de la tétrarchie est alors adopté.

Le récit continue de parler du frère de Predimir, le roi Krešimir de Croatie, qui se débarrasse de son fils infirme Leghec et l'envoie en Travonie, où son cousin Boleslav gouverne la région. L'histoire raconte comment Leghec épouse une servante locale, Lovizza, avec laquelle il a sept fils. Les quatre fils de Predimir gouvernent le peuple sans pitié, alors Leghec et ses fils lèvent une rébellion et entraînent le peuple dans une guerre civile, jusqu'à ce que chaque fils et petit-fils de Predimir soit tué, du plus jeune au plus vieux, excepté le fils de Boleslav, Sylvestre, qui parvient à s'enfuir à Raguse. Selon le récit, Leghec gouvernee avec ses sept fils à Traiectus dans les bouches de Kotor, où il bâtit lui-même une forteresse et une cour. L'histoire se prolonge en racontant comment Dieu se fâche contre la famille souveraine de Leghec à cause de sa trahison. Il paralyse Leghec encore plus, physiquement et mentalement, et infeste de la peste ses fils. Rapidement, toute la branche de Leghec est éteinte.

Le peuple fait revenir Sylvestre de Raguse, et l'intronise, restaurant ainsi la dynastie de Predimir. Sylvestre gouverne seul l'entière tétrarchie avec respect et justice. Son fils, Tugemir, lui succède comme souverain de Dioclée. Lui succède à son tour son propre fils, Chvalimir, qui divise le royaume parmi ses trois fils : l'aîné Petrislav gouverne la Dioclée, Dragomir gouverne la Travonie et la Zachlumie, alors que le plus jeune, Miroslav, gouverne la Podgorie "Transmontana" (région de Podgorica/Titograd). Miroslav meurt dans le lac de Shkodër, lors d'une tempête avec tout son équipage, alors qu'il rend visite à ses frères en bateau. Petrislav hérite de son domaine, réunifiant ainsi la Dioclée. Après la mort de Petrislav, il est enterré dans l'église de Prečista Krajina dans la région frontalière. Son fils, Jovan Vladimir lui succède.

thumb|right|upright|Jovan Vladimir (990 - 1016), un des premiers souverains de la Dioclée ainsi que le premier saint serbe.

Saint-Jean Vladimir combat les tribus Arbanass qui menaçaient les territoires orientaux. Shkodër est subséquemment considérée comme le centre politique de la Dioclée. Le Tsar envahit la Dioclée et prend le prince comme prisonnier. À la suite de son mariage avec la princesse bulgare Kossara, Jovan Vladimir est autorisé à retourner en Dioclée et y gouverner en tant que vassal bulgare. Après le complot réussi du dernier tsar de l'Empire bulgare, Jovan Vladimir meurt le . Saint-Jean Vladimir étend grandement ses prétentions en devenant également le souverain de la Travonie et de la Serbie.

La Dioclée devient alors une part du « thème de Serbie » (thema Servia) byzantin sous le « stratège de Serbie » Constantin Diogène, pendant que ces souverains restent seulement titulaires.

Âge d'or L'époque anarchique qui suit l'aube du est cruciale pour la Dioclée. Le peuple se rebelle et lynche son prince, Dragomir.

En 1034, Dobroslav, aussi appelé Stefan Vojislav, fils de Dragomir (Stefan Voislav; éponyme de la Maison des Vojislavljević), qui était de la noblesse travonienne, commence à amasser des troupes pour libérer la Dioclée. Voislav se prépare pour la guerre, mais trompe les Byzantins, en leur assurant qu'il est leur fidèle sujet. Il obtient le surnom « Stefan » du mot grec Stephanos, signifiant « couronné » pour se rapprocher de son pouvoir indépendant. En 1035 et 1036, un soulèvement a lieu. Les Byzantins parviennent rapidement à imposer une trêve. Voislav est pris en otage à Constantinople, et la tâche d'occuper la Dioclée est confiée au strategos serbe, Theophilos Erotikos. Voislav échappe à l'emprisonnement et entraîne un conflit pour expulser le strategos Theophilos et créer un territoire indépendant du lac de Shkodër aux montagnes de Hum. En même temps, se soulèvent les Slaves, qui progressent rapidement de Belgrade à travers Naissos jusqu'à Skopje, menés par Pierre Deljan, comme le soulèvement slave de Tihomir à Dyrrachium. Les insurgés atteignent les ruines de Thèbes à une occasion. En conséquence, les Byzantins laissent la Dioclée tranquille quelque temps.

thumb|upright|right|Mihailo Voislav, le premier souverain reconnu de la Dioclée sur une fresque de l'église de Saint-Michel à Ston: couronné Roi des Slaves et connu comme le Souverain des Tribaux et des Serbes durant son règne.

Alors que l'empereur byzantin Michel attend à Thessalonique de recevoir une cargaison d'or de 10 Kentenars de l'Italie du Sud, une galère se fracasse accidentellement dans la baie de la Dioclée. Ces trésors, accaparés par les hommes de Voislav, améliorent grandement l'économie diocléenne. Mais cela provoque la fureur de Michel, qui envoie l'eunuque impérial George Probat pour écraser le mouvement de Voislav. La capture par les Diocléens, lors d'une embuscade, du chef de l'armée byzantine, l'eunuque George, rend la défaite totale. Le fils de Voslav, Radoslav, est célèbre pour avoir lui-même tué un commandant militaire byzantin sur le champ de bataille. Les soulèvements slaves en Macédoine de Petar Delian, qui s'est couronné "Tsar des Bulgares", empêche toute possibilité pour une autre armée byzantine d'attaquer la Dioclée.

Plus tard, ces couronnements sont répétés par son descendant Mihailo de Voislav, qui tient l'ancien titre princier de Prince de Rascie jusqu'en 1077, où il reçoit le titre de Roi des Slaves et une couronne du pape . Pour marquer son couronnement, le pape élève l'évêché de Bar en un archevêché en 1080. Son royaume est connu sous le nom de royaume du Monténégro, et Mihailo porte le titre de Souverain des Tribaux et des Monténégrins. Durant l'expansion de la Dioclée en Croatie, où les forces diocléennes font une incursion aussi loin que Knin, le titre souverain intégral devient roi de Dioclée et de Dalmatie. Il envoie son fils avec une armée aider l'insurrection de George Voiteh en 1072 durant la rébellion slave en Macédoine ancienne. Constantin Bodin est accepté en tant que , Tsar des Bulgares (voir Liste des souverains de Bulgarie), mais il est capturé par les forces byzantines. Il est toutefois délivré par son père en 1078. Le roi Mihailo parachève l'unification des enclaves byzantines de Dubrovnik, Kotor, Bar et Ulcinj, commencée par son prédécesseur.